Liutprand de Crémone

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Liutprand de Crémone naît vers 920-922 à Pavie, dans une famille noble lombarde vivant à la cour du roi Hugues de Provence. On ne connait pas le nom de son père, ni celui du second époux de sa mère. Mais tous deux furent commis par le roi Hugues, en 927 et à nouveau en 942, comme ambassadeurs à Constantinople.

Liutprand vit dans un premier temps à la cour du roi Hugues. Il passe ensuite au service de l'ancien premier ministre Bérenger II lorsque celui-ci renverse Hugues en 945. Sous les ordres de Bérenger, Liutprand est alors envoyé en ambassade à Constantinople auprès de Constantin VII en 949.

À son retour, il se brouille avec Bérenger II, et le quitte vers 955 pour rejoindre la cour d'Otton Ier, qui après avoir conquis une partie de l'Italie (Rome et Ravenne) le nomme évêque de Pavie en 961, puis de Crémone. Il participe au concile de Rome deux ans plus tard, en 963.

En 968, Liutprand retourne en ambassade à Constantinople demander à l'Empereur Nicéphore II Phocas la main d'une princesse Porphyrogénète pour le fils d'Otton Ier, Otton II. Il revient bredouille devant Otton Ier, qui comptait bien obtenir par ce mariage la paix avec l'empire byzantin, la reconnaissance par l'empereur byzantin (Liutprand nous rapporte que l'on appelle Otton « Rex » et non « Basileus » à la cour byzantine) du titre d'« Empereur et Auguste » que le pape lui a conféré, ainsi que les terres conquises sur le domaine byzantin.

Liutprand effectue peut-être une troisième ambassade en 971, toujours à Constantinople, qui aurait enfin permis à Otton II d'épouser la princesse byzantine Théophano Skleraina.

Il meurt vers 972.

Écrits[modifier | modifier le code]

Liutprand est connu pour ses écrits :

  • le texte intitulé Antapodosis, écrit entre 956 et 958 à la demande de Recemundus (Évêque d'Elvire et ambassadeur du Califat de Cordoue, rencontré par Liutprand à la cour d'Otton Ier). Sur fond d'hostilité de Liutprand contre Bérenger et sa femme Willa, cet ouvrage retrace l'histoire de l'Empire en six livres, allant de 886 à 952. Le chapitre VI de l'Antapodosis contient le récit de sa première ambassade à Constantinople.
  • Liber de rebus gestis Ottonis magni imperatoris (960-964), simple récit historique.
  • Le récit de sa deuxième ambassade à Constantinople, Legatio ou De Legatione Constantinopolitana.

Le récit que fait Liutprand de sa deuxième ambassade auprès des empereurs de Constantinople a contribué à établir la "légende noire" de l'Empire Byzantin en Occident[1]. En effet les négociations se déroulent dans les pires conditions politiques[2]. L'ambassade est un échec et se déroule dans une atmosphère exécrable. Ainsi Liutprand parle en ces termes de Constantinople :"cette cité, jadis opulente et florissante entre toutes, désormais famélique, parjure, menteuse, fourbe, voleuse, cupide, avare et vaniteuse"[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ambassade à Byzance, présentation de Sandrine Lerou, édition Anacharsis
  2. Othon Ier assiège Bari, la capitale régionale de l'Italie Byzantine à partir de Mars 968
  3. Legatio ad imperatorem Constantinopolitanum Nicephorum Phocam, Liutprand de Crémone

Liens externes[modifier | modifier le code]