Louis-Ferdinand de Prusse (1907-1994)

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Louis-Ferdinand de Prusse

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Louis-Ferdinand,
« prince de Prusse ».

Succession

Prétendant aux trônes d’Allemagne
et de Prusse

20 juillet 195125 septembre 1994
(43 ans, 2 mois et 5 jours)

Nom revendiqué « Louis-Ferdinand »
Prédécesseur Guillaume de Hohenzollern
Successeur Georges-Frédéric de Hohenzollern
Biographie
Titulature « Prince de Prusse »
Dynastie Maison de Hohenzollern
Naissance 9 novembre 1907
Potsdam (Allemagne
Décès 25 septembre 1994 (à 86 ans)
Brême (Allemagne)
Père Guillaume de Prusse
Mère Cécilie de Mecklembourg-Schwerin
Conjoint Kira Kyrillovna de Russie
Enfants Frédéric-Guillaume de Prusse
Michel de Prusse
Marie-Cécile de Prusse
Kira de Prusse
Louis-Ferdinand de Prusse
Chrisitian-Sigismond de Prusse
Xénia de Prusse
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Prétendants aux trônes d’Allemagne et de Prusse

Louis-Ferdinand de Prusse (en allemand, Louis Ferdinand von Preußen), né en 1907, mort en 1994. À la mort de son père le Kronprinz en 1951, il devint le chef de la famille impériale d'Allemagne.

Fils de Guillaume de Prusse et de Cécilie de Mecklembourg-Schwerin. En 1938, il épousa la Grande duchesse Kira Kyrillovna de Russie.

De cette union naquirent:

  • Michel de Prusse (1940-2014) épouse en 1966 Jutta Jörn, puis Brigitte von Dallwitz (Postérité)
  • Kira de Prusse (1943- 2004) qui épousa en 1973 Thomas Liepsner (1945) dont elle divorcera en 1984 (postérité)

Louis Ferdinand de Prusse (ainsi dénommé en hommage à Louis Ferdinand de Prusse, membre de la famille royale de Prusse, prince esthète tué au combat pendant les guerres contre Napoléon), est né à Potsdam le 9 novembre 1907 et mort à Brême le 25 septembre 1994.

Son père, fils aîné de l'empereur Guillaume II était l’héritier présomptif du trône de Prusse et de la couronne impériale d’Allemagne.

Louis Ferdinand est le grand-père du chef actuel de la maison royale de Prusse, le prince Georges-Frédéric.

Enfance[modifier | modifier le code]

Louis Ferdinand est le deuxième fils du Kronprinz, après son frère, Guillaume, né en 1906. Il hérite de la sensibilité de sa mère, née Duchesse Cécilie de Mecklembourg-Schwerin, moitié russe par sa mère. Il passe une bonne partie de son enfance près de Dantzig où son père est chef d’un régiment de hussards. À l’âge de 10 ans, conformément à la tradition, il est fait lieutenant et obtient de son grand-père Guillaume II, empereur d’Allemagne, une haute distinction prussienne, le "Schwarzen Adlerorden".

Son onzième anniversaire, en 1918, coïncide avec l’abdication de son grand-père, le Kaiser, qui s’enfuit aux Pays-Bas, abandonnant sa famille à Potsdam en proie à la révolution. Louis-Ferdinand grandira ensuite sans son père, lui aussi en exil aux Pays-Bas, et en gardera une admiration sans bornes pour sa grand-mère, l’ancienne impératrice Augusta-Victoria de Schleswig-Holstein-Sonderburg-Augustenburg, dite "Dona". Après l’obtention de son baccalauréat en 1925, il entreprend un voyage en Amérique du Sud et, à son retour, des études d’économie et de droit. Il obtient son doctorat en 1931, son sujet de thèse concerne l’immigration en Argentine.

Peu de temps après, il se rend en Amérique du Nord, avec l’autorisation expresse de son grand-père, admirateur des États-Unis, et travaille à la chaîne de montage de la Ford Motor Company. Lors d’une soirée, il fait la connaissance de l’actrice Lili Damita et s’installe à Hollywood, pour vivre pleinement son histoire d’amour. Mais les choses se compliquent : son frère aîné ayant renoncé en juin 1933 à ses droits sur la couronne, Louis-Ferdinand doit songer à se marier en conformité avec son statut. Son père, dépêché par le Kaiser à Hollywood, le convainc de renoncer à son idylle avec Lili Damita et de rentrer en Allemagne.

