Louis Frédéric Schützenberger

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Louis Frédéric Schützenberger

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Louis Frédéric Schützenberger, photographie anonyme
Strasbourg, bibliothèque nationale universitaire.

Naissance 8 septembre 1825
Strasbourg, France
Décès 17 avril 1903 (à 77 ans)
Strasbourg, France
Nationalité Flag of France.svg Française
Activités Artiste peintre
Formation École des beaux-arts
Maîtres Paul Delaroche, Charles Gleyre
Récompenses Chevalier de la Légion d'honneur

Louis Frédéric Schützenberger, né à Strasbourg le 8 septembre 1825 et mort dans la même ville le 17 avril 1903, est un peintre français.

Le peintre René Schützenberger (1860-1916), est son cousin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Frédéric Schützenberger est l'élève de de Guérin à Strasbourg, puis de Paul Delaroche, et de Charles Gleyre à l'École des beaux-arts de Paris. Il débute au Salon de 1850. Il pratique la peinture de genre et d'histoire.

Il séjourne à Rome entre 1861 et 1862 et, de retour à Paris, emménage dans l'immeuble surnommé La Boîte à thé, au 70 et 70 bis rue Notre-Dame-des-Champs[1].

Il obtint au Salon une troisième médaille en 1850, une deuxième médaille en 1861, une première médaille en 1863, et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1869.

Entre 1870 et 1885 environ, il fut propriétaire du château de Scharrachbergheim-Irmstett au premier étage duquel il avait aménagé son atelier[2].

La vie et l'œuvre[modifier | modifier le code]

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Anonyme, carton publicitaire pour la Brasserie de la Patrie Schutzenberger (vers 1850).

Il est le fils aîné du brasseur Schützenberger, propagateur très connu de bon nombre d'utiles et hardies innovations[1]. Ceux des buveurs de bière qui, vers 1833, venaient, – dans la rue des Balayeurs – s'asseoir sous les grands arbres de la brasserie de la Patrie, ont gardé le souvenir d'un petit bonhomme qui, armé d'un morceau de craie, (dérobé aux joueurs de cartes), reproduisait sur les ardoises et sur les tables, non seulement les chevreuils, les lièvres, les perdrix empilés sur le sol... en ces heureux temps de chasses miraculeuses... mais encore les chasseurs qui les avaient abattus et qui s'extasiaient, à qui mieux, de la fidélité de ces reproductions enfantines. Ce dessinateur précoce était Louis Schützenberger, alors âgé de huit ans. Au nombre des habitués de la maison était le peintre Guérin ; il prenait grand plaisir à ces essais naïfs et insistait, près du père de l'enfant, pour qu'il encourageàt ce qu'il regardait comme une véritable vocation. M. Schützenberger, — lui-même très ami des arts, — céda à ces conseils, et Louis devint l'élève de Guérin. C'est dans son atelier qu'il reçut les premières notions du dessin. Le maître entoura de soins assidus le jeune artiste qu'il avait pressenti. Il versa en lui son évangile : son respect pour la correction du dessin, pour l'anatomie, pour les lois de la perspective, et toute la carrière de Schützenberger se ressentit de cette éducation classique.

En 1842 Guérin engagea son élève à se rendre à Paris. Il y arriva à 17 ans et entra dans l'atelier de Paul Delaroche qui représentait alors, en peinture, cet éclectisme que Cousin s'efforçait d'introduire dans la philosophie. On sait que lorsque Delaroche fit son grand voyage en Italie, son atelier passa sous la direction de Charles Gleyre, tout à la fois idéaliste et néogrec. L'attitude de l'Institut, — à cette époque maître absolu et attardé de l'École des Beaux Arts, — vis-à-vis de cette jeune et vaillante phalange, éloigna des grands concours de Rome des hommes qui s'appelaient Gérôme, Brion, Schützenberger, Lix, Hamon, Toulmouche et tant d'autres encore... peu disposés, à coup sûr, à se jeter dans les excès. Ils se consolèrent de ce manque de bienveillance par leurs succès et par le charme de la plus douce et de la plus fidèle intimité.

D'autres ont conté — bien mieux que nous ne pourrions le faire, — l'histoire de cette Boîte à thé de la rue Notre-Dame-des-Champs où ils vivaient en commun, visités par tous ceux qui s'occupaient de peinture et d'où, pendant quinze ans, sortirent tant de chefs-d'œuvre qui furent la gloire de nos expositions. L'amitié dont Gleyre honora Schützenberger eut, sur sa vie d'artiste, une influence ineffaçable. Notre compatriote a considérablement produit, et l'un des côtés remarquables de cette fécondité c'est la facilité avec laquelle il a abordé tous les genres. Outre ses grands tableaux d'histoire et ses académies, il nous a donné de nombreux paysages dans lesquels il a reproduit les rives du Rhin avec une rare fidélité et un grand sentiment. Ces paysages ont un cachet qui les ferait reconnaître entre mille. On sent, en regardant ces études, que notre artiste est né en. Alsace, qu'il a longtemps, patiemment observé cette belle contrée. On retrouve le chasseur et le pêcheur des îles dans les détails, charmants répandus sur ces toiles brossées avec une incroyable rapidité; on devine qu'il a vécu cette vie des bois qu'il a reproduite avec le double attachement de l'artiste et de l'enfant du pays[1].

