Louis François Antoine Arbogast

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Louis François Antoine Arbogast (Mutzig, le 4 octobre 1759 - Strasbourg, le 8 avril 1803) est un mathématicien, avocat et homme politique français d'origine alsacienne. À l'origine de l'adoption de l'actuel système des poids et mesures[1], il fut aussi député à la Convention nationale en 1792.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut professeur de mathématiques au collège de Colmar et prit part à une compétition mathématique lancée par l'Académie de Saint-Pétersbourg[2]. Cela lui apporta la célébrité et une place importante dans l'histoire du développement du calcul. Arbogast soumit un essai à l'Académie de Saint-Pétersbourg dans lequel il se range du côté d'Euler. En fait il alla plus loin qu'Euler dans le type de fonctions arbitraires introduites par intégration, prétendant que non seulement les fonctions pouvaient être discontinues dans le sens limité d'Euler, mais discontinues dans un sens plus général qu'il définit comme permettant à des fonctions d'être des portions de différentes courbes. Arbogast gagna le prix avec son essai et sa notion de fonction discontinue devint importante dans l'approche analytique plus rigoureuse de Cauchy.

En 1789 il soumit à Strasbourg un rapport majeur sur le calcul différentiel et intégral à l'Académie des sciences de Paris qui ne fut jamais publié. Plus tard, dans la préface d'un travail il décrit les idées qui l'ont poussé à écrire ce rapport majeur. Il réalisa essentiellement qu'il n'y avait aucune méthode rigoureuse qui allait avec la convergence des séries, et la carrière d'Arbogast se trouva propulsée vers le haut. En plus de son poste de mathématiques, il était professeur de physique au Collège Royal de Strasbourg et il y servit comme recteur à partir d'avril 1791, jusque octobre 1791 où il fut nommé recteur de l'Université de Strasbourg ; en 1794 il devint Professeur de Calcul à l'École Centrale (qui allait bientôt devenir l'École polytechnique) mais il enseigna à l'École Préparatoire.

Ses contributions aux mathématiques montrent comment un philosophe doit faire face à son époque. Aussi, bien qu'il ait introduit les fonctions discontinues, comme mentionné précédemment, il a conçu le calcul comme portant sur des symboles opérationnels[3]. La manipulation algébrique formelle des séries, sur laquelle ont travaillé Lagrange et Laplace dans les années 1770, a été mise en forme d'égalités d'opérateurs par Arbogast en 1800[4]. On lui doit le concept général de factorielle en tant que produit d'un nombre fini de termes en progression arithmétique.

Il meurt brutalement le 8 avril 1803 en laissant une importante bibliothèque d'ouvrages scientifiques[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

Le collège de Mutzig – sa ville natale – et une rue de Strasbourg portent son nom[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rédigé en commun avec Jean-Charles Borda, Joseph-Louis Lagrange, et Gaspard Monge : Sur l'uniformité et le système général des poids et mesures. Rapport et projet de décret présentés à la Convention nationale, au nom du Comité d'instruction publique, par le citoyen Arbogast, député par le département du Bas-Rhin, et Rapport fait à l'Académie des Sciences par les citoyens Borda, Lagrange et Monge, juillet 1793
  2. « Mathématiciens célèbres. », sur www.math93.com (consulté le 19 septembre 2010)
  3. « Liliane Lurçat - La destruction de l'enseignement élémentaire et ses penseurs François-Xavier de Guibert, 1998. », sur www.sauv.net (consulté le 19 septembre 2010)
  4. (en) « Arbogast, L. F. A (Louis François Antoine). Du calcul des dérivations », sur Gallica (consulté le 7 août 2014)
  5. « Histoire Des Mathématiques », sur publimath.irem.univ-mrs.fr (consulté le 19 septembre 2010)
  6. Maurice Moszberger (dir.), Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 238 (ISBN 9782845741393)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Friedelmeyer, « Louis Arbogast (1759-1803) : un mathématicien alsacien sous la Révolution française », dans Annuaire de la Société d'histoire de Mutzig et environs, 1992, no 15, p. 105-118
  • Roger Jaquel, « Problèmes historiographiques à propos de deux savants alsaciens engagés dans la Révolution française : le mathématicien Louis F. A. Arbogast (1759-1803), le minéralogiste Philippe-Frédéric de Dietrich (1748-1793) », dans Actes du 113e et du 114e Congrès national des sociétés savantes, Strasbourg, 5-9 avril 1988 et Paris, 3-9 avril 1989, Section d'histoire moderne et contemporaine, CTHS, Paris, 1991, p. 181-200
  • Roland Oberlé, « Louis François Antoine Arbogast », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 1, p. 59

Liens externes[modifier | modifier le code]