Lobsang Rampa

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Tract annonçant la parution d'un livre de T. Lobsang Rampa[1]. L'ouvrage, intitulé Visit to Venus (Voyage sur Vénus), est tiré d'un récit de Hoskin/Rampa que son éditeur, Gray Barker, fit publier chez Saucerian Books en 1966 sans l'en informer, et pour lequel l'auteur aurait donné son accord ultérieurement après deux modifications et l'ajout d'une clause contractuelle transférant ses droits d'auteur à une association de protection des chats de Londres[2]. Dans l'ouvrage paru sous ce titre, le récit de la visite sur Vénus ne couvre que 8 pages[2]. Mais Hoskin/Rampa a contesté cet accord dans un autre livre. À cause de ce différend, le livre n'apparaît pas dans la liste officielle des ouvrages de l'auteur[3]

Lobsang Rampa (pseudonyme complet : Tuesday Lobsang Rampa), de son vrai nom Cyril Henry Hoskin, né le 8 avril 1910 à Plympton, Angleterre, et mort le 25 janvier 1981 à Calgary, Canada, qui avait pris le nom de Carl Kuon Suo jusqu'en 1962, est un écrivain britannique prétendant avoir abandonné volontairement son corps au moyen d'un procédé de transmigration pour le donner à l'esprit d'un lama tibétain[4] qui aurait donc écrit ses livres. Ses ouvrages, en particulier le premier, ont obtenu un important succès populaire et l'auteur est généralement perçu comme l'initiateur d'une « nouvelle littérature spirituelle », sinon du New Age dans son ensemble [5].

Des enquêtes conduites en 1958 ayant montré que Lobsang Rampa, fils de plombier, était un installateur d'équipements chirurgicaux (surgical fitter) au chômage et qu'il n'était jamais allé au Tibet ni ne parlait le tibétain, la compréhension sceptique de son récit est qu'il s'agit d'un canular littéraire ou d'une imposture.

Sa carrière d'écrivain[modifier | modifier le code]

Le Chakpori à Lhassa, au Tibet où le jeune lama Lobsang Rampa aurait été formé avant de « transmigrer » dans le corps de l'Anglais Cyril Hoskin.

En novembre 1956, un livre intitulé The Third Eye (Le Troisième Œil) est publié au Royaume-Uni. Écrit par un certain Lobsang Rampa, ce livre est censé raconter les expériences que celui-ci a connues dans une lamaserie au Tibet où il aurait été envoyé à l'âge de sept ans. Le titre du livre fait allusion à une opération chirurgicale consistant à percer un petit orifice dans le front de Rampa pour « ouvrir » son troisième œil et lui donner, entre autres, le pouvoir de voir l'aura.

Le manuscrit du Troisième Œil a d'abord été refusé par plusieurs grands éditeurs britanniques avant d'être accepté par Secker and Warburg moyennant une avance de 800 livres sterling à l'auteur. Avant la publication du livre, Fredric Warburg avait rencontré le « docteur Carl Kuon Suo » (nom initial de l'auteur[6]), et avait été fasciné par sa personnalité. Warburg, captivé par le récit[7], mais plein de doutes sur le contenu, envoya le manuscrit à un certain nombre de spécialistes, dont plusieurs mirent en doute la véracité du récit. Cela n'empêcha pas le livre d'être publié en novembre 1956 pour devenir rapidement un succès de librairie dans le monde entier[8]. Dès les dix-huit premiers mois de sa parution, il est en tête des ventes dans douze pays, se vendant à 300 000 exemplaires et rapportant à son auteur 20 000 livres[9].

Les thèmes[modifier | modifier le code]

Par la suite, Lobsang Rampa écrivit d'autres livres qui abordaient des thèmes alors peu connus dans les pays occidentaux :

L'aura[modifier | modifier le code]

Rampa affirme qu'il possède le don de « voir les auras », un champ électromagnétique que certains animaux, comme les chats, pourraient également voir. L'humanité aurait perdu ce pouvoir, même si le halo doré peint autour de la tête des saints indiquerait que certains artistes pouvaient le voir. Grâce à ses couleurs, l'aura dévoilerait aux clairvoyants la véritable personnalité de ses congénères (matérialisme, spiritualité, degré d'honnêteté…), ses états d'âme du moment (colère, peur, expression d'un mensonge…) ainsi que son état de santé. Lobsang Rampa prétendait être né avec le pouvoir de voir l'aura, pouvoir que son opération du troisième œil aurait amplifié à un niveau exceptionnel. Dans ses livres, il a également affirmé travailler à la conception d'une « machine aurique » afin que les médecins non clairvoyants puissent photographier l'aura et par ce moyen diagnostiquer les maladies.