Dans l’Allemagne des années trente[modifier | modifier le code]

C’est une atmosphère empoisonnée que Louis Ferdinand trouve en Allemagne, à son retour d'Amérique. L’arrivée au pouvoir d’Hitler a changé jusqu’à l’ambiance au sein de la famille royale de Prusse. Louis Ferdinand se contente dans un premier temps d’une opposition sourde au nazisme, mais n’oublie pas qu’il est l’héritier en second dans le cœur des monarchistes allemands, dont certains ont fait le mauvais calcul de penser qu’Hitler rétablirait les Hohenzollern dans leurs droits. Louis-Ferdinand épouse une cousine, Kira Kyrillovna, grande-duchesse de Russie, en 1938. La cérémonie a lieu selon le rite orthodoxe et selon le rite luthérien. De cette union naîtront sept enfants. Comme un pied de nez aux nazis, Louis Ferdinand et Kira choisissent les États-Unis pour leur voyage de noces. S’ensuit un tour du monde qui les mènera jusqu’en Asie, avant leur retour en Europe.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Féru d’aviation, Louis-Ferdinand sert dans un premier temps comme lieutenant dans l’armée de l’air. Mais le décès de son cousin germain et surtout celui de son frère pendant la Bataille de France de juin 1940 entraînant des manifestations populaires d’hostilité au régime, Hitler promulgue ce qu’on a appelé le Prinzenerlass. Ce décret indique que ne doivent plus faire partie de l’armée toutes les personnes ayant un lien familial avec des familles royales régnantes ou ayant régné. Louis-Ferdinand, contraint de quitter l’armée, se réfugie dans son domaine agricole de Cadinen en Prusse-Occidentale. C’est là qu’il apprend la mort du Kaiser en juin 1941. Il entre alors en contact avec les officiers préparant un coup d’État contre Hitler. En cas de rétablissement de la monarchie, Carl Friedrich Goerdeler lui propose, lors d’une visite à Cadinen en 1942, d’accepter la charge de l’État. Louis-Ferdinand refuse, arguant du fait que l’héritier du trône est son père, pourtant compromis avec les nazis. Après l’échec du putsch du 20 juillet 1944, Louis Ferdinand est longuement entendu par la Gestapo, qui le soupçonne d’avoir eu vent du complot. Il ne doit la vie sauve qu’au fait que l’ancien chef d’état-major de la maison royale, Kurt Freiherr von Plettenberg, choisit le suicide de peur de parler sous la torture. Après ces événements, Louis-Ferdinand envoie sa famille à l'Ouest par le premier train et ne retrouvera sa famille que quelques mois plus tard, ayant perdu tous ses biens ou presque, sauf le château de Hohenzollern.

Renaissance[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, réfugié comme des millions d’autres en Allemagne, Louis Ferdinand s’installe dans un premier temps à Bad Kissingen, ville thermale du nord de la Bavière, avant d’emménager fin 1947 près de Brême. Il reprend un temps ses activités de relations publiques chez Ford, qu’il abandonne en 1951, à la mort de son père qui fait de lui le chef de la maison royale de Prusse. Il se consacre dorénavant à l’administration et à la mise en valeur du château de Hohenzollern en Souabe, seul château resté en possession de la famille. Il y crée notamment une fondation (la Prinzessin-Kira von Preussen-Stiftung) qui aide dans un premier temps au séjour d’enfants de réfugiés des anciennes provinces allemandes de l’est de l’Europe. Louis-Ferdinand s’attache à faire de Hohenzollern un lieu du souvenir : des objets de la famille, sauvés des châteaux de Berlin et de Potsdam, y sont exposés. Le musée du château témoigne ainsi de l’histoire de la famille, qui s’étend sur pas moins de cinq siècles. Même s’il a une vie publique importante, Louis Ferdinand s’abstient de toute déclaration politique et réfrène ses partisans qui le pressent, notamment dans les années 1960, de briguer le poste de Président de la RFA, poste honorifique. Toutefois, il tient à montrer son attachement indéfectible à la ville de Berlin en y gardant un pied-à-terre (« Monbijou »).

Louis Ferdinand fête ses 82 ans le 9 novembre 1989 en apprenant la chute du mur de Berlin. Pour lui, c’est l’occasion de réaliser un des actes qui lui tient le plus à cœur : faire rapatrier à Potsdam les cercueils de deux de ses ancêtres (notamment celui de Frédéric II de Prusse). Il accomplit cet acte le 17 août 1991, jour du 205e anniversaire de la mort de Frédéric II, dans une Allemagne réunifiée. Esthète, Louis Ferdinand a laissé derrière lui de nombreuses œuvres classiques. Il a notamment composé une marche funèbre pour la cérémonie de Potsdam. Louis Ferdinand meurt le 25 septembre 1994. Après une brève cérémonie officielle à la cathédrale de Berlin, il est inhumé aux côtés de sa femme et de l’une de ses filles, Xénia, au château de Hohenzollern. C’est son petit-fils, Georg-Friedrich, qui lui succède comme chef de la maison royale de Prusse.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Louis Ferdinand de Prusse appartient à la première branche de la Maison de Hohenzollern. Cette lignée donna des électeurs, des rois, des empereurs à la Prusse, l'Allemagne. Il est le grand-père de l'actuel chef de la Maison impériale, le prince Georges Frédéric de Prusse.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Autobiographie : Louis Ferdinand Prinz von Preussen, „Im Strom der Geschichte“, Langen Müller, 1994
  • Biographie officielle de Louis Ferdinand sur le site internet de la maison royale de Prusse : [1]
  • Généalogie des rois et des princes de Jena-Charles Volkmann Edit. Jean-Paul Gisserot (1998)

Liens internes[modifier | modifier le code]