Longskate

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Un longskate

Le longskate ou longboard est une planche à roulettes d'une longueur supérieure à celle d'un skateboard classique, qui permet notamment de circuler à des vitesses bien plus élevées qu'en skateboard (record du monde officiel à 130,08 km/h par Mischo Erban[1], le 30 septembre 2010).

Cette discipline fut inventée par des surfeurs californiens en manque de vagues et de sensations dans les années 1970, peu après le skateboard (1961) puis par la suite importé en Europe par Mathieu Navarro qui servit de modèle le long des côtes françaises et plus particulièrement dans le Narbonnais. Les sensations qu'elles procurent présentent des similarités avec celles du surf ou du snowboard. Ce sport de glisse a pour but la recherche de ces sensations dans des courbes et des trajectoires, et peut être pratiqué en ville ou sur route.

Il existe entre le longskate et le skateboard « classique » la même différence qu'entre le surf « classique » (shortboard) et le surf longboard (planche beaucoup plus grande et volumineuse), qui est conçu pour glisser en souplesse et rechercher des sensations de glisse pure (glide).

Le longskate est d'ailleurs appelé longboard unanimement au Québec, en raison de ses origines anglophones. En effet, aux États-Unis, il est rare d'entendre parler de longskate, car son nom d'origine est bel et bien longboard.

Le matériel[modifier | modifier le code]

Un longskate est généralement composé des éléments suivants :

  • La planche (ou deck)
  • Les trucks (essieux)
  • Les roues
  • Les roulements (ou bearings)
  • Les bushings (gommes)
  • Les pads
  • Le grip

La planche elle-même peut être fabriquée en divers matériaux comme certaines essences de bois, le contreplaqué érable, le bambou, la fibre de verre, la fibre de carbone et la résine époxy, etc. Il existe une très grande variété de constructions possibles pour une planche de longskate. Ces planches peuvent être plus ou moins souples, de différentes longueurs ou largeurs, de différents empattements (distance entre les essieux ou trucks ), de différentes formes... Ces caractéristiques sont choisies en fonction de l'utilisation souhaitée. La forme d'une planche (longueur, largeur, concave, cambre) influe directement sur les performances du longskate.

Le Pintail est utilisé pour que les roues ne soient jamais en contact avec le deck lorsque le planchiste tourne(appelé wheelbite) tout en ayant assez de place sur la planche. C'est la planche la plus utilisée pour le Cruising ou le Carving.

Le DropDeck est un style particulier de planche dont la plateforme est plus abaissée que les côtés où les trucks sont montés. La plateforme abaissée est parfaite pour une bonne stabilité à grande vitesse, c'est pourquoi elle est fréquemment utilisée pour le downhill à grande vitesse. Quelques exemples d'un DropDeck est le Landyachtz R5, Landyachtz Evo, Landyachtz Switch, Earthwing Roadkiller and the Rayne Nemesis.

Le Fattail est une forme classique ayant une similitude avec les planches de skateboards. En effet, elles ont un kicktail à l'arrière de la planche. Un exemple est la Jaseboards "Kick".

Les trucks sont la partie faisant tourner le "deck". Ils sont situés entre la planche et les roues. Ils sont divisés en deux parties: la baseplate et l'hanger, le tout relié par la kingpin. La baseplate étant reliée à la planche avec quatre vis dans le cas des topmount et quand les trucks sont intégrés dans la planche, c'est Drop-Through. Le système ayant plusieurs trous de fixation permettant de choisir plusieurs positions d'avant à arrière est appelé le multi-perçage. Plus l'angle de la baseplate est élevé et plus le trucks tournera mais moins le planchiste sera stable. Il est possible d'augmenter et de diminuer l'angle en posant des risers entre la baseplate et la planche. La largeur du trucks est également un élément important. Plus l'hanger sera large, moins la planche tournera donc la planche sera stable et vice versa.