Le voyage astral[modifier | modifier le code]

Lobsang Rampa prétend que tous les êtres vivants possèdent un corps astral qui, à l'état de veille, est situé au même endroit que le corps physique, un peu comme l'eau dans une éponge. Par un contrôle adéquat des pensées, il serait possible de faire sortir le corps astral du corps physique, puis de se rendre (avec ce corps immatériel) n'importe où sur terre ou dans l'univers, tout en conservant un souvenir précis du voyage à la réintégration du corps physique (seulement si le voyage astral est effectué lorsque le sujet est en veille, sinon, il ne garderait aucun souvenir). Il prétend que les rêves sont le résultat de voyages astraux inconscients qui commencent alors que la personne dort. Les lamas tibétains pratiqueraient couramment le voyage astral conscient. L'auteur estime que la plupart des humains devraient réussir à voyager consciemment dans l'astral, sous réserve de le faire sans mauvaises intentions (comme le respect de la vie privée d'autrui), et de consacrer le temps nécessaire à l'apprentissage de la technique de sortie du corps. Il encourage ses lecteurs à s'entraîner dans ce sens.

L'Au-delà et le sens de la vie sur terre[modifier | modifier le code]

Pour Lobsang Rampa, la vraie vie n'est pas la vie terrestre mais celle dans l'au-delà. La vie terrestre pourrait être comparée à une école. Périodiquement, toute entité n'ayant pas atteint un niveau d'évolution spirituelle suffisant, choisirait de venir vivre sur un monde matériel dans des conditions préétablies, afin d'y acquérir des expériences qui, dans les mondes spirituels, seraient moins rapidement accessibles. Après la mort du corps physique, l'entité examinerait grâce aux annales akashiques comment s'est déroulée la vie de la personne sur terre, notamment quelles ont été ses intentions, comment elle s'est comportée, comment sa personnalité a évolué. L'entité pourrait alors passer quelques siècles dans l'au-delà, avant de planifier une nouvelle vie dans un monde matériel. Seuls ceux qui se suicident seraient contraints de se réincarner très rapidement, et dans de moins bonnes conditions qu'auparavant, pour le temps de vie qui leur manquait à passer sur terre.

Lobsang Rampa a écrit en tout dix-neuf livres contenant un mélange de préceptes religieux ou ésotériques dont beaucoup ont été repris dans le courant New Age. Aucun n'a atteint le succès de Le Troisième Œil. Cependant, ses livres ont continué d'être édités et se sont vendus à quinze millions d'exemplaire dans le monde[10].

Vivre avec le lama, aurait, selon ses dires, été dicté par télépathie à Rampa par son animal de compagnie, une chatte siamoise, Mme Fifi Greywhiskers (« Fifi Moustaches grises » en français).

Controverse sur les origines du livre Le Troisième Œil[modifier | modifier le code]

Scepticisme des tibétologues[modifier | modifier le code]

Dès avant la publication du Troisième Œil, Lobsang Rampa s'était trouvé un détracteur en la personne de l'anthropologue indien Agehananada Bharati. Sollicité par la maison d'édition pour donner son avis sur la véracité du contenu du livre, ce spécialiste du bouddhisme tibétain mit l'éditeur en garde :

« Les deux premières pages m'ont convaincu que l'auteur n'était pas tibétain, les dix suivantes qu'il n'était pas non plus allé au Tibet ni en Inde, et qu'il ne connaissait rien au bouddhisme sous toutes ses formes, tibétaines ou autres[11]. »

L'explorateur et tibétologue Heinrich Harrer, qui vécut au Tibet de 1944 à 1951, était sceptique quant aux origines du livre Le Troisième Œil[12].

David Snellgrove (en), tibétologue britannique, jugeait que les livres de Hoskin tenaient des propos « éhontés »[13].

Selon l'éditeur de Rampa, l'anthropologue anglais John Morris, qui avait commencé à voir dans ces ouvrages un mélange de « faits et d'imagination », conclut cependant que l'auteur devait être « une sorte de psychopathe [...] qui se serait convaincu que tout ce non-sens occulte était réel »[14].

