Loi d'immigration Johnson-Reed

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Signature de la loi par le président Calvin Coolidge à la Maison-Blanche.

L'Immigration Act of 1924, aussi appelé loi Johnson-Reed, est une loi fédérale votée le 16 mai 1924 aux États-Unis d'Amérique pour limiter l'immigration. Cette loi, nettement plus restrictive que le Quota Emergency Act voté en 1921, vise particulièrement les Asiatiques, notamment nippons, où elle fut considérée comme un affront impardonnable déclenchant une forte poussée anti-américaniste menant tout droit au rapprochement avec les forces de l'Axe quelques années plus tard, et, dans une moindre mesure, les personnes originaires de l'Est et du Sud de l'Europe selon une vision antisémite de ses défenseurs. En revanche elle ne s'applique pas aux personnes originaires du continent américain.

Contexte[modifier | modifier le code]

La loi est proposée dans un contexte de forte xénophobie. Certains de ses partisans les plus convaincus étaient influencés par Madison Grant et son livre de 1916, Le déclin de la grande race. Grant était un eugéniste et un promoteur d'une théorie d'hygiène raciale destinée à garder la pureté des races nordiques fondatrices à cause de leur prétendue supériorité.

Dispositions[modifier | modifier le code]

La loi ne s'applique pas aux personnes originaires du continent américain. En revanche elle exclut une grande partie des Asiatiques par une disposition immédiate. Pour les personnes venant des autres régions du monde, la loi limite le nombre d'immigrants ayant une nationalité à 2 % de la population de cette nationalité présente sur le territoire États-Unis en 1890. Cette loi touche particulièrement les personnes venant de l'est et du sud de l'Europe, qui étaient encore relativement peu nombreuses en 1890.

Vote[modifier | modifier le code]

La loi est votée à la quasi-unanimité (sauf six voix au Sénat).

Effets de la loi[modifier | modifier le code]

Proportion relative de l'immigration du nord-ouest et du sud-est de l'Europe vers les États-Unis 1881-1940. Les effets de la législation dans les années 1920 sont visibles.

Dans les années 1900-1910, si environ 200 000 Italiens émigrèrent chaque année, l'imposition du quota de 1924 eut pour effet que seulement quatre mille d'entre eux furent autorisés à pénétrer aux États-Unis. Durant la même période, le quota annuel pour l'Allemagne était de plus de 57 000 entrées. 86 % des 165 000 autorisations d'immigration étaient réservées à des immigrants venus de l'Europe du nord-ouest et de la Scandinavie.

La loi resta en place avec des altérations mineures jusqu'à la loi d'immigration et de nationalité de 1965.

Voir aussi[modifier | modifier le code]