Louise Ebrel

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Louise Ebrel

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Louise Ebrel lors de l'élection de la Reine de Cornouaille 2013.

Informations générales
Naissance 27 juillet 1932 (82 ans)
Treffrin, Côtes-d'Armor, Région Bretagne, Drapeau de la France France
Activité principale chanteuse
Genre musical chanson bretonne
Années actives depuis les années 1970
Labels Coop Breizh, Keltia Musique, L'OZ Production
Influences musique bretonne, folk rock
Site officiel lozproduction.fr

Louise Ebrel (née le 27 juillet 1932 à Treffrin dans les Côtes-d'Armor) est une chanteuse bretonne, issue de parents eux-mêmes chanteurs, Eugénie Goadec (une des sœurs Goadec) et Job Ebrel. Son répertoire est composé de chants traditionnels (kan ha diskan et gwerz).

De 1994 à 2006, elle a accompagné le chanteur poète Denez Prigent dans le cadre de concerts en duo mais également dans sa formation de musiciens. Depuis 1996, elle chante régulièrement avec Ifig Flatrès en kan ha diskan en fest-noz. Elle se produit également sur les scènes bretonnes depuis 2006 avec le groupe punk Les Ramoneurs de menhirs et les rockeurs de Red Cardell et en 2014 avec l'ensemble The Celtic Social Club.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un héritage musical et culturel refoulé[modifier | modifier le code]

Louise Ebrel est née à Treffrin (Côtes-d'Armor) le 27 juillet 1932. Fille d'Eugénie Goadec, dit Tanie (une des trois sœurs Goadec) et de Job Ebrel, lui-même grand chanteur, elle est initiée au chant breton dès l'enfance[1]. Elle entend ces chansons bretonnes qui fut transmises sur feuilles volantes, en breton, comme la magnifique gwerz Ti Eliz Iza mais aussi en gallo, comme la complainte Maritza, et du chant à danser en kan-ha-diskan[2].

Dès son premier jour de classe, à l'école de Trebrivan, elle vécu la discrimination française envers la langue bretonne ; âgée de 6 ou 7 ans, après avoir parlé en breton avec une copine, l'institutrice l'enferme dans un cagibi. À 11 ans, pour le certificat d'études, elle dirige le chant comme le maître ne savait pas chanter[3].

Au début des années 1950, en plein milieu d'une vague d'émigration qui tenait à la fois à de la saignée et du génocide culturel organisé, elle « monte » à Paris mais n'y reste que six mois[2]. Elle a connu des petits métiers comme employée de maison à Paris[4] et a travaillé dans la restauration, où elle chante pour le plaisir des clients, que ce soit en Haute Cornouaille ou en pays Bigouden[2]. Mais Louise Ebrel, veuve de bonne heure, remariée avec Albert, et responsable de deux filles, se consacre en priorité à sa famille. Trop intimidée par la notoriété de sa mère et de ses tantes pour chanter en breton, c'est par Édith Piaf, Marcel Mouloudji ou Luis Mariano qu'elle débute. Jusqu'au jour où elle pousse la porte d'un stage de kan-ha-diskan animé par Yann-Fañch Kemener[4].

Festoù-noz et collaborations avec Denez Prigent[modifier | modifier le code]

Elle se produit sur scène pour la première fois en 1973, aux Fêtes de Cornouaille, en plein revival culturel[5]. À partir de là, elle enchaîne les prestations et les rencontres ; en couple avec Hervé Vilieu, puis avec Roland Perron de Riec-sur-Belon, avant d'entamer une carrière à plus grande échelle avec le léonard Denez Prigent. « Une fois les enfants élevés et ma retraite prise, explique t-elle, j'ai eu plus de temps et de facilités pour chanter[6] ».

Elle rencontre Denez Prigent aux soirées organisées par l'association Emgleo au Guilvinec et chantent une gavotte des sœurs Goadec. Elle décide d'aller le voir au Run ar Puñs à Chateaulin et il lui propose à l'entracte de chanter sur scène un fisel. Par la suite, entre 1991 et 1995, elle le rejoint sur beaucoup de concerts et lors de grandes festivals comme les Francofolies de La Rochelle, les Eurofolies de Marne La Vallée, les Hespérides de Plounéour-Trez, à Lorient, Toulouse, Paris, Île de Ré[7].

En 1994, sur une idée de Jean-Yves Le Corre de Coop Breizh, elle enregistre un disque de kan ha diskan avec sa mère, dont ce sera le dernier enregistrement[8]. Elle enchaîne immédiatement avec un album solo, sous la direction de Denez Prigent, Éric Ollu et Hervé Villeux. Elle a chanté en fest-noz avec Yann-Fañch Kemener. Elle joue avec Dominique Bouchaud (harpe celtique) et avec le groupe Dremmwel, ce qui lui permet d'apprendre à placer sa voix, en studio comme sur scène[8].

