Alexandre-Louis Andrault de Langeron

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Alexandre Louis Andrault
Comte de Langeron
Portrait du comte de Langeron dans la galerie des portraits du palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg.Huile sur toile, de George Dawe, 1825.
Portrait du comte de Langeron dans la galerie des portraits du palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg.
Huile sur toile, de George Dawe, 1825.

Naissance 13 janvier 1763
à Paris, France
Décès 4 juillet 1831 (à 68 ans)
à Odessa, Empire russe
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Armée des princes
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Arme Infanterie
Grade Général de l'Infanterie
Années de service 17781831
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerre russo-turque de 1806-1812
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille d'Izmaïl
Bataille d'Austerlitz
Bataille de Silistra
Bataille de Brest-Litovsk
Distinctions Chevalier des Ordres du Roi
Chevalier de la Toison d'or
Ordre de Saint-André
Ordre de Sainte-Anne
Ordre de Saint-Georges
Ordre de l'Aigle blanc
Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Saint-Louis
Ordre de l'Aigle noir
Comte Andrault (Titre russe)
Autres fonctions Gouverneur militaire de la Nouvelle-Russie
Gouverneur d'Odessa
Commandant des cosaques de la Mer Noire
Famille Maison Andrault

Alexandre Louis Andrault, (russe : Алекса́ндр Фёдорович Ланжеро́н) comte de Langeron, marquis de la Coste, baron de la Ferté, de Sassy et de Cougny, seigneur du Mont, de Bazolle de l'Isle de Mars et d'Alligny 1763-1831, né à Paris, le 13 janvier 1763, mort à Odessa, le 4 juillet 1831 d'une épidémie de choléra, est un colonel français puis général de l'empire de Russie durant les guerres de la Révolution et de l'Empire.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Alexandre Louis Andrault descend de la Maison Andrault, une anciennes familles nobles d'extraction chevaleresque, originaire du Nivernais, connue dès le XIIIe siècle.

Il est l'unique enfant issu du mariage de Louis-Théodore Andrault et de Marie-Thérèse de Damas-Crux. Il est titré à sa naissance marquis de La Coste (du second titre de son père)[1].

Début de carrière sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Tout comme son père et la plupart de ses ancêtres, Alexandre-Louis entame une carrière militaire à l'âge de 15 ans comme sous-lieutenant des Gardes-Françaises où il est détaché sous les ordres de Vimesnil à Caracas puis à Saint-Domingue pendant un an à partir de 1782. Sous la protection de la maison de Condé — la famille Andrault fait partie de la clientèle des princes de Condé depuis la Fronde — il est tout d'abord capitaine au régiment de Condé-Dragons et participe à la guerre d'indépendance américaine. Il est ensuite promu colonel sous commandant du régiment d'infanterie de ligne du Médoc en 1786. Il prend le commandement en tant que colonel surnuméraire du régiment d'Armagnac en 1788 et soutient la monarchie jusqu'à la Révolution.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Dès 1789, il émigre en Autriche et offre ses services à ce pays mais sans succès. En mai 1790, il se rend en Russie, en passant tout d'abord par la Pologne et est engagé par Catherine II en qualité de colonel du régiment des grenadiers de Sibérie. En compagnie du duc de Fronsac, futur duc de Richelieu, et de Charles-Joseph de Ligne, il montre ses talents militaires lors de la prise d'Izmaïl en décembre 1790 par Alexandre Souvorov. Il reçoit l'Ordre de Saint-Georges en 1791. Il passe ensuite dans l'armée des princes et participe à la campagne de Champagne. Paul Ier l'envoie en qualité d'observateur auprès du prince de Saxe-Cobourg qui commande les armées autrichiennes en guerre contre la France dans les Flandres et dans le Nord. En 1796, il est nommé brigadier puis en 1797, il est élevé au grade de général major, en 1799, il est promu lieutenant général dans l'armée russe, quartier-maitre général en Courlande et Inspecteur d'infanterie.

