Little Foot

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26° 00′ 57″ S 27° 44′ 04″ E / -26.01583, 27.73444

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Vue du crâne et du bras de Little Foot, encore en place dans la grotte de Sterkfontein en 2006
Détail du crâne de Little Foot
Les quatre premiers ossements du pied de Little Foot, découverts en 1994.


« Little Foot » est le surnom donné à un fossile d'hominidé découvert dans des circonstances exceptionnelles en 1994 à Sterkfontein, en Afrique du Sud. Ce fossile aujourd'hui dégagé représente le squelette d'australopithèque le plus complet jamais découvert à ce jour. Son âge a fait l'objet d'estimations contradictoires, allant de 2,2 à 4 millions d'années. Une étude publiée en 2004 indique qu'il daterait d'au moins 3 millions d’années et serait contemporain de Lucy.

Découverte[modifier | modifier le code]

Les premiers éléments squelettiques appartenant au fossile de « Little Foot » (« petit pied » en français) ont été identifiés par le paléoanthropologue Ronald J. Clarke en 1994, alors qu'il classait des fossiles attribués à des bovidés découverts précédemment à Sterkfontein. Les éléments en question provenaient de la Grotte de Silberberg, une grande cavité du réseau karstique de Sterkfontein. R. J. Clarke remarque quatre ossements d'un pied gauche (un talus, un naviculaire, un cunéiforme médial et un premier métatarsien) qui appartenaient indubitablement à un hominidé et très probablement à un même individu.

Ils furent décrits, attribués au genre Australopithecus et inventoriés sous le code Stw 573[1]. Du fait de la petite taille de ces ossements, le fossile fut surnommé « Little Foot ».

En 1997, R. J. Clarke découvrit d'autres ossements de pied du même individu dans les anciennes collections, et notamment un fragment distal de tibia droit qui avait été sectionné du reste du tibia. Il demanda à ses assistants, Stephen Motsumi et Nkwane Molefe, de se rendre dans la Grotte de Silberberg avec un moulage de l’ossement en question afin d'essayer de retrouver l'autre extrémité du tibia s'ajustant à ce fragment. En moins de deux jours, ils eurent la chance inouïe de découvrir la section du tibia correspondante, encore en place dans des sédiments bréchifiés de la partie inférieure de la grotte.

Une fouille lente et minutieuse réalisée par R. J. Clarke et son équipe permit de mettre au jour un crâne complet avec la mandibule encore en connexion anatomique, puis d’autres os des membres. La poursuite du dégagement aboutit à la découverte d’un squelette très complet, dont certains membres étaient également encore en connexion anatomique : un avant-bras complet en articulation avec la main, des éléments du pelvis, des côtes, des vertèbres, un humérus complet et la plupart des os des membres inférieurs ont ainsi pu être dégagés.

L'annonce de ces découvertes à la presse le 9 décembre 1998 attira l'attention des médias du monde entier[2].

Importance et interprétation[modifier | modifier le code]

« Little Foot » représente une découverte exceptionnelle par son état de conservation et par le fait qu'il s'agit d’un squelette d'Hominidé ancien quasiment complet : il est beaucoup plus complet par exemple que le célèbre squelette d'Australopithecus afarensis surnommé « Lucy », découvert en Éthiopie en 1974.

L'étude de ce fossile sera très probablement riche en enseignements mais elle ne pourra débuter que lorsque les ossements auront été complètement dégagés de leur gangue de brèche. Les observations préliminaires semblent indiquer que le fossile présente d’une part des caractéristiques différentes de celles d'Australopithecus africanus, et d'autre part des points communs et des différences par rapport à Australopithecus afarensis[3]. Il pourrait être rattaché à l'espèce Australopithecus prometheus créée par Raymond Dart pour des fossiles mis au jour dans le site de Makapansgat.

Datation[modifier | modifier le code]

La géologie complexe de Sterkfontein rend difficile la datation précise de Stw 573. Aucun niveau de cendre volcanique ne permet d’obtenir une datation radiométrique fiable et la séquence paléomagnétique est incomplète.

L'âge du fossile a fait l’objet d'intenses discussions dans la littérature scientifique. Les résultats obtenus vont de 4 millions d’années avant le présent, pour une datation radiométrique à partir de l’aluminium 26 et du béryllium 10 cosmogéniques[4], à 2,2 millions d’années avant le présent, pour une datation récente par la méthode de l’uranium/plomb[5],[6]. Une première estimation basée sur la magnétochronologie attribuait un âge d’environ 3,3 millions d’années au fossile[7].

S'appuyant sur la révision de l'histoire géologique du site menée depuis 2007 par le karstologue Laurent Bruxelles (Inrap), une étude publiée en 2014 indique que les dépôts datés d'1,5 et 2,2 millions d'années ne sont pas contemporains de Little Foot et que celui-ci aurait au moins 3 millions d'années[8],[9]. Il recouvre donc le statut d'ancêtre potentiel de la lignée humaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R. J. Clarke et P. V. Tobias, « Sterkfontein Member 2 foot bones of the oldest South African hominid », Science, vol. 269, no 5223,‎ 1995, p. 521-524 (DOI 10.1126/science.7624772)
  2. (en) R. J. Clarke, « First ever discovery of a well-preserved skull and associated skeleton of an Australopithecus », South African Journal of Science, vol. 94,‎ 1998, p. 460-463
  3. (en) R. J. Clarke et K. Kuman, The Sterkfontein Caves - Palaeontological and archaeological site, Université de Witwatersrand,‎ 2000, 18 p.
  4. (en) T. C. Partridge, D. E. Granger, M. W. Caffee et R. J. Clarke, « Lower Pliocene Hominid Remains from Sterkfontein », Science, vol. 300,‎ 2003, p. 607-612 (résumé)
  5. (en) J. Walker, R. A. Cliff et A. G. Latham, « U-Pb Isotopic Age of the StW 573 Hominid from Sterkfontein, South Africa », Science, vol. 314,‎ 2006, p. 1592-1594 (résumé)
  6. F. Sénégas, « Little Foot rajeunit », La Recherche, no 405,‎ février 2007, p. 19
  7. (en) T. C. Partridge, J. Shaw, D. Heslop et R. J. Clarke, « The new hominid skeleton from Sterkfontein, South Africa: age and preliminary assessment », Journal of Quaternary Science, vol. 14,‎ 1999, p. 293-298 (lire en ligne)
  8. (en) Bruxelles, L., Clarke, R.J., Maire, R., Ortega, R. et Stratford, D. (2014) - « Stratigraphic analysis of the Sterkfontein StW 573 Australopithecus skeleton and implications for its age », Journal of Human Evolution.
  9. Little Foot, l’australopithèque sud-africain, aussi vieux que Lucy ?

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]