Louis Des Balbes de Berton de Crillon, duc de Mahon

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Louis Des Balbes de Berton de Crillon
Duc de Mahón
Le duc de Crillon, avec une représentation du siège de Gibraltar
Le duc de Crillon, avec une représentation du siège de Gibraltar

Surnom Duc de Crillon
Naissance 22 février 1717
à Avignon
Décès 5 avril 1796 (à 79 ans)
à Madrid
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Bandera de España 1760-1785.svg Royaume d'Espagne
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne
Grade Lieutenant général des armées
Capitaine général de Valence et de Murcie
Années de service 17341783
Conflits Guerre de Succession de Pologne
Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Guerre anglo-espagnole (1779-1783)
Faits d'armes Prise de Mahón et l'île Minorque
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Chevalier de la Toison d’Or
Grand d'Espagne de 1re classe
Grand-croix de l'Ordre de Charles III d'Espagne
Autres fonctions Commandant de Boulogne, de l'Artois et de la Picardie
Famille Maison de Crillon

Louis Des Balbes de Berton de Crillon, duc de Mahón (es), né le 22 février 1717 à Avignon et mort à Madrid le 5 avril 1796, est un militaire français du XVIIIe siècle. Après avoir combattu et s'être distingué au sein de l'armée royale française pendant les guerres de succession de Pologne et d'Autriche, ainsi que pendant la guerre de Sept Ans, il entre au service de l'Espagne après s'être fait retirer le commandement du Boulonnais, de l'Artois et de la Picardie qu'il avait reçu en 1761.

Au service de Charles III d'Espagne, il prend part à la quatrième guerre anglo-espagnole (1779-1783), puis à la guerre d'indépendance américaine, au cours de laquelle il reprend Mahón et Minorque aux Anglais - ce qui reste son principal fait d'armes - avant d'échouer devant Gibraltar. Comblé d'honneurs en Espagne, il meurt à Madrid en 1796.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Louis Des Balbes de Berton de Crillon descend de la Maison de Crillon, une famille d'origine italienne, qui s'était établie en France au XVe siècle. Il est le fils de François Félix de Berton des Balbes, duc de Crillon et de Marie-Thérèse de Fabry de Moncault. Son père obtient l'érection en duché de son marquisat de Crillon par bulles du pape Benoît XIII en reconnaissance des services signalés que la maison de Berton avait rendus à l’État romain.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il fait, en 1734, au début de la guerre de Succession de Pologne, une campagne en Italie sous les ordres du maréchal de Villars. Il assiste, comme colonel du régiment de Bretagne, à la bataille de Parme, le 29 juin 1734.

Guerre de Succession d'Autriche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession d'Autriche.

En 1742, pendant la guerre de Succession d'Autriche, il sert en Bavière (Allemagne) avec la plus grande distinction sous les ordres duc d'Harcourt. Pendant cette campagne de 1742, il défend, pendant treize heures, Landau sur l’Isère, contre l'avant-garde de l’armée ennemie, forte de 10 000 hommes. Dans les pourparlers qui suivirent, Crillon dit qu’il avait un nom à soutenir, et une réputation personnelle à faire: « Monsieur, lui répond le général ennemi, nous vous connaissons et estimons depuis le commencement de la campagne; mais pends-toi, brave Crillon, tu seras pris[1]. » Obligé de se constituer prisonnier, il est échangé au bout de huit jours.

Promu brigadier en 1743, il est présent à la bataille de Fontenoy et commande en cette qualité les quatre bataillons qui a soutinrent les assauts contre 8 000 hommes (le 10 juillet 1745) dans l'affaire de Mesle. Crillon présente au roi les deux premiers rangs des régiments de Crillon et de Laval, en bonnets de grenadiers anglais. Il avait obtenu la croix de Saint-Louis en 1744, et le roi lui offre alors la pension de 3 000 livres attachée au cordon rouge, avec la permission de le porter, en attendant la première vacance. Crillon refuse ces honneurs, dans l'espoir d'obtenir le cordon bleu, qu'il n'aura jamais.

Après le siège de Namur où il se distingue, il est nommé maréchal de camp en 1745. Il est encore à la bataille de Rocourt le 11 octobre 1746. Il est alors nommé colonel du régiment de La Tour du Pin (qui deviendra régiment de Béarn en 1762).

Guerre de Sept Ans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Sept Ans.