Paul Ier le décore de l'ordre de Sainte-Anne et le nomme Comte de l'Empire russe par oukase du 29 mai 1799, comme la plupart des généraux de l'armée russe.

Sous le Consulat et le Premier Empire[modifier | modifier le code]

En 1805, il participe à la campagne de Moravie où il commande une division sous les ordres du général Koutouzov. Bien qu'ayant désapprouvé le plan de Koutouzov et tenté d'alerter ses supérieurs, il est rendu responsable de la défaite par le tsar[2] et entre en disgrâce. Il se rend à Odessa chez le duc de Richelieu, gouverneur de la ville. On lui donne ensuite le commandement de plusieurs régiments durant la guerre russo-turque de 1806-1812 jusqu'en 1811. En 1810, il est victorieux à Silistra sur le Danube.

Début 1812, il négocie pour la Russie l'annexion du Boudjak ottoman : son habileté face au représentant ottoman, le prince phanariote Démètre Mourousi, étend le territoire à annexer à toute la moitié orientale de la Principauté de Moldavie, nommée à cette occasion Bessarabie, soit 45.630 km², avec 482.630 habitants, 5 citadelles, 4 ports et 17 villes (Traité de Bucarest). Ayant ainsi acquis un grand prestige auprès du Tzar Alexandre Ier, Langeron est nommé général de l'infanterie des Armées de Russie et participe à la campagne de Russie du côté russe. Il prend part à la bataille de Brest-Litovsk et à la bataille de la Bérézina. Il poursuit la Grande Armée dans sa retraite et assiège à cette fin la ville de Toruń en Pologne.

En 1813, il participe aux batailles de Koenigswaerte, de Bautzen, et de la Katzbach sous les ordres du général prussien Blücher puis à celle de Leipzig sous ceux de Bernadotte.

Il passe le Rhin à Kaub le 1er janvier 1814, il fait le siège de forteresse de Mayence puis entre en France et se bat à Soissons, Laon, Reims, Craonne, Fère-Champenoise et finalement à la bataille de Paris où le 30 mars 1814, il prend la batterie de Montmartre.

À la fin 1814, il prend le commandement des 4e et 6e corps d'armée stationnés en Volynie. Il est alors nommé à l'ordre russe de Saint-André. Durant les Cents Jours, Langeron marche sur la France mais s'arrêtera en Allemagne suite la défaite de Waterloo.

Le commandement d'Odessa[modifier | modifier le code]

De retour à Odessa en 1815, Alexandre Ier lui donne le gouvernement militaire, en remplacement de Richelieu, de la province de la Nouvelle Russie. Sous son commandement, les exportations de cette province atteignent la somme de 14 millions de roubles par an (maximum atteint en 1817), ceci parce qu'il avait déclaré le port d'Odessa, port franc (aucune taxe n'était perçue pour les marchandises arrivant par la ville). Il crée à Odessa le lycée Richelieu, institution d'élite permettant la formation des nouveaux émigrants venant de Grèce et des fils des riches marchands de la ville. Il supervise également la construction du jardin botanique de la ville et du boulevard Primorsky (boulevard maritime). Odessa nomma une rue et une plage en son honneur et il est considéré comme un de ses fondateurs.

Il prit également le commandement des cosaques de la mer Noire.

Le retour en France[modifier | modifier le code]

