Lordose

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La lordose correspond à une courbure de la colonne vertébrale lombaire ou dorsolombaire.

Chez les mammifères, la lordose peut être présente naturellement soit en position de repos, par exemple en station debout chez l’être humain, soit lors d'une posture physiologique (chez la femelle pendant l’œstrus pour de nombreux mammifères quadrupèdes). La lordose devient pathologique lorsqu'elle se situe à un autre niveau ou lorsqu'elle est accentuée (on parle alors de lordose excessive, ou hyperlordose).


Réflexe sexuel des mammifères femelles[modifier | modifier le code]

Chez les mammifères femelles, la lordose est un réflexe sexuel moteur, complexe et crucial. On observe qu’il est fonctionnel et indispensable chez tous les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, félidés, bovidés, équidés…), mais qu’à partir des primates et surtout des hominidés (chimpanzés, orangs-outans, gorilles, humains), il devient secondaire. Chez l’être humain, il n’est apparemment plus fonctionnel puisque les stimulations sexuelles sur la croupe de la femme ne déclenchent plus ni l’immobilisation du corps, ni la position de lordose[1].

Intégration du réflexe de lordose dans le comportement de reproduction[modifier | modifier le code]

Les études scientifiques récentes montrent que l’organisation neuroanatomique générale des mammifères est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle[2]. En simplifiant, il existe trois grands circuits neurobiologiques : 1) les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-dessous), à l’origine de l’excitation sexuelle et de l’orientation sexuelle ; 2) les circuits des réflexes sexuels (lordose, érection, éjaculation… flèches oranges), qui permettent la copulation ; et 3) les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris – flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels (en particulier de la motivation sexuelle)[1]. L’analyse des circuits sexuels montre que le réflexe de lordose correspond, chez la femelle, à la partie motrice du comportement de reproduction.

Schéma simplifié des circuits neurobiologiques de l’instinct sexuel des mammifères, chez la femelle.

En simplifiant, on peut schématiser les principales phases du comportement de reproduction. 1) Les odeurs et surtout les phéromones permettent d'échanger des signaux sexuels entre les éventuels partenaires[3]. 2) Les circuits olfactifs (flèches rouges) permettent en particulier de reconnaître le partenaire du sexe opposé[4],[5] et de déclencher l’excitation sexuelle[6],[7], ce qui induit la lubrification vaginale, l’érection et la copulation. 3) Lorsque le mâle monte la femelle, les stimuli tactiles du mâle sur la croupe de la femelle déclenchent le réflexe de lordose[8],[9]. 4) Les circuits de la lordose (flèches oranges) provoquent la courbure du dos, ce qui permet de bien présenter le vagin au mâle[8],[9]. 5) La présentation du vagin facilite le contact tactile du pénis avec la région génitale, ce qui déclenche les mouvements réflexes du bassin du mâle (poussées pelviennes). Après l’intromission, les mouvements du pénis dans le vagin déclenchent le réflexe d'éjaculation[10],[11]. 6) Les stimulations tactiles du clitoris (et du pénis pour le mâle) durant la copulation remontent jusqu’au cerveau (flèches bleues)[12]. 7) L’activation du système de récompense induit des apprentissages qui optimisent la copulation, en particulier le développement de la motivation sexuelle[13]. De plus, des signaux olfactifs, auditifs et visuels perçus au cours de la copulation peuvent devenir par conditionnement des signaux sexuels[14], ce qui optimise les signaux phéromonaux innés[6]. Il existe ainsi, dans l’organisation neurobiologique innée de l’organisme, un véritable comportement de reproduction hétérosexuel chez les mammifères non-primates[2],[1].

Article principal : Comportement de reproduction.

