Louis François Auguste de Rohan-Chabot (1788-1833)

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Louis François Auguste de Rohan-Chabot
Image illustrative de l'article Louis François Auguste de Rohan-Chabot (1788-1833)
Biographie
Naissance
à Paris
Ordination sacerdotale à Notre-Dame de Paris
Décès (à 44 ans)
à Chenecey
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par Pie VIII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité des Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale à Notre-Dame de Paris
Archevêque de Besançon
Précédent Paul-Ambroise Frère de Villefrancon Guillaume-Valentin Dubourg Suivant
Archevêque d'Auch
Précédent Antoine de Morlhon Joachim-Jean-Xavier d'Isoard Suivant
Autres fonctions
Fonction laïque

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Blason fam fr Rohan-Chabot.svg
« Potuis mori quam foedari »
« Plutôt la mort que la souillure »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le cardinal et duc Louis François Auguste de Rohan-Chabot, né le à Paris et mort le à Chenecey, était comte de Chabot, puis prince de Léon, puis 8e duc de Rohan en 1817 et comte de Porhoët. Une fois devenu veuf, il devient prêtre puis archevêque d'Auch, puis archevêque de Besançon puis cardinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît à Paris le 29 février 1788, fils aîné du duc Alexandre de Rohan-Chabot et d'Anne Louise Elisabeth de Montmorency (Maison de Montmorency).

En 1789, à la suite de la Révolution française, sa famille émigre à l'étranger. Il est élevé par un oratorien réfractaire puis par un ancien régent de collège.

Il est âgé de 12 ans en 1800 lorsque sa famille revient en France à Paris alors que le premier consul de France Napoléon Bonaparte prend le pouvoir (avant de se faire sacrer Empereur en 1804).

En 1807, son grand-père le duc Louis Antoine de Rohan-Chabot décède et son père devint duc de Rohan et lui prince de Léon.

Marié puis veuf[modifier | modifier le code]

Agé de 20 ans, il épouse le 2 mai 1808 Marie Georgine Armandine de Sérent (1789-1815) alors âgée de 17 ans (fille du comte Armand-Sigismond de Sérent).

Il côtoie l'écrivain François-René de Chateaubriand qui lui disait souvent : « Venez Chabot que je vous corrompe »[réf. nécessaire].

En 1809, il est nommé chambellan de l'empereur Napoléon Bonaparte jusqu'à l'exil de ce dernier en 1814.

Au début de 1815, la princesse de Léon meurt dans des circonstances dramatiques :

« Le , vers cinq heures du soir, la princesse mettait la dernière main à sa toilette pour se rendre à un dîner chez le duc d'Orléans, et de là, à un bal donné par le comte Apponi, ambassadeur d'Autriche[1]. Elle s'approcha de la cheminée, le feu prît aux dentelles de sa robe ; à ses cris. Mme de Sérent, sa mère, accourut ; les flammes s'élevaient à trois mètres au-dessus de sa tête. On appela le prince qui venait de la quitter ; il la trouva assise dans un fauteuil ; tous ses vêtements étaient consumés, et son corps n'était qu'une plaie[2].
La nuit fut horrible[1], la malheureuse princesse fit preuve d'un courage admirable, et conserva jusqu'à la fin toute sa connaissance sans que sa résignation faiblît. Elle demanda à son mari de ne pas la quitter et elle expirait le lendemain, à huit heures du matin[3].
 »

— Baille, Le cardinal de Rohan-Chabot[1]

Sur son tombeau, dans l'église de La Roche-Guyon, est gravée l'épitaphe[3] :

Ici repose la dépouille mortelle d'Armandine-Marie-Georgine de Sérent, princesse de Léon, enlevée par les flammes à deux familles, dont elle était le lien et le charme, par la perfection de son caractère ; à la société, dont elle était l'ornement et l'exemple par son esprit et ses vertus ; à la religion qu'elle faisait aimer par sa charité, sa douceur et sa bonté ; aux malheureux, dont elle était l'appui et plus encore la consolation.
Elle expira. après quinze heures de souffrances supportées avec une héroïque et chrétienne résignation, le , âgée de vingt-quatre ans.
Dernière de son nom, ayant perdu son père et son oncle victimes de leur dévouement à leur patrie et à leur roi.
Priez pour son âme !

Entrée dans les ordres[modifier | modifier le code]

En 1816, le jeune veuf perd son père et devient le 8e duc de Rohan. Il décide alors d’entrer dans les ordres.

