Louis Ordonneau

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Louis Ordonneau
Image illustrative de l'article Louis Ordonneau

Naissance 23 juillet 1770
Saint-Maurice (Charente-Maritime)
Décès 29 septembre 1855 (à 85 ans)
Autouillet (Yvelines)
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade lieutenant-général
Années de service 17891835
Distinctions Baron d'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile pilier Ouest, 37e colonne.

Louis Ordonneau, né le 23 juillet 1770 à Saint-Maurice (Charente-Maritime), mort le 29 septembre 1855 à Autouillet (Yvelines), est un général français de l’Empire.

Il appartient à une famille de cultivateurs de la Saintonge. Il exerçait la profession de commis-marchand, lorsqu’il entra, le 14 juillet 1789, dans la garde nationale de Bordeaux, d’où il fut congédié le 6 septembre 1791.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il vint à Paris, reprit du service comme grenadier dans le 1er bataillon de la Butte des Moulins, le 5 septembre 1792, et passa, le 29 octobre, dans les chasseurs à pied de Mormal, où il fut nommé sergent-major le 11 novembre suivant.

Ce bataillon forma, le 16 du même mois, le 4e bataillon franc qui fut incorporé plus tard dans la 32e demi-brigade d’infanterie légère de première formation.

De 1792 à l’an IX, Ordonneau fit toutes les campagnes de la Révolution aux armées du Nord, de Sambre-et-Meuse, des côtes de Brest et de Cherbourg, des Alpes, d’Italie, de Naples et Gallo-Bataves.

Il fut proclamé sous-lieutenant par le choix de ses camarades le 7 février 1793, devint lieutenant à l’ancienneté le 22 vendémiaire an II, et passa, le 1er nivôse suivant, en qualité d’aide-de-camp, auprès du général Duhesme[1].

Le 2 prairial an II, devant Prischy, Ordonneau traversa l’armée ennemie pour aller porter un ordre ; son escorte fut tuée ou prise, mais, bravant le danger qui le menaçait, il traversa seul la ligne ennemie pour venir rendre compte de sa mission.

Le 12, devant Landrecies, il fut blessé d’un coup de biscaïen à la jambe droite, et reçut, le 10 messidor suivant, à l’affaire de Braine-le-Comte, un coup de feu à la tête et eut son cheval tué sous lui.

Dans la nuit du 9 au 10 brumaire an III, à la tête d’un escadron du 3e régiment de chasseurs à cheval, il reprit sur l’ennemi, devant le fort Saint-Pierre, une batterie de canons, fit 90 prisonniers, et eut un cheval tué sous lui par cinq coups de feu.

Capitaine le 25 frimaire an IV, il fut nommé, sur la demande du général Championnet, chef d’escadron le 27 pluviôse de la même année.

À l’attaque d’Andria, le 3 germinal suivant, il monta à l’assaut à la tète de la colonne du centre qu’il commandait. Le 7 brumaire an VIII, à l’attaque que le général Duhesme fit faire du camp retranché de Bussoleno, près de Suze, le commandant Ordonneau tourna la position par le sommet des montagnes avec les grenadiers des 25e, 26e et 107e demi-brigades. Il arriva avec tant de promptitude sur les derrières de l’ennemi, qu’il détermina le succès de la journée et la déroute d’une colonne de 4 000 Autrichiens, après avoir fait prisonniers 400 hommes qui défendaient une redoute dont il s’empara.

Au combat de Neukirchen, le 30 frimaire an IX (20 décembre 1800), il rendit de grands services. La division Duhesme, alors peu nombreuse, tenait, en avant de ce bourg, une position où elle combattait avec opiniâtreté depuis quatre ou cinq jours. Le général autrichien Klenau, qui avait éprouvé un échec à Nuremberg, se contenta de laisser quelques troupes devant la division du général Barbou, et joignit la majeure partie de ses forces à celles qui se trouvaient en présence de la division Duhesme. Une colonne de 5 000 hommes fut alors détachée pour tourner cette division, tandis que le corps principal devait l’attaquer de front. Le peu de cavalerie qu’avait le général Duhesme ne lui permettait pas de s’éclairer au loin, de sorte que la colonne ennemie qui filait en silence sur ses derrières, était déjà maîtresse d’Etzel et interceptait les communications avec Fortheim, lorsqu’on l’aperçut[2].

