Roi Lot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Lot d'Orcanie)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lot et Loth.
Lot
Personnage de fiction apparaissant dans
la Légende arthurienne

Alias Loth
Sexe Masculin
Espèce Humain
Activité(s) Roi
Famille Morgause, Gauvain, Agravain, Gaheris, Gareth et Mordred
Entourage Uther Pendragon
Ennemi(s) Riculf

Lot ou Loth est, selon la légende arthurienne, le roi de Lothian. Il est surtout connu comme le père de Sir Gauvain. Les données hagiographiques concernant Saint Kentigern (également connu sous le nom de Saint Mungo) mentionnent un Leudonus, roi de Leudonia, nom latin pour Lothian. Plus tard, Geoffrey de Monmouth mentionne un Lot, roi de Lothian dans sa chronique Historia Regum Britanniae, en le décrivant comme l'allié du roi Arthur. Lot apparaît régulièrement dans les romans plus tardifs.

Si Lot est principalement connu comme le roi de Lothian, d'autres sources le présentent comme le roi des Orcades, et parfois de la Norvège. Il est généralement décrit comme le mari de la sœur d'Arthur ou de sa demi-sœur, diversement nommée Anna ou Morgause. Les noms et le nombre de ses enfants varient en fonction des sources, mais traditionnellement lui sont attribués pour fils Gauvain, Agravain, Gaheris, Gareth et Mordred.

Origine[modifier | modifier le code]

Un roi éponyme de Lothian apparaît dans les deux sources premières, latine et galloise. Une vie fragmentaire de Saint Kentigern compte un Leudonus de Leudonia comme grand-père maternel de Saint Kentigern, également connu sous le nom de Mungo[1]. Geoffrey de Monmouth semble s'en inspirer pour décrire le roi appelé Lot ou Loth dans son Historia Regum Britanniae. Bien que ses sources soient obscures, son choix de nom est probablement basé sur la ressemblance avec « Lodonesia », un nom latinisé typique de Lothian[1].

Description[modifier | modifier le code]

Dans l'Historia Regum Britanniae[modifier | modifier le code]

Article connexe : Historia Regum Britanniae.

Lot est d'abord mentionné comme un vassal fidèle à Uther Pendragon, roi de la Grande-Bretagne, dans les guerres contre Octa, le roi saxon de Kent. Quand Uther tombe malade, il marie sa fille Anna à Lot, et les confie à la surveillance du royaume[2]. Lot et Anna ont deux fils, Gauvain et Mordred. Lorsque le fils d'Uther, Arthur, devient roi, il aide Lot et ses frères à retrouver leurs territoires tombés aux mains des Saxons[2].

Lot est également l'héritier du royaume de Norvège, en tant que neveu du roi précédent Sichelm. Avec l'aide d'Arthur, il reprend le royaume à l'usurpateur Riculf[3]. Lot mène plus tard l'une des armées d'Arthur dans sa guerre contre l'empereur Lucius de Rome[4].

Dans les romans arthuriens[modifier | modifier le code]

Sir Gauvain, fils du roi Lot des Orcades (par Howard Pyle).

Les premiers romans, ceux de Chrétien de Troyes, se réfèrent souvent à Lot mais il reçoit rarement plus d'une mention, et seulement dans le cadre de sa filiation avec Gauvain[5]. Dans certaines versions, sa femme s'appelle Morcades, un nom que Roger Sherman Loomis pense être une variante de celui de la fée Morgane[6]. Le héros de Chrétien de Troyes Yvain, dans Yvain ou le Chevalier au lion, est identifié dans les sources galloise sous le nom d'Owain, fils d'Urien, le père supposé de Kentigern. Un article de J. C. Lozac'hmeur identifie des similitudes entre le roman de Chrétien de Troyes et les récits autour de Kentigern[7].

Lot d'Orcanie est le fils d'un dénommé Hector (lui-même descendant de la lignée de Joseph d'Arimathie) et de la fille du roi de Norgules (Norgalles, c'est-à-dire royaume de Gwynedd ; Tradelinant de Norgalles est un personnage récurrent des légendes arthuriennes). Il devient roi et prend pour femme Morgause, la demi-sœur du roi Arthur avec qui il a quatre fils : Gauvain, Agravain, Gaheris et Gareth. On lui attribua aussi la paternité de Mordred, qui est le fils incestueux d'Arthur dans les légendes les plus tardives. Dans Lancelot ou le Chevalier de la charrette, il a aussi un fils du nom de Loth le Preux, chevalier de la Table Ronde. Dans le Roman de Brut de Wace, il est baron de Lothian.

Adaptations modernes[modifier | modifier le code]

Dans le roman de Jean Markale La Naissance du roi Arthur, Lot recueille un loup amical dont il trouve le comportement étrange. Il s'agit en fait d'un de ses amis resté métamorphosé car sa femme lui a volé ses vêtements avec son amant. Cette histoire est vraisemblablement basée sur le récit du bisclaveret de Marie de France, mais Jean Markale ne cite pas ses propres sources[8]. Le roi Loth est également présent dans la série Kaamelott d'Alexandre Astier[9] ou il est un roi qui conspire constamment contre Arthur (et contre tout le monde), qui a "un lien plus ou moins direct avec tout ce qui se manigance de vicelard en Bretagne depuis ces trente dernières années". Il a en outre des relations familiales très compliquées (tout comme nombre de personnages de la série), notamment avec sa femme (" 'faut pas se le cacher, [...] ma femme est une grosse salope") et son fils Gauvain, dont la sottise l'agace et le désespère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bromwich 2006, p. 414-415
  2. a et b (en) Historia Regum Britanniae, Livre 8, ch. 21.
  3. (en) Historia Regum Britanniae, Livre 9, ch. 11.
  4. (en) Historia Regum Britanniae, Livre 10, ch. 6.
  5. Chrétien de Troyes, Erec et Enide, v. 1691-1750. Yvain ou le chevalier au lion v. 6229-6526.
  6. (en) R. S. Loomis, Scotland and the Arthurian Legend
  7. J. C. Lozac'hmeur, « Etudes Celtiques », lists.mun.ca,‎ 1984 (consulté le 1er décembre 2010)
  8. Estelle Valls de Gomis, Le vampire au fil des siècles: enquête autour d'un mythe, éditions Cheminements, 2005, (ISBN 2844783864 et 9782844783868), p. 411
  9. Éric Le Nabour et Martin Aurell, Kaamelott: À la table du roi Arthur, Perrin, 2007, (ISBN 2262027099 et 9782262027094), p. 39-40

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rachel Bromwich, Trioedd Ynys Prydein: The Triads of the Island of Britain, University Of Wales Press,‎ 2006 (ISBN 0-7083-1386-8)