Logothète général

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Le logothète général (en grec genikos logothetês, ou logothetês tou genikou, s.-e. logistêriou) était le plus haut responsable de l'administration fiscale dans l'Empire byzantin entre le VIIe et le XIIIe siècle.

Ce titre apparaît à la fin du VIIe siècle : le premier titulaire connu est Théodote, ancien moine, sous le règne de Justinien II[1] ; il laissa une terrible réputation pour ses exactions, collectant les taxes en recourant aux brutalités et à la torture ; quand Justinien fut renversé, en 695, Théodote fut traîné par les pieds dans les rues de Constantinople et brûlé vif.

Le haut fonctionnaire de ce titre était le responsable de la « trésorerie générale » (en grec genikon logistêrion). Ayant hérité des fonctions les plus importantes du « comte des largesses sacrées » (en latin comes sacrarum largitionum) du Bas Empire, il s'occupait notamment de la répartition et de la vérification des impôts et de la tenue à jour des registres du cadastre. Il est à distinguer du sacellaire, gardien du sakkellion, la cassette impériale alimentée par les excédents des revenus du domaine. Néanmoins, leurs attributions se chevauchaient, comme l'attestent des chrysobulles adressés à la fois au sacellaire, au logothète général et au logothète militaire. D'après le Taktikon Ouspenski (milieu du IXe siècle), le logothète général est d'ailleurs inférieur dans la hiérarchie palatine au sacellaire.

Il n'en était pas moins, au IXe siècle, à la tête d'une véritable armée d'agents financiers, qui dépendaient de douze chefs de bureau. Les plus importants de ses subordonnés étaient le grand chartulaire, chef du sekreton, c'est-à-dire du bureau des archives où étaient enregistrés les titres de propriété soumis à l'impôt ; le chartulaire des caisses, contrôleur des caisses (arklai) des thèmes ; les inspecteurs des thèmes (epoptai tôn thematôn), qui fixaient les chiffres des impôts dus par les thèmes et en vérifiaient la levée ; les commerciaires, percepteurs des droits de douane ; les dioikêtai, collecteurs des impôts directs, chargés chacun d'un district.

À partir du début du VIIIe siècle, il y eut deux impôts directs principaux : l'impôt foncier (sunônê), frappant seulement les propriétés, et l'impôt par foyer (appelé fouage dans l'ancienne France, kapnikon en grec), payable par tous, ruraux et citadins. En outre, les populations des villes devaient acquitter, sous le nom de tributs urbains (politikoi phoroi), toutes sortes de taxes (sur les funérailles, etc.). Léon III institua le dikération, impôt d'un douzième du kapnikon, en principe pour payer le relèvement des murailles après le grand tremblement de terre d'octobre 740, mais il resta.

En 801, Irène voulut soigner sa popularité en supprimant les tributs urbains à Constantinople. Après l'exemption fiscale accordée aux monastères sur les fermes qu'ils possédaient, ce fut trop pour le logothète général, qui organisa un coup d'État et se fit proclamer empereur sous le nom de Nicéphore Ier ; il se fit ensuite détester en rétablissant tous les impôts supprimés par Irène.

Le Logothetês tou genikou dirigeait encore l'administration de l'impôt public au XIIIe siècle, dans l'Empire de Nicée et sous les premiers Paléologues. Mais à partir de la fin de ce siècle, ce titre ne fut plus qu'un marche-pied vers la dignité supérieure de grand logothète. Le Taktikon du Pseudo-Codinus (milieu du XIVe siècle) ignore ses attributions.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Breviarium du patriarche Nicéphore, écrit sans doute dans les années 780 alors que l'auteur était haut fonctionnaire (asêkrêtis) du Palais, affirme à propos de ce Théodote que la désignation genikos logothetês était une expression populaire non officielle : « [L'empereur Justinien II] le nomma trésorier des fonds publics (tôn dêmosiôn logistên), ce que le peuple appelle logothète général (genikon logothetên) » (§ 39). Quant à Théophane le Confesseur, il utilise pour la première fois l'expression genikos logothetês à propos de la même période (l'année 692), mais pour désigner le ministre des finances du calife Abd al-Malik, le « très chrétien » Sergios, fils de Mansour, père de Jean Damascène (p. 365, l. 24).