Louis Hébert (pionnier)

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Louis Hébert

Description de cette image, également commentée ci-après

Monument à Louis Hébert dans le parc Montmorency.

Nom de naissance Louis Hébert
Naissance vers 1575
Paris Royal Standard of the King of France.svg France
Décès 25 janvier 1627
Québec Royal Standard of the King of France.svg Nouvelle-France
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession Pionnier de la Nouvelle-France

Louis Hébert, né vers 1575 à Paris (France) et mort le 25 janvier 1627 à Québec (Nouvelle-France), est le premier pionnier français du Canada et de la Nouvelle-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Hébert, troisième enfant de Nicolas Hébert (vers 1540-1600) et de Jacqueline Pajot (-1580), est né vers 1575 dans la rue Saint-Honoré à Paris et il est baptisé en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois[1].

Devenu adulte, Louis Hébert exerce au « Mortier d'or » sur l'Île de la Cité près du Louvre la profession d'apothicaire-épicier, comme jadis son défunt père Nicolas Hébert, lorsque, marié en juillet 1602 et père d'un premier enfant (Anne, née en 1603), le désir lui prit, à l'âge de presque 30 ans, de connaître le Nouveau Monde, où l'avenir pourrait s'avérer plus doux et plus prometteur qu'à Paris ou ailleurs en France, pour une jeune famille et dans la profession.

L'appel du Nouveau Monde[modifier | modifier le code]

Louis Hébert fut membre de « l'expédition sans femme ni enfant » [2] de Pierre Dugua de Mons, partant en 1606 joindre l'expédition commencée en 1604 pour un premier séjour en Acadie, avec Jean de Poutrincourt, son cousin par alliance, de petite noblesse et partenaire ami de ce Dugua. Il y naviguera, explorera et jardinera amicalement avec Samuel de Champlain (de 5 ans son aîné et navigateur, explorateur, cartographe), échangera avec les Amérindiens des connaissances sur les plantes médicinales, soignera quelques personnes et participera à « l'Ordre de Bon Temps ».

En 1607, la perte du monopole de Dugua de Mons les força tous à rentrer en France.

Louis Hébert repartit pour l'Acadie en 1610 avec ce Jean de Poutrincourt, alors successeur de Dugua, et y séjourna jusqu'en 1613. La colonie, cette année-là, fut attaquée par les Anglais.

Fait prisonnier comme les autres, Louis fut ramené en France.

Mais en 1616, convaincu par Samuel de Champlain de s'établir à Québec il vend tous ses biens et se rend à Honfleur avec sa femme, quadragénaire comme lui, et leurs 3 enfants survivants, alors âgés de 14, 9 et 3 ans, où ils se préparent à s'embarquer. Il part avec sa famille le 11 mars 1617[3].

La vie de ces pionniers à Québec[modifier | modifier le code]

Premiers colons de Québec

Travaillant pour la compagnie des marchands de fourrures, prodiguant, en dehors de cette tâche, des soins et de l'aide aux plus démunis, Louis Hébert entreprit également de défricher la terre, sans bœuf ni charrue mais avec l'aide de son beau-frère Claude Rollet, et d'y subsister de ses propres ressources.

En 1617, il célébra le premier mariage à survenir à Québec: celui de sa fille Anne. Cette dernière épousa alors Étienne Jonquet.

En 1620, Champlain le nomma procureur du roi dans la cité de Québec et en 1625, il devenait le premier propriétaire de ses terres agricoles, appelées le fief de Sault-au-Matelot. Avant 1634, seules les familles de Louis Hébert et de son gendre Guillaume Couillard avaient bâti maison à Québec. Tous les autres qui y séjournaient habitaient dans l'un ou l'autre fort, nommés « l'Habitation » (sur l'actuelle place Royale, près du fleuve) ou, depuis environ 1624, le « fort Saint-Louis » (sur la falaise, au sud de l'actuel hôtel « Château Frontenac ») ou dans les habitations des Récollets ou des Jésuites.

Décédé des suites d'une mauvaise chute sur la glace pendant l'hiver 1626-1627, Louis Hébert fut inhumé à Québec le 25 janvier 1627.

Louis Hébert, premier véritable colon, défricheur, cultivateur, et premier pharmacien et brasseur en Nouvelle-France, est aujourd'hui une figure emblématique des premières heures de cette histoire, laissant le souvenir d'un homme courageux, d'une grande générosité, aimé de tous, Français comme Amérindiens. Il fut le premier à cultiver la terre en Nouvelle-France. Son travail de la terre est d'autant plus méritoire que la Compagnie des marchands n'a jamais voulu lui apporter ni un bœuf ni une charrue. C'est son gendre, Guillaume Couillard, ancien commis au magasin de la Compagnie des marchands, qui reçut la première charrue et le premier bœuf : c'était à l'été 1627.

Quant à sa femme Marie Rollet, qu'il avait épousée au début de juillet 1602 à Paris, elle épousa à Québec en 1629 un certain Guillaume Hubou, un nouvel arrivant que tous admiraient.

Elle s'occupa de former à l'Européenne au moins 2 jeunes Amérindiennes, nées vers 1630, qui ensuite épousèrent des Français et comptent aujourd'hui une assez nombreuse postérité : la fille d'un certain chef nommé Manitouabéouich et la fille que Jean Nicolet eut de sa première épouse, une Algonquine du Lac Nipissing (une excroissance vers le nord-est de l'actuel Lac Huron, près de Sturgeon Fall, Ontario).

