Louis Thiry

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L'orgue de l'Eglise Saint-Thomas de Strasbourg de Johann Andreas Silbermann, construit en 1741 et rénové en 1979 sur lequel Louis Thiry a enregistré L'Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach.

Louis Thiry, né le à Fléville-devant-Nancy, est un organiste, improvisateur, professeur et compositeur français aveugle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il obtient un premier prix d'orgue dans la classe d'orgue de Jeanne Demessieux au conservatoire de Nancy en 1952 et se perfectionne à Paris auprès d'André Marchal dont il apprécia particulièrement l'enseignement [1]. Entre 1956 et 1958, il est élève de Rolande Falcinelli et obtient un premier prix d'orgue et d'improvisation du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Il commence sa carrière d'organiste aux claviers de l'orgue de l'église de Baccarat 1958 avant de devenir Organiste titulaire de l'orgue de l'Église Saint Martin de Metz de 1961 à 1972.

À Metz, il commence à donner des cours d'orgue. Parmi ses élèves messins « prestigieux », on compte l'écrivain et dramaturge Bernard-Marie Koltès ainsi que l'organiste Norbert Petry (actuel professeur d'orgue du conservatoire à rayonnement régional de Metz).

À Rouen, Louis Thiry est organiste titulaire des orgues historiques Lefebvre (XVIIe siècle) de la chapelle du Centre Hospitalier Universitaire Charles Nicolle, et professeur au conservatoire de Rouen (1971 à 2000). Parmi ses anciens élèves du conservatoire de Rouen on peut citer : Alain Mabit, Vincent Bénard, Nicolas Pien, Dominique Cointrel, Jean-Luc Etienne, Vincent Evrard, Vincent Fourré, Vincent Erhart, Claire Labat-Lecaulle, Benjamin Alard ou Céline Frisch… L'un d'entre eux : François Ménissier, lui a succédé en 2000 au CNR de Rouen.

Il fait partie de l'Académie d'orgue de Saint-Dié. Il est particulièrement reconnu pour ses interprétations des œuvres d'Olivier Messiaen et de Jean-Sébastien Bach dont il a enregistré L'Art de la fugue, Le Clavier bien tempéré. Il est organiste titulaire de l'orgue historique Lefevre de l'Hôpital Charles Nicolle de Rouen, et Professeur honoraire au Conservatoire à rayonnement régional de Rouen.

Louis Thiry a donné de nombreux concerts et enregistrements à travers le monde, explorant tous les styles musicaux : des compositeurs du Moyen Âge à ceux d'aujourd'hui. Les amateurs de musique du XXe siècle ont particulièrement apprécié ses interprétations d'Olivier Messiaen, de Jean-Pierre Leguay, de Pierre Vidal ou encore d'Alain Mabit dont il a créé "Night songs".

Son grand intérêt pour la musique d'aujourd'hui n'a jamais empêché Louis Thiry de se pencher avec une égale passion sur la musique ancienne. Le dernier enregistrement qu'il a réalisé est d'ailleurs consacré à Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay, Josquin Desprez.

En musique baroque, Louis Thiry a donné de nombreux concerts avec des musiciens tels que les chanteurs Henri Ledroit, Dominique Visse, Dominique Vellard ou le violoniste Patrick Bismuth avec lequel il se produit régulièrement en concert.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Louis Thiry est membre de l'Académie de Rouen et Chevalier de l'Ordre national du Mérite.

Discographie[modifier | modifier le code]

Interprète[modifier | modifier le code]

Ces trois disques, considérés comme « l'une des plus grandes réalisations de toute l'histoire du disque » (Paul Menier - Télérama), ont obtenu le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros 1973, ainsi qu'un Diapason d'or  : «La nouvelle version de Louis Thiry (que Messiaen a lui même choisi) s'impose par la science des registrations, la virtuosité digitale et l'intelligence des phrases... Une intégrale d'une valeur exceptionnelle.» (Karl de Nys - Diapason) [2]

Compositeur[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Louis Thiry est un extraordinaire organiste. Virtuose accompli, musicien total, d'une mémoire et d'une adresse sans égales : on peut le classer parmi les héros de la musique ! Il a donné plusieurs exécutions prestigieuses de mes œuvres d'orgue les plus difficiles -notamment de ma Messe de la Pentecôte. Tous ceux qui ont entendu et tous ceux qui entendent Louis Thiry ne peuvent que l'admirer. »

— Olivier Messiaen

« Ainsi chez Bach, chaque fugue est une aventure, une action dramatique où des personnages apparaissent, disparaissent, interagissent, tantôt en pleine lumière, tantôt dissimulés ; parfois un inconnu arrive sur le devant de la scène ; sa présence s'expliquera par la suite lors de sa rencontre avec un personnage déjà connu. »

— Louis Thiry sur L'Art de la fugue :

« Curieux instrument, jamais content de son sort ! Toujours, il aimerait être autre : il voudrait tant être flûte ou hautbois. Il ose même tenter d’être voix humaine ou, comble de prétention, voix céleste. Parfois, à lui seul, il voudrait être les multiples voix de l’orchestre. Mais pourquoi cette démesure ? »

— Louis Thiry sur l'orgue

« Il est banal de dire de l'orgue qu'il est le roi des instruments, de magnifier la richesse de ses timbres, la puissance de sa voix, la complexité de son mécanisme, la diversité de ses plans sonores, ses grandes possibilités polyphoniques etc. Il est moins courant de signaler ses faiblesses et ses servitudes. La grande faiblesse de l'orgue, c'est sa mécanisation: le chanteur, le flûtiste, le violoniste peuvent agir sur le son tout au long de son déroulement, le pianiste maîtrise l'intensité de ses attaques avec une grande subtilité. Devant un son qui lui est donné tout fait, l'organiste n'a comme seul choix que de le bien attaquer et de bien l'arrêter. »

— Louis Thiry à propos de l'enseignement d'André Marchal

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]