Lobsang Sangay

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Lobsang Sangay
Lobsang Sangay en 2012
Lobsang Sangay en 2012
Fonctions
Premier ministre du gouvernement tibétain en exil
En fonction depuis le
Élection
Gouvernement Gouvernement tibétain en exil
Prédécesseur Samdhong Rinpoché
Biographie
Date de naissance 1968
Lieu de naissance Darjeeling, Drapeau de l'Inde Inde
Diplômé de Université de Delhi
Faculté de droit de Harvard
Profession Juriste
Résidence Dharamsala

Lobsang Sangay
Premiers ministres tibétains

Lobsang Sangay, (tibétain : བློ་བཟང་སེང་གེWylie : blo-bzang seng-ge) né en 1968 à Darjeeling en Inde, est un universitaire et juriste tibétain, spécialiste du droit international relatif aux droits de l'homme. Élu en 2011 au suffrage universel Premier ministre du gouvernement tibétain en exil basé à Dharamsala en Inde, il est considéré comme le successeur politique du dalaï-lama[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Lobsang Sangay est né en 1968 à Darjeeling, une région productrice de thé du nord-est de l’Inde. Ses parents étaient des réfugiés tibétains. Son père est un moine d'un monastère de l’est du Tibet détruit par les militaires chinois dans les années 1950, et qui a fui le Tibet en 1959, la même année que sa mère, âgé de 17 ans, Kelsang Choden, originaire de Chamdo, dans le Kham (aujourd'hui dans la région autonome du Tibet). Ses parents se sont rencontrés dans un camp de réfugiés en Inde et s'installèrent dans un petit village près de Darjeeling. Ils tenaient un petit commerce, élevaient des poules et des vaches, dont l’une fut vendue pour les études de leur fils[2]. Il n'a jamais vécu ni ne s'est rendu au Tibet[3],[4].

Éducation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Lobsang Sangay effectua sa scolarité à l'école secondaire des réfugiés tibétains de Darjeeling.

Il alla ensuite à l'université de Delhi où il obtint un diplôme de lettres (Bachelor of Arts) et un diplôme de droit (Bachelor of Laws).

En 1995, il gagna les États-Unis après avoir obtenu une bourse Fulbright pour étudier à l'université Harvard[5].

En 1996 et en 2004, il obtint à l'université Harvard son Master of Laws, et son doctorat en droit.

La même année, il reçut le prix d'excellence Yong K. Kim' 95 pour sa thèse, Democracy in Distress: Is Exile Polity a Remedy? A Case Study of Tibet's Government-in-exile[6].

Il a été chargé de recherche du East Asian Legal Studies Program à la Faculté de droit de Harvard.

Activités militantes[modifier | modifier le code]

Lobsang Sangay a été élu en 1992 membre du comité exécutif du congrès de la jeunesse tibétaine.

En 2003, il organisa cinq rencontres entre des spécialistes chinois et tibétains, dont une rencontre entre le 14 e dalaï-lama et 35 spécialistes chinois à l'université Harvard.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

Lobsang Sangay, avec le dalaï-lama à Boston en 2012.

Lobsang Sangay s'est présenté à l'élection du Premier ministre tibétain de 2011. Sur les 16 candidats qui se sont présentés lors de l'élection primaire, il fut l'un des 6 en tête et donc nommé pour l'élection.

Le 27 avril 2011, il a été proclamé par la commission électorale premier ministre de l'Administration centrale tibétaine[7], ayant remporté l'élection du 20 mars avec 55 % des voix exprimées (27 051 voix) par les votants (49 184) enregistrés parmi la communauté tibétaine en exil dans 30 pays du monde (83 990 électeurs inscrits). Les deux autres candidats étaient Tenzin Namgyal Tethong, diplômé de l'université Stanford, représentant du dalaï-lama à New York entre 1973 et 1986 et son représentant spécial à Washington entre 1987 et 1990 ainsi que Premier ministre du gouvernement tibétain de 1993 à 1996, et Tashi Wangdi, qui a été représentant tibétain à Bruxelles, New Delhi et New York. Tenzin Namgyal Tethong a obtenu 37,4 % des voix, tandis que Tashi Wangdi, qui avait été ministre du gouvernement tibétain en exil une dizaine de fois dans les dernières années, n'a obtenu que 6,4 %[8]. Lobsang Sangay succède à Samdhong Rinpoché.