À partir de 1819 il étudie au séminaire Saint Sulpice de Paris pendant 3 ans, période pendant laquelle il fait la connaissance de l'écrivain Victor Hugo. Ce dernier se rend sur invitation un jour à son Château de La Roche-Guyon et s'enfuit au bout de deux jours, terrifié par l'étiquette princière qui règne aussi bien dans la chapelle du château que dans la salle à manger.

Il donne l'abbé Jean-Marie de La Mennais pour confesseur à Victor Hugo (histoire à lire dans le Tome II du livre : Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie écrit par sa fille Adèle Hugo en 1863).

Il invite également dans son château familial le poète, écrivain, historien, et homme politique Alphonse de Lamartine qui écrit une de ses méditations poétiques : la Semaine sainte à la Roche-Guyon.

Il reçoit également souvent un jeune prêtre dont il devient le mentor : le futur enseignant, journaliste, prélat et homme politique Félix Dupanloup.

Prêtre et évêque[modifier | modifier le code]

Le [4], après avoir étudié au séminaire Saint-Sulpice, il est ordonné prêtre à Notre-Dame de Paris en même temps qu'Antoine de Salinis et Césaire Mathieu[5]. De Salinis deviendra lui aussi archevêque d'Auch et Mathieu archevêque de Besançon[6]. L'abbé de Rohan-Chabot est aussitôt nommé chanoine de la cathédrale et vicaire général du diocèse de Paris[4].

Le il est nommé archevêque d'Auch et confirmé le 23 juin mais il est transféré à Besançon en Franche-Comté avant d'avoir pris possession de ce diocèse.

Le il est transféré à Besançon, confirmé archevêque de Besançon le 15 décembre, sacré le 18 janvier à Notre-Dame de Paris et installé le 5 février. Il vend les parts d'héritage de son château familial de La Roche-Guyon à son cousin le duc François XIII de La Rochefoucauld dont les descendants sont encore propriétaires.

Il mécontente les séminaristes par des réformes intempestives, ne manque pas de choquer les libéraux par son intransigeance et le clergé par son luxe. [réf. nécessaire]

Cardinal[modifier | modifier le code]

Le 5 juillet 1830, il est créé cardinal par le pape Pie VIII, mais à cause de la Révolution de Juillet 1830, Charles X de France fuit en Autriche et lui s'enfuit en Belgique, puis en Suisse.

À la mort du pape Pie VIII, il prend part au conclave de 1830-1831 au Vatican qui élit le nouveau pape Grégoire XVI.

Finalement c'est un nouveau roi qui prend le pouvoir en 1830 avec Louis-Philippe d'Orléans et fait perdurer la monarchie en France jusqu'en 1848 ce qui lui permet de revenir en France.

Le 28 février 1831, il reçoit le titre de cardinal-prêtre au titre de la Trinité-des-Monts.

En 1832 il réintègre l'archevêché de Besançon.

Le 8 février 1833 il décède à Chenecey (15 km au sud de Besançon) à l'âge de 45 ans de la grande épidémie de choléra (de 1833) et est inhumé à la cathédrale Saint Jean de Besançon.

Son frère Fernand de Rohan-Chabot (1789-1869) hérite de tous ses titres de noblesse et lui succède comme duc de Rohan.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial de la famille Rohan.

Écartelé : de gueules à neuf macles d'or, posés 3, 3, 3 (qui est de Rohan), et d'or à trois chabots de gueules, 2 et 1 (qui est de Chabot)[7].

Le prélat mettait souvent ses armes sur un écu écartelé de Navarre, d'Écosse, de Bretagne et de gueules au lion d'argent[7].

Orn ext cardinal duc et pair.svg
Grandes-armes-cardinal-de Rohan.svg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Baille 1904, p. 134.
  2. Moniteur universel du 15 janvier
  3. a et b Baille 1904, p. 135.
  4. a et b Miranda 1998-2012.
  5. Baille 1904, p. 208.
  6. Baille 1904, p. 209.
  7. a et b Aymar de Saint-Saud 1906, p. 72.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Précédé par Louis François Auguste de Rohan-Chabot (1788-1833) Suivi par
Paul-Ambroise Frère de Villefrancon
Blason-diocèse-Besançon.svg
Archevêque de Besançon
1829 - 1833
Guillaume-Valentin Dubourg
Alexandre-Louis-Auguste de Rohan-Chabot
Blason fam fr Rohan-Chabot2.svg
Duc de Rohan
Fernand de Rohan-Chabot