Louis-Auguste de Bourbon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Louis Auguste de Bourbon)
Aller à : navigation, rechercher
Louis-Auguste de Bourbon
Le duc du Maine à l'âge de 25 ans.
Le duc du Maine à l'âge de 25 ans.

Titre Duc du Maine
(16701736)
Autre titre Prince de Dombes et
Comte d'Eu (1681)
Duc d'Aumale (1686)
Grade militaire Colonel général des Cents-Suisses et Grisons (1674-1710)
Général des galères (1688-1694)
Lieutenant-général des armées navales
Distinctions Chevalier des Ordres du Roi
Autres fonctions Gouverneur du Languedoc (1682)
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Naissance 31 mars 1670
Château de Saint-Germain-en-Laye, France
Décès 14 mai 1736 (à 66 ans)
Château de Sceaux, France
Père Louis XIV de France
Mère Madame de Montespan
Conjoint Louise Bénédicte de Bourbon
Enfants Louis Auguste de Bourbon
Louis Charles de Bourbon
Louise-Françoise de Bourbon
Signature
Signature of the Louis Auguste de Bourbon (Duke of Maine) at the marriage of Emilie de Breteuil (June 1725).png

Coat of arms of Louis Auguste de Bourbon, Légitimé de France, Duke of Maine.png

Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, duc d'Aumale, prince souverain de Dombes, comte d’Eu, né à Saint-Germain-en-Laye le 31 mars 1670 et mort à Sceaux, 14 mai 1736, est un fils légitimé du roi de France Louis XIV.

Sous Louis XIV[modifier | modifier le code]

Le duc du Maine par François de Troy.

Issu du double adultère du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan, il naquit secrètement au Château de Saint-Germain-en-Laye. Craignant la réaction du bouillant époux de la marquise qui, pour nuire, aurait pu faire reconnaître l'enfant comme sien, les amants donnèrent l'enfant, dès sa naissance, en charge à la veuve Scarron qui s’occupait déjà de sa sœur aînée (laquelle mourut la même année) se réfugiant incognito et en vase clos dans le village de Vaugirard près de Paris.

L’enfant naquit infirme et boita toute sa vie (d’où le sobriquet « Gambillard » qui lui sera attribué par ses nombreux détracteurs).

Rapidement, il devint l'un des enfants préférés du roi, qui était déçu par son fils légitime, le Grand Dauphin. Sa protection lui fut d’un grand secours pendant le règne de Louis XIV. Ayant légitimé les deux enfants survivants qu'il avait eu de la duchesse de La Vallière — celle-ci tenant toujours le rôle de favorite officielle — Louis XIV légitima et titra en décembre 1673 les trois enfants qu'il avait eu de la marquise de Montespan mais sans nommer cette dernière qui était mariée et dont on craignait que pour nuire l'époux déclarât les enfants comme siens.

Ainsi les trois bambins (et leurs frères et soeurs suivants) apprurent-ils officiellement comme les seuls enfants du roi. C'était un Secret de polichinelle mais qui sauvegardait les apparences.

En janvier 1674, le duc du Maine, son frère et sa sœur emménagèrent, avec leur gouvernante, à Versailles. La même année, le duc du Maine, âgé de 4 ans, reçut la charge de colonel général des Suisses et Grisons.

De tempérament pieux et effacé, il étudia avec beaucoup de soin. En revanche, malgré les efforts du maréchal de Luxembourg, il comprenait médiocrement la science militaire et se révéla ensuite piètre officier. Il fut cependant un érudit préférant une vie studieuse loin des remous de la cour.

En 1681, la Grande Mademoiselle, voulant épouser son amant le duc de Lauzun et victime d’un chantage mené par Mme de Maintenon qui nourrissait pour le jeune duc une tendresse toute maternelle, lui céda la principauté souveraine des Dombes et le comté d’Eu. La même année la marquise de Montespan fut disgraciée et se retira de la cour avec ses deux derniers enfants légitimés, Mademoiselle de Blois et le comte de Toulouse.

En 1683, la disgrâce puis la mort du comte de Vermandois, la mort du comte de Vexin son frère infirme fit de lui le seul des enfants mâles légitimés du roi présent à la cour.

