Londinium

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Fragment de mur romain à Londres.
Londinium en l'an 400.

La cité de Londinium, à l'origine de la ville de Londres, capitale du Royaume-Uni, a été fondée par les Romains vers l’an 43. Elle devient rapidement la capitale de la Bretagne romaine et sert de grand centre impérial jusqu’à ce qu’elle soit finalement abandonnée au Ve siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

Londinium est une ville fondée par les Romains à la suite de l'invasion de l’an 43 conduite par l’empereur Claude même si les archéologues pensent désormais que la date la plus exacte est vers l’an 50 où la ville est établie comme colonie civile ou civitas.

Le choix du lieu a été décidé à l'endroit où les berges de la Tamise étaient les plus proches afin de permettre la construction d’un pont mais où le fleuve est assez profond pour laisser passer les navires. Des restes d’un pont romain ont été découverts en 1981 près de l’actuel Pont de Londres.

Bien qu’il soit admis que la ville était une colonie civile, certaines maigres preuves admettent qu’une forteresse romaine y existait. Les fouilles réalisées par le musée de Londres depuis 1970 ne sont pas parvenues à démontrer une trace militaire sur le site, si bien que de nombreux archéologues pensent désormais que la fondation de Londinium est issue d’une entreprise privée, la ville étant à un endroit idéal pour permettre le commerce.

Le nom « Londinium » attesté dès le Ier siècle dans les annales de l'historien Tacite est considéré comme antérieur à l’époque romaine (même peut-être antérieur aux Celtes), par conséquent il est difficile de déterminer la signification du toponyme. Les Romains avaient pour habitude de prendre des noms existants pour les nouvelles villes. Une théorie commune admet que ce nom dérive du celtique Londinion qui lui-même dérive de Londinos de l'adjectif londo- signifie sauvage (cf. vieil irlandais lond)[1].

Les inscriptions retrouvées par les archéologues confirment que la langue officielle de la cité était le latin,bien qu'il soit certain qu'énormément de peuples locaux continuaient à s'exprimer en langue celtique[réf. nécessaire].

Statut[modifier | modifier le code]

Le statut de Londinium est incertain. La cité n'est pas la capitale d'une civitas alors qu'une liste rédigée par Ptolémée la place comme une ville des Cantiaci, peuple belge habitant le Cantium (aujourd'hui le Kent).
Débutant comme un petit fort, la ville se développe et devient un important port de commerce entre la Brittania et les provinces romaines du continent. Le manque de villas romaines privées (très abondantes dans l'empire) suggère qu'elle fut une propriété militaire voire impériale. À l'époque de la révolte de Boudica au milieu du Ie siècle, Tacite écrit dans ses annales que « Londinium… bien qu'indistinguable par le nom de colonia, était énormément fréquentée par les marchands et les navires de commerce ». Dans l'année qui suivit la révolte, l'administration provinciale de Brittania se déplaça de Camulodunum (actuellement Colchester dans l'Essex) jusqu'à Londinium. La ville n'est pas pour autant appelée capitale de Brittania mais il existe de nombreuses preuves qui démontrent que dans les faits c'était le cas avec l'existence d'un palais du gouverneur, la construction d'un camp militaire au début du IIe siècle et plusieurs tombes appartenant au personnel membre du gouvernement.

Localisation[modifier | modifier le code]

La cité de Londinium couvrait une superficie relativement modeste : autour de 1,4 km², le tout inclus dans les limites de l'actuelle Cité de Londres.

Ainsi, le tracé de l'enceinte construite entre 190 et 225 pour assurer la défense de la cité et que l'on baptisera le Mur de Londres (The London Wall) nous est connue : Elle forme presque un quadrilatère d'environ 2 km d'est en ouest, sur 800 m maximum du nord au sud, s'étendant sur sa partie méridionale, le long de la Tamise, des abords orientaux de la Gare de Blackfriars au centre de la Tour de Londres. Puis, à l'est, elle remonte sur Aldgate, d'où elle rejoint le London Wall, l'artère qui, comme son nom l'indique, suit dans sa quasi-totalité le tracé du mur dans sa partie septentrionale. Les 300 derniers mètres de cette rue, avant Aldersgate, traversent l'emplacement occupé la citadelle (formant un carré de 200 m de côté) qui était située au nord-ouest de cité. Elle reprend son cours au sud d'Aldersgate et rejoint Old Bailey (Haute Cour criminelle de Londres), dont le nom de Bailey évoque l'existence d'un « mur d'enceinte », qu'elle longe vers le sud jusqu'à Blackfriars, formant son côté ouest.

La cité était partagée en deux par la rivière Walbrook (aujourd'hui entièrement souterraine et qui a depuis donné son nom à un quartier de la City) qui pénétrait sous les murs de Londinium au niveau de Finsbury Circus et coulait ainsi du nord au sud, avant de se jeter dans la Tamise à hauteur du Cannon Street Railway Bridge en suivant le tracé de la rue qui porte son nom et débute à l'angle de Mansion House.
Cette rivière jouait déjà un rôle important puisqu'elle fournissait déjà de l'eau potable aux habitants, mais transportait aussi les eaux usées. De plus, elle servait également d'axe de navigation puisqu'un port existait sur sa rive est du côté de Bucklersbury, à proximité duquel on découvrit les vestiges d'un temple dédié au dieu Mithra. Le palais du gouverneur de la cité serait également localisé non loin de là, plus au sud, toujours sur la rive orientale, probablement au niveau de la station de métro de Cannon Street.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]