Louis-Antoine Beaunier

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Louis-Antoine Beaunier

Naissance 15 janvier 1779
Melun
Décès 20 août 1835 (à 56 ans)
Paris
Nationalité française
Profession
Ingénieur civil (mines)
Autres activités
Entrepreneur industriel
Directeur école pratique de Geislautern
Fondateur et directeur école des mines de Saint-Étienne ;
Formation
École des mines de Paris
Distinctions
Légion-d'Honneur (officier)

Compléments

Louis-Antoine Beaunier (1779-1835) est un ingénieur des mines français, fondateur de l'école nationale supérieure des mines de Saint-Étienne, également entrepreneur et l'un des pionniers de l'industrie métallurgique et des chemins de fer.

Il est le créateur de la première ligne de chemin de fer en France et en Europe continentale, de Saint-Étienne à Andrézieux[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et origine[modifier | modifier le code]

Louis-Antoine Beaunier est né sur la paroisse de Saint-Aspais de Melun le 15 janvier 1779[2] dans une famille bourgeoise et lettrée. Il est le premier enfant d'Antoine-Louis Beaunier et Clémentine Sourdeau, qui auront un deuxième garçon, Firmin-Hippolyte, en 1782. Son grand-père Antoine Beaunier fut échevin de Melun de 1744 à 1751. Antoine-Louis, homme de lettres apprécié de ses concitoyens, obtient en 1791 de hautes fonctions dans l'administration du département avant d'être proscrit sous le régime de la terreur. Il se cache alors à Paris avant de retrouver une vie plus paisible après avoir obtenu, avec l'aide d'amis, « une mise en réquisition »[1] par le comité de salut public. Cette nouvelle situation lui permet de nouveau de s'occuper de ses garçons et de compléter leur éducation avec l'étude du dessin et de la peinture « dans l'atelier de Regnault »[1], formation qui va permettre à Firmin-Hippolyte de devenir artiste peintre[3]. Antoine-Louis devient ensuite chef de bureau au ministère de l'intérieur puis chef de division à la direction générale des ponts et chaussées[1]. Il meurt en 1811 en laissant sa veuve[4] et ses deux garçons[5].

Formation : École des Mines de Paris[modifier | modifier le code]

Louis-Antoine Beaumier a 16 ans lorsqu'il se présente à l'examen d'entrée de l'« Agence des mines », nouvelle école instituée par les arrêtés des 13 et 18 juillet 1794, prévoyant 40 élèves par promotion. Il est reçu élève des mines le 9 mars 1795, mais une loi réduit le nombre de places de 40 à 20 et un concours est organisé entre les élèves ayant passé avec succès la première épreuve. Il passe cet obstacle et intègre la nouvelle école des mines de Paris[6].

Pendant ses années d'école, Louis-Antoine va effectuer deux voyages d'études, hors période de cours, où il accompagne des enseignants de l'école. Le premier a lieu, en 1797, avec Picot la Peyrouse et Duhamel dans les Pyrénées et le Languedoc, et le second en 1798 avec Dolomieu dans les Alpes italiennes et dauphinoises[7].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Ingénieur du Corps des Mines[modifier | modifier le code]

Rapidement remarqué pour les qualités de ses travaux en minéralogie il grimpe rapidement les échelons de l'administration. En 1809, il réalise notamment un atlas houiller de la région de Sarrebruck, que les allemands confisquent en 1817 et que les français finissent par récupérer en 1922. En 1813 il est nommé à la tête de la nouvelle école des mines de Geislautern en Sarre. Mais à la chute du Premier Empire en 1815 la Sarre n'appartient plus à la France et Louis-Antoine Beaunier retourne à Paris où il suggère la création d'une nouvelle école à Saint-Étienne. Le 19 août 1816 il est donc nommé directeur de l'école des mineurs de Saint-Étienne. Dans la 2e promotion de l'École, il eut comme élève Jean-Baptiste Boussingault qui le décrit dans ses Mémoires comme un excellent pédagogue et géologue.

Entrepreneur[modifier | modifier le code]

Beaunier a également joué un rôle non négligeable dans le premier essor de la métallurgie. Dès 1817 il chercha à perfectionner la fabrication des aciers français en faisant raffiner à la houille, par les méthodes allemandes, les produits des aciéries de Rives (Isère), et en donnant à ces aciers raffinés les diverses qualités que réclament les usages divers auxquels ils sont destinés. Ayant obtenu l'autorisation (le 1er février 1817) de diriger une entreprise particulière, il suggère à Milleret, avec lequel il était lié, d’établir à La Bérardière, près Saint-Etienne, une usine, qui, dès la première année, livre, sous la raison sociale Beaunier, de Brou & Cie à la quincaillerie et à l’arme des produits supérieurs : baïonnettes, ressorts de platine, limes, fleuret. En 1819, à la suite de l'exposition des produits de l'industrie française, le gouvernement lui accorde une médaille d'or et la croix de la Légion d'honneur. « Si je l'avais reçue comme ingénieur, écrit-il, il me faudrait en avoir honte : les plus dignes auraient dû passer avant moi. » A l'exposition suivante, en 1823, il est fait rappel de la médaille d'or de 1819, pour les aciers fondus et autres, de toutes qualités, obtenus à La Bérardière.