C’est à 9 heures 9 minutes et 9 secondes, le 8 août 2011 que Lobsang Sangay a prêté serment comme nouveau Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, et successeur politique du dalaï lama, en souhaitant libérer son peuple du « colonialisme » chinois. Le chiffre 9 est associé à la longévité. Le chiffre 8, relatif au jour et au mois lunaire tibétain, est de bon augure[9].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Human rights and Buddhism : cultural relativism, individualism & universalism, Thèse (LL. M.), Harvard Law School, 1996, (OCLC 43348085)
  • (en) Democracy in distress : is exile polity a remedy? : a case study of Tibet's government in exile, Thèse (S.J.D.), Harvard Law School, 2004, (OCLC 62578261)
  • (en) Tibet: Exiles' Journey, Journal of Democracy - Volume 14, Number 3, juillet 2003, p. 119-130
  • (en) Billy Jackson, We Sing a Song of Sadness Tibetan Political Prisoners Speak Out, (With poems and recollections by the late Ngodup Paljor), sous la direction de Sarah Jackson, Lobsang Sangay, Tyler DeWaal, Publish America, 2004, (ISBN 1-4137-1677-6)
  • (en) Lobsang Sangay, China in Tibet: Forty Years of Liberation or Occupation?, Harvard Asia Quarterly, Volume III, No. 3,‎ 1999 (voir en ligne)
  • (en) A constitutional analysis of the secularization of the Tibetan diaspora : the role of the Dalai Lama, in Theology and the soul of the liberal state, ed. Leonard V Kaplan; Charles Lloyd Cohen, Lanham : Lexington Books, 2010, (ISBN 9780739126172)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Bobin, Lobsang Sangay : "Pékin porte la responsabilité des immolations de Tibétains", Le Monde, 17 février 2011
  2. Un professeur de Harvard élu premier ministre de la diaspora tibétaine, 27 avril 2011, Dorian MALOVIC
  3. Le successeur politique du dalaï lama prête serment, Libération, 8 août 2011 : « Lobsang Sangay, né dans une région productrice de thé dans le nord-est de l’Inde [...]. Cet expert en droit international n’a jamais vécu au Tibet et ne s’y est même jamais rendu. »
  4. (en) Zhu Shanshan, Dalai Lama's new "prime minister" illegitimate: official, Global Times, 28 avril 2011, reproduit sur le site Tibet Sun : « Born in the tea-growing region of Darjeeling in India in 1968, Sangay has never lived in or visited Tibet. »
  5. (en) Zhu Shanshan, op. cit. : « He arrived in the US in 1995 after receiving a Fulbright scholarship to Harvard University, the BBC reported. »
  6. (en) Lobsang Sangay LL.M. '96 S.J.D. '04 named prime minister of the Tibetan government in exile, site Harvard Law School, April 27, 2011 : « As a doctoral candidate at HLS in 2004, Sangay was a co-recipient of the Yong K. Kim Prize, awarded annually at Commencement in recognition of the best student writing intended to foster U.S.-East Asian understanding. His dissertation was entitled “Democracy in Distress: Is Exile Polity a Remedy? A Case Study of Tibet’s Government in Exile.” »
  7. (en) Election Commission Announces Final Results of Elections
  8. (en) Tibetans Elect Dr Lobsang Sangay as Kalon Tripa
  9. Le successeur politique du dalaï lama prête serment, Libération, 8 août 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]