Louis Trotry de La Touche

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Louis Trotry de la Touche (23 avril 1753 à Chémeré-le-Roi) était une personnalité de la Révolution française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 1753 naissait à Chémeré-le-Roi, Louis, fils de Pierre Trotry sieur de la Touche et sieur de Boischaud, et de Louise Rose Baudouin[1]. Louis était le cadet de dix ans du "chevalier" Pierre Trotry qui fut administrateur et conseiller général. Il avait aussi un second frère qui joua un rôle durant les évènements révolutionnaires dans le Bas-Maine, René Trotry sieur de la Girardière, également natif de Chémeré-le-Roi le 19 octobre 1744[2].

À 31 ans, le 7 août 1785, Louis se marie, en l’église paroissiale de Ruillé-en-Anjou, à Anne Marie Louise Bachelier de la Charlière, fille de Jean Bachelier sieur de la Charlière[3].

Négociant[modifier | modifier le code]

Louis Trotry de la Touche fut tout d’abord négociant à Cossé-le-Vivien. Il avait gardé le titre du fief de la Touche en Chémeré-le-Roi que portait déjà son grand-père Honorable René Trotry sr de la Touche[4].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Louis accueillit favorablement la Révolution française. Avec l’aide qu’il apporta à la rédaction des cahiers de doléances, il donna dès le départ un soutien au mouvement réformateur. Il devint administrateur révolutionnaire. Il fut nommé membre du district de Craon. Puis on lui confia la charge de trésorier le 1er mars 1791 et de vice-président du directoire le 30 novembre 1791.

Il demeura dans l’administration du district jusqu’en 1793, outre qu’il s’occupait de ses affaires privées[5]. Cette appartenance à l’administration du district de Craon lui valut, lors de l’attaque de Craon par les Vendéens d’Autichamp remontant vers Saint-Malo puis vers Granville, le désagrément de voir sa maison pillée et ses registres brûlés, le 28 octobre 1793[6].

Chouannerie[modifier | modifier le code]

Il fut soupçonné d'être en rapport avec le chef chouan Tranche Montagne (Brice Denis) qu'il accueillait à la Touche de Chémeré. Il servait en fait secrètement, nous apprennent les notes de l'abbé Angot, conservées aux archives départementales de la Mayenne, dans les chouans, sous le nom de Constantin[7]. Il y eut perquisition chez lui le 21 novembre 1797. Ce qui ne fit que développer l'activité de son commerce dans différentes branches tandis qu'il renonçait de façon feinte ou sincère à la chouannerie…

Sous le Directoire, en 1798, il devint électeur à Cossé et fut désigné par les assemblées primaires comme grand électeur la même année[8]. Il possédait une maison rue des Ursules à Laval [9]

Il était également maire-adjoint de la ville de Craon[10]. Ses activités commerciales lui faisait exporter ses toiles vers la Bretagne et vers l'Espagne, voie naturelle du commerce du Bas Maine vers l’Amérique et le grand commerce triangulaire. Europe, Afrique, Amérique. Il commercialisait les toiles qu'il faisait fabriquer.

La région de Cossé était productrice de lin, ce qui alimentait un important artisanat textile. En 1799, il fut soupçonné d'espionnage par sa correspondance avec Monsieur Campos de Grenade. À la même époque, lors de l'attaque des chouans contre Chémeré, lorsque les contre-révolutionnaires investirent les rues de la petite ville, il ne s'opposa pas à eux, de façon qu'il fut décrété d'arrestation par les autorités pour non intervention contre les chouans, en tant qu’agent municipal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette dernière, par sa mère, Julienne Buffebran, femme de Julien Baudouin sieur de L’Isle, était la cousine de Jacques Buffebran de la Jonchère, de Cossé, condamné à mort le 3 ventôse an III pour « aristocratisme », comme nous l'apprend l'abbé Angot.
  2. Ce dernier, signataire des cahiers de doléances, fut un des éléments actif de la révolution avant de devenir chouan contre-révolutionnaire sous la terreur robespieriste. Il devint maire de Chémeré en 1800 en se ralliant à l’Empire.
  3. De son union naquirent deux fils, Louis et Alexandre. L’ainé, Louis Jean Trotry de la Touche, naquit à Cossé-le-Vivien le 15 février 1786. Il devint industriel manufacturier à Rueil, et Alexandre Trotry de la Touche qui naissait à Cossé-le-Vivien le 15 mai 1790, fut procureur du roi à Vitré puis juge royal à Fougères.
  4. La Touche était leur propriété depuis le XVIe siècle. Cette famille assurait le retrait lignager, présentait l'hommage, possédait un banc et était inhumée dans le chœur de l'église, elle recevait le pain bénit, et portait les qualifications habituelles de sieur (i.e. seigneur sans juridiction), de dame, demoiselle, bachelier...
  5. La charge principale du district était le maintien de la sécurité et de l’approvisionnement des marchés.
  6. Il était onze heures du matin... 18 000 à 20 000 livres lui furent dérobés! Bon administrateur, il demanda une indemnité le 4 frimaire de l’an III pour ces importantes sommes dérobées.
  7. Son frère René, opérait avec lui dans la clandestinité.
  8. Ces assemblées représentaient le canton pour effectuer l'administration du district.
  9. D'après l'abbé Angot et il était tout comme son frère Pierre considéré comme grand propriétaire.
  10. Les municipalités répartissaient et percevaient l'impôt. Elles veillaient au maintien de l'ordre en s'appuyant sur une garde nationale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]