Organisation neurobiologique du réflexe de lordose[modifier | modifier le code]

L’analyse détaillée de l’organisation neurobiologique du réflexe moteur complexe de la lordose montre que ce réflexe est spécifiquement précablé pour présenter le vagin au mâle lors de la copulation, et uniquement quand la femelle est fécondable. (cf figure ci-dessous)

Lordose. Schéma simplifié des circuits neurobiologiques du réflexe sexuel de lordose, spécifique aux mammifères femelles, et indispensable à la réalisation de la copulation. Ce réflexe sexuel moteur complexe est précablé dans la moelle épinière et reçoit des afférences modulatrices du télencéphale. Légende : a) Noyau préoptique médian ; b) Noyau hypothalamique antérieur ; c) Noyau hypothalamique ventromédian ; d) Formation réticulaire mésencéphalique ; e) Faisceau vestibulo-spinal ; f) Faisceau réticulo-spinal ; g) Racines dorsales L1, L2, L5, L6 et S1. NB: le circuit neural est bilatéral. Le schéma est simplifié pour plus de lisibilité.

Le réflexe moteur de la lordose est principalement précablé dans la moelle épinière, au niveau des vertèbres lombaires L1, L2, L5 et L6 et des vertèbres sacrées S1[9]. Dans le cerveau, plusieurs régions modulent le réflexe de lordose. Les noyaux vestibulaires et le cervelet, via le faisceau vestibulaire, envoient des informations qui permettent de coordonner le réflexe de lordose avec l’équilibre postural. Et surtout, l’hypothalamus ventromédian envoie des projections qui inhibent le réflexe au niveau médullaire[8]. Pour cette raison, en général, le réflexe de lordose n'est pas fonctionnel. Les hormones sexuelles contrôlent la reproduction et coordonnent les activités sexuelles avec l’état physiologique. En schématisant, à la période de reproduction, et quand un ovule est disponible, les hormones (en particulier les œstrogènes) induisent simultanément l’ovulation et l’œstrus (les « chaleurs »). Sous l’action des oestrogènes dans l’hypothalamus, le réflexe de lordose n'est plus inhibé[15]. La femelle est prête pour la copulation et la fécondation. Au cours de la copulation, quand un mâle s'approche de la femelle, les phéromones du mâle (partie 1 du schéma ci-dessus), sont détectées par les circuits olfactifs (partie 2). Les signaux phéromonaux stimulent, entre autres, l’hypothalamus, ce qui facilite le réflexe de lordose[16]. Puis, quand le mâle monte la femelle (partie 3), les stimuli tactiles sur les flancs, la croupe et le périnée de la femelle sont transmis via les nerfs sensitifs dans la moelle épinière. Dans la moelle, ils sont intégrés avec les informations provenant du cerveau, puis, en général, un influx nerveux est transmis dans les muscles via les nerfs moteurs. La contraction des muscles longissimus et transverso-spinalis provoque la courbure de la colonne vertébrale (partie 4)[9]. La position de lordose qui en résulte permet de bien présenter le vagin au mâle (partie 5), ce qui facilite l’intromission du pénis. Puis, au cours de l’intromission, les sensations tactiles et profondes provenant de la région génitale et du clitoris accentuent le réflexe de lordose (partie 6) [17]. On observe ainsi que l’organisation physiologique et neurobiologique du réflexe de lordose est adaptée à la copulation hétérosexuelle.

Physiologie et pathologie[modifier | modifier le code]

Lordose
Classification et ressources externes
Ou bien le dos rond la cyphose cest-a-dire a convwxite posterieure.jpg
Personne présentant une hyper-lordose lombaire.
CIM-10 M40.3-M40.5, Q76.4
CIM-9 737.2
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La lordose est la courbure vers l’intérieur (dite aussi concavité dorsale ou, chez l’humain, posterieure) de la colonne vertébrale, en particulier au niveau des régions cervicales et lombaires, par opposition à la cyphose, qui est une concavité ventrale (chez l’humain, au niveau thoracique et sacré).

Autrefois, on appelait lordose la modification pathologique de la courbure cervicale ou lombaire[18]. Cette lordose devenait physiologique chez la femme enceinte.

Tout comme Testut, le Pr Elaine N. Marieb définit la lordose comme une « courbure anormale de la colonne vertébrale »[19] et Kamina la décrit comme une « accentuation pathologique »[20].


Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Wunsch S. Comprendre les origines de la sexualité humaine. Neurosciences, éthologie, anthropologie. [PDF] L’Esprit du Temps, 2014.
  2. a et b (en) Agmo A. Functional and dysfunctional sexual behavior
  3. (en) Keller M., Bakker J. Pheromonal communication in higher vertebrates and its implication on reproductive function. Editorial. Behavioural Brain Research, 200(2):237-238, 2009.
  4. (en) STOWERS L. , HOLY T. E. , MEISTER M. , DULAC C. , KOENTGES G. Loss of sex discrimination and male-male aggression in mice deficient for TRP2, Science, 295(5559):1493-1500, 2002.
  5. (en) DULAC C. , TORELLO A. T. Molecular detection of pheromone signals in mammals: from genes to behaviour, Nat. Rev. Neurosci., 4(7):551-562, 2003.
  6. a et b (en) MONCHO-BOGANI J. , LANUZA E. , HERNANDEZ A. , NOVEJARQUE A. , MARTINEZ-GARCIA F. Attractive properties of sexual pheromones in mice: innate or learned? Physiology & Behavior, 77(1):167-176, 2002.
  7. (en) YOON H. , ENQUIST L. W. , DULAC C. Olfactory inputs to hypothalamic neurons controlling reproduction and fertility, Cell, 123(4):669-682, 2005.
  8. a, b et c (en) Kow L.M., Florea C., Schwanzel-Fukuda M., Devidze N., Kami K.H., Lee A., Zhou J., Maclaughlin D., Donahoe P., Pfaff D. Development of a sexually differentiated behavior [lordosis] and its underlying CNS arousal functions. Curr. Top. Dev. Biol., 79:37-59, 2007
  9. a, b, c et d (en) PFAFF Donald W. , SCHWARTZ-GIBLIN Susan, MACCARTHY Margareth M. , KOW Lee-Ming : Cellular and molecular mechanisms of female reproductive behaviors, in KNOBIL Ernest, NEILL Jimmy D. : The physiology of reproduction, Raven Press, 2nd edition, 1994
  10. (en) ALLARD J. , TRUITT W. A. , MCKENNA K. E. , COOLEN L. M. Spinal cord control of ejaculation, World J. Urol., 23(2):119-126, 2005.
  11. (en) COOLEN L. M. Neural control of ejaculation, J. Comp Neurol., 493(1):39-45, 2005.
  12. (en) Matsumoto J., Urakawa S., Hori E., de Araujo M.F., Sakuma Y., Ono T., Nishijo H. Neuronal responses in the nucleus accumbens shell during sexual behavior in male rats. The Journal of Neuroscience, 32(5):1672-1686, 2012.
  13. (en) Cibrian-Llanderal T., Tecamachaltzi-Silvaran M., Triana-Del R.R., Pfaus J.G., Manzo J., Coria-Avila G.A. Clitoral stimulation modulates appetitive sexual behavior and facilitates reproduction in rats. Physiology & Behavior, 100(2):148-153, 2010.
  14. (en) Pfaus J.G., Kippin T.E., Coria-Avila G.A., Gelez H., Afonso V.M., Ismail N., Parada M. Who, what, where, when (and maybe even why)? How the experience of sexual reward connects sexual desire, preference, and performance. Archives of Sexual Behavior, 41(1):31-62, 2012.
  15. (en) Flanagan-Cato L.M. Sex differences in the neural circuit that mediates female sexual receptivity. Frontiers in Neuroendocrinology, 32(2):124-136, 2011.
  16. (en) Haga S., Hattori T., Sato T., Sato K., Matsuda S., Kobayakawa R., Sakano H., Yoshihara Y., Kikusui T., Touhara K. The male mouse pheromone ESP1 enhances female sexual receptive behaviour through a specific vomeronasal receptor. Nature, 466(7302):118-122, 2010.
  17. Gonzalez-Flores O., Beyer C., Lima-Hernandez F.J., Gomora-Arrati P., Gomez-Camarillo M.A., Hoffman K., Etgen A.M. Facilitation of estrous behavior by vaginal cervical stimulation in female rats involves alpha1-adrenergic receptor activation of the nitric oxide pathway. Behavioural Brain Research, 176(2):237-243, 2007
  18. Léo Testu, Traité d'anatomie topographique, t. 1,‎ 1921
  19. Elaine N. Marieb, Anatomie et Physiologie Humaines, Bruxelles, DeBoeck Université,‎ 1999
  20. Pierre Kamina, Anatomie Clinique, Paris, Maloine,‎ 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]