Lixus

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Lixus
Les ruines de Lixus
Les ruines de Lixus
Localisation
Pays Maroc Maroc
Coordonnées 35° 12′ 03″ N 6° 05′ 55″ O / 35.200833, -6.098611 ()35° 12′ 03″ Nord 6° 05′ 55″ Ouest / 35.200833, -6.098611 ()  

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Lixus
Lixus

Lixus (ليكسوس) est une ville antique fondée par les Maures vers -1000. Elle est située à proximité de la ville actuelle de Larache au Maroc, sur la rive droite de l'oued Loukkos. Ses ruines occupent la colline connue actuellement sous le nom de "Tchoummich", qui dérive de "Tchimmis" ou "tuchumus", nom qui désignait le site à l'époque médiévale. Contrairement à l'idée bien reçue, ce nom n'a rien à voir avec le nom "Maqom Shamsh" (ville du soleil)qui apparaît en néopunique sur des monnaies antiques frappées au Ier s. avant J.-C. par une ville non encore identifiée. Lixus est certainement une des cités les plus anciennes d'Afrique du Nord à en croire les sources anciennes (Pline l'Ancien) ; selon ces dernières, Lixus aurait été fondée à la fin du XIIè s. avant J.-C., bien avant Carthage et Gadir. La première installation est donc fondée sur une colline dominant un estuaire, situation topographique très recherchée des Phéniciens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Auréolée de prestige dans l'Antiquité, elle est citée dans les sources gréco-romaines comme une ville légendaire où se situent deux des exploits d'Hercule. C'est à Lixus, en effet, qu'il aurait vaincu Antée et cueilli les pommes d'or du jardin des Hespérides, que défendait si bien un dragon[1]. Plus prosaïquement, Lixus prit son essor économique et commercial. Les Lixites auraient largement exploré le littoral atlantique de l'Afrique jusqu'à l'oued Noun. Des sites aussi éloignés tels que Cerné correspondant peut-être à l'actuelle Mogador seraient en fait des comptoirs lixites, fréquentés aussi par des Phéniciens de la côte ibérique. Lixus se peupla de Phéniciens ou plus généralement de Cananéens dont certains se mélangèrent certainement aux autochtones Libyens, donnant naissance à une société métissée caractéristique plus tard de l'environnement punique. Lixus ne tomba pas sous contrôle carthaginois mais conserva son autonomie comme bien d'autres villes maurétaniennes. Lixus n'adoptera pas les dieux de Carthage tels que Baal Hammon et Tanit, largement vénérés en Tunisie et dans une partie d'Algérie ainsi qu'en sardaigne et en Sicile. D'après les témoignages de ses monnaies, la ville avait un dieu poliade représenté sous les traits d'un personnage généralement jeune et imberbe portant une tiare conique avec un cordon, et associé sur certaines rares séries d'une double hache. Il peut s'agir de Reshef ou plutôt de Milqart qui est à Lixus, protecteur de la ville et dieu de la fertilité et de l'abondance. L'ère du royaume maure sous protectorat romain de 25 av. J.-C. à 39/40 ap. J.-C., fut une nouvelle période de prospérité pour Lixus. Le port très actif exportait alors vers Rome du bois de thuya, du blé, des raisins, et surtout des produits maritimes, thon et condiments à base de poisson élaborés dans les nombreuses industries spécialisées. À cette époque la cité se construisit de nouveaux quartiers résidentiels fortement marqués par l'urbanisme hellénistique et se dota d'un théâtre, supposé distraire la main d'œuvre des usines de transformation du poisson. Par suite de l'assassinat du dernier roi de Maurétanie Ptolémée en 39/40 le pays fut annexé par l'Empire romain et conquis par les légions au bout de deux années de campagne militaire. Claude lui donna le statut de colonie romaine[1] ce qui distinguait Lixus des autres cités de la nouvelle province de Maurétanie Tingitane, presque toutes des municipalités de droit latin ou pérégrin.

Lixus développa encore ses infrastructures à l'époque romaine et dépassa l'enceinte maurétanienne en direction du fleuve Loukkos. Des maisons à péristyle (maison à trois Graces, maison d'Hélios, maison de Mars et Rhea) et des thermes furent édifiés, ornés de splendides pavements de mosaïques. À compter du IVe siècle, la situation changea sensiblement et la faiblesse localisée de l'administration impériale entraîna un repli de la cité derrière son enceinte primitive. Des fortifications furent élevées à proximité de Lixus, afin de défendre la vallée du Loukkos contre d'éventuelles incursions des Maures. Cette nouvelle orientation correspondait également au choix de Dioclétien d'évacuer la plus grande partie de la Tingitane et de centrer le dispositif militaire sur le détroit de Gibraltar.

Il semble que le christianisme se développa dans cette région. Les dernières industries liées aux activités maritimes cessèrent leurs activités dans les années 430, ce qui coïncide avec l'invasion des Vandales venus par l'Espagne voisine. Dès lors la cité périclita lentement mais sûrement, son sort demeurant sujet à caution, très certainement plus ou moins intégrée dans l'orbite de la lointaine Byzance. Les premières troupes musulmanes qui atteignirent les rivages atlantiques à la fin du VIIe siècle découvrirent une agglomération christianisée survivant parmi les vestiges d'une époque plus glorieuse mais révolue. Le califat omeyyade y établit des éléments militaires issus de tribus nord-arabiques. De cette époque datent la mosquée et les bains mis au jour non loin de l'antique acropole. Mais le sort de l'antique Lixus était définitivement scellé. Elle devait disparaître au profit de la ville nouvelle de Larache, s'accroissant de l'autre côté du Loukkos.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pline l'Ancien, Histoires naturelles, livre V, I, 3

Liens externes[modifier | modifier le code]

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