Promu dès l'âge de 12 ans gouverneur du Languedoc,ce qui pemettait au roi de gouvernern en sous-main cette province lointaine, le jeune duc devint en 1686, duc d’Aumale et chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, la plus haute distinction de la Royauté.

En 1688, il fut promu par son père général des galères puis lieutenant général. Il a alors 18 ans, souhaite prendre femme, mais le roi soucieux de ne pas voir ses enfants illégitimes faire souche refuse pendant un certain temps.

Le roi, son père, ayant marié ses bâtardes aux princes de son sang et face à une coalition européenne qui luttait contre sa politique expansionniste (guerre de la Ligue d'Augsbourg), songea alors à lui faire épouser sa nièce, Élisabeth Charlotte d'Orléans, laquelle, montant en graine, ne pouvait trouver un époux de son rang à cause de ladite guerre. Cependant, le roi se heurta au refus sa belle-sœur, la célèbre princesse Palatine. Le duc épousa le 19 mars 1692 Mademoiselle de Charolais, fille du prince de Condé, une demi-folle capricieuse et ambitieuse qui fit son malheur. Ils eurent sept enfants, tous sans postérité :

  • N... de Bourbon, Mademoiselle de Dombes (née le 11 septembre 1694, morte le 15 septembre 1694) ;
  • Louis Constantin de Bourbon, prince de Dombes (né le 17 novembre 1695, mort le 28 septembre 1698) ;
  • N... de Bourbon, Mademoiselle d’Aumale (née le 21 décembre 1697, morte le 24 août 1699) ;
  • Louis Auguste II de Bourbon, prince, puis souverain de Dombes, comte d'Eu (né le 4 mars 1700, mort le 1er octobre 1755) ;
  • Louis Charles de Bourbon, souverain de Dombes, comte d’Eu (né le 15 octobre 1701, mort le 13 juillet 1775) ;
  • Charles de Bourbon, duc d'Aumale (né le 31 mars 1704, mort en septembre 1708) ;
  • Louise-Françoise de Bourbon, Mademoiselle du Maine (née le 4 décembre 1707, morte le 19 août 1743).

Cependant et d'après certaines rumeurs de l'époque, le duc du Maine eu également plusieurs liaisons illégitimes.

En 1694, le roi accorda à ses fils légitimés un rang intermédiaire entre les princes du sang et les ducs et pairs, ce qui déplût fortement à ses derniers. Les deux princes pouvaient — entre autres — être admis au Parlement de Paris à l'âge de 20 ans quand les princes du sang le pouvaient à 15 et les ducs seulement à 25.

Le duc du Maine disposait du privilège des « grandes entrées », qui permettait d’assister au « petit lever » du roi.

Au cours du règne de son père, il manœuvra entre les différents groupes d’influence, et se montra proche de la cabale des seigneurs et de celle de Meudon. Il arrangea le mariage du duc de Vendôme avec Mademoiselle d’Enghien, sa belle-sœur (1710).

En juillet 1714, Louis XIV signa un édit l’appelant, tout comme son frère le comte de Toulouse, ainsi que leur descendance, à la succession royale en cas de vacance du trône. Le duc du Maine et les autres bâtards légitimés devaient prendre place au dernier rang et être appelés à régner en cas de disparition des cinq princes du sang légitimes.

Le 23 juillet, une déclaration royale décréta que les légitimés jouiraient désormais de la qualité de princes du sang. Saint-Simon lui-même, pourtant adversaire déclaré du duc du Maine, vint lui faire ses compliments au lendemain de l’enregistrement par le Parlement de Paris.

Sur les instances de son ambitieuse épouse et de la marquise de Maintenon, le duc du Maine pressa alors le roi de rédiger un testament affermissant ces décisions, et écartant le duc d’Orléans de la Régence. Le 26 août, le roi remit son testament au premier président et au procureur général du Parlement. Il déclara ensuite au duc du Maine :

« "Vous l’avez voulu, mais sachez que quelque grand que je vous fasse et que vous soyez de mon vivant, vous n’êtes rien après moi, et c’est à vous après à faire valoir ce que j’ai fait pour vous, si vous le pouvez." »

Le 22 août, Louis XIV demanda au duc du Maine de le remplacer lors d’une revue de la gendarmerie, confirmant ainsi la disgrâce de son neveu Orléans.

