Louis Marracci

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ludovico Marracci

Louis Marracci (Torcigliano di Camaioren 6 octobre 1612 – 5 février 1700) est un prêtre catholique, traducteur italien et orientaliste, membre de la communauté des Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Sa célébrité est due à sa traduction en latin du Coran, accompagnée d’une réfutation, de commentaires et de notes se référant à diverses œuvres d'érudits musulmans

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Marracci est né à Torcigliano de Camaiore dans la province de Lucques, le 6 octobre 1612. Il déménage à Lucques, où, en 1627, à seulement 15 ans, il fait partie des Clercs Réguliers de la Mère de Dieu dans le Collège Romain de Sainte Marie in Campitelli. Il étudie la philosophie et la théologie, le grec, le syriaque et l'hébreu.

Diplômé, il retourne à Lucques, où il enseigne la grammaire et la rhétorique. À 33 ans, en 1645, il participe à la traduction de la Bible en arabe, le travail commencé dès 1624, à la demande des Églises orientales, qui sera achevé en 1650. En 1656, il se voit confier la chaire d'arabe à l'Université de la Sapienza à Rome.

Durant ces années, il conduit son œuvre fondamentale, la traduction latine du Coran. L’œuvre est divisée en deux parties :
- Le premier volume, Prodromus ad refutationem Alcorani, publié à Rome en 1691 par la Propaganda Fide, contient une introduction sur la vie du prophète et un résumé des fondements de l'Islam avec de nombreuses références à des textes d’érudits musulmans.
- Le deuxième volume, Refutatio Alcorani, publié en 1698 à Padoue, est dédié à Léopold Ier, vainqueur des Turcs à Vienne. Il contient le texte arabe du Coran, sa traduction en latin, accompagnée de notes et la réfutation.

Marracci fut le confesseur du cardinal Odescalchi et le resta après l'accession du cardinal au trône pontifical sous le nom d’Innocent XI.
Il décède le 5 février 1700.

Postérité[modifier | modifier le code]

Marracci a réalisé la troisième traduction du Coran en latin, après celle commanditée par Pierre le Vénérable en 1143, suivie de celle de Marc de Tolède en 1209 ou 1210.

"Marracci a utilisé les écrits d'exégètes et d'historiens musulmans, sa traduction est exacte et fidèle, et dûment commentée. Sa refutation reste imprégnée de l'esprit de controverse que semblent justifier les périls de l'époque. Sa traduction annonce cependant les temps nouveaux d'un orientalisme scientifique qui est soucieux de s'informer auprès des sources arabes et islamiques, en toute objectivité, mais sans renoncer aux exigences d'une saine critique[1]."

La traduction du Coran en anglais de George Sale a été menée en utilisant largement la traduction latine, les notes et commentaires de Marracci.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Recension de Maurice Borrmans, Ludovico Marracci et sa traduction latine du Coran, sur Refdoc.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Marracci, Refutatio Alcorani, 1698 (en ligne en latin sur Google livres).
  • Maurice Borrmans, Ludovico Marracci et sa traduction latine du Coran, Islamochristiana, 2002, no 28, p. 73-86

Sources[modifier | modifier le code]