Le diplomate et tibétologue britannique Hugh Richardson était encore plus précis : « Un livre qui joue sur le désir du public d’en entendre un peu plus sur le Tibet mystérieux possède l’avantage de ne pas avoir beaucoup de personnes ayant l’expérience nécessaire pour le réfuter […] Il s’y trouve de nombreuses erreurs sur la vie tibétaine et les coutumes (…) les exemples d’expressions tibétaines trahissent une ignorance des formes littéraires et familières […] et la tournure des phrases, dans une forme familière anglaise maîtrisée, ne convainc pas du tout que nous aurions affaire à un Tibétain »[15].

Marco Pallis engagea un détective privé de Liverpool, du nom de Clifford Burgess, pour enquêter sur Rampa. Le résultat des recherches de Burgess fut publié dans le Daily Mail en février 1958 : l'auteur du livre était un certain Cyril Henry Hoskin, né le 8 avril 1910 à Plympton dans le Devon, d'un père plombier. Hoskin n'avait jamais été au Tibet et ne parlait pas tibétain. En 1948, il avait officiellement fait changer son nom en Karl Kuon Suo avant d'adopter celui de Lobsang Rampa[16].

Point de vue du 14e dalaï-lama[modifier | modifier le code]

Selon Frédéric Lenoir, en 1964 ou 1965, Arnaud Desjardins, qui filmait les lamas en exil en Inde, rapporte les propos du 14e dalaï-lama au sujet du premier livre de Rampa : « chaque fois que vous en aurez l'occasion, précisez que Le Troisième Œil de Lobsang Rampa n'est pas un document, mais une pure fiction d'un auteur occidental »[17]. En 1972, Lobsang Wangchuk, secrétaire adjoint du bureau du 14e dalaï-lama[18], répondait à une lettre d'Alain Stanké, agent littéraire francophone de Rampa : « nous ne prêtons pas foi aux livres écrits par le dénommé Dr. T. Lobsang Rampa. Ses travaux sont hautement imaginaires et de nature fictive. »[19]. Un ouvrage publié en 1984 rapporte que le dalaï-lama, soulignant la valeur romanesque des ouvrages de Lobsang Rampa, déclara devoir le remercier pour la publicité qu'il avait faite au Tibet[20].

Les explications de Lobsang Rampa[modifier | modifier le code]

Rampa fut retrouvé par la presse britannique à Howth en Irlande et confronté à ces allégations. Il ne démentit pas sa naissance sous le nom de Cyril Hoskin, mais prétendit que son corps était désormais occupé par l'esprit de Lobsang Rampa[21].

Selon le récit donné dans son troisième livre, Histoire de Rampa, le premier corps de Lobsang Rampa ayant été endommagé par les tortures subies lors de la Seconde Guerre mondiale et des accidents ultérieurs, n'était plus en état de rester longtemps en vie. De son côté, à la même époque, l'Anglais Cyril Henry Hoskin n'avait plus goût à la vie. Un jour, alors qu'il essayait de photographier un hibou, il tomba d'un vieux pin dans son jardin à Thames Ditton, dans le Surrey, et se retrouva hors de son corps. Il vit alors un moine en robe safran marcher vers lui. Le moine lui parla de la possibilité que Rampa lui succède dans son corps. Quelque temps après, des lamas tibétains, grâce à une technique appelée transmigration, libérèrent Hoskin de son propre corps pour que Lobsang Rampa l'y remplace.

Cette histoire de changement de corps que beaucoup d'observateurs jugent abracadabrantesque est une des raisons pour lesquelles beaucoup ont considéré l'œuvre de Rampa comme l'un des plus gros canulars littéraires du XXe siècle. Hoskin/Rampa n'a cependant jamais modifié ses dires, et a toujours clamé que le contenu de ses livres était authentique[22].

Confronté aux allégations répétées de la presse britannique selon lesquelles il était un charlatan, Rampa est parti dans les années 1960 vivre au Canada. Il est mort à Calgary le 25 janvier 1981.

Influence de Le Troisième Œil sur les vocations de tibétologues[modifier | modifier le code]

Le tibétologue Donald Sewell Lopez, Jr. rapporte, dans son livre Fascination tibétaine (Prisoners of Shangri-La, 1998), sa découverte, à l'occasion de discussions sur Lobsang Rampa avec d'autres spécialistes européens du Tibet et du bouddhisme, que Le Troisième Œil était le tout premier livre que nombre d'entre eux avaient lu sur le Tibet. Pour certains d'entre eux, c'est la fascination exercée par le monde décrit par Rampa qui les avait poussés à devenir des universitaires spécialistes du Tibet[23].

