Louise-Henriette de Bourbon

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Louise Henriette de Bourbon
Les armes de la duchesse

Louise Henriette de Bourbon, Mademoiselle de Conti, de par son mariage duchesse de Chartres (1743-1752) puis duchesse d'Orléans (1752-1759), est une princesse française née à Paris le 20 juin 1726 et morte à Paris le 9 février 1759.

Fille de Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727) et de Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé, elle épousa le 17 décembre 1743 le duc de Chartres, futur duc d'Orléans, Louis-Philippe d'Orléans dit le Gros. Le très pieux duc d'Orléans, père du marié, qui avait beaucoup de mal à marier son fils, s'est rabattu sur ce parti en croyant que la jeune fille, élevée dans un couvent, serait un modèle de vertus chrétiennes.

Elle s'avéra, au contraire, un tel modèle d'inconduite qu'elle suscita un scandale permanent. Trois enfants légitimes, dont deux survécurent, naquirent de cette union mal assortie :

  1. N... d'Orléans, de sexe féminin (12 ou 13 juillet 1745 - 14 décembre 1745) ;
  2. Louis Philippe Joseph d'Orléans, duc de Valois (né le 13 avril 1747), futur Philippe-Égalité;
  3. Louise Marie Thérèse Bathilde d'Orléans (née le 9 juillet 1750 - morte en 1822), « Mademoiselle », épouse de Louis Henri de Bourbon, duc de Bourbon puis prince de Condé.

On lit dans les Mémoires de la Marquise de Créquy, qu'à la mort de la duchesse d'Orléans « [...] on trouva dans sa cassette un recueil de satires et d'horribles chansons qu'elle avait composées. Elles ne sauraient être transcrites par la plume d'une autre femme, et surtout d'une femme chrétienne. Je n'en pourrais citer que ce commencement d'un couplet qu'elle adressait à son mari :

« Monseigneur d'Orléans,
Vos prétendus enfants,
Sont l'objet du mépris
De tout Paris! »

Monseigneur d'Orléans n'a fait qu'en rire, et tous les habitués du Palais-Royal ont pris des copies de ce même recueil de poésie, que la princesse avait intitulé : Mon Testament... »

De fait, si la duchesse d'Orléans semblait ainsi dire clairement à son mari qu'il n'était pas le père de ses enfants, ces derniers eux-mêmes laissaient entendre qu'ils le pensaient aussi, ainsi la baronne d'Oberkirch raconte-t-elle dans ses Mémoires que la duchesse de Bourbon lui confia : « Je suis tout Condé et je n'ai rien d'Orléans ».

Et ainsi son frère Philippe-Égalité n'hésita-t-il pas de son côté à affirmer publiquement, sous la Révolution, qu'il n'était pas le fils de Louis le Gros mais celui d'un cocher du Palais-Royal, ce qui était au demeurant peu probable si l'on en juge par la ressemblance frappante entre le père et le fils.

La duchesse de Chartres mourut jeune en 1759, usée, dit-on, par sa vie décousue.

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