Los Olvidados

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Los Olvidados est un film mexicain de Luis Buñuel, sorti en 1950.

Synopsis[modifier | modifier le code]

El Jaibo, un adolescent des rues, s’échappe de la maison de correction et retrouve ses compagnons d'infortune dans leur bidonville de la banlieue de Mexico. Avec Pedro et d’autres enfants, il tente d’attaquer Don Carmelo, un aveugle cruel qui survit en jouant de la musique dans les rues. Quelques jours après, Jaibo tue, en présence de Pedro, le jeune homme qu’il accuse de l’avoir dénoncé. À partir de ce moment, les destins de Pedro et du Jaibo sont tragiquement unis.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Los Olvidados (littéralement "les oubliés") sont tous ces jeunes Mexicains des années 1950 rejetés socialement à la périphérie de la capitale suite à une misère physique et intellectuelle que leur ont légués des générations antérieures brisées par l’alcool et l’analphabétisme.

L’environnement déplorable quotidien que subissent ces jeunes adolescents brise une nature fondamentale de bonté que l’enfant possède par défaut.

Ces gosses positionnés dans une brutalité quotidienne croupissent au jour le jour dans un monde de combines et de rapines stagnantes.

Le drame de ces enfants est purement interne, le manque total d’amour maternel déclenchent pour certains une approche primaire de la vie. N’ayant aucune notion de tendresse, ils sont dans l’incapacité de redistribuer ce qu’ils ignorent.

À l’inverse de Miracle à Milan de Vittorio De Sica qui montrait une misère sociale atténuée par la sensibilité et la bonté distillée par Toto envers son entourage, ici le ton est dur, sans pitié.

Il n’y a pas de constat matériel « riche, pauvre » à faire. Cette misère interne est localisée dans un territoire bien défini, la sécheresse totale des esprits. Un manque de positionnement digne de ces enfants dans des comportements adaptés à la logique naturelle de leur âge les rend semblables à de véritables pierres brutes de la société livrées à eux-mêmes.

L’encadrement de départ a été complètement inexistant, ils créent donc leurs propres déséquilibres en appliquant des lois scélérates.

Un directeur de prison seul personnage encourageant par son discours tolérant envers ses enfants atténue la froideur de l’ensemble.

Le dénouement final semble une délivrance pour Jaibo, débarrassé enfin de toute cette crasse.

On notera que Bunuel avait tourné (en réserve pour contourner une éventuelle censure ?) une autre fin, "happy end" très moralisatrice, qui figure en complément sur le DVD du film, et qui contraste avec le ton cruellement réaliste du film. Cette fin de 2 minutes n'a heureusement jamais été montée.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

  • Carmen Peña Ardid et Víctor M. Lahuerta Guillén (eds.), Buñuel 1950, Los Olvidados, guión y documentos, Instituto de Estudios Turolenses, Teruel, Gobierno de Aragón, Zaragoza, Caja Rural de Teruel, Teruel, 2007.

Étude critique[modifier | modifier le code]

  • Lionel Souquet, « Néo-picaresque, (néo)réalisme et faillite de l’humanisme : Los Olvidados de Buñuel et La Virgen de los Sicarios de Vallejo, de la modernité à la postmodernité », Les Langues Néo-Latines : Colloque Concours 2012, 105e année, 4, n° 359, décembre 2011, pp. 117-156.

Lien externe[modifier | modifier le code]