Littérature mauricienne

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La littérature mauricienne est vieille de deux siècles et regroupe en son sein des auteurs divers, de Xavier Le Juge de Segrais à Léoville L'Homme en passant par Marcel Cabon, Malcolm de Chazal, Khal Torabully, Ananda Devi, Shenaz Patel, Amal Sewtohul, Natacha Appanah, Marie-Thérèse Humbert et Barlen Pyamootoo. On peut noter certain auteurs internationalement connus, comme J.M.G. Le Clézio, lauréat du prix Nobel de littérature en 2008.

Elle a été traversée par des thèmes aussi divers que l'exotisme, le métissage, les conflits sociaux et raciaux, l'indiaocéanisme ou, plus récemment, par des constructions alliant postmodernisme et poststructuralisme, notamment dans la coolitude, conçue comme un humanisme du divers né en terre mauricienne.

Deux théories littéraires ont émergé de ce terreau irrigué par la mer indienne.

Indiaocéanisme[modifier | modifier le code]

Ce néologisme naquit en 1961, quand le mauricien Camille de Rauville conçut que les littératures de l'océan Indien revêtaient des spécificités qui pouvaient, cependant, présenter un substrat commun, notamment autour du polylinguisme et du métissage. Voilà ce que disait l'auteur de l'indianocéanisme : « Le climat, le métissage psychique commun aux divers pays et races mêlées qui composent le substrat des îles australes de l'océan Indien et qui se manifeste à travers le brassage de leurs ethnies, de leurs coutumes, de leurs pensées et croyances ainsi que dans leur(s) littérature(s). »

Mythe et brassage[modifier | modifier le code]

A Maurice et à Madagascar, on rencontre des textes littéraires brasant des éléments d'oralité, d'oraliture, du créole, du français, de l'hindi, parmi d'autres langues et dialectes. Le mythe de la Lémurie, développée par Jules Hermann, et reprise par Malcolm de Chazal et Robert Edward Hart, indique un mythe tellurique fondateur, qui relierait ces îles dispersées en une contrée de l'imaginaire, qui aurait une genèse géographique commune. S'y retrouvent le métissage, la nature rousseauiste, le multiculturalisme, la prévalence de la francophonie.

Ce concept avait pour objectif de créer une unité par ces thèmes, afin de désenclaver Madagascar, Maurice, La Réunion, Les Seychelles, Comores et Rodrigues et de les positionner non plus en périphérie d'autres espaces dominants mais en centre d'une histoire réappropriée.

Coolitude[modifier | modifier le code]

Cette poétique née de la diversité de l'océan Indien, premier océan de la mondialisation, ne s'appuie pas sur les catégorisations définies par l'indiaocéanisme, en privilégiant une mise en relation par ce qu'on appelle l'imaginaire corallien.

En effet, la coolitude se défie des paradigmes raciaux ou ethniques, investissant davantage dans l'imaginaire et des théories issues du postmodernisme, du poststructuralisme et des études postcoloniales, pour engager un dialogue ouvert sur le monde, notamment avec la créolisation proposée par Edouard Glissant ou les pensées d'Umberto Eco, de Jacques Lacan, de Homi Bhabha, Edward Said ou de Spivak, parmi d'autres.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Véronique Bragard et Srilata Ravi (dir.), Écritures mauriciennes au féminin : penser l'altérité, L'Harmattan, Paris, 2012, 315 p. (ISBN 978-2-296-54211-2)
  • Robert Furlong et Vicram Ramharai (dir.), Panorama de la littérature mauricienne : la production créolophone, vol. 1, Des origines à l'indépendance, Mauritius, s.n., 2007, 547 p. (ISBN 9789990325386)
  • Maria Clara Pellegrini, Le théâtre mauricien de langue francaise du XVIIIe au XXe siècle, PIE Peter Lang, Bruxelles, 2013, 153 p. (ISBN 9782875740366)
  • Jean-Georges Prosper, « La créolie indianocéaniste », in Éthiopiques, no 53, 1er semestre 1991
  • (en) Srilata Ravi, Rethinking global Mauritius: critical essays on Mauritian literatures and cultures, L'Atelier d'écriture, La Pelouse, Trou d'Eau Douce, Île Maurice, 2013, 118 p. (ISBN 978-99903-3680-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]