Le même auteur indique que lorsqu'il avait donné à lire, à ses étudiants de l'université du Michigan, Le Troisième Œil, sans leur dévoiler son histoire, il avait constaté que ses « étudiants furent unanimes dans leurs louanges, et ce malgré six semaines de cours et de lectures sur l'histoire et la religion du Tibet. [...] Ils le trouvèrent tout à fait crédible et passionnant, le jugeant plus réaliste que tout ce qu'ils avaient lu précédemment sur le pays »[24].

Analyse du phénomène Rampa par des universitaires[modifier | modifier le code]

Le premier livre de Lobsang Rampa a soulevé tellement d'enthousiasme de la part des lecteurs et de controverses de la part des universitaires, que certains auteurs ont parlé de l'influence de Rampa comme de celle d'un nouveau courant religieux, que l'anthropologue Agehananada Bharati a baptisé, péjorativement, le « rampaisme »[25]. Si tous les observateurs scientifiques s'accordent pour dénoncer de façon plus ou moins virulente une sorte d'imposture, la lecture de l'œuvre de Hoskin/Rampa et de son impact dans un contexte de sociologie des religions se fait sous un autre angle.

Pour le docteur en théologie Fabrice Blée, Rampa est un représentant des nouveaux mouvements religieux d'inspiration orientale, contrairement à Sogyal Rinpoché qui serait, selon lui, un représentant du bouddhisme tibétain authentique[26]. Dans son mémoire sur Rampa, Karl-Stephan Bouthillette propose un point de vue de sociologue des religions  : « Malgré son aspect imaginaire, cet Orient a une existence incontestable qui mérite notre attention [...] Les traditions ésotériques d'Occident, parce que marginales, sont-elles moins authentiques que l'Église ou le bouddhisme tibétain de Sogyal Rimpoche ? », p. 19[5]. Donald Lopez, tibétologue, pousse cette analyse plus loin, après avoir longuement démontré l'imposture de ces livres, en déclarant « Pourquoi ne pas voir le livre comme un message sur la situation difficile du Tibet, adressé à un public de centaines de milliers d'Occidentaux qui seraient restés indifférents si on ne leur avait pas parlé de voyages astraux de spiritualisme, et de l'espoir d'une évolution humaine vers un nouvel âge[27]. »

Pour Frédéric Lenoir, Rampa est dans la continuité de « l'idéologie théosophique », par exemple en déplaçant vers l'Orient le « centre de gravité spirituel du monde »[28]. Il voit dans ses descriptions l'évocation d'un Tibet théosophique qui n'est pas à confondre avec le Tibet réel. Il constate malgré ce grand écart que la popularité du bouddhisme a grandi au contact des ouvrages de Rampa.

Toujours selon Bouthillette, dans sa lecture mythologique[29] des ouvrages de Lobsang Rampa : « Rampa est un produit de la culture occidentale. Si certains l'ont dépeint comme un hurluberlu, c'est qu'ils n'ont pas saisi combien son œuvre reflète l'imaginaire de l'Occident et qu'ils n'ont pas voulu accepter que s'y trouvent des révélations d'importance non certes sur le Tibet, mais sur les aspirations intimes d'un nombre croissant de leurs compatriotes » et il conclut que « si l'engouement pour Rampa est maintenant dépassé, le mythe qui l'animait continue pourtant de s'incarner, avec des variantes, dans le corps de doctrines et de pratiques d'un nombre non négligeable d'adeptes de spiritualité populaire[5]. » Selon son analyse qui donne une importance particulière à cet auteur dans l'avènement du New Age : « tout porte à croire que Rampa a popularisé un « nouveau bricolage » de thèmes communs à plusieurs courants ésotériques » (il évoque notamment les influences de Paracelse, Franz Anton Mesmer).

Dans son analyse, Bouthillette assimile un peu plus les récits de Rampa au New Age, en les présentant comme une forme originale de channeling[30] qu'il perçoit comme une « astuce » de l'auteur, « un expédient habile pour présenter son expérience personnelle exceptionnelle comme tout à fait traditionnelle et légitime[31]. »

Les ouvrages de Rampa et le Tibet[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Pour entretenir la flamme, Rampa affirme qu'il a toujours souhaité se mettre au service de la cause tibétaine. Karen Mutton remarque qu'il dénonçait la tragédie tibétaine[32]. Selon cet auteur, malgré les critiques, Lobsang Rampa n'abandonna jamais la cause tibétaine. Elle ajoute que le dalaï-lama lui-même admit que les ouvrages de Rampa, même s'ils comportent des erreurs, ont sans aucun doute fait une bonne publicité au Tibet[33].

