Louis Dartige du Fournet

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Officier général francais 3 etoiles.svg Louis Dartige du Fournet
Louis Dartige du Fournet en 1915
Louis Dartige du Fournet en 1915

Naissance 2 mars 1856
Putanges, Orne
Décès 16 février 1940 (à 83 ans)
Périgueux, Dordogne
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Pavillon de la marine française Marine nationale française
Grade Vice-amiral
Années de service 1872 –
Conflits Guerre des Balkans
Première Guerre mondiale
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Autres fonctions Préfet maritime à Bizerte

Louis René Charles Marie Dartige du Fournet, né à Putanges dans l'Orne le 2 mars 1856 et mort à Périgueux en Dordogne le 16 février 1940, est un officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade de vice-amiral.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né Louis Dartige, mais son père, Louis Auguste Dartige (receveur de l'enregistrement et des Domaines), est autorisé par décret présidentiel, en 1877, à ajouter du Fournet au nom de famille, relevant le nom porté par l'une de ses aïeules maternelles et rappelant le château du Fournet à Saint-Judoce, en Ille-et-Vilaine, où vivait son père (le château abrite toujours un portrait du vice-amiral Dartige du Fournet) ; sa mère était Sidonie Olympe Mourin d'Arfeuille. Il se maria avec Marie Vauquelin de la Rivière puis avec Edmée de la Borie de la Batut.

Il entre en 1872 à l'École navale, dont il sort major. Lors de la campagne de Siam, en 1893, commandant la frégate La Comète, il force la passe de Ménam (fort Paknam) pour dégager le port de Bangkok. La France hérite ainsi de la rive gauche du Mékong (le Laos). Il devient second sur le croiseur-cuirassé Pothuau, puis il commande le croiseur Surcouf de l'escadre du Nord.
En 1909, il est nommé contre-amiral. Il participe à la guerre des Balkans (1912-1913) à la tête de la flotte française et il est nommé vice-amiral. Lors de la Première Guerre mondiale, en février 1915, il est nommé à la tête de la troisième escadre française qui vient d'être créée. Basée en Syrie, cette escadre est chargée de faire appliquer le blocus des côtes turques décrété en août 1915[1].

Le 5 septembre 1915, les Arméniens retranchés sur le Musa Dagh[1] (Musa Dagh ou « Mont-Moïse ») pour résister au génocide entrepris par les Turcs réussissent à attirer l’attention du croiseur Guichen, au nord de la baie d’Antioche, avec un drap blanc marqué d’une croix rouge. L’amiral Dartige du Fournet sollicite des instructions auprès de l’état-major. Sans réponse précise, c’est finalement sous sa responsabilité que, les 12 et 13 septembre, 4 080 Arméniens sont embarqués sur la Foudre, le D’Estrées, le Guichen, l’Amiral Charner et le Desaix. Les marins français de la 3e escadre donnent le meilleur d’eux mêmes pour réussir cette évacuation, sur Port Saïd, en Égypte, où les rescapés sont accueillis, gardant toutefois le nom de Mussalertsi (enfants du mont Mussa). Dartige du Fournet prend par la suite le commandement en chef des flottes alliées d'Orient qui vont agir dans le Bosphore.

Il est démis de ses fonctions par le ministre de la Marine, Lucien Lacaze, suite à l'embuscade dans laquelle tombent les soldats alliés à Athènes en décembre 1916. Il cherche à réintégrer l'armée de terre durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale[2], avant d'être réhabilité. Il se marie et se retire à Périgueux dans sa villa Paknam. Tombe à Saint-Chamassy (Dordogne) (Delluc, Bull. Soc. hist. et arch. Périgord, 2007).

Publications[modifier | modifier le code]

L'Embarquement des réfugiés arméniens du mont Musa Dagh sur un navire de guerre en septembre 1915.
  • Instructions nautiques sur les mers de Chine. Introduction. Navigation générale. Collationnées par le service des instructions nautiques au Dépôt de la marine, 3 vol., Paris, Imprimerie nationale, 1883-1884
  • Journal d'un commandant de la Comète : Chine, Siam, Japon (1892-1893), Paris, Plon-Nourrit, 1897 Texte en ligne
  • Petite Mousmé, Paris : Plon-Nourrit, 1907. Réédition : Paris, Pondichéry, Éditions Kailash, 2009
Roman paru initialement sous le pseudonyme de Gabriel Hautemer[2].
  • Souvenirs de guerre d'un amiral, 1914-1916, Paris, Plon-Nourrit, 1920
  • Heures lointaines. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1928
  • À travers les mers. Souvenirs d'un marin, Paris, Plon, 1929

Promotions[modifier | modifier le code]

  • Élève du Borda le 18 octobre 1872,
  • Aspirant de 2e classe le 1er août 1874,
  • Aspirant de 1re classe le 9 octobre 1873,
  • Enseigne de Vaisseau le 29 juin 1872,
  • Lieutenant de Vaisseau le 27 janvier 1883, à bord de l'aviso Bouvet,
  • Capitaine de Frégate en 1897, à bord du croiseur Pothuau,
  • Contre-amiral en 1909, préfet maritime à Bizerte,
  • Vice-amiral en 1913.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2002
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, éditions Tallandier,‎ 2002, 573 p. (ISBN 2-84734-008-4)
  • François Cochet et Rémy Porte, Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2008
  • Delluc B. et G., 2007 : De Bangkok à Eugène Le Roy, Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 134, p. 321-326, ill.
  • Delluc B. et G., 2010 : Note sur l’amiral Louis Dartige du Fournet et les Arméniens, Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 137, p. 284-285, ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]