Il participa aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux et aux salons littéraires organisés par son épouse dans leur château de Sceaux, et fut membre des chevaliers de l'Ordre de la Mouche à Miel.

Pendant la Régence[modifier | modifier le code]

Le testament de Louis XIV[modifier | modifier le code]

À la mort de Louis XIV, le testament fut rendu public. Le duc du Maine devait faire partie du Conseil de régence et recevait la garde et la tutelle du jeune Louis XV. Enfin, il disposait de la Maison militaire. Le 2 septembre, conformément à l’usage, une séance solennelle au Parlement, rassemblant toutes les Cours souveraines, les princes du sang et les ducs et pairs, devait proclamer la régence. Le duc d’Orléans s’efforça de faire casser un testament qui le privait de prérogatives qu’il jugeait dues à sa naissance. Il se fit d’abord proclamer régent par les officiers du ministère public. Ensuite, il réclama l’admission du duc de Bourbon (« M. le Duc ») au Conseil de régence — celui-ci devait y entrer à ses 24 ans, mais n’en avait alors que 23. Bourbon, lui, en qualité de grand maître de France, refusait d’être subordonné au duc du Maine, commandant de la Maison militaire.

Les gens du roi accordèrent l’entrée de M. le Duc dans le Conseil de Régence. Quand on reparla du commandement des troupes, les choses se gâtèrent. Maine et Orléans s’échauffèrent et quittèrent la grande chambre pour discuter ailleurs. Ils furent rejoints par quelques pairs, des princes et les capitaines de la Maison du roi. La séance fut suspendue. À la reprise, le duc du Maine sentit que la partie était perdue : les gens du roi accordèrent au Régent le commandement des troupes et laissèrent au duc de Bourbon le droit de nomination à toutes les charges de la maison.

Le duc du Maine n'eut d'autre solution que d'abandonner la garde du jeune roi, conservant la surintendance de l'éducation du roi son neveu orphelin qui lui témoignait beaucoup d'affection et à qui il servait de père. Cependant, il siégea au conseil de régence où il fit montre d'une grande intelligence et de son sens du devoir.

Les princes du sang ayant eu leur revanche, ce sont les ducs et pairs qui, ensuite, harcelèrent le régent. Ils exigeaient la fin du rang intermédiaire. Le 26 août 1718, Saint-Simon persuada le régent de faire tenir un lit de justice au jeune Louis XV qui avait 8 ans. Celui-ci eut lieu par surprise. Louis XV y déclara que les bâtards auraient désormais le rang des ducs et pairs, mais que par égard pour le comte de Toulouse, on lui conserverait ses honneurs à titre viager. M. le Duc, désormais majeur, constata que le duc du Maine n’était plus prince du sang, et réclama pour lui la surintendance de l’éducation du roi. Cela lui fut accordé. Le duc du Maine se trouvait complètement évincé. Le petit roi pleura.

La conspiration de Cellamare[modifier | modifier le code]

Quelques mois plus tard, Maine fut pris dans le tourbillon de la conspiration de Cellamare. À l’instigation d’Alberoni, se forma en effet un petit groupe de conspirateurs visant à installer Philippe V d'Espagne, ou l’un de ses fils, sur le trône de France, en cas de décès de Louis XV. La duchesse du Maine, toujours ambitieuse et orgueilleuse jusqu'à l'hystérie, faisait partie des conspirateurs, et y entraîna, malgré lui, son mari. En décembre, le complot fut éventé, Cellamare renvoyé, le duc et la duchesse du Maine arrêtés. Le duc fut enfermé à la forteresse de Doullens, tandis que sa femme fut exilée à Dijon. Libéré en 1720, il se tint ensuite à l’écart de la vie politique, pardonna à sa femme et se retira dans sa propriété de Sceaux, vivant parmi ses livres. Il mourut le 21 mai 1736.

Sa naissance illégitime et les grandes faveurs du roi son père — qu'il n'avait pas demandées — lui avaient valu le mépris véhément de la princesse Palatine et du duc de Saint-Simon.

Propriétés[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Pascale Mormiche, «Éduquer un roi ou l’histoire d’une modification progressive du projet pédagogique pour Louis XV (1715-1722)», Revue de l’histoire de l’éducation, n°132, oct-dec 2011, pp 17–47.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :