Louis Lambillotte

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Louis Lambillotte, né le 27 mars 1797 à Lahamaide, Hainaut (Belgique) et décédé le 27 février 1855 à Paris, était un prêtre jésuite belge, maître de chapelle et compositeur musical. Il est surtout connu pour avoir découvert, et publié en 1851, ce qui est sans doute le plus ancien antiphonaire grégorien.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l’âge de quinze ans Lambillotte est organiste à Charleroi et ensuite à Dinant. En 1820 il arrive au collège et petit séminaire de Saint-Acheul (près d’Amiens) comme maître de chapelle et organiste. Il entre dans la Compagnie de Jésus en 1825 et est ordonné prêtre à Amiens le 18 avril 1830. Il est ensuite directeur de chœur dans les collèges jésuites de Fribourg (Suisse), Saint-Acheul, Brugelette (Belgique) et Vaugirard à Paris où il passe les dernières années de sa vie.

Compositeur[modifier | modifier le code]

Lambillotte compose un grand nombre d’œuvres musicales, pas toutes de grandes valeurs. Elles étaient produites sur commande pour des célébrations religieuses dans les collèges où il était maître de chapelle : des cantiques, motets, courts oratorios et cantates à plusieurs voix. Elles ont du succès dans les institutions d’éducation. Mais la quantité nuit à leur qualité, d’autant plus qu’elles ne sont jamais produites que par des chœurs d’occasion et non professionnels.

L’antiphonaire grégorien[modifier | modifier le code]

Bibliothèque abbatiale de Saint-Gall où Lambillotte découvrit l'un des manuscrits musicaux les plus anciens et les plus purs du chant grégorien. Au XXIe siècle, la restauration de l'antiphonaire par les moines de Solesmes est effectuée à la base des manuscrits de cette bibliothèque. Donc la publication de Lambillotte reste remarquable.

Lambillotte est également musicologue. Durant les dix dernières années de sa vie il fait des recherches sur le chant grégorien dont - à l’instar de Dom Prosper Guéranger - il veut retrouver les sources authentiques.

Alors que c'était principalement dans les années 1890 que les moines de Solesmes, surtout Dom Mocquereau, cherchaient les manuscrits les plus anciennes dans les archives européennes, abbé Lambillotte effectua ses voyages plus tôt, notamment tout seul. À cette époque-là, personne n'effectua ses déplacements si fréquents, afin de comparer des manuscrits. Son témoin était un musicologue français Félix Clément. Selon son livre, ce prêtre visita des archives dans ces villes ou abbayes[1] :

Mais surtout, ces recherches le mènent à l’abbaye bénédictine de Saint-Gall en Suisse où il découvre un très ancien cantatorium[3],[4]. Le manuscrit date, de nos jours, entre 922 et 925 et il s'agit de l'un des manuscrits musicaux les plus anciens ainsi que les meilleurs[5]. Le volume de 131 pages, avec reliure en ivoire, contient les graduels, alléluias et antiennes de toute l’année avec l’antique notation neumatique. La découverte est considérable.

« Nous, Soussignés, Directeur et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint-Gall, nous certifions et attestons que la Copie en FAC-SIMILÉ de l'Antiphonaire de Saint Grégoire, sub N° 359, que Monsieur Lambillotte fit exécuter par le calligraphe M. Naef, à Saint-Gall, est, d'après ce que nous avons vu, parfaitement conformé au Manuscrit, surtout en ce qui concerne les signes de la notation.

Donné à Saint-Gall, ce 2 juin 1849
Ont signé :
Ch. GREITH, Doyen, Directeur.
L. G'MÜR, Bibliothécaire. »

— Antiphonaire de Saint Grégoire, p.32 (1851)

Non sans difficulté Lambillotte en fait faire une copie exacte par un copiste professionnel. Il publie le texte à Paris en 1851, avec introduction historique et notes critiques. Le titre reste l' Antiphonaire de Saint Grégoire, car, à cette époque-là, le Saint-Siège est encore considéré comme origine de ce chant. Dans l’atmosphère de restauration liturgique qui anime alors l’Église catholique, ce travail est très apprécie. Pie IX félicite Lambillotte en mai 1852. Son édition critique permet d’avancer dans la restauration du chant grégorien, comme le cherche l’Église pour ses célébrations liturgiques.

Lambillote continue sur sa lancée et prépare une édition complète des livres de chants liturgiques grégoriens. Il termine le travail mais n’en voit pas la publication, car il meurt à Paris le 27 février 1855. Le Graduel et le Vespéral paraissent en 1855-1856 sous la direction du collaborateur de Lambillotte, le père Dufour, qui publie également l'Esthétique un ouvrage de 418 pages qui est une étude complète faite par Lambillotte sur la théorie et pratique du chant grégorien.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Une page du cantatorium de Saint-Gall que Lambillotte fit copier en 1849. Il publia ses fac-similés en 1851 afin d'améliorer les qualité et authenticité de la musique liturgique.
  • Chants à Marie (4 vol.), Paris 1841-1868.
  • Choix de cantiques sur des airs nouveaux, Paris 1848.
  • Oratorio pour le jour de Pâques; oratorio pour le jour de la Pentecôte, Paris 1846.
  • Recueil de chants sacrés, Paris 1851.
  • Antiphonaire de Saint Grégoire, fac-similé du manuscrit de Saint-Gall, Poussielgue-Rusand, Paris 1851 (fac-similé)
  • (posthume) Musique religieuse, Paris 1857.
  • (posthume) Graduale romanum, Paris 1857.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • de MONTER, M.: Louis Lambillotte et ses frères, Paris, 1871.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://books.google.fr/books?id=TI1TAAAAcAAJ&pg=PA9 p. 9-10 ; Félix Clément, Des diverses réformes du chant grégorien, Librairie d'Adrien Le Clere & Cie, Paris 1960
  2. (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Rheinau_Abbey
  3. http://books.google.fr/books?id=N6vm8wfTwVoC&pg=PA32 Saint-Galle n°359 Cantatorium, dit de Saint-Gall entre 922 et 925 http://www.e-codices.unifr.ch/fr/preview/csg/0359
  4. Dom Daniel Saulnier de l'Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Études grégoriennes, tome XXXVII, p.8, Solesmes 2010
  5. http://www.e-codices.unifr.ch/fr/list/one/csg/0359