Il a peint le portrait avec le même bonheur, avec la même facilité d'exécution; bon nombre de ces toiles, et notamment le portrait de son père, ont été goûtées par le public et sont vraiment tout à fait remarquables. C'est que L. Schützenberger n'est pas seulement un excellent dessinateur, mais encore — et à propos — un coloriste charmant. Beaucoup de ses paysages étincellent de lumière, ceux surtout où il a reproduit ces coteaux plantés de vignes, derniers contreforts de la haute chaîne des Vosges, au pied de laquelle ils viennent expirer, comme une vague dorée, avec toutes les splendeurs dont les pare l'automne. Les chairs des personnages de ses tableaux d'histoire et de ses portraits sont, elles aussi, finement modelées, pleines de relief, et révèlent tout le soin qu'a pris le peintre à étudier les jeux de l'ombre et de la lumière. Les récompenses, du reste, n'ont pas manqué à notre artiste. Il obtint à 23 ans sa première médaille. Depuis, il en a reçu bon nombre d'autres et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1870, à la suite du salon, auquel il avait exposé une baigneuse maintenant en Hollande[1].

Le premier tableau qui appela sur Schützenberger l'attention portait pour titre Les Vierges folles, composition peut-être inspirée par ces statues étranges qu'on voit au portail de la cathédrale de Strasbourg et qui avaient frappé l'enfance du peintre. Ce début, récompensé par une médaille, fut à la fois pour lui un succès et un encouragement. Son Premier astronome est un sujet bien choisi et qui fait penser: par une de ces nuits lumineuses... comme en a seul l'Orient, un pâtre debout contemple les étoiles ; son chien et son troupeau se sont endormis à ses côtés, son feu, qu'il a négligé pour la contemplation, jette sa dernière lueur... Charlemagne apprenant à écrire est aussi une excellente toile[1].

Le vainqueur des Saxons subit impatiemment la leçon du jeune moine qui, respectueux et placide, guide la rude et puissante main de l'Empereur. Les Alsaciens émigrant en France sont une page touchante et émue de la douloureuse époque de 1871. Ajoutons et citons encore La danse grecque, achetée par l'État et placée au Luxembourg : c'est un des succès les plus incontestés du maître. Marie Stuart sur le bord de la mer, elle aussi, une autre page émouvante. Puis un essaim dédaigneuses dans toutes les attitudes... et chastes cependant malgré leur complet déshabillé. Le bombardement a détruit, au musée municipal de Strasbourg, l'excellente toile intitulée Pygmalion et sa statue, que nous ne saurions assez recommander à l'artiste de reproduire de nouveau. Des tableaux de centaures (dont l'un est placé au Luxembourg); un Giorgione, dans la manière des peintres vénitiens ; Les sept péchés capitaux et bien d'autres productions ont figuré tour à tour, avec succès, dans nos expositions. Enfin Schützenberger a été chargé d'exécuter des peintures décoratives à l'hôtel de ville de Strasbourg et à celui de Reims. On a reproché à notre peintre de ne s'être pas voué à une spécialité comme l'ont fait tant de maîtres avec honneur et profit. Nous répondrons à cela qu'il n'est pas donné à tous d'aborder tous les genres et que l'indépendance de son caractère aussi bien que son talent l'ont entraîné dans une voie que d'autres n'ont pas suivie par impuissance peut-être. Ses allures un peu frondeuses et la brusque franchise de ses appréciations lui ont parfois nui auprès des critiques habitués à plus de condescendance de la part de ceux dont ils se constituent les juges infaillibles, mais il n'est pas moins, et à bon droit, l'un de nos artistes les plus loyaux, les plus sympathiques, usant de ses relations personnelles au profit de ses amis et jamais pour lui-même[1].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’articleNotice biographique dans « Biographies alsaciennes avec portraits en photographie » sur gallica.bnf.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, article de Raymond Oberlé, vol. 34, p. 3564
  • Frédéric Heyler, Discours prononcé à l'enterrement de M. Louis Schuetzenberger, artiste peintre, à l'église de Saint-Nicolas à Strasbourg, le 19 avril 1903, Imprimerie Alsacienne, Strasbourg, 1903, 16 p.
  • Anselme Laugel, Biographies alsaciennes : Louis Schuetzenberger, Édition de la Revue alsacienne illustrée, 1902?, 28 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Le Messager des Vosges illustré, revue littéraire et scientifique, volumes 1 à 2, 1903, p. 74-75
  2. Château à Scharrachbergheim-Irmstett (67) sur le site Patrimoine de France
  3. Terpsichore, Paris, musée d'Orsay
  4. « Centaures chassant le sanglier », base Joconde, ministère français de la Culture
  5. Europe enlevée par Jupiter, Albums des salons du XIXe siècle ; salon de 1865
  6. « Femme nue », base Joconde, ministère français de la Culture
  7. Benoît Bruant, « L'Entrevue de César et d'Arioviste : rencontre de la latinité et de la germanité au musée des beaux-arts de la société industrielle », in Annuaire historique de la ville de Mulhouse, 2003, no 14, p. 130-138

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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