Adélaïde d'Orléans (1698-1743)

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Adélaïde d’Orléans (1777-1847).
Louise Adélaïde d'Orléans, abbesse de Chelles. Portrait par d'après Jean-Baptiste Santerre (1725). Château de Versailles.

Marie Louise Adélaïde d'Orléans, dite « Mademoiselle d'Orléans », est née à Versailles le 13 août 1698 et morte à Paris le 20 février 1743.

Fille de Philippe d'Orléans (1674-1723), duc de Chartres, futur duc d'Orléans et Régent du royaume, et de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), elle est une petite-fille du Louis XIV. Elle était très proche de ses sœurs, l'aînée Louise-Élisabeth et la cadette Charlotte-Aglaé. Elle est d'abord appelée "Mademoiselle de Chartres" à la suite de sa tante Élisabeth Charlotte d'Orléans qui épousa en octobre 1698 le duc Léopold Ier de Lorraine puis en 1710 "Mademoiselle d'Orléans" après que sa sœur aînée ait épousé le duc de Berry.

Il fut un moment question de lui faire épouser le Prince des Dombes, fils aîné du duc du Maine, mais elle refusa de s'allier avec le fils d'un prince légitimé. Le prétendant Stuart n'eut pas plus de chance. En revanche, elle aurait aimé épouser le chevalier de Saint-Maixent qui lui avait sauvé la vie au cours d'une chasse. Sa famille s'opposa à cette mésalliance.

Ce refus qui la blessa, la débauche dans laquelle s'enlisait sa sœur aînée, la "Messaline de Berry", et enfin le mariage que dut accepter sa cadette, Charlotte-Aglaé d'Orléans (1700-1761) pour éviter le scandale de sa relation avec le duc de Richelieu, l'incitèrent à consacrer sa vie à Dieu. Ses parents s'opposèrent également à ce projet. Sa grand-mère, la célèbre Princesse Palatine (duchesse d'Orléans et belle-sœur de Louis XIV) déplora dans ses lettres qu'une jeune fille si douée et si belle préférât la vie conventuelle à celle du monde : « J'ai le cœur gros aujourd'hui, quand je songe que notre pauvre mademoiselle d'Orléans fait profession de ses vœux. Je lui ai représenté tout de que j'ai pu pour la détourner de ce projet diabolique, mais tout a été inutile », écrivit sa grand-mère[1].

Nonobstant, Louise-Adélaïde entra au couvent, prononçant ses vœux en août 1718, et devint rapidement abbesse de Chelles en 1719 à 21 ans. La cérémonie de la bénédiction de la nouvelle abbesse est retardée par la maladie et la mort en juillet 1719 de la Duchesse de Berry[2]. Passionnée de musique, de théologie et de sciences – la jeune abbesse de Chelles s'intéressa notamment à la chirurgie – elle passait pour très spirituelle. Le duc de Saint-Simon écrivit d'elle :

« Tantôt austère à l’excès, tantôt n’ayant de religieuse que l’habit, musicienne, chirurgienne, théologienne, directrice, et tout cela par sauts et par bonds, mais avec beaucoup d’esprit, toujours fatiguée et dégoûtée de ses diverses situations, incapable de persévérer en aucune, aspirante à d’autres règles et plus encore à la liberté, mais sans vouloir quitter son habit de religieuse… »[3].

Louis Racine, quant à lui, composa ces vers sur son entrée au couvent :

Plaisir, beauté, jeunesse, honneurs, gloire, puissance,
Ambitieux espoir que permet la naissance,
Tout au pied de l'Agneau fut par elle immolé.

De 1719 à 1731, le maître de musique de l'abbaye fut le compositeur Jean-Baptiste Morin. Il porta le titre de « surintendant de la chapelle et de la chambre de Madame d'Orléans, abbesse de Chelles ».

La princesse se retira subitement en 1731, avant de démissionner de ses fonctions en 1734. Elle alla vivre à Paris, en tant que simple religieuse, au couvent de la Madeleine du Traisnel. Elle y mourut de la variole en 1743 à l'âge de 44 ans.

Elle servit de modèle pour le personnage de la mère supérieure du couvent de Saint-Eutrope dans la Religieuse de Diderot[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires, fragments historiques et correspondance de la Duchesse d'Orléans, passage consacré à Mademoiselle d’Orléans. Extrait de lettre du 23 août 1718.
  2. Édouard de Barthélémy, Les filles du Régent, tome 1, Paris, Firmin-Didot, pp. 269-344 (chapitre II : L'abbesse de Chelles).
  3. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, Mémoires, Nouvelle édition par A. de Boislile, Paris, 1928, T. XXXVI, pp. 200-201.
  4. Geneviève Reynes, Couvents de femmes : La vie des religieuses cloîtrées dans la France des XVIIe et XVIIIe siècles, Fayard, 1987.

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