Les dix-neuf livres de Lobsang Rampa[modifier | modifier le code]

Les thèmes développés dans la section « Sa carrière d'écrivain » sont évoqués régulièrement dans les livres de Rampa, qu'il s'agisse de livres consacrés à son initiation en tant que jeune Rampa, ou de livres répondant à des courriers de lecteurs. La description du contenu des différents livres ci-dessous s'intéresse plus aux thèmes spécifiques à chacun des livres.

Le Troisième Œil[modifier | modifier le code]

Dans ce livre, Lobsang Rampa raconte qu'il est né dans une riche famille du Tibet. Comme il est devenu le seul héritier à la suite de la mort de son frère aîné, ses parents organisent une grande réception pour son septième anniversaire durant laquelle les astrologues officiels du Tibet prédisent son avenir.

À la suite de ces prédictions, le jeune Lobsang doit quitter définitivement sa famille pour intégrer la lamaserie de Chakpori à Lhassa. Il doit rester immobile, trois journées durant, à l'entrée de la lamaserie avant d'y être admis. Le lendemain, il rencontre le Lama Mingyar Dondup, lequel se chargera de son initiation avec l'encouragement du dalaï-lama.

Le lendemain de son 8e anniversaire, Lobsang Rampa subit une opération dans laquelle le troisième œil est ouvert dans son front, lui donnant le pouvoir de voyance de l'aura. Le livre décrit ainsi l'opération :

« Il y eut un craquement léger : La pointe de l'instrument avait pénétré l'os. [...] Un éclat de bois très dur, d'une propreté parfaite traité au feu et aux herbes pour lui donner la dureté de l'acier, fut inséré dans le U de l'alène [...] Il fit avancer, avec des précautions infinies, le morceau de bois de plus en plus profondément dans ma tête. Soudain, j'eus la curieuse sensation qu'on me piquait, qu'on me chatouillait l'arête du nez. Cette sensation disparut et je devins conscient de certaines odeurs légères que je ne pus identifier [...] Brusquement, je fus aveuglé par un éclair [...] L'éclat de bois devait rester en place pendant deux ou trois semaines. [...] "Tu es maintenant des nôtres, Lobsang", me dit mon Guide, au moment où on m'entourait la tête d'un bandeau pour maintenir l'éclat de bois. "Jusqu'à la fin de ta vie, tu verras les gens tels qu'ils sont et non plus comme ils font semblant d'être"[34]. »

Au cours de l'histoire, Rampa rencontre des yétis, et à la fin du livre, un corps momifié de géant, de plus de trois mètres. Il participe également à une cérémonie d'initiation dans laquelle il apprend que la planète Terre a été heurtée, au début de son histoire, par une autre planète, faisant passer le royaume du Tibet du niveau de la mer à l'altitude de montagne à laquelle il est aujourd'hui.

Lama médecin[modifier | modifier le code]

Le lama Lobsang Rampa quitte le Tibet pour devenir étudiant en médecine à Tchongking en Chine. Il apprend aussi à piloter des avions. Engagé dans l'armée chinoise, il est capturé et fait prisonnier par les Japonais, et finit par s'évader le lendemain de l'explosion de la bombe d'Hiroshima.

Histoire de Rampa[modifier | modifier le code]

Suite de la vie de Rampa qui arrive dans les pays occidentaux. Ce livre aborde la transmigration en expliquant qu'après avoir ramené son corps au Tibet, Lobsang Rampa continue sa vie dans le corps d'un Anglais.

La caverne des anciens[modifier | modifier le code]

D'autres détails sur l'initiation de Lobsang Rampa. Lors d'une expédition dans l'Himalaya, celui-ci, son guide le lama Mingyar Dondup et une petite troupe de moines tombent sur une caverne recélant une capsule temporelle laissée par les habitants de l'Atlantide, une civilisation techniquement très évoluée antérieure à l'humanité. Parmi les machines se trouve un projecteur qui permet aux moines de voir la destruction de l'Atlantide lors d'une guerre nucléaire[12].

