Loose Ends

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Loose Ends

Album par Jimi Hendrix
Sortie Février 1974
Enregistré 1967-1970
Durée 39:59
Genre Psychedelic rock, rock
Producteur John Jansen
Label Polydor Records

Albums par Jimi Hendrix

Dernier recueil de titres studio inédits de l'ère Jeffery, Loose Ends est produit par un certain Alex Trevor. Derrière ce pseudonyme se cache en fait John Jansen, mais ce dernier refusa que son nom soit associé au projet (publié par Polydor refusé par la Warner)[1]. Contrairement à War Heroes, la mauvaise réputation de cet album est pour le coup justifiée : seul un couple de titres méritaient une publication officielle.

Les titres[modifier | modifier le code]

Face 1

  1. Come Down Hard on Me Baby
  2. Blue Suede Shoes (Carl Perkins)
  3. Jam 292
  4. The Stars That Play With Laughing Sam's Dice
  5. Drifter's Escape (Bob Dylan)

Face 2

  1. Burning Desire
  2. Born A Hoochie Koochie Man (Willie Dixon)
  3. Have You Ever Been (To Electric Ladyland)

Le personnel[modifier | modifier le code]

Le détail des titres[modifier | modifier le code]

Coming Down Hard On Me Baby[modifier | modifier le code]

L'album s'ouvre sur Coming Down Hard On Me Baby, un candidat potentiel au quatrième album studio de Jimi Hendrix dont les séances datent de mi-juillet 1970[2]. C'est un titre dont la tonalité se rapproche de Bleeding Heart, en plus funky encore. Les paroles, ouvertement sexuelles, renvoient peut-être à la relation fiévreuse de Jimi Hendrix avec Devon Wilson, la muse noire des dernières séances studio[3]. Même si le titre n'est manifestement pas terminé, il y a de très bons éléments dès ce stade : une voix posée et sensuelle, une ligne de basse qui groove à mort, et même un avant-goût de ce que le blues funky pourra donner de meilleur quelques années plus tard.

Blue Suede Shoes[modifier | modifier le code]

L'enthousiasme naissant retombe dès la plage suivante, une reprise du Blue Suede Shoes de Carl Perkins enregistrée lors de la fameuse session studio du Band Of Gypsys au Record Plant datant du 23 janvier 1970, où Jimi retrouvait un niveau d'inspiration à la hauteur de son talent[4]. Au regard de ce qui a été enregistré ce jour-là, présenter cet extrait relève de la faute professionnelle. D'une part la longue introduction où Hendrix s'amuse avec les paroles de Heartbreak Hotel (autre titre d'Elvis Presley) avant d'expliquer à Buddy Miles comment jouer l'introduction du titre est particulièrement mal venue en début d'album (et purement anecdotique), mais surtout, le fondu final intervient au début de la jam (qui dura en tout 11 minutes), alors que Hendrix commence à peine son solo...

Jam 292[modifier | modifier le code]

La plage suivante, Jam 292, porte bien son titre : c'est effectivement une jam, toutefois relativement structurée, comme une autre prise publiée sur Jimi Hendrix : Blues le laisse entendre. Il y a un travail de mise en place de différents riffs basés sur une grille de blues, avec quelques fulgurances guitaristiques de la part de Hendrix. Une version complète de cette prise est désormais disponible sur le Hear My Music publié par Dagger Records, où le titre est autrement mieux contextualisé (d'autant que le label alternatif officiel se propose de livrer des titres destinés aux seuls amateurs invétérés de Jimi Hendrix, et pouvant présenter un degré d'exigence inférieur à celui d'un album studio classique).

The Stars That Play With Laughing Sam's Dice[modifier | modifier le code]

The Stars That Play With Laughing Sam's Dice, face B du Burning of the Midnight Lamp enregistré en 1967, doit sa présence ici au fait que le titre soit remixé : le solo de guitare de Hendrix est nettement plus en avant que sur le 45 tours original. Mais entendre un titre aussi psychédélique après les trois premières plages, autrement plus terriennes, détonne littéralement : l'ordre des titres manque cruellement de cohérence.

