Louis Le Comte

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Louis Le Comte (1655-1729) est un père jésuite et mathématicien[1] français envoyé en mission scientifique en Chine ; à son retour, il publia ses mémoires et fut mêlé à la querelle des rites.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit à Bordeaux, en 1655 dans une famille noble.

Entré dans l’ordre des Jésuites, il exerça les fonctions de l'enseignement et de la prédication, ce qui ne l’empêcha pas de suivre l'attrait particulier qui le portait vers l'étude des mathématiques.

Un groupe de six mathématiciens jésuites : Louis Le Comte, Jean de Fontaney (1643-1710), Guy Tachard (1648-1712), Jean-François Gerbillon (1654-1707), Claude de Visdelou (1656-1737) et Joachim Bouvet (1656-1730)[2], tous illustrés depuis par leurs talents et leurs ouvrages, s'embarquèrent avec le chevalier de Chaumont, nommé ambassadeur extraordinaire au Siam, pour se rendre dans ce royaume. Ils partirent de Brest avec des instructions spéciales de l'Académie des sciences, qui les avait élus, comme Correspondants. Ce fut là le premier noyau de la mission française de la Chine, si célèbre pendant plus de cent ans et dont les membres ont tant contribué à faire connaître les contrées orientales de l'Asie.

Le Comte, après avoir visité le cap de Bonne-Espérance et Pondichéry, arriva au Siam, le 24 septembre 1685. Phra-Naraï, roi de Siam, qui se piquait de cultiver les mathématiques et l’astronomie, le retint plusieurs mois à sa cour avec ses compagnons.

Narai observe une éclipse de soleil avec les jésuites à Lopburi en avril 1688 (reproduction d'une aquarelle datant de 1690).

Au mois de juillet 1686, les missionnaires (sauf Guy Tachard) quittèrent le Siam pour Macao ; mais ils eurent beaucoup à souffrir dans cette traversée : l'inhabileté de leur pilote et la difficulté de la navigation dans ces mers orageuses et encore peu connues ne permirent pas qu'ils y arrivassent : ils furent contraints de revenir au Siam, où ils apprirent que les Portugais s'opposaient au passage des missionnaires de Macao à la Chine. Ce fut pour eux un motif de prendre une autre route ; et à leur second départ, le 19 juin 1687, ils s'embarquèrent sur un vaisseau chinois qui allait à Ning-pho, dans la province de Tche-kiang, ou ils arrivèrent le 25 juillet 1687, deux ans et demi après leur départ de France.

Le 8 février suivant ils étaient à Pékin[3].

On assigna à Le Comte la mission du Chen-si, l'une des plus pénibles de l'empire par son étendue, par l'âpreté du climat et par la difficulté des communications. Les églises étaient fort distantes les unes des autres, et les chemins presque impraticables. Le Comte suivit longtemps cette mission, et fut ensuite employé dans d'autres parties ; ce qui le mit à portée de bien connaître la Chine, où il fit plus de 2 000 lieues en cinq ans.

Les besoins des missions ayant engagé ses supérieurs à le renvoyer en Europe, en 1692 ; il se rendit d'abord à Rome, où il instruisit le pape de l'état des choses. Il retourna ensuite en France, où il fut nommé confesseur de la duchesse de Bourgogne[Laquelle ?] ; fonction qu'il paraît avoir exercée peu de temps.

Ses voyages furent marqués par de nombreuses observations astronomiques ; il en fit au Cap de Bonne-Espérance, à Pondichéry, au Siam, à Louvo, à Canton, à Pékin et dans d'autres endroits. Il observa deux comètes en 1686 et en 1689, ainsi que le passage de Mercure sur le disque du Soleil en 1690 : les circonstances ne lui laissèrent rien à désirer pour la justesse de cette observation, dont il a décrit les moindres particularités.

Querelle des rites[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Querelle des rites.

Des contestations venaient de s'élever en Chine entre les Jésuites et les missionnaires de la Congrégation des Missions Étrangères, au sujet de quelques cérémonies pratiquées dans ce pays. Les jésuites les toléraient, les missionnaires des Missions Étrangères les rejetaient comme idolâtres.

Le Comte défendit le sentiment de ses confrères dans ses Nouveaux Mémoires sur l'État présent de la Chine[4], imprimés à Paris en 1696, 1697 et 1701, 3 vol. in-12, fig. Cet ouvrage est répréhensible pour les paradoxes qu'il renferme : c'est un panégyrique de la civilisation chinoise. Les Chinois, si l'on en croit l'auteur, ont de tout temps connu et adoré le vrai Dieu. Le Comte développe les mêmes idées dans une lettre au duc du Maine Sur les Cérémonies de la Chine ; Liège, 1700, in-12. Les directeurs des séminaires des Missions Étrangères : à Paris déférèrent ces Nouveaux Mémoires et la lettre sur les Cérémonies de la Chine à la cour de Rome et à la faculté de théologie de Paris.

Malgré les éclaircissements et les protestations de Charles Le Gobien, la faculté, sur le rapport des huit députés chargés d'examiner les ouvrages incriminés, censura, le 18 octobre 1700, dix-neuf extraits, tant des Nouveaux Mémoires et de la lettre au Duc du Maine que d'un autre écrit, et condamna la plupart des propositions, comme fausses, téméraires et erronées.

Les jésuites firent en vain paraître plusieurs lettres et réponses pour justifier les livres censurés. Le Comte ne fut pas plus heureux auprès d'Innocent XII et de la congrégation nommée par ce pape pour examiner l'affaire. Le Comte était encore à Rome en 1702; on le voit par une lettre du 17 mars de cette année, qu'il adressa au supérieur du séminaire des Missions Étrangères à Paris.

Dupin attribue encore au père Le Comte, sur ces matières, une Lettre d'un Missionnaire de la Compagnie de Jésus ; 1697. Les Nouveaux Mémoires furent compris dans la liste des ouvrages que, par son arrêt du 6 août 1761, le parlement de Paris condamna au feu. Cette liste fut dressée par l'esprit de parti plus que par le zèle de l'orthodoxie.

Dans ses dernières années, Le Comte se retira dans sa patrie, et mourut à Bordeaux en 1729 : bien que sa date de naissance soit imprécise, il devait avoir environ soixante-quinze ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The interweaving of rituals: funerals in the cultural exchange between China, Par N. Standaert Standaert, p.184.
  2. (en) Eastern Magnificence and European Ingenuity: Clocks of Late Imperial China - Page 182 by Catherine Pagani (2001) [1]
  3. The interweaving of rituals: funerals in the cultural exchange between China ... Par N. Standaert, p.185
  4. [2], [3]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • N. Standaert The interweaving of rituals: funerals in the cultural exchange between China and Europe, University of Washington Press, 2008, ISBN 0-295-98823-1, ISBN 978-0-295-98823-8
  • Xiping Zhang, Deshu Ding, Jinping Ye, Xiping Zhang, Deshu Ding, Jinping Ye Following the Steps of Matteo Ricci to China, published by 五洲传播出版社 (Wu zhou chuan bo chu ban she), Beijing, 2006 ISBN 7-5085-0982-X, ISBN 978-7-5085-0982-2
  • Hoefer, Nouvelle biographie universelle.
  • Larousse, Grand dictionnaire du XIXe siècle.
  • Feller, Nouvelle biographie universelle.
  • Michaud, Biographie universelle.

Articles connexes[modifier | modifier le code]