Par arrêté du 29 prairial an X, le premier Consul décerna un sabre d’honneur au commandant Ordonneau.

Employé dans la 19e division militaire, de l’an X à l’an XII, cet officier supérieur fut classé comme membre de droit dans la 12e cohorte de la Légion d’honneur, et en fut nommé officier le 25 prairial an XII.

L’Empereur le désigna, en outre, pour faire partie du collège électoral du département de Saône-et-Loire.

Il fut, de l’an XIV à 1807, en Italie, et fut nommé, le 23 août de cette dernière année, au grade d’adjudant-commandant.

Employé à l’armée de Catalogne de 1808 à 1813, il s’y distingua encore au siège de Tarragone et aux affaires du col d'Ordal et de Villafranca.

Promu au grade de général de brigade le 28 juin 1813, et maintenu à l’armée de Catalogne par décision du 1er septembre de la même année, il attaqua et dispersa, près de San Estevan, les corps de Manso et de Calatrava.

Rappelé en France en 1814, il prit le commandement d’une des brigades de la division Meunier, à l’armée de Lyon. Le 19 février, a la prise de Bourg (Ain), il fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite, et reçut une forte contusion à l’épaule droite le 11 mars suivant devant Mâcon.

Après l’abdication de l’Empereur, le général Ordonneau fut fait chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis le 29 juillet 1814, et fut nommé commandant supérieur de l’île de Ré le 31 août suivant. Louis XVIII lui accorda des lettres de noblesse et le titre de baron au mois de janvier 1815, et le 14 février suivant il le fit commandeur de la Légion d'honneur. Le général Ordonneau qui avait conservé son commandement pendant les Cent-jours, fut mis en disponibilité le 29 octobre 1817 ; mais il fut bientôt rappelé à l’activité et employé comme commandant de la 1re subdivision de la 19e division militaire. Il fut promu au grade de grand officier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821.

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 37e et 38e colonnes.

Commandant de la 3e brigade de la 3e division du 2e corps de l’armée des Pyrénées, il fit la campagne d'Espagne (1823), fut nommé lieutenant-général le 3 octobre, et reçut la plaque de 4e classe de l’ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne le 22 novembre de la même année.

Nommé commandeur de Saint-Louis le 29 octobre 1826, il commanda en 1828 une division au camp de Saint-Omer et fut mis en disponibilité en 1829.

En 1835, le baron Ordonneau a été placé dans le cadre de vétérance des officiers généraux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. qui, dans sa réponse du 5 ventôse an III, aux renseignements exigés par le décret de la Convention nationale du 29 frimaire de la même année, s’exprimait ainsi sur le compte du lieutenant Ordonneau : « Est bon républicain, patriote attaché à la Révolution, connaît les manœuvres de l’infanterie et surtout le service des avant-postes ; a un coup-d’œil exercé aux positions et beaucoup d’activité. Sait lire, écrire et calculer, a en outre de la capacité, de l’intelligence et de la bravoure dans le service d’aide-de-camp, qu’il fait auprès de moi depuis le 20 octobre 1793 (vieux style). »
  2. Le commandant Ordonneau, avec 150 hommes de la 29e légère, se porta aussitôt à la rencontre de cette colonne. Ce mouvement fut exécuté avec tant d’audace et d’intrépidité qu’il déconcerta l’ennemi, le força à rebrousser chemin pendant une demi-heure et donna le temps au général Duhesme de faire ses dispositions et de se retirer en bon ordre. Cette manœuvre hardie empêcha la division française, forte seulement de 3 500 hommes, d’être entamée ou forcée par un corps ennemi de 14 à 15 000 hommes, qui, avant l’action, l’avait presque entièrement tournée.

Source[modifier | modifier le code]

« Louis Ordonneau », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]