Les utilisations les plus courantes d'un longskate sont les suivantes :

  • Cruising (promenade et usage général) : les planches de type cruising ou sidewalk surfing (promenade) offrent en général une shape assez polyvalente. Tout est permis, la glisse dans la rue pour aller chercher le pain, la petite descente tranquille pour découvrir le plaisir de carver.
  • Carving : le carving est une manière de skater en virages coupés qui rappelle le surf, en recherche de courbes bien appuyées et bien fluides, généralement pratiquée sur des pentes modérées. Les planches dites de "carving" sont en général longues et flexibles.
Article détaillé : Board de carving.
  • Downhill (descente) : les planches de downhill, prévues pour descendre des pentes à des vitesses atteignant 100 km/h, sont généralement très rigides, beaucoup plus lourdes et surbaissées pour plus de stabilité. Des protections adaptées (casque intégral, combinaison de moto) sont indispensables à la pratique de cette discipline. Les roues idéales pour ce genre de planche sont de plus grosses roues (entre 70 à 85 mm) car cela procure plus de « vitesse ».
  • Slalom : les planches de slalom skateboard, généralement assimilées à des longskates, sont des planches courtes et fines, souvent rigides, pour obtenir un rayon de braquage minimum.
  • Boardwalking : ces planches sont très longues (jusqu'à 2m10), pour pouvoir y reproduire les mouvements du surf longboard.
  • Bowl : les planches prévues spécifiquement pour le bowl sont généralement assez rigides, courtes et larges.
  • Slide : une planche destinée à cette discipline est le plus souvent assez courte, très large, et dispose d'un kicktail et d'un nose (arrière et avant relevés)
  • Long Distance Pushing (LDP) : est utilisé pour les longues randonnées en longboard. Pour parcourir des distances importantes, avoir une planche basse, rabaissée, “droppée” ou pendulaire peut être pratique. On pratique alors la technique de “pumping” ,pour se déplacer et gagner de la vitesse. Le “Pumping” en longboard consiste à se déplacer en “slalomant” sans mettre le pied au sol, grâce à des mouvements d’oscillation du corps entier.[2] Cela permet au skater de moins se fatiguer en pliant sa jambe d’appui pour pousser.[3]

Les roues de longskate sont en général plus larges et de plus gros diamètre que celles utilisées en street (60 à 100 mm), plus tendres pour le cruising ou la descente (75-85A) ou plus dures pour le bowl et le slide (85-97A).

  • Freeride : Les planches de type freeride sont les planches que l'on considère étant les plus polyvalentes. Elles permettent de faire de la descente en vitesse, des « slides » et des figures[4].

Les compétitions[modifier | modifier le code]

Le longskate est un sport qui recouvre plusieurs disciplines qui font chacune l'objet de compétitions. En France, il existe un championnat de France de descente (downhill) et un championnat de France de slalom. Il existe aussi des circuits mondiaux où les Français sont reconnus pour leur bon niveau (plusieurs champions du monde chaque année).

  • Le Championnat de France de descente (regroupe longskate, Streetluge, buttboard, skullboard et roller de descente) se pratique dans toute la France. Au programme des compétitions importantes organisées en France : le col d'Izoard en 2006 (coupe d'Europe), et depuis 2008 Peyragudes dans les Pyrénées(Coupe du monde).
  • Le Championnat de France de slalom (regroupe tight, special, géant / super géant) a plusieurs étapes célèbres, Antibes de 2001 à 2006, la Paris Slalom World Cup au Trocadéro.
  • La Balance Mile, au Québec, est principalement une course de downhill où les épreuves s'adressent aux pros, aux amateurs et aux débutants, ainsi que le volet freestyle.
  • Le slide peut aussi faire l'objet de compétitions : les slides contest

Les figures (tricks)[modifier | modifier le code]

Comme en longboard (surf), les figures reposent sur des attitudes plus que sur des sauts (les "ollies" ne sont pas adaptés à ce type de planches).

Les longskateurs ont créé toutes sortes de figures dont les principales sont les slides (front et back notamment) qui leur permettent de freiner en alliant style et efficacité.

Voici une liste non exhaustive de certains slides :

  • le back slide : consiste à ramener l'arrière de la planche vers l'intérieur (vers soi) ;
  • le front slide : plus difficile que le back slide, il nécessite de pousser l'arrière de la planche vers l'extérieur ;

le gost-ride kickflip qui constitue à faire tourner la planche en descendant et la poussant et remontant dessus.