Vivre avec le Lama[modifier | modifier le code]

Ce livre, écrit du point de vue d'une chatte siamoise, raconte la vie de cet animal maltraité et devenu aveugle qui coule enfin des jours heureux chez Lobsang Rampa.

Les secrets de l'aura[modifier | modifier le code]

Un livre présenté sous la forme de 28 leçons. Il s'agit de travaux pratiques destinés à développer ses facultés extrasensorielles, notamment :

Le dictionnaire de Rampa – la sagesse des anciens[modifier | modifier le code]

L'auteur commente plus de 300 mots ou expressions issus pour certains des langues orientales, pour d'autres du vocabulaire occidental.

Le livre se termine par quatre annexes qui abordent :

  • les exercices respiratoires,
  • les propriétés des pierres précieuses,
  • la nourriture et notamment les éléments nutritifs,
  • une mise en garde concernant les exercices de yoga.

La robe de sagesse[modifier | modifier le code]

Encore un livre sur la formation reçue par Lobsang Rampa au Tibet. Dans ce livre sont abordés :

  • la vie de Gautama, exposée par un maître venu de l'Inde,
  • le premier voyage dans l'astral de Lobsang Rampa,
  • le secours porté à un moine gravement blessé que Lobsang a découvert grâce à un chat,
  • la visite du laboratoire où sont fabriqués des médicaments à base de plantes,
  • une explication de l'origine des vêtements et ses conséquences dans les relations humaines.

Les univers secrets[modifier | modifier le code]

De nouveaux éclaircissements sur divers sujets, le monde astral, la vie après la mort, les dimensions et la méditation.

Les clés du nirvana[modifier | modifier le code]

Réponse aux questions de lecteurs des livres précédents.

Pour entretenir la flamme[modifier | modifier le code]

Rampa répond à plusieurs lettres tout au long du livre.

L'Ermite[modifier | modifier le code]

Un moine dont les Chinois ont arraché les yeux est recueilli par des extraterrestres, les « jardiniers de la Terre », qui le soignent et lui montrent comment a été créée la planète, et comment ils y ont implanté diverses espèces vivantes, dont de nouvelles races humaines censées faire avancer l'humanité (les Minoens, les Aztèques, les Sumériens, etc.). Il est aussi question d'un « prince Satan », qui aurait semé la débauche du temps des dieux de l'Olympe, et de la naissance de Jésus de Nazareth avec l'étoile de Bethléem et les rois mages. À la fin de sa vie, ce moine raconte cette expérience à un jeune moine que l'on devine être Rampa[12].

La treizième chandelle[modifier | modifier le code]

Le treizième livre de l'auteur, traitant de divers sujets et donnant des réponses aux questions de ses lecteurs.

Les lumières de l'astral[modifier | modifier le code]

Ce livre aborde divers sujets dont la radiesthésie, sa vie au Canada et ses amis, diverses questions. Rampa revient longuement sur la transmigration et les controverses soulevées par ses affirmations à ce sujet.

Crépuscule[modifier | modifier le code]

Réponse aux questions de lecteurs des livres précédents.

C'était ainsi[modifier | modifier le code]

Dans ce livre divisé en quatre parties Lobsang Rampa raconte divers épisodes de ce qu'il aurait vécu dans son enfance, puis en Occident, enfin il revient sur la transmigration et, dans le dernier chapitre, sa vie à Montevideo et son retour au Canada.

Je crois[modifier | modifier le code]

Algernon, un riche aristocrate orgueilleux mutilé à la guerre, vient de se suicider car il ne supportait plus une vie sans sexualité. Une fois dans l'au-delà, il revoit sa vie et est contraint de revenir sur terre pour la durée de vie qu'il lui restait à accomplir. Il renaît sous le nom d'Alan Bond dans une humble famille d'épiciers qui ne l'aime pas, et finit par devenir médecin. Alan meurt à l'âge de 30 ans.

Les trois vies[modifier | modifier le code]

Le décès et l'arrivée dans l'au-delà de trois personnes :

  • un balayeur athée,
  • un chef d'entreprise juif converti au catholicisme,
  • un moine dont c'était la dernière vie sur terre.

Le sage du Tibet[modifier | modifier le code]

Le jeune Lobsang Rampa visite avec son guide, le lama Mingyar Dondup, une immense grotte secrète hors du temps, contenant des appareils et des objets de haute technologie ayant appartenu à une civilisation disparue depuis des millions d'années. Un de ces appareils leur permet de voir l'histoire de la Terre dans les Annales akashiques.

