Lords Appelants

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Les « Lords appelants » furent un groupe de puissants nobles anglais qui dépossédèrent Richard II d’Angleterre du contrôle politique du Royaume d'Angleterre, dans les années 1380.

Composition[modifier | modifier le code]

Ce groupe était composé notamment de Thomas de Woodstock, 1er duc de Gloucester, le plus jeune fils du roi Édouard III d'Angleterre et l’oncle de Richard II ; de Richard FitzAlan, 11e comte d'Arundel ; et de Thomas Beauchamp, 11e comte de Warwick. Mais il comprenait également Thomas de Mowbray, 1er comte de Nottingham et le cousin de Richard II, Henri de Bolingbroke, comte de Derby et de Northampton et futur roi Henri IV d’Angleterre.

Origines[modifier | modifier le code]

En 1387, Thomas de Woodstock, Richard FitzAlan et Thomas Beauchamp accuse de trahison Michael de la Pole, 1er comte de Suffolk, Aubrey de Vere, 10e comte d'Oxford, Robert Tresilian, alors Lord Chief Justice of England and Wales, ainsi que deux autres loyalistes : le maire de Londres Nicolas Brembre, et Alexandre Neville, l’archevêque d'York[1].

C’est de cet acte que vient le nom « appelants », issu du mot anglais « appeal » qui désignait en vieil anglais une accusation. Tandis que Richard gagne du temps en attendant une intervention de de Vere en provenance du Cheschire, les trois comtes s’allient à Henri de Bolingbroke et Thomas de Mowbray. Le 20 décembre 1387, ils interceptent de Vere à la bataille de Radcot Bridge, et le contraignent à quitter le pays[2]. Richard conserve son titre de roi d’Angleterre, mais n’a plus vraiment de pouvoir, mais la plupart de ses proches partisans sont emprisonnés, exécutés ou exilés. Brembre et Tresilian sont condamnés et exécutés, tandis que de Vere et de la Pole – qui a désormais lui aussi quitté le pays – sont condamnés à mort in absentia lors de l'« impitoyable parlement » de février 1388. Neville, en tant qu’homme d’Église, est privé de ses biens temporels, également in absentia[3]. Mais les appelants vont encore plus loin et des chevaliers de Richard sont également exécutés, parmi lesquels Simon Burley[4].

Richard rétablit petit à petit un semblant d’autorité royale les mois suivant l'impitoyable parlement, grâce à trois facteurs. Tout d’abord, la politique étrangère agressive menée par les « Lords appelants » échoue, leurs efforts pour construire une large coalition contre la France ne menant à rien et le nord de l’Angleterre étant victime d’une incursion écossaise[5]. Ensuite, le retour de Jean de Gand, oncle de Richard et personnage influent dans la politique de l’époque, permettra à Richard de regagner son pouvoir.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Goodman (1971), p. 26.
  2. Goodman (1971), p. 129-130.
  3. Saul (1997), p. 192-193.
  4. McKisack (1959), p. 458.
  5. Saul (1997), p. 199.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony Goodman (historian), The Loyal Conspiracy: The Lords Appellant under Richard II, Londres, Routledge,‎ 1971 (ISBN 0710070748)
  • (en) May McKisack, The Fourteenth Century: 1307–1399, Oxford, Oxford University Press,‎ 1959 (ISBN 0-19-821712-9)
  • (en) Nigel Saul, Richard II, New Haven, Yale University Press,‎ 1997 (ISBN 0-300-07003-9)