  • le reverse front ou back slide : consiste à effectuer un slide et à revenir à la position d'origine grâce à un mouvement inverse ;
  • le coleman slide : un front slide avec une main par terre et l'autre servant à donner de l'élan ;
  • le toe slide : back slide avec les deux mains par terre ;
  • le toe slide 360° : une toe slide en faisant un tour sur soi même.
  • le power slide : Slide debout en frontside ou backside.
  • le bert slide : inspiré des manœuvres de surf de Larry Berthleman. Les Z-Boys ont inventé ce slide en l'adaptant au bitume. Il consiste à effectuer un slide, quasiment couché sur le sol, une main en appui par terre et l'autre en l'air, en montant un plan incliné. Il peut être effectué en frontside (face à la pente) ou en backside (dos à la pente).
  • le pinapple : consiste à rouler, à prendre le bout arrière de la planche, à l'amener à l'avant et à rembarquer sur la planche

Viennent ensuite les figures dites "old school" (à l'ancienne) :

  • le bert slide tout d'abord : c'est en effet un slide qui date du début du skate. Il est directement inspiré du Lay back en surf où le principe est le même mais dans l'eau (logique) et en remontant la vague, sur la lèvre.
  • le boneless : voici un "trick" (figure) venu tout droit de la préhistoire. On le voit dans les premières vidéos de skate du célébrissime Stacy Peralta et de sa Bone's brigade. Le trick consiste donc à lever la planche en s'aidant de la main et sert donc à passer des obstacles. Pratique à l'époque où l'on ne connaissait pas le fameux ollie. Le principe est simple mais redoutablement compliqué lorsqu'il s'agit de le faire bien et surtout avec grâce et style. Il faut donc, en roulant de préférence, se baisser, attraper le côté de la planche d'une main et simultanément faire glisser le pied par terre tout en appuyant sur celui-ci pour s'élever avec sa planche prise en main dans les airs. Avant la replaque sur la planche, il est vivement conseillé de relâcher la planche et de repositionner son pied dessus. Une très jolie figure indémodable que l'on peut varier à toutes les sauces (180°, 360°, avec l'autre main...).
  • le old school kickflip : figure datant des débuts du skateboard, consistant à faire effectuer un flip à la planche en positionnant un pied sous la planche pour la faire décoller.
  • le shove-it : autre figure classique du skateboard qui peut être réalisée sur un longskate. Elle consiste à imprimer à la planche une rotation de 180 degrés en sautant.
  • le slape shove-it : Consiste à effectuer un shove-it mais rendu à mi-chemin faire taper la planche au sol

Les flips et toutes leurs variantes issues du street skateboard sont difficiles à exécuter sur un longskate : ces planches plus grandes et plus lourdes sont moins adaptées aux flips. Réservé aux skaters techniques ou à ceux qui veulent ajouter de la difficulté à leur glisse.

Les figures dite de footwork, boardwalking, ou old school dancing (longboard surf'style') :

  • le cross-step : consiste à avancer vers le nez de la planche avec un pas croisé, dans un virage backside, et de revenir en position dans un virage frontside (bis repetita)
  • le chop the wood : consiste à faire un virage back avec le pied arrière levé et tendu vers l'avant, puis un virage front (bis repetita)
  • le g-turn : effectuer un demi cercle en nose manual (équilibre sur les roues avant) enchaîné avec un pivot 180*
  • le hang ten : consiste à rouler en positionnant les 2 pieds joints sur le point le plus avant de la board
  • le hang five: consiste à rouler en positionnant un seul pied sur le point le plus avant de la board
  • le shanker
  • le one foot shuvit : consiste à faire un Shove-it à un pied
  • la pirouette : consiste à tourner sur sois-même sur la planche tout en gardant un seul pied sur celle-ci puis revenir à la position initiale
  • le walk the plank : consiste à faire une rotation de 180 degrés vers l'avant, puis avancer en Cross-Step vers l'arrière et effectuer un saut pour revenir en position initiale.

Cette discipline directement inspirée des mouvements des surfeurs en longboard a été rendue populaire notamment par Adam Colton et Adam Strokowski.

Les très nombreuses figures réalisables en skateboard et en longskate ont pour seule limite l'imagination de de ses pratiquants ; ces quelques figures ne sont donc citées qu'à titre indicatif. De nombreuses figures sont inventées régulièrement.

Longskate et code de la route[modifier | modifier le code]

Le longskater (ou longboarder), lorsqu'il circule sur la voie publique, est un piéton. C'est en tous les cas le sens de la réponse du ministre de l'intérieur à une question écrite [no 45849 publiée au Journal officiel le 10/08/2004 page 6189] posée par la députée Marie-Jo Zimmermann : « En l'absence de réglementation spécifique, les utilisateurs d'engins à roulettes sont, lorsqu'ils circulent sur la voie publique, assimilés à des piétons ».

