Loi des titres selon Betteridge

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La loi des titres selon Betteridge stipule qu'« à tout titre d'article journalistique qui se termine par un point d'interrogation, on peut répondre par la négative ». Son nom lui vient de Ian Betteridge, journaliste britannique spécialisé dans les nouvelles technologies[1], bien que l'idée soit bien plus ancienne. Cette loi a aussi été dénommée « Loi de Davis »[2],[3] ou simplement « Principe journalistique »[4].

Betteridge en a expliqué le concept dans un article de février 2009, à propos d'un article du site TechCrunch intitulé « Last.fm a-t-il remis ses statistiques d'écoute utilisateurs à la RIAA ? » (« Did Last.fm Just Hand Over User Listening Data To the RIAA? »).

Ce sujet est une superbe démonstration de ma maxime qui veut que, pour tout article dont le titre se termine par un point d’interrogation, on puisse répondre par la négative à la question ainsi posée. Si les journalistes emploient ce genre de titres interrogatifs, c’est qu’ils savent que leur sujet n’est sans doute que de la foutaise et qu’ils ne disposent en réalité ni des sources ni des faits pour l’étayer, mais qu’ils n’en veulent pas moins le publier[5].

Cinq ans avant l'article de Betteridge, le journaliste britannique Andrew Marr faisait une observation similaire dans son livre My Trade, sorti en 2004. Celle-ci figurait dans les conseils sur les méthodes de lecture d'un journal, à adopter si l'on veut comprendre réellement ce dont il retourne :

« Si le titre de l'article pose une question, essayez d'y répondre par "Non". Est-ce le vrai visage de la jeunesse britannique ? (Lecteur sensé : non) Avons-nous découvert le remède contre le SIDA (Non, sinon vous n'auriez pas mis le point d'interrogation). Cette carte ouvre-t-elle la voie vers la paix ? (probablement pas). Un titre avec un point d'interrogation signifie dans la majorité des cas que le sujet est tendancieux ou survendu. Il s'agit souvent d'un sujet bancal, ou d'une tentative de transformer un reportage à peine validé en controverse nationale, et, tant qu'à faire, en panique nationale. Pour un journaliste à la recherche d'une information crédible, un point d'interrogation équivaut à "ne t'embête pas à lire ce truc"[6]. »

Betteridge a admis avoir enfreint sa propre loi dans un article publié sur son site, en formulant un titre sous forme de question qui appelait une réponse affirmative[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. The Macalope, « The Macalope Weekly: Pointless Exercises », Macworld,‎ 2012-08-11 (consulté le 2012-11-08)
  2. « List of variants of Murphy's Law » (consulté le 2012-11-08)
  3. Mark Liberman, « Language Log: Davis Law », Itre.cis.upenn.edu,‎ 2006-09-17 (consulté le 2012-11-08)
  4. « Murphy's Laws: Journalistic Principle », Murphyslaws.net (consulté le 2012-11-08)
  5. Ian Betteridge, « TechCrunch: Irresponsible journalism », Technovia.co.uk,‎ 23 février 2009 (consulté le 27 juin 2011)
  6. (en) Andrew Marr, My Trade: a short history of British journalism, London, Macmillan,‎ 2004 (ISBN 1-4050-0536-X), p. 253
  7. Ian Betteridge, « In which I violate my own law of headlines », Technovia.co.uk,‎ 13 janvier 2011 (consulté le 27 juin 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]