Littérature mongole

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La littérature mongole désigne la littérature, orale ou écrite, produite en Mongolie, par des écrivains d'origine mongole ou écrivant en mongol.

Le plus ancien texte de littérature mongole est l'Histoire secrète des Mongols qui date du XIIIe siècle. À cette époque la littérature a une forte dominante historiographique car elle permet à l'aristocratie mongole de fonder sa légitimité politique[1]. Au XVIIe siècle, la littérature historiographique produit des ouvrages de grande qualité tels Altan tobci (de Lubsangdanzan) et Erdeni-jin tobci (de Sagang secen).

La littérature de l'époque est alors principalement de la poésie folklorique souvent accompagnée au chant.

À partir du XIIIe siècle, quelques ouvrage venant d'Inde, de Chine ou du Tibet et traitant de religion (bouddhisme) sont traduits. Ce phénomène s'amplifie à partir du XVIe siècle pour atteindre son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles avec des textes historique et littéraires (poésie indienne, comme les œuvres de Kâlidâsa)[2],[1].

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des lettrés, souvent issus du clergé, commencent à écrire des ouvrages purement littéraires. Vanchinbalyn Injinash (ou Inzannazi) (1837-1892) est considéré comme le premier romancier mongol[1]. D'autres écrivains sont plus portés sur la poésie comme Dulduityn Danzanravjaa (1803-1856), Gunransa Vanchinbali (ou Borjigin Vanchinbalyn Gularans, 1820-1851), Gelegbalsan (1846-1923), Hishigbat (1899-1916), Danzanvanjil (1854-1907)[2]. Tous participent à la renovation de la littérature mongole.

Le père de la littérature contemporaine mongole est Dashdorjiin Natsagdorj, un poète né en 1906 et mort en 1937. Natsagdorj est célèbre pour ses poésies et surtout son poème Ma Terre natale[3] qui glorifie les paysages de la Mongolie.

L'indépendance (sous forte tutelle soviétique) du pays à partir de 1921 va développer la littérature mongole qui découvre la littérature russe, mais aussi le réalisme socialiste soviétique des « pays frères ». Sodnombaljiryn Buyannemekh (1901-1937) s'inscrit dans cette mouvance avant d'être liquidé dans une purge.

Tsendiin Damdinsüren (1908-1986) est un auteur célèbre (il a en particulier rédigé l'hymne national mongol, le roman La Mère aux cheveux gris et la nouvelle La Fille rejetée (Гологдсон хүүхэн)) mais c'est surtout son travail de modernisation du mongol (en particulier avec la traduction en mongol moderne de l'Histoire secrète des Mongols) qui marque la littérature. Byambyn Rinchen (1905-1977) participe aussi à ce travail de rénovation de la langue. De plus, il traduit de nombreux auteurs étrangers comme Nazım Hikmet, Guy de Maupassant, Maxime Gorki, Vladimir Maïakovski et Mikhaïl Cholokhov.

Les principaux écrivains mongols de la seconde moitié du XXe siècle sont Sodnombaljiryn Buyannemekh, Dondogiin Tsevegmed, Chadrabalyn Lodoidamba ou Begzyn Yavuukhulan (ou Javuukhulan), Sonomyn Udval, Lodonguin Tudev[2],[1].

Galsan Tschinag, Mongol écrivant en allemand, est le plus connu des écrivains mongols contemporains.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Béatrice Didier (dir.) et Jacques Legrand, Dictionnaire universel des littératures, t. 2, Presses universitaires de France,‎ 1994 (ISBN 2130430139)
  2. a, b et c (en) « Culture », sur Ambassade de Mongolie aux États-Unis (consulté le 19 août 2012)
  3. « Dashdorjiin Natsagdorj : Ma terre natale »

Voir aussi[modifier | modifier le code]