À ce titre, le longskater est soumis « aux dispositions des articles R. 412-34 à R. 412-42 du code de la route » poursuit le ministre. Il a donc l'obligation :

  • d'utiliser les trottoirs [article R412-34],
  • lorsqu'il emprunte la chaussée, de circuler près de l'un de ses bords. Hors agglomération et sauf si cela est de nature à compromettre sa sécurité ou sauf circonstances particulières, il doit se tenir près du bord gauche de la chaussée dans le sens de sa marche [article R412-36],
  • de traverser la chaussée en tenant compte de la visibilité ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules [article R412-37],
  • d'utiliser, lorsqu'il en existe à moins de 50 mètres, les passages prévus à son intention. Aux intersections à proximité desquelles n'existe pas de passage prévu à son intention, le longboarder doit emprunter la partie de la chaussée en prolongement du trottoir [article R412-37],
  • lorsque la traversée d'une chaussée est réglée par des feux de signalisation, le longboarder ne doit s'engager qu'au feu vert [article R412-38],
  • lorsque la traversée d'une chaussée est réglée par un agent chargé de la circulation, il ne doit traverser qu'à son signal [article R412-38],
  • hors des intersections, il est tenu de traverser la chaussée perpendiculairement à son axe [article R412-39],
  • il lui est interdit de circuler sur la chaussée d'une place ou d'une intersection à moins qu'il n'existe un passage prévu à son intention lui permettant la traversée directe [article R412-39],
  • il doit contourner la place ou l'intersection en traversant autant de chaussées qu'il est nécessaire [article R412-39],
  • lorsque la chaussée est divisée en plusieurs parties par un ou plusieurs refuges ou terre-pleins, le longboarder parvenu à l'un de ceux-ci ne doit s'engager sur la partie suivante de la chaussée qu'en respectant les règles prévues par les articles qui précèdent [article R412-40],
  • le fait, pour tout longboarder, de contrevenir aux dispositions de la présente section est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la première classe [article R412-43]. « Le montant de l'amende forfaitaire pour les contraventions au Code de la Route de la première classe commises par les piétons était fixé à 30 F par le Code de Procédure Pénale (R. 49). L'ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 fixant la correspondance en euros des montants exprimés en francs dans les textes législatifs prévoyait l'équivalence : 30 F4,5 €. Toutefois l'article R-49 du Code de Procédure Pénale réactualisé prévoit bien une amende forfaitaire de 4 € »

Réglementation spécifique dans certaines villes[modifier | modifier le code]

Certaines villes ont mis en place une réglementation spécifique. Ainsi à Paris, les services de la préfecture de police estiment que la pratique de la planche à roulettes est assimilée à un jeu dangereux, au sens de l'article 113 de l'ordonnance du Préfet de Police du 25 juillet 1862 et donc, par voie de conséquence, interdite à la fois sur les trottoirs et sur la chaussée.

Il est également interdit d'utiliser sa planche à roulettes (et a fortiori son longskate) pour se déplacer. Pour la préfecture de police, « ce type d'équipement ne peut être utilisé comme un moyen de déplacement ».

La pratique du skateboard ne peut donc se faire que sur des spots officiellement recensés par la Mairie de Paris. "Les arrêtés des 3 février 1978 et 22 mars 1979 ont fixés la liste des emplacements où les utilisateurs peuvent s'exercer à cette activité. D'autres sites ont également été autorisés :

Interdites à Paris en dehors des sites spécialement prévus à cette fin :

Arrêté du 3 février 1978 / BMO du 8 février 1978 pris par le Maire de Paris et le Préfet de Police

Autres sites autorisés par la Mairie de Paris :

Enfin la préfecture de Police confirme qu'il existe bien une différence entre roller et skate. « Patins à roulettes. Les pratiquants sont assimilés à des piétons et contraints aux mêmes conditions de circulation (art R. 412-34 à R 412-42 du Code de la Route) »

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://sports.espn.go.com/action/skateboarding/news/story?id=5707197
  2. « Longboard : Pumping », sur longboardmedia (consulté le 19/12/2014)
  3. « Longboard : Cruising, Pushing », sur Longbord media (consulté le 19/12/2014)
  4. « http://www.zenitboards.com/ »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]