Bibliographie complète[modifier | modifier le code]

Le titre original en anglais est indiqué entre parenthèses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gillo Dorfles, John McHale, Kitsch: the world of bad taste, Bell Pub. Co, 1969 p. 45
  2. a et b (en) p. 35-43
  3. (en) Feeding the Flame, 1971, p. 140 : « I definitely, definitely, definitely do not recommend that ‘book’. It is just a few pages containing some articles which I wrote years ago, and it contains some - well, I consider them off-beat - illustrations not done by me. This book containing parts of my work and filled out with a lot of blurb was published entirely without my permission and entirely against my wishes »
  4. Histoire de Rampa, chapitre 8, pages 249 de l'édition J'ai lu A 210.
  5. a, b et c Karl-Stephan Bouthillette, Relire T. Lobsang Rampa, Analyse d'un mythe moderne, mémoire présenté à l'Université de Laval, Québec 2011.
  6. (en) Donald S. Lopez, Prisoners of Shangri-La: Tibetan Buddhism and the West, University of Chicago Press, 1999, 294 pages, p. 101
  7. Fredric Warburg : « il avait tout ce qu'il faut pour devenir un best-seller » (Daily Express, 3 février 1958) ; « il en émanait un parfum magique d'enchantement. Le livre était envoûtant et dans les mois qui suivirent, il eut le même effet sur des millions de lecteurs » (All Authors are Equal, London, Hutchinson, Warburg, 1973, p. 222)
  8. (en) Richard Newhham, The Guinness Book of Fakes, Frauds and Forgeries, Guinness, London, 1991, (ISBN 0-85112-975-7)
  9. Donald S. Lopez, Fascination tibétaine. Du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, Éditions Autrement, Frontières, Paris. 2003, p. 117
  10. 4e de couverture de Dans l'ombre de Lobsang Rampa par Sheelagh Rouse, Presses du Châtelet, 2007
  11. (en) Agehananada Bharati (alias Leopold Fischer), Fictitious Tibet: the Origin and Persistence of Rampaism, in Tibet Society Bulletin, vol. 7, 1974
  12. a, b et c (en) Sarah Penicka, Lobsang Rampa: The Lama of Suburbia, Sydney Studies in Religion, 2008.
  13. David Snellgrove, Oriental Art, été 1957
  14. (en) All Authors are Equal, London: Hutchinson, Warburg, 1973, p. 235.
  15. (en) Hugh Richardson, Daily Telegraph and Morning Post, 30 novembre 1956
  16. Donald Sewell Lopez, Jr., Fascination tibétaine: du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, Paris, Éditions Autrement, 2003, p. 118
  17. Frédéric Lenoir, La rencontre du bouddhisme et de l'Occident], Paris, Fayard, p. 238 [lire en ligne].
  18. (en) OBITUARY: Mr Lobsang Wangchuk - Central Tibetan Administration, 19 octobre 2009
  19. Alain Stanké, Rampa imposteur ou initié ?, éditions Stanké, 1980, p. 133-134 (lettre en date du 13 octobre 1972).
  20. Richard Bergeron, Bertrand Ouellet, Croyances et sociétés: communications présentées au dixième colloque international sur les nouveaux mouvements religieux, Montréal, août 1996], Éditions Fides, 1998, (ISBN 2762119901 et 9782762119909), p. 435 : « Lobsang Rampa n'a jamais mis les pieds dans un monastère tibétain, pas plus qu'il n'est venu au Tibet. Cela n'enlève rien à la valeur romanesque de son œuvre. Je dois le remercier, il nous a fait beaucoup de publicité (9) » 9. Jean-François Mayer. « Quand l'Occident se passionne pour un Tibet imaginaire... La supercherie du faux lama Lobsang Rampa », La Liberté, Fribourg, 23-24 juin 1984, p. 11.
  21. Note de l'auteur de « Forever You »
  22. Note de l'auteur de « Forever You » : « All my books are true, all my claims are absolutely true [...] I was persecuted without mercy, insanely [...] I have been in the unfortunate position of knowing that I was innocent and truthful, but unable to tell anyone my side of the story [...] Let me again state that everything that I have written is true. All my claims are true. »
  23. (en) Donald S. Lopez, Prisoners of Shangri-La – Tibetan Buddhism and the West, The University of Chicago Press, Chicago, 1998, p. 112. Cité par Manuel Lendorfer, dans Soft-Power Resources of the Tibetan Government in Exile [PDF], thèse de maîtrise de philosophie, Vienne, mai 2009, p. 81 : « Lopez also points out that when discussing Rampa with other Tibetologists and Buddhologists in Europe, he found that The Third Eye was the first book many of them had read about Tibet; “for some it was a fascination with the world Rampa described that had led them to become professional scholars of Tibet" (Lopez 1998:112) »
  24. (en) Manuel Lendorfer, op. cit. : « Even when Donald Lopez gave The Third Eye to a class of his at the University of Michigan without telling them about its history, the “students were unanimous in their praise of the book, and despite six prior weeks of lectures and readings on Tibetan history and religion, [...] they found it entirely credible and compelling, judging it more realistic than anything they had previously read about Tibet” (Lopez 1998:104). », Donald S. Lopez, Fascination tibétaine, p. 124
  25. Agehananda Bharati, « Fictitious Tibet, The Origin and Persistence of Rampaism ». Tibet Society Bulletin, 1974, Vol. 7, p. 1
  26. Fabrice Blée, « Pour un dialogue entre l'Orient et l'Occident, Mort et réincarnation chez Lobsang Rampa et Sogyal Rimpoche », in Roger Garin-Michaud et ici Richard Bergeron, Bertrand Ouellet, (dir.), Croyances et sociétés : communications présentées au dixième colloque international sur les nouveaux mouvements religieux, Montréal, août 1996, Fides, 1998, (ISBN 2762119901 et 9782762119909), p. 433-459
  27. Donald S. Lopez, Fascination tibétaine : Du bouddhisme, de l'Occident et de quelques mythes, traduit de l'anglais américain par Nathalie Miinter-Guiu, Paris, Éditions Autrement Frontières, 2003, 301 pages
  28. Frédéric Lenoir, La rencontre du bouddhisme et de l'Occident, Paris, Fayard
  29. « S'intéresser au discours mythique de Rampa, et non plus à la valeur scientifique de ses propos sur te Tibet et te bouddhisme, c'est tenter une analyse qui s'apparente à celle de Lévi-Strauss », p. 32
  30. « Le channeling de Rampa est permanent. Au départ, Hoskin pouvait communiquer avec Rampa par l'intermédiaire du monde astral. Son channeling était alors du troisième type. Par contre, après sa chute délibérée où il s'est cogné la tête en tombant d'un arbre, le canal Hoskin s'est complètement effacé pour laisser toute la place à la conscience supérieure de Rampa. Hoskin n'était dès lors plus qu'une enveloppe habitée par une conscience étrangère. Le channeling de Rampa formerait donc une catégorie particulière, originale en contexte occidental » — Karl-Stéphan Bouthillette, p. 64
  31. Ibid., p. 64
  32. Karen Mutton, Lobsang Rampa, précurseur du New Age, éditions Lulu.com, 2007 (ISBN 978-1-4092-1033-7), p. 280
  33. Karen Mutton, op. cit., p. 283
  34. Le Troisième Œil, Éditions Albin Michel, 1957

