Louis Joseph d'Albert d'Ailly

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie Joseph Louis d'Albert d'Ailly

Naissance 1741
Décès 1792
Nationalité Drapeau : France française
Champs Chimie
Physique

Marie Joseph Louis d'Albert d'Ailly, vidame d'Amiens jusqu'en 1762, puis 1er duc de Picquigny (1762-1769) et enfin 7e duc de Chaulnes (1769), est un chimiste français, né[1] le 18 novembre 1741 et décédé au château de Chaulnes le 23 octobre 1792 ; il est le fils de Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly, 6e duc de Chaulnes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cornette surnuméraire de la compagnie des chevau-légers de la garde ordinaire du roi en 1748 et mestre de camp en 1756, il se retire du service à l'âge de vingt-quatre ans, avec le simple grade de colonel, par goût pour les sciences naturelles. Titré d'abord vidame d'Amiens, il porte, à partir de 1762 et jusqu'à la mort de son père, le titre de duc de Picquigny. Il est reçu membre de la Société royale de Londres, dont l’équivalent en France est l’Académie des sciences. Après avoir été promis à Alexandrine Le Normant d'Étiolles, fille légitime de la marquise de Pompadour, mais qui décède peu avant ses dix ans, il épouse, le 23 mai 1758, sa cousine Marie Paule Angélique d'Albert de Luynes, dame du palais de la reine.

En 1775, il prouve que l'air méphitique des cuves de brasserie est en fait de l'acide carbonique ; il établit le procédé pour préparer facilement de l'eau acidulée, par le moyen de moussoirs avec lesquels on agite de l'eau au-dessus de cuves contenant de la bière en fermentation. Il indique les moyens d'extraire et de purifier les sels de l'urine. En 1773, il trouve l'art de faire cristalliser les alcalis, en les saturant d'acide carbonique au-dessus d'une cuve de bière.

Quelque temps après, les chimistes ayant reconnu que l'asphyxie par le charbon en combustion était due à la formation de l'acide carbonique, Louis Joseph d'Albert d'Ailly propose un moyen de secourir les asphyxiés, en leur administrant, sous différentes formes, l'alcali volatil, autrement dit de l'ammoniac gazeux. Après avoir fait des expériences avec succès sur plusieurs animaux, il veut confirmer sa découverte en s'asphyxiant lui-même. Il donne plusieurs leçons à son valet de chambre, et, lorsqu'il le pense assez exercé, il s'enferme dans un cabinet vitré, s'assoit sur un matelas, et s'environne de brasiers de charbons allumés.

« Quand vous me verrez tomber, dit-il, vous me retirerez du cabinet, et vous me donnerez des secours, comme je vous ai enseigné à le faire. »

Le valet de chambre, attentif, obéit avec précision, et parvient à rappeler son maître à la vie.

Dans le cours de ses voyages, il visite l'Égypte en 1763, et rapporte de ce pays des dessins exacts de plusieurs monuments inédits ou mal décrits jusqu'alors, mais dont il ne publie qu'un Mémoire sur la véritable entrée du monument égyptien qui se trouve à quatre lieues du Caire, près de Sakara, Paris, 1783, in-4°, fig.. Ce monument, connu sous le nom de Puits des oiseaux, servait de sépulcre aux animaux sacrés. L'auteur raconte les démarches infructueuses qu'il a faites pour en faire mouler en plâtre les superbes hiéroglyphes, et donne d'autres détails curieux. On lui doit aussi un Mémoire et expériences sur l'air fixe qui se dégage de la bière en fermentation, inséré dans le tome 9 du Recueil des savants étrangers de l'académie des sciences, 1780.

Le 11 février 1773, le duc de Chaulnes a une altercation avec Beaumarchais qu'il accuse de lui ravir sa maîtresse, l'actrice Mademoiselle Ménard[2]. Ce dernier sera alors enfermé au château de Vincennes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. d'après Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, vol. 1, Avignon,‎ 1763
  2. Cette altercation est également relatée dans le film d’Édouard Molinaro, Beaumarchais, l'insolent (1996), dans lequel Beaumarchais est interprété par Fabrice Luchini et le duc de Chaulnes par Jacques Weber. Le film est lui-même inspiré de la pièce de Sacha Guitry, Beaumarchais (1950).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« Louis Joseph d'Albert d'Ailly », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]