Parallèlement il se rend plusieurs fois en Angleterre pour étudier les tout nouveaux chemins de fer. Le 26 février 1823 il obtient la concession de la première ligne d'Europe continentale reliant Saint-Étienne à Andrézieux (ligne de Saint-Étienne - Andrézieux) qui sera mise en service le 30 juin 1827. Malheureusement pour lui la concession à d'autres compagnies des deux autres lignes prévues (Saint-Étienne-Lyon et Andrézieux-Roanne) et l'aménagement des canaux dans le nord de la France et en Belgique facilitant l'acheminement de la houille à Paris, feront que la ligne ne sera jamais très rentable. De même, dans le cadre de ses activités ferroviaires, la Compagnie des mines et du chemin de fer d'Epinac le pria, en 1829, de faire partie du conseil d'administration de cette entreprise, et il dut au moins céder aux sollicitations des responsables de la société, en faisant un voyage à Epinac, à l'effet d'examiner l'état des choses et la meilleure direction à donner au chemin de fer. En septembre 1830, il est appelé au conseil d'État, comme maître des requêtes sous la présidence du ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers. En janvier 1833 il est élevé au grade d'officier de la légion d'honneur. En juillet 1835 il est pris d'une infection de goutte, et en décède un mois plus tard.

Hommage[modifier | modifier le code]

Son nom est inscrit sur la façade du bâtiment de l'École nationale supérieure des mines à Saint-Étienne[8]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mémoire sur la topographie extérieure et souterraine, du territoire houiller de Saint-Étienne et de Rive-de-Gier (département de la Loire). Par M. Beaunier, ingénieur en chef au Corps royal des mines, directeur de l'École de mineurs de Saint-Étienne, extrait des Annales des Mines, volume 1816, Paris, 1817

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Auguste-Henri de Bonnard, Notice nécrologique sur M. Beaunier, inspecteur général des mines , pp. 515-540 Google livres lien du 29/07/2009
  2. René-Charles Plancke, 1991, p. 27
  3. Base Joconde : tableau, Beaunier Firmin Hippolyte, Duguesclin recevant des envoyés de Charles V, l'épée de Connetable, Rennes musée des beaux-arts lien du 29/07/2009
  4. La note suivante est la seule source trouvée concernant l'existence de son épouse.
  5. Société historique du sixième arrondissement de Paris, Bulletin vol. 12, 1909, p. 101 :, « (...) Antoine-Louis Beaunier, chef au Ministère de l'Intérieur. Celui-ci meurt en 1811 en laissant pour héritiers : sa veuve et deux enfants. Son fils, Louis-Antoine Beaunier, devient ingénieur... » Google livres lien du 29/07/2009
  6. Ce passage synthétiquement décrit dans la Notice nécrologique trouve un complément, utile pour la compréhension de cet épisode qui doit intégrer le contexte de l'époque (la terreur), avec la lecture de la page : L'École des Mines à l'Hôtel de Mouchy (1794 - 1802), sur le site Annales des Mines, lien du 30/07/2009
  7. La Notice nécrologique, sur le site des annales permet de retrouver l'identité des professeurs qu'il accompagne. lien du 30/07/2009
  8. Site noms.rues.st.etienne rue Beaunier (consulté le 15 octobre 2013).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste-Henri de Bonnard, Notice nécrologique sur M. Beaunier, inspecteur général des mines, dans Annales des mines troisième série, tome VIII, Carilian-Gœury, Paris, 1835, pp. 515-540 Google livres lien du 29/07/2009
  • Louis Aguillon, L'École des Mines à l'Hôtel de Mouchy (1794 - 1802), dans Notice Historique de l'École des Mines de Paris, chapitre III site Annales des Mines lien du 30/07/2009
  • Descreux, Beaunier, dans Notices biographiques stéphanoise, Constantin, Saint-Étienne, 1868, pp. 35-44 Google livres lien du 29/07/2009
  • J. Merley, Un ingénieur méconnu, Louis-Antoine Beaunier, dans Bulletin du Centre d'Histoire régionale de l'Université de Saint-Étienne, 1978-1.
  • René-Charles Plancke, « Le « premier cheminot de France » : un Melunais ! », dans Histoire du chemin de fer de Seine-et-Marne : tome I de la vapeur au TGV, édition Amatteis, Le Mée-sur-Seine 1991 (ISBN 2-86849-105-7), pp. 27-28.
  • Bernard Zellmeyer, « Beaunier, sidérurgiste et pionnier du rail », in Bulletin du centre d'histoire régionale, n° 1, 1978, Université de Saint-Étienne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]