Louis-Ferdinand d'Orléans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Louis-Ferdinand Marie Zacharie d’Orléans, infant d’Espagne, est né le 5 novembre 1888 à Madrid, en Espagne, et est décédé le 20 juin 1945 à Paris7ème, en France. C’est un membre de la famille royale espagnole.

Famille[modifier | modifier le code]

Louis-Ferdinand d’Orléans est le fils cadet du prince Antoine d'Orléans (1866-1930), duc de Galliera et infant d’Espagne, et de son épouse et cousine germaine la princesse Eulalie de Bourbon (1864-1958), infante d’Espagne.

Par son père, il descend du prince Antoine d'Orléans (1824-1890), duc de Montpensier, et du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850) tandis que, par sa mère, il est le petit-fils de la reine Isabelle II d'Espagne (1830-1904) et de son époux l’infant François d’Assise de Bourbon (1822-1902).

Le 9 septembre 1930, Louis-Ferdinand d’Orléans, 42 ans, épouse à Londres la très riche Marie Say 73 ans, héritières des sucreries Say et veuve du prince Amédée de Broglie, lui-même fils d’Albert de Broglie.

De cette union entre un prince quadragénaire et une héritière de 73 ans qui cause, à l’époque, un énorme scandale, ne naît aucun enfant. Cette précision, compte tenu de l'âge de la mariée, est absolument indispensable.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d’une union malheureuse entre une princesse moderne et féministe et un prince volage et dépensier, Louis-Ferdinand d’Orléans passe une enfance difficile entre l’Espagne, la France et le Royaume-Uni.

En 1899, Louis-Ferdinand et son frère aîné Alphonse sont envoyés en Angleterre pour y étudier dans une institution jésuite, le Beaumont College[1], où ils restent jusqu’en 1904.

Le 17 juillet 1914, le New York Times annonce le mariage du prince Louis-Ferdinand avec une roturière, Béatrice Harrington[2]. Il s’agit là d’une erreur puisque c’est Louis de Bourbon, duc d’Ansola, qui s’apprête en réalité à épouser la jeune femme. Pourtant, ce n’est pas la dernière fois que le nom de Louis-Ferdinand est mêlé au scandale.

En octobre 1924, le prince est expulsé de France après avoir été impliqué dans un trafic de drogue[3]. En conséquence, le roi Alphonse XIII d’Espagne prive son cousin du titre d’Infant d’Espagne.

Banni des territoires français et espagnol, Louis-Ferdinand s’installe finalement à Lisbonne. Mais, en mars 1926, il est de nouveau arrêté par la police. Déguisé en femme à la frontière luso-espagnole, on trouve sur lui des marchandises de contrebande, mais pas de drogue[4].

En 1929, son mariage avec une actrice de Broadway, Mabelle Gilman Corey, ex-épouse du magnat de l’étain William E. Corey, est annoncé[5] mais est annulé quelque temps après.

En juillet de l'année suivante, Louis-Ferdinand se fiance avec la princesse Marie de Broglie (1857-1943), née Say, veuve depuis 1917 et propriétaire, entre autres biens, du Château de Chaumont-sur-Loire. L’annonce fait scandale : en effet, Louis-Ferdinand est âgé de près de 42 ans alors que sa "dulcinée" en a 73[6] !

Peu de temps après, un neveu de la princesse, François de Cossé (1868-1944), duc de Brissac, tente d'empêcher le mariage et lance une action devant le tribunal de grande instance de la Seine[7]. Le duc déclare en effet que sa tante est mentalement incapable et que son fiancé cherche à profiter d’elle. Marie explique quant à elle qu’elle avait déjà repensé au mariage douze années auparavant mais avait retardé la chose à cause de ses petits-enfants. La Cour juge en tout cas qu’un neveu n’a pas le droit de s’opposer à l’union de sa tante[8]. Une commission de trois médecins est cependant mise en place pour vérifier la santé mentale de Marie de Broglie et un administrateur judiciaire est désigné pour diriger sa succession.

Finalement, en septembre 1930, Louis-Ferdinand l'épouse lors d’une cérémonie civile à Londres[9]. et, le 4 octobre suivant, le couple s’unit dans une cérémonie religieuse à la cathédrale San Siro de San Remo, sur la Riviera italienne[10]. Après leur mariage, les époux s’installent à San Remo, dans une demeure offerte au prince par sa mère, l’infante Eulalie d’Espagne[9]. Le couple mène grand train et le peu scrupuleux Louis-Ferdinand dilapide en quelques années la fortune de son épouse, déjà amoindrie par le "krach Crosnier" de 1905.

En février 1935, Louis-Ferdinand est une nouvelle fois expulsé de France après avoir été arrêté lors d’un raid policier[11].

En 1943, la princesse Marie, autrefois l'une des femmes les plus riches de France, meurt ruinée à 86 ans dans un appartement de la rue de Grenelle, à Paris[12], et son époux passe les deux années suivantes malade, dans la capitale, où il meurt en 1945[5]. Il est inhumé dans l’église du Cœur-Immaculé de Marie, 51 bis, rue de la Pompe à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Christian Gury, Proust et le « très singulier » Infant d'Espagne, Kimé, 2005 (ISBN 2841743705)
  • (es) Ricardo Mateos Sáinz de Medrano, Los Infantes de Andalucía, Velecio Editores, 2005 (ISBN 8493353051).
  • (es) José Carlos García Rodríguez, El infante maldito. La biografía de Luis Fernando de Orleans, el más depravado príncipe Borbón, Espasa (Grupo Editorial Planeta), 2012 (ISBN 8467004281[à vérifier : isbn invalide]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernardo Rodríguez Caparrini, "A Catholic Public School in the Making", Paedagogica Historica 39 (Décembre 2003): 743.
  2. "Prince Weds a Commoner", The New York Times (17 juillet 1914): 4.
  3. "A Spanish Prince’s Bad Conduct", The Times (11 octobre 1924): 9; "Alfonso Strips Prince Louis of Rights of Infante of Spain", The New York Times (11 octobre 1924): 17.
  4. "Seize Spanish Prince Disguised as Woman", The New York Times (26 mars 1926): 6.
  5. a et b "Louis Ferdinand of Royal Family", The New York Times (23 juin 1945): 13.
  6. "Princess Who Wed at 73 of Long Line", The New York Times (28 septembre 1930): N5
  7. "Proposed Marriage of a French Princess", The Times (26 juillet 1930): 11; "Princess, 73, Pleads for Right to Be Happy", The New York Times (26 juillet 1930): 4.
  8. "Proposed Marriage of a French Princess", The Times (28 juillet 1930): 11; "Aged French Princess Wins Right to Marry", The New York Times (27 juillet 1930): 14.
  9. a et b "Princess, 73, Weds Prince, 41, in London", The New York Times (20 septembre 1930): 11.
  10. "Royal Couple Wed Again", The New York Times (5 octobre 1930): 29.
  11. "France Ousts a Prince", The New York Times (17 février 1935): 8.
  12. "Marie, Bourbon-Orleans", The New York Times (18 juillet 1943): 34.