Lluís Companys

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Lluís Companys
Image illustrative de l'article Lluís Companys
Fonctions
123e Président de la Generalitat de Catalogne
1er janvier 193415 octobre 1940
Prédécesseur Francesc Macià
Successeur Josep Irla i Bosch
1er Président du Parlement de Catalogne
22 août 201015 octobre 1940
Ministre espagnol de la Marine
20 juin 193312 septembre 1933
Prédécesseur José Giral
Biographie
Date de naissance 21 juin 1882
Lieu de naissance El Tarròs (auj. Tornabous), Catalogne
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Date de décès 15 octobre 1940
Lieu de décès Barcelone, Catalogne
Drapeau de l'État espagnol État espagnol
Nationalité Espagnole
Parti politique Gauche républicaine de Catalogne

Lluís Companys Lluís Companys
Présidents de la Généralité de Catalogne
Présidents du Parlement de Catalogne
Ministres de la Seconde République espagnole

Lluís Companys i Jover, né à El Tarròs (aujourd'hui Tornabous) le 21 juin 1882 et mort à Barcelone le 15 octobre 1940, était un avocat et homme politique catalan, qui fut président de la Généralité de Catalogne de 1934 à sa mort. Exilé en France après la Guerre civile espagnole, il a été livré au régime franquiste par la Gestapo et exécuté à Montjuïc, au cri de « Per Catalunya! » (« Pour la Catalogne ! »).

Personnage fondamental du catalanisme historique, des discussions sont actuellement menées dans le but d'annuler le procès qui a conduit à son exécution[1],[2].

Un stade de Barcelone, construit par Pere Domènech i Roura et pouvant accueillir 55 926 spectateurs, porte son nom[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ses parents, Josep Companys et Maria Lluisa de Jover, étaient fermiers. Il suivit ses études de droit à l’Université de Barcelone. Dès sa jeunesse il participa activement à la vie politique de la Catalogne. En 1906, il participa à la création de Solidaritat Catalana dont il devint le plus jeune dirigeant. Postérieurement il milita et devint Président de la section politique de l’Union fédérale nationaliste républicaine en 1910.

Il écrivit dans des journaux républicains en qualité de rédacteur en chef sur « La Barricada » ou la « Publicidad ». À cause de à son intense activité politique, travaillant avec les syndicats il commença à être perçu comme agitateur, et fut arrêté quinze fois. Après « la Semaine tragique de Barcelone » les rapports de police le qualifiaient comme « un individu dangereux ».

Avec Francesc Layret, qu’il connut à l’université qui fut son inspirateur politique et son ami, il s’inscrivit au « Parti républicain catalan », qu’il représentait comme conseiller municipal de la mairie de Barcelone en 1917.

En novembre 1920, en compagnie d’autres syndicalistes, Salvador Segui surnommé « el noi de sucre », Martí Barrera et Josep Viadiu, il fut emprisonné et déporté au château « de la Mola ». Malgré sa déportation, il remporta les élections législatives en décembre 1920 en prenant le siège de son ami Layret assassiné, ce qui lui assura ainsi l’immunité parlementaire, et lui permit d’éviter la prison. Il devint ainsi député de Sabadell.

En 1922 il fut, l’un des fondateurs de l’Union des rabassaires, où il travailla comme directeur du magazine La Terra pendant les années de dictature. Puis en 1925 comme avocat (assessor).

Emprisonné à nouveau, il ne put participer à la Conférence « d’Esquerres » du 12 au 19 mars 1931 où fut fondé le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), alors qu’il était membre exécutif de ce parti.

Seconde République[modifier | modifier le code]

Il fut nommé gouverneur civil de Barcelone le 16 avril 1931, et le resta jusqu’au mois de mai de la même année, où il fut remplacé par Carles Esplà. Le premier président de la Generalitat de Catalogne, Francesc Macià, mourut le 1er janvier 1934, et Lluis Companys le remplaça. Il forma alors un conseil exécutif dominé par la Gauche catalane et qui remporterait les élections de 1934.

Le 28 juin 1931, au cours des élections générales, il fut élu membre député dans la ville de Barcelone et s’intéressa à la ratification par le parlement catalan du « Statut d’autonomie de Catalogne » connu sous le nom d’Estatut de Nuria. Entre autres fonctions, il exerça la présidence du Parlement catalan puis fut Ministre de la Marine de juin à novembre 1933. En même temps ses travaux de presse continuaient. Il dirigeait La Humanitat (l’organisme officiel de ERC) de novembre 1931 jusqu'à janvier 1934.

Après la mort de Francesc Macià, le 1er janvier 1934 il le remplaça comme Président du « Gouvernement autonome Catalan ». Le 6 octobre de la même année, suite à une crise politique due à l'arrivée au gouvernement de la droite hostile à l'autonomie catalane, la CEDA, et à la réforme agraire, il proclama l’État catalan dans la République fédérale espagnole. Cette action politique fut un échec et il fut jugé et condamné à 30 ans de réclusion. En 1936, après la victoire du Front populaire, il dut gérer la coalition avec les forces de gauche.

Exil[modifier | modifier le code]

Monument érigé à la mémoire de Lluís Companys au Col de Manrella.

Après l’occupation de la Catalogne par les troupes franquistes le 5 février 1939, les mouvements anarchistes débordaient. Toutes les forces de gauche furent harcelées, exécutées. Il s’exila depuis le col de Lli, à La Vajol pour se réfugier à La Baule-Escoublac, en France. Mais il fut livré à la dictature militaire franquiste par la police secrète de l’Allemagne nazie, le 13 août 1940. Jugé et condamné par un tribunal militaire, il fut, après avoir été torturé, fusillé au château de Montjuic à Barcelone le 15 octobre 1940. Il ne voulut pas qu’on lui bande les yeux et mourut face au peloton d'exécution en criant « pour la Catalogne ! »

Une stèle a été érigée en sa mémoire au col de Manrella à la frontière franco-espagnole, situé sur le territoire de la commune d'Agullana.

Une autre stèle est présente à l'endroit de son arrestation à La Baule-Escoublac.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (ca) La Generalitat impulsarà l'anul·lació del procés a Lluís Companys sur ler site du journal Avui.
  2. Voir à ce sujet l'article Loi sur la mémoire historique
  3. Le Stade olympique Lluís-Companys.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alquézar, Ramón. Esquerra Republicana de Catalunya: 70 anys d'història (1931-2001). Barcelona: Columna, 2002. 408 p. ISBN 978-84-664-0172-2.
  • Benet, Josep. Lluís Companys, presidente de Catalunya fusilado. Barcelona: Península, 2005. 220 p. ISBN 978-84-8307-707-8.