Drifter's Escape[modifier | modifier le code]

Le dernier titre de la première face, une reprise du Drifter's Escape de Bob Dylan, constitue l'autre moment fort de Loose Ends. C'est en effet une relecture magistrale, qui aurait avantageusement remplacé non seulement les temps morts de War Heroes, mais aussi les faiblesses de First Rays of the New Rising Sun. L'arrangement est fort différent de la version présentée par Dylan sur John Wesley Harding : la ligne de basse obsessionnelle de Billy Cox est traversée par les interventions guitaristiques névrotiques de Hendrix, qui servent à merveille une de ses bonnes performances vocales. Hendrix recule ici les limites de sa propre musique.

Burning Desire[modifier | modifier le code]

La seconde face de Loose Ends n'a malheureusement pas les grands moments de la première. Constituée de trois titres seulement (dont une reprise), elle ne présente qu'un seul inédit de Jimi Hendrix.

Burning Desire est le titre le plus intéressant de cette seconde face. C'est une des compositions les plus complexes du guitariste, dont il n’existe malheureusement pas de version définitive. Celle-ci est peut-être la meilleure, même si elle est loin d'être exempte de critiques : la qualité audio est inférieure à ce qu'on est en droit d'attendre d'un album studio officiel d'une part, mais surtout la performance est loin d'égaler celle d'autres démos publiées officiellement (les chœurs de la deuxième partie sont même complètement faux à un moment). Un titre imparfait donc, mais dont la réédition sur The Baggy's Rehearsal Sessions par Dagger Records se justifie sans problème. La prise présentée ici est en effet très réussie... pour une répétition.

Born A Hoochie Koochie Man[modifier | modifier le code]

On enchaîne directement avec un autre titre enregistré le 18 décembre 1969 : Born A Hoochie Koochie Man. Le groupe attaque le classique de Muddy Waters alors que la répétition touchait à sa fin. Hendrix est manifestement de bonne humeur… un peu trop même ! La version n’est pas vraiment sérieuse, et même si son solo est excellent, la version ne rivalise pas avec celle de l’Experience à la BBC[5].

Have You Ever Been (To Electric Ladyland)[modifier | modifier le code]

L'album se clôt avec Have You Ever Been (To Electric Ladyland), dans une version éditée ne laissant entendre que la seule guitare de Hendrix. Si un tel choix se justifie sans trop de problème sur le coffret pourpre[6], le procédé semble plus limite dans le cadre d'un album. Pour autant, savourer le jeu de guitare rythmique aérien de Hendrix reste un plaisir...

Postérité discographique[modifier | modifier le code]

Sont à ce jour disponibles officiellement :

  • The Stars That Play With Laughing Sam's Dice et Drifter's Escape sur South Saturn Delta, publié en 1997 ;
  • Come Down Hard On Me Baby et Have You Ever Been (To Electric Ladyland) sur le coffret The Jimi Hendrix Experience Box Set publié en 2000 ;
  • Burning Desire et Born A Hoochie Koochie Man sur The Baggy's Rehearsal Sessions (Dagger records) ;
  • Jam 292 (dans une version complète) sur Hear My Music (Dagger Records).
  • Seul Blue Suede Shoes n'est plus disponible officiellement.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hendrix: Setting The Record Straight de John McDermott avec Eddie Kramer
  2. the jimi hendrix encyclopedia - jimihendrix.com
  3. Jimi Hendrix - Mots pour mots de David Stubbs
  4. the jimi hendrix encyclopedia - jimihendrix.com
  5. The Jimi Hendrix Experience : BBC Sessions (1998)
  6. The Jimi Hendrix Experience Box Set publié en 2000