Sur les scènes rock et punk[modifier | modifier le code]

En 2004, elle enregistre un nouvel album avec Ifig Flatrès, son compère de kan ha diskan depuis 1996, et les musiciens Pierrick Tardivel et Philippe Gloaguen : Tre Tavrin ha Sant Voran. Depuis le début des années 2000, elle se produit régulièrement avec le groupe Dremmwel, lors de la tournée de l'album Glazik puis dans un concert intitulé Un tamm amzer, accompagnée d'Ifig Flatrès, un récital proposé jusque fin 2005[9].

Toujours curieuse, elle participe à plusieurs albums de groupes et musiciens bretons (Red Cardell, Les Ramoneurs de menhirs, Bagad Roñsed-Mor et évidemment Denez Prigent). Depuis, elle rejoint régulièrement sur scène les rockeurs de Red Cardell et les punks des Ramoneurs de menhirs. Elle prête également sa voix à des créations théâtrales comme L'Abri du Marin d'Alain Meneust. Elle participe à l'enregistrement du concert du 40e anniversaire du Bagad Roñsed Mor le 8 mai 2009, aux côtés de Gilles Servat, Pascal Lamour, Dom Duff, Pat O'May[10]

En juillet 2009, une soirée lui est offerte sur la grande scène du Festival de Cornouaille avec de nombreux invités[11],[12]. Avec l'album Ma Zad Ma Mamm, enregistré de décembre 2009 à mars 2010[13], elle reçoit le "prix coup de cœur" du Grand prix du disque Produit en Bretagne 2011[14]. Le 29 septembre 2012, elle fête ses 80 ans lors d'un fest-noz à Châteauneuf-du-Faou. Après sa participation sur l'album The Celtic Social Club, elle monte sur la scène des Vieilles Charrues pour la première fois avec la création 2014 du festival, The Celtic Social Club dirigé par Manu Masko.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums personnels[modifier | modifier le code]

Louise Ebrel a toujours privilégié la rencontre avec le public. Elle n'a enregistré en solo que 4 disques à ce jour, dont le dernier en 2010.

Participations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier de presse de Kerne production
  2. a, b et c Jigourel 2009, p. 90
  3. Ronand Gorgiard, Louise Ebrel, pasionaria du chant breton, Ouest-France, 23 juillet 2009
  4. a et b Troadec et Gorgiard 2013, p. 9
  5. Elegoet 2006, p. 340
  6. Cité dans « Louise Ebrel, le chant au naturel », propos recueillis par Ifig Flatrès, Musique bretonne, n°167, juillet-août 2001, p. 38
  7. ...Avec Denez Prigent sur le site hanternoz
  8. a et b Elegoet 2006, p. 341
  9. Dremmwel sur gwerz.com
  10. 22e Trophée Roñsed Mor et 40 ans du bagad : Lokoal en fête du 6 au 10 mai, An Tour Tan, 03 avril 2009
  11. « Louise Ebrel fait chanter la Bretagne » JT 13H TF1, 22 septembre 2009
  12. Festival de Cornouaille - En direct. Louise Ebrel : du Chant des Grenouilles au Plinn façon punk !, festival-cornouaille.com, samedi 25 juillet 2009
  13. Ma Zad Ma Mamm
  14. Soirée "Culture et création" de Produit en Bretagne, 20 mai 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ifig Flatrès, « Louise Ebrel. Le chant au naturel », Musique bretonne, n°167, juillet-août 2001, lire en ligne - Ifig Flatrès, « Louise Ebrel. Entre tradition et évolution », Musique bretonne, n°168, septembre-octobre 2001, p. 38-39, lire en ligne
  • Dominique Le Guichaoua, « Louise Ebrel. L'héritière des soeurs Goadeg », Trad Magazine, no 88,‎ mars-avril 2003 (lire en ligne)
  • Patrice Elegoet, La musique et la chanson bretonnes : de la tradition à la modernité, ANRT, thèse en études celtiques à l'Université de Rennes 2,‎ 2006, 468 p. (ISBN 2729569871), p. 340-341
  • Thierry Jigourel (préf. Pascal Lamour), Festoù-Noz: Histoire et actualité d'une fête populaire, CPE, coll. « Reflets de terroir »,‎ 2009 (ISBN 2845036833), « Louise Ebrel, passeuse de mémoire », p. 88-91
  • Michel Troadec et Ronand Gorgiard, « La rencontre de deux voix bretonnes majeures », Cultures Bretonnes, Hors-série Ouest-France, no 2,‎ avril 2013, p. 6-9

Liens externes[modifier | modifier le code]