Il se distingue à nouveau pendant la guerre de Sept Ans. Crillon prend Lippstadt et commandait dans Weissenfelds, lorsque Frédéric II de Prusse s’y présente. « Je fus, dit à cette occasion le roi de Prusse, arrêté à la tête de mon armée, par la valeur de dix-sept compagnies de grenadiers français. »

Il est à la bataille de Rossbach en 1757, au cours de laquelle il est blessé d'un coup de canon, et a son cheval tué sous lui[2]. Il est fait lieutenant général en 1758 et prend Göttingen, et à bataille de Lutzelberg (10 octobre 1758) il commandait la réserve, et est chargé de poursuivre l'ennemi. Il était alors question de faire une descente en Angleterre, et Crillon reçoit le commandement de la Picardie, de l’Artois et du Boulonnais en 1761. Il présente alors le projet de construire des chaloupes canonnières, à voile et à la rame, et portant chacune un canon de 24 livres à l’avant, et un autre à l'arrière: mais ce projet est rejeté. Crillon apprend qu’on voulait donner son gouvernement au prince de Beauveau; en même temps que le duc de Fuentes, au retour de son ambassade de Londres, l'encouragea à entrer au service l'Espagne, qui était en guerre avec le Portugal.

Il participe au corps expéditionnaire français envoyé contre le Portugal.

Au service du royaume d'Espagne[modifier | modifier le code]

Mais, se plaignant d'un passe-droit, et dépité de perdre le commandement de Boulogne, de l'Artois et de la Picardie, il quitte le service de la France pour celui de l'Espagne en 1762[3]. En vertu d'un pacte de famille, il conserve le même grade qu'il avait en France. Il intègre l'armée espagnole quelques jours avant la conclusion de la paix de Paris, et il se trouve à la capitulation d’Almeida.

Il accompagne l'empereur d'Autriche, Joseph II du Saint-Empire, lors de sa visite en Espagne. En 1765, il est destitué de son poste de commandant du Campo de Gibraltar pour avoir proposé d'attaquer la ville sans déclaration de guerre préalable.

Guerre d'indépendance des États-Unis[modifier | modifier le code]

Au service du roi Charles III, en 1776 il reçoit des terres dans l'établissement de Puerto Rico, où il projette d'établir des plantations[4]. En 1780, il reçoit la grand-croix de l'Ordre de Charles III d'Espagne.

La même année, il devint commandant général des armées espagnoles pendant les hostilités entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, reprit sur les Britanniques Mahón et l'île Minorque. Débarqué avec neuf mille Espagnols, il est rejoint par les régiments français de Lyonnais, de Bretagne (qu'il avait commandé), de Bouillon et de Royal-Suédois. À la tête de ce contingent de 12 000 hommes, il débarque à Minorque le 19 août 1781 et reprend l'île au troupes anglaises du général James Murray. Le fort Saint-Philippe, dernier rempart des Anglais, capitule le 4 février 1782. Il est, en récompense, créé duc de Mahón (es).

Le duc de Crillon se rend ensuite devant Gibraltar, et commande les troupes franco-espagnoles employées au grand siège de Gibraltar. Le siège dure quatre ans, mais il échoue cependant à reprendre la ville.

Il meurt à Madrid, le 5 avril 1796, avec le titre de capitaine général de Valence et de Murcie.

Mémoires[modifier | modifier le code]

Il a laissé ses :

  • Mémoires militaires de Louis de Berton des Balbes de Quiers, duc de Crillon, duc de Mahon, De l'Imprimerie de Du Pont, Député de Nemours à l'Assemblée Nationale constituante, Paris, 1791 - 392 pages

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Il se marie une première fois en 1742 avec Elisabeth Couvay de Bernay (1724-1755. De cette union naissent trois fils :

Il épouse en deuxièmes noces Florence Bruneau de La Rabatelière, sans descendance

Il épouse en troisièmes noces, en 1770, Joseph Anastasie Roman Espinosa de los Monteros, dont :

  • Louis Antoine François (1775-1832), quatrième duc de Mahón
    • Louis Antoine François de Paule Des Balbes de Berton de Crillon (1801-1838), cinquième duc de Mahón
      • Marie Antoinette Gabrielle Des Balbes de Berton de Crillon (1838-1898), duchesse de Mahón
  • Virginia

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces mots font allusion à ceux qu’écrivit Henri IV à Louis de Balbe Crillon son ami, un de ses plus fameux généraux, et ancêtre de celui dont on parle dans cet article. « Pends-toi, brave Grillon, disait ce monarque, nous avons combattu à Arques, et tu n’y étais pas. »
  2. La Gazette de France, 19 novembre 1757
  3. Ou en 1766, date à laquelle il disparaît des États militaires, avant de réapparaître en 1776.
  4. (es) Un discurso esclavista de la Ilustración: la trata negrera en el proyecto plantocrático de Louis Balbes des Berton, duque de Crillón y Mahón

Source et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) José L. Terrón Ponce. La toma de Menorca (1781–1782) en los escritos autobiográficos y epistolario del duque de Crillon. Ex-Libris, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]