Liutbert de Mayence

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Liutbert († 888) fut archevêque de Cologne (842), puis archevêque de Mayence (863), abbé d'Ellwangen (Jagst) (874) et chancelier d'empire (887).

Biographie[modifier | modifier le code]

En 870, Liutbert devient chapelain de Louis le Germanique puis de Louis le Jeune de 876 à 882[1]. D'après les Annales de Metz, Liutbert intronisa en 870 son successeur à Cologne, l'archevêque Willibert[2]. En 871, les Moraves se soulèvent contre la tutelle franque et les Sorabes leur emboîtent le pas le long de l'Elbe. Liutbert à la tête d'une armée les défait le long de la Waldaha (ou Moldau)[3].

Liutbert ne peut toutefois préserver sa position à la cour sous le règne de Charles III le Gros, et Liutward de Verceil prend sa succession[4]. Par suite de sa disgrâce de 882, Liubert devient un adversaire déclaré de Louis le Gros et s'oppose au projet du souverain de faire de son bâtard Bernard son héritier[5].

En 883, alors que les Vikings remontent le cours du Rhin et pillent la vallée, Liutbert les attaque et reprend leur butin[6]. Il reconstruit Cologne, qu'ils avaient incendiée. À la fin de l'année 884, les Vikings attaquent en Francie occidentale et passent l'hiver à Hesbaye. Au début de 885, Liutbert, avec Henri de Franconie et Charles le Gros les attaque par surprise et les force à fuir[7].

Au début de 887, Charles le Gros est contraint par les barons Alamans de démettre Liutward et de rappeler Liutbert à la chancellerie[8]. En 887, lorsqu’à la diète de Tribur les comtes déposent Charles III le Gros et proclament Arnulf de Carinthie comme nouveau Roi de Germanie, Liutbert vient supplier Arnulf de pourvoir à la subsistance de son oncle déchu[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les Annales Fuldenses ont été composées par Liutbert à partir des années 860, et de 882 à 887 (chronique appelée « continuation de Mayence ») il en a supervisé la rédaction[10]. On a suggéré que les portraits de Liutbert et de Liutward donnés dans les Annales de Mayence évoquaient les personnages de Mordecai et d’Haman dans le Livre d'Esther[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Bührer-Thierry, L’Europe Carolingienne 714-888, SEDES,‎ 1999, 192 p. (ISBN 2-7181-9058-2)
  • The Annals of Fulda (trad. Timothy Reuter), vol. II, Manchester, Manchester University Press, coll. « Manchester Medieval series, Ninth-Century Histories »,‎ 1992 (lire en ligne)
  • Timothy Reuter, Germany in the Early Middle Ages 800-1056, New York, Longman,‎ 1991
  • Simon MacLean, Kingship and Politics in the Late Ninth Century : Charles the Fat and the end of the Carolingian Empire. Cambridge University Press (2003).
  • James Westfall Thompson, Feudal Germany, Volume II. New York : Frederick Ungar Publishing Co., 1928.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. MacLean, p. 25.
  2. L'art de vérifier les dates... de Nicolas Vigton de Saint-Allais
  3. Thompson, 614.
  4. Dans une lettre datée de 882 à Weissenburg, Liutbert persiste toutefois à se faire appeler « archichapelain », ce qui montre qu'il n'accepte pas sa disgrâce : cf. MacLean, p.26.
  5. Cf. MacLean, p. 130.
  6. MacLean, pp. 38-39.
  7. Cf. Reuter, Germany, p. 106 et 118 ; MacLean, pp.44–45.
  8. Cf. Reuter, Germany, p. 119.
  9. J.C.L. Sismonde de Sismondi, Histoire de la chute de l'Empire Romain et du déclin de la civilisation de l'an 230 à l'an 1000, vol. 1, Bruxelles, Grégoir, Wouters et Cie,‎ 1842 (lire en ligne), p. 153
  10. MacLean, p. 25. Reuter, AF, 8–9.
  11. Geneviève Bührer-Thierry : L'europe Carolingienne - 714-888.