En 1823, vieillissant et malade[3], il entame un retour vers son pays natal et en fait le tour jusqu'en 1825. Cette année-là, il prend le parti des Décembristes durant la révolution de décembre qui mit à feu et à sang la Nouvelle Russie, révolution par ailleurs commandée par son ancien beau-frère, le prince Troubetskoï dont il était resté proche. Condamné à l'exil il ne rentrera en grâce que sur ordre de Nicolas Ier qui comptait utiliser ses talents militaire dans la nouvelle campagne qu'il menait contre les Ottomans, il mena de nombreuses batailles et fini par être remplacé par Hans Karl von Diebitsch suite à son décès durant l'épidémie de choléra en 1831.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse le 22 mai 1784 en premières noces Thérèse Maignard, fille du marquis de La Vaupalière, laquelle refuse de le suivre dans son exode russe. Il épouse en secondes noces en 1804, la princesse Anastasia dite Natalia Petrovna Troubetskoï par ailleurs veuve du major Kachinzov de laquelle il aura une fille, Diane (1816-1849)* (Anastasie décédera en couche). Il aura un fils naturel Théodore né en 1812 d'Angèle Djerjanowskaïa (qu'il n'épousa pas), qui deviendra Maire de Varsovie (Président de Varsovie dans le langage de l'époque) de 1847 à 1862. C'est de cette naissance que débutera la branche russe de la famille Andrault (seule branche survivante). Il épousera en 1819 Louise Brummer à la faveur d'une campagne en France, cette dernière, l'ayant suivi en Russie, lui survivra.

  • Théodore et Diane voient leur titre de noblesse russe confirmé par oukaze du 2 mai 1822.

Littérature[modifier | modifier le code]

Pouchkine[modifier | modifier le code]

Le comte de Langeron rencontre souvent Pouchkine, pendant son exil à la maison du parc Chevtchenko d'Odessa[4] jusqu'en 1824, en 1830 ils échangèrent des correspondances du nouvel an. Pouchkine sera un familier du fils, Théodore A. Andrault, qui épousera la fille d'A.A. Olénine, ami de Pouchkine.

Écrits[modifier | modifier le code]

Participe à la revue L'Ambigu de Londres, écrits des pièces de théâtre : Masaniella, Rosamonde, Marie Stuart, le Duel. Voir aussi les sources.

Ses contemporains[modifier | modifier le code]

Genêt, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, le cite pour son comportement pendant la guerre contre la Suède « Il a fait des prodiges de valeur... il a décidé en partie du sort de la première affaire, et si tout le monde avait suivi son exemple, la seconde aurait eu une issue bien différente[5]. »

Le comte de Puymaigre rencontre Langeron en 1815 en son quartier général de Pont-à-Mousson et en fait le portrait suivant « Ce général, par ses formes, sa distinction, rappelait parfaitement un grand seigneur de Versailles.[...] Il avait du caractère français jusque dans ses épigrammes[6]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-Alexandre de La Chenaye-Aubert, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France sur Google Livres, 1770, p.257
  2. Cf. Une lettre du tzar au commandant remplaçant Langeron.
  3. Des suites de plusieurs blessures de guerre et notamment d'une blessure à la jambe lors de la bataille d'Ismael (Cf. Ses mémoires)
  4. Dans 'Archives russes', journal édité par P.I. Barnv
  5. Son courage est également cité par Rochechouart, Souvenirs sur la Révolution, l’Empire et la Restauration. Nouvelle édition non expurgée établie sur le manuscrit original, Paris, Plon, 1933 (p. 113 sq., 170-171).
  6. Alexandre de Puymaigre (1778-1843), Souvenirs sur l’émigration, l’Empire et la Restauration, publiés par le fils de l’auteur, Paris, Plon, 1884, p. 201-203.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mémoires du comte de Langeron: Austerlitz, campagne de Russie, bataille de Paris, dans la Nouvelle Revue Rétrospective, 1895, p. 289-360.
  • Mémoires de Langeron, général d'infanterie dans l'armée russe, campagnes de 1812, 1813, 1814, publiés pour la Société d'histoire contemporaine par L. G. F. Paris, Picard, 1902, in-8°, CXX-524 p.
  • Journal inédit de la campagne de 1805, Austerlitz, édition établie par Thierry Rouillard, Paris, La Vouivre, 1998, 1 vol. X-216 p. carte
  • L'invasion austro-prussienne (1792-1794). Documents publiés pour la société d'histoire contemporaine par Léonce Pingaud. Paris, Picard, 1895, 1 vol. XVI-317 p.
  • Mémoires inédits du marquis de Langeron : 1813, Bautzen-Dresde-Leipzig, dans la Lecture Rétrospective, mars-avril 1896.
  • Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition]