Louise-Magdeleine Horthemels

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Gravure de Port-Royal

Louise-Magdeleine Horthemels – ou Louise-Madeleine Hortemels, aussi appelée Magdeleine Horthemels – est une graveuse française née en 1686 et morte le à Paris.

D’une famille originaire des Pays-Bas, convertie du protestantisme au catholicisme d’obédience janséniste, qui avait des liens avec l’abbaye de Port-Royal des Champs, le registre paroissial de la paroisse de Saint-Benoît, à Paris, montre que Louise-Magdeleine, baptisée en 1686, fut l’une d’au moins six enfants du libraire Daniel Horthemels et de son épouse Marie Cellier[1]. Active comme graveuse sur cuivre dès 1707, elle épousa le 10 août 1713 son collègue Cochin l’ainé. Son frère Frédéric et ses deux sœurs, dont Marie-Anne-Hyacinthe qui avait épousé le graveur Nicolas-Henri Tardieu et l’autre, Marie-Nicole (1689-ap. 1745), le peintre Alexis Simon Belle, étaient également graveurs. On a longtemps cru que Louise-Magdeleine et ses sœurs Marie-Nicole et Marie-Anne-Hyacinthe avaient toutes signé du nom de Marie Horthemels, mais une étude minutieuse a montré qu’on peut facilement distinguer entre les œuvres signées des trois sœurs. Néanmoins, les membres de cette famille ont souvent travaillé ensemble sur une seule composition[1]. Ses premières œuvres montrent une certaine rigidité dans la ligne, avec un insistance sur les détails architecturaux. Son talent réside néanmoins dans la gravure du travail des autres de sorte que leur génie a été révélé alors que son propre style était supprimé. Exécuté d’une main sûre, son travail montre une délicatesse et une clarté dans la touche, qui furent admirés en son temps.

Horthemels fut active, comme graveuse à Paris, pendant près de cinquante ans, produisant plus de soixante plaques de cuivre signées et collaborant, comme son mari, à l’illustration de l’Histoire et description de l’Hôtel des Invalides et de l'Histoire générale de Languedoc. Sa première œuvre publiée est le frontispice du Diable boiteux d’Alain-René Lesage (1707), signé « Magdeleine Horthemels fec. » Elle signera ensuite diversement ses œuvres « Magd. Horthemels », « L. Mag. Horthemels », « M. Horthemels », « Magd. Horthemels Sponsa C. Cochin » et « Magdeleine Cochin[1] ». Elle a fait des gravures des tableaux de Nicolas Poussin, Charles Le Brun, Antoine Coypel, Michel Corneille le Jeune, Claude Vignon et Nicolas Lancret.

Au moment de la destruction de l’abbaye de Port-Royal des Champs, elle composa une série de quinze estampes, dont six parurent en février 1710 et les neuf autres avant juillet 1713[2]. Ces gravures présentaient plusieurs vues de l’abbaye et en retraçaient la vie familière. En 1720 elle donna des planches pour Versailles immortalisé de J.B. de Monicart et grava d’après Poussin, Le Brun, Coypel, Lancret.

Madeleine Cochin a gravé des portraits, comme une gravure sur cuivre du Prince James Francis Edward Stuart, d’après une peinture du début du XVIIIe siècle par son frère-frère Alexis Simon Belle. Elle termina aussi au burin la grande planche Le feu d’artifice de la place de Navone d’après Giovanni Pannini commencée par son fils Charles Nicolas Cochin dont elle grava les premiers dessins et chez qui elle s’éteignit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Louise-Magdeleine Horthemels: Reproductive Engraver by Elizabeth Poulson in Woman's Art Journal, vol. 6, no. 2 (Autumn, 1985 - Winter, 1986), p. 20-23
  2. Christine Gouzi, Philippe Luez, Port-Royal ou l’abbaye de papier : Madeleine Horthemels (1686-1767), catalogue de l’exposition du musée national de Port-Royal des Champs, 15 septembre 2011-15 août 2012, Montigny-le-Bretonneux, Yvelinedition, 2011, 143 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Port-Royal ou l'abbaye de papier

Galerie[modifier | modifier le code]