Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727)

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Louis Armand de Bourbon
Image illustrative de l'article Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727)

Titre Prince de Conti
(17091727)
Autre titre Prince d'Orange
Prédécesseur François Louis de Bourbon-Conti
Successeur Louis François de Bourbon-Conti
Arme Cavalerie
Grade militaire Lieutenant général
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Guerre de la Quadruple-Alliance
Distinctions Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
Pair de France
Autres fonctions Gouverneur du Poitou
Membre du Conseil de Régence
Membre du Conseil de la Guerre
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Surnom le Singe vert
Naissance
à Versailles
Décès (à 31 ans)
à Paris
Père François Louis de Bourbon-Conti
Mère Marie-Thérèse de Bourbon (1666-1732)
Conjoint Louise Élisabeth de Bourbon
Enfants

Louis Armand de Bourbon, comte de La Marche, d'Alais, de Beaumont-sur-Oise et de Pézenas puis (1709) prince de Conti, duc de Mercœur, seigneur de L'Isle-Adam, prince d'Orange (1712), dit le Singe vert, est né à Versailles le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Unique fils survivant du Grand Conti, François Louis de Bourbon-Conti (1664-1709) et de Marie-Thérèse de Bourbon (1666-1732), il n'est baptisé que le dans la chapelle royale du château de Versailles, avec pour parrain Louis XIV et pour marraine Marie Béatrix Éléonore de Modène, femme du roi Jacques II d'Angleterre.

Bossu et déjeté au physique, affligé de tics, d'une laideur repoussante (à la Cour on le surnomme « le Singe vert »), bizarre, hésitant, lâche et vicieux au moral, il est traité avec libéralité par Louis XIV puis par le Régent. Il est fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit le et prit séance avec les pairs de France au Parlement de Paris le 8 du même mois.

Mariage et vie privée[modifier | modifier le code]

En 1713, il épouse avec dispense sa cousine germaine Louise Élisabeth de Bourbon, fille de Louis III de Bourbon-Condé.

Au mois d'août 1716, il attrape, dans une maison-close, la vérole dont il fait immédiatement présent à sa femme. Pour se venger, il retrouve la « coupable » qui n'avait pas vingt ans et, accompagné d'un garçon-boucher armé d'un soufflet, lui fait subir mille tourments. Avec le soufflet, il fit insuffler de l'air dans l'anus de la jeune prostituée qui en mourut. Un prince de sang ne pouvant être inquiété par la justice, les tenanciers du bordel, les époux Berlier de Montrival, furent tenus pour coupables de la mort de la jeune fille et bannis de Paris après avoir été fustigés et traînés torse-nu au cul d'un chariot, de la Conciergerie à leur hôtel de la Rue du Faubourg-Saint-Martin[1],[2],[3].Sa mère et sa femme s'enfermèrent courageusement avec lui pour le soigner et il guérit.

Bien qu'il trompât sa femme sans scrupule, le prince de Conti était d'une jalousie maladive et violente. La princesse, de son côté, n'avait pas tardé à prendre pour amant le marquis de La Fare[4], un cavalier de belle allure, futur maréchal de France, sans prendre la peine de dissimuler cette liaison. Conti, rendu fou de jalousie, se mit à battre sa femme et l'on dut appeler un chirurgien à deux reprises. Elle finit par s'enfuir pour aller se réfugier chez sa mère, puis dans un couvent. Le prince en appelle au Parlement pour tenter de récupérer sa femme.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Durant la Guerre de Succession d'Espagne, le prince de Conti sert dans l'armée du Rhin, commandée par le maréchal de Villars, mais sans montrer les mêmes qualités militaires que son père. Il participa au siège de Landau et est nommé maréchal de camp le .

Le , il assiste à la séance du Parlement de Paris convoquée pour casser le testament de Louis XIV. Il devint membre du Conseil de Régence () et du conseil de la Guerre. Le , il reçoit le gouvernement du Poitou, aux appointements de 45 000 livres.

Lorsque la France déclare la guerre à l'Espagne en 1719, il est nommé lieutenant général (24 janvier 1719) et commandant de la cavalerie, mais rien, hors la volonté de mettre en avant les princes du sang dans cette expédition, ne justifiait ce choix. Il ne cessa de se quereller avec le maréchal de Berwick et suscitait le scandale de la troupe en exigeant d'être entouré de sa garde quand il était dans la tranchée. Il ne tarde pas à être relevé de son commandement.

Spéculation et mort[modifier | modifier le code]

Rentré en France, il gagne des sommes considérables grâce au système de Law, en achetant du papier-monnaie émis par la Banque générale créée par Law puis en convertissant ces billets en pièces d'or et d'argent à un cours très élevé.

Prétextant un différend avec John Law, il en retire trois fourgons chargés d'or, ce qui provoque une panique financière et un krach, les autres épargnants prenant peur et demandant à leur tour à convertir leur papier-monnaie en pièces de métal fin. Réprimandé par le Régent, il n'en garda pas moins l'argent.

Sa femme ayant fini par réintégrer le domicile conjugal en 1725, Conti commença par la boucler au château de L'Isle-Adam. À force de séduction et de persuasion, elle finit par convaincre le prince, atteint par une fluxion de poitrine, de rentrer à Paris. Mais la maladie s'aggrave et Conti meurt en 1727 à l'âge de 31 ans, non sans avoir supplié sa femme de lui pardonner ses torts.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Louise Élisabeth de Bourbon naissent cinq enfants, quatre fils et une fille :

  1. Louis de Bourbon (1715-1717) comte de La Marche;
  2. Louis François Ier de Bourbon (1717-1776), prince de Conti ;
  3. Louis Armand de Bourbon (1720-1722) duc de Mercœur;
  4. Charles de Bourbon (1722-1730) comte d'Alais;
  5. Louise Henriette de Bourbon (1726-1759) qui épouse en 1743 Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans.
Précédé par Louis-Armand de Bourbon-Conti (1695-1727) Suivi par
François Louis
Coat of arms of the Prince of Conti.png
prince de Conti
Louis François

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "La Ville lumière : anecdotes et documents historiques, ethnographiques, littéraires, artistiques, commerciaux et encyclopédiques", Paris, 1909, p.290 [1]
  2. Mélanges historiques, satiriques et anecdotiques de M. de B.-Jourdan, p.305 [2]
  3. Gaston Capon, Robert Yve-Plessis, "Paris galant au dix-huitième siècle; vie privée du prince de Conty, Louis ...", 1907, [3]
  4. Philippe Charles de La Fare (1687-1752), était le fils du poète Charles Auguste de La Fare (1644-1712). De nombreux contemporains n'ont pas douté qu'il ait été le véritable père de Louis François Ier de Bourbon-Conti, qui n'avait pas hérité la bosse des Conti.