Marie Rollet eut la douleur de perdre sa fille aînée Anne (décédée à l'âge de 16 ans à Québec en 1619, à son premier accouchement), d'assister au déclin et à la mort de Champlain (paralysé à l'automne 1635, décédé le 25 décembre 1635) et de son jeune fils Guillaume, marié à 20 ans en 1634 et décédé en 1639. Mais elle eut la joie de connaître, de choyer et de voir grandir plusieurs de ses petits-enfants, ses voisins immédiats.

Marie Rollet et sa famille furent les seuls à demeurer en permanence à Québec de 1629 à 1632 ou 1633, quand des forbans franco-anglais, les frères Kirke avaient fait prisonniers et déporté en Angleterre tous les autres résidents de Québec, y compris Champlain et Abraham Martin, et maîtrisaient les lieux, alors que la paix venait d'être faite entre les royaumes de France et d'Angleterre.

Marie Rollet fut inhumée à Québec le 27 mai 1649, à l'âge d'environ 74 ans — ce qui était pour l'époque un âge très avancé.

La postérité actuelle de Louis Hébert et Marie Rollet[modifier | modifier le code]

La postérité de Louis Hébert et Marie Rollet est aujourd'hui très nombreuse en Amérique, par leur fille Guillemette née vers 1608 (et son époux Guillaume Couillard, sieur de L'Espinay, le premier arrivant, en 1613, à avoir eu une postérité en Nouvelle-France) et par leur fils Guillaume né vers 1614 (et son épouse Hélène Desportes, premier enfant née viable d'Européens en Nouvelle-France, en 1620, filleule d'Hélène Boullé l'épouse de Samuel de Champlain).

Déjà, il y a plus de deux siècles, le couple formé de Louis Hébert et Marie Rollet arrivait au 10e rang au Québec pour le nombre de descendants mariés :

Tiré de la base du PRDH[4], la liste des immigrants qui comptent le plus grand nombre de descendants mariés avant l'année 1800
Ancêtre Nombre de descendants

mariés avant l'année 1800

Zacharie Cloutier (v.1590-1677),

arrivé du Perche (Orne) en 1634,
marié en 1616
— 6 enfants, 5 mariés

10 850
Jean Guyon [Dion] (1592-1663),

arrivé du Perche (Orne) en 1634,
marié en 1615
— 10 enfants, 8 mariés

9 674
Marin Boucher (v.1587-1671),

arrivé du Perche (Orne) en 1634,
marié en 1611 puis en 1628 ou 1629
— 14 enfants, 7 mariés

8 502
Jacques Archambault (v.1604-1688),

arrivé de l'Aunis (Charente-Maritime) entre 1642 et 1648,
marié au Poitou (Vendée) en 1629
— 7 enfants, 5 mariés

8 445
Noël Langlois (v.1605-1684),

arrivé du Perche (Orne) en 1634,
marié à Québec le 25 juillet 1634
- 10 enfants, 8 mariés

7 847
Abraham Martin (v.1590-1664),

arrivé en 1619,
marié en France vers 1618
— 9 enfants, 6 mariés

7 765
Pierre Miville (v.1602-1669),

arrivé d'Hiers-Brouage, Saintonge (Charente-Maritime) entre 1640 et 1650,
marié à Brouage vers 1631
— 6 enfants, 6 mariés

6 552
Pierre Desportes (v.1595-après 1628),

arrivé en 1619,
marié en France vers 1618
— 1 fille, mariée 2 fois

6 515
Jean Roussin (1597-après 1680),

arrivé du Perche (Orne) en 1650 ou 1651,
marié en 1622
— 5 enfants, 4 mariés

4 730
Louis Hébert (v.1575-1627),

arrivé de Paris en 1617,
marié à Paris en 1602
— 3 enfants, 3 mariés

4 592

Représentation[modifier | modifier le code]

Au nombre des monuments que compte le Québec s'est ajouté celui sculpté par Alfred Laliberté, inauguré sur la place de l'hôtel de ville le 3 septembre 1918, à l'effigie de Louis Hébert pour commémorer le troisième centenaire de son arrivée au Canada. La sculpture faite de bronze a été démontée et transférée au sommet de la côte de la Montagne, à la sortie est du parc Montmorency en 1971.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.shp-asso.org/index.php?PAGE=hebert
  2. L'Acadie fut peuplée par des familles d'Européens à compter de 1632 (le Traité de Saint-Germain-en-Laye redonnant alors à la France l'Acadie et la Nouvelle-France). Le Québec aussi, à l'exception de quelques rares familles ou jeunes couples : la famille de Louis Hébert et Marie Rollet (famille arrivée en 1617, avec ses 3 enfants survivants : Anne 14 ans, Guillemette 9 ans et Guillaume 3 ans), d'Abraham Martin et sa jeune femme Marguerite Langlois de même que Pierre Desportes et sa jeune femme Françoise Langlois, sœur de Marguerite, arrivés vers 1619 à Québec et nouveaux mariés.
    Les premières expéditions de Dugua et de Poutrincourt en Acadie ne comprenaient que des hommes, sinon les témoins qui ont publié le récit de ces longues expéditions l'auraient mentionné, surtout Champlain et Lescarbot, même si ce dernier s'est parfois inspiré de sa pure imagination ou de ouï-dire peu fiable.
  3. Sam Hamad : Qui était Louis Hébert?
  4. Statistiques compilées et fournies par le Programme de recherche en démographie historique (PRDH) sur sa page Les pionniers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Samuel de Champlain

Guillaume Couillard, sieur de L'Espinay

Liens externes[modifier | modifier le code]