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

De Sarah (San Ra-ab) Rampa, sa femme[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Le Monde de Rampa, éditions Stanké.
  • 1980 : Ma vie avec Rampa, éditions Stanké.
  • 1981 : Dans l'intimité de Rampa, éditions Stanké.
  • 1982 : Rampa lumière et sagesse, éditions Stanké. Contient un index des dix-neuf livres de Rampa.
  • 1984 : Le Testament de Rampa, éditions Stanké. Une anthologie des ouvrages de Rampa.

De Sheelagh Rouse[modifier | modifier le code]

D'autres auteurs[modifier | modifier le code]

  • Alain Stanké, Rampa imposteur ou initié ?, éditions Stanké, 1980 (1re édition en 1973)
  • Karen Mutton, Lobsang Rampa, précurseur du New Age, éditions Lulu.com, 2007 (ISBN 978-1-4092-1033-7)
  • Marius Eden, Les apocryphes et inédits de Lobsang Rampa, éditions Lulu.com, 2008 ; documents inédits de Lobsang Rampa (Mon Voyage sur Vénus, transcription du disque sur la méditation et autres enregistrements, etc.)
  • Karl-Stephan Bouthillette, Relire T. LOBSANG RAMPA. Analyse d'un mythe moderne, mémoire présenté à l'université Laval, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]