Locus Solus (roman)

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Locus Solus
Auteur Raymond Roussel
Genre Roman
Pays d'origine France
Lieu de parution Paris
Éditeur Alphonse Lemerre
Date de parution 1914
ISBN 978-1-84749-071-1

Locus Solus est un roman de l'écrivain français Raymond Roussel et publié en janvier 1914[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Martial Canterel, scientifique et inventeur, invite ses collègues à visiter son domaine – une villa et un grand parc – appelé « Locus Solus ». Ils y découvrent des créations complexes et étranges, dont un énorme diamant de verre rempli d'eau et contenant une danseuse, un chat sans poil, et la tête encore vivante de Danton. Dans l'un des plus longs chapitres du roman, Canterel présente à ses invités une série de huit tableaux vivants mettant en scène des individus prisonniers d'immenses cages de verre. Par la suite, l'on découvre qu'ils sont en fait morts mais ressuscités grâce à un sérum, la résurrectine, inventé par Canterel et reproduisant des moments marquants de leur existence. Ayant complété le tour du domaine, les invités rentrent à la villa pour y dîner.

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Le titre est déjà tout un programme : un jeu de mots sur les substantifs nominatifs latins locus (le lieu) et solus (seul, unique). Le "lieu unique" comme entendu ici, est celui de la parole (loquere), du solipsisme solaire qui émane depuis chaque création exposée dans le jardin et traduite par la bouche de Martial (allusion au poète latin) Canterel (le Kantor, le maître de chapelle, le conteur, etc.)[2].
  • Pour rédiger ce roman, Roussel utilisa, entre autres, et comme base de son procédé[3], le Dictionnaire national[4] de Louis-Nicolas Bescherelle.

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • En référence au roman, Locus Solus fut le nom d'un journal littéraire créé en 1961 par Harry Mathews, John Ashbery, James Schuyler et Kenneth Koch.
  • L'architecte Carlo Scarpa fit référence à ce roman au cours de son travail.
  • Le musicien John Zorn sortit en 1983 un album intitulé Locus Solus.
  • Dans le film Innocence : Ghost in the Shell 2, Locus Solus est le nom d'une entreprise produisant des robots qui tuent leurs propriétaires. Les deux membres de la 'Section 9' Batou et Togusa, rencontrent un pirate informatique qui vit dans une maison remplie d'étranges œuvres mécaniques inspirées par le roman de Raymond Roussel.
  • Locus Solus est le nom d'un festival de musiques expérimentales qui se tient au Lieu unique à Nantes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rédigé sans doute durant entre 1912 et le printemps 1913, l'achevé d'imprimé page 466 de l'édition Lemerre indique le « vingt-quatre octobre mil neuf cent treize ».
  2. Philippe G. Kerbellec, Comment lire Raymond Roussel : Cryptanalyse, Paris, J.-J. Pauvert et compagnie, coll. « Bibliothèque rousselienne », 1988, 264 p. (ISBN 978-2-8769-7035-9) § VII.
  3. Selon Kerbellec (1988) qui montre un échantillon de ce dictionnaire allant des mots volontiers à voltiger, dont Volta, Voltaire, etc., ces termes proximes constituent « une zone rousselienne de forte densité, centrée sur Pile [et] fournira à Locus Solus : [...] les tissus faciaux de Danton régissant au galvanisme (par renvoi à l'entrée Volta-électrique) ; l'incrédulité notoire de Voltaire ou du voltairien prise au piège non de la conversion mais de l'étymologie latine de Voltiger : volitare (anagramme)...» (hors-texte IV et V).
  4. Cf. Dictionnaire universel de la langue française, Tome II (G-Z), Garnier frères (Paris), 1856, sur Gallica

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]