Liste rouge de l'UICN

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Statut de conservation
le risque d'extinction
Extinction
Éteintes
Éteintes à l'état sauvage
Menacées
En danger critique d'extinction
En danger
Vulnérables
À moindre risque
Quasi menacée
Préoccupation mineure
Voir aussi
World Conservation Union
Liste rouge de l'UICN
Espèce protégée
Espèce éteinte Espèce éteinte Espèce éteinte à l'état sauvage Espèce en danger critique d'extinction Espèce en danger Espèce vulnérable Espèce quasi menacée Espèces menacées Préoccupation mineure Préoccupation mineureIUCN conservation statuses
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La liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en anglais IUCN[1] Red List créée en 1963, constitue l'inventaire mondial le plus complet de l'état de conservation global des espèces végétales et animales. Elle se présente sous la forme d'une base de données en ligne régulièrement actualisée, exposant la situation de plus de 65 000 espèces (version 2012.2) sur les 1,8 millions d'espèces connues.

Elle est de plus en plus utilisée pour alerter sur la régression de certaines espèces (ou leur disparition)[2], mais éventuellement parfois pour justifier de ne rien faire (si une espèce n'est pas très menacée, ou si son statut de menace n'est pas connu)[2]. Son principal but est d'alerter le public, les aménageurs et responsables politiques sur l'ampleur du risque d'extinction qui frappe de nombreuses espèces et la nécessité urgente de développer des politiques de conservation. Elle incite et aide ainsi la communauté internationale à agir dans le sens de la réduction du taux d'extinction des espèces menacées.

Malgré cela, grâce aux données récoltées pour la constitution de la Liste, l'UICN estime qu'en 2006 une espèce de mammifères sur quatre, une espèce d'oiseaux sur huit, et un tiers des amphibiens étaient menacés de disparition[3], situation qui semble s'être encore dégradée en 2007.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le but essentiel de la Liste rouge est de rassembler les informations sur les espèces menacées d'extinction, d'évaluer régulièrement l'évolution des risques que courent ces espèces, puis d'assurer une diffusion large de ces données auprès de nombreux publics. Elle peut en effet être utilisée par les agences gouvernementales, les organismes responsables de la protection de la nature, les ONG spécialisées dans la conservation, les éducateurs, et d'une façon générale par toute personne soucieuse du déclin de la biodiversité.

La Liste rouge remplit de nombreuses fonctions, notamment :

  • Elle sensibilise à l'importance de la diversité biologique et à la menace qui pèse sur elle ;
  • Elle identifie et renseigne sur les espèces ayant le plus urgent besoin de mesures de protection. Elle fournit un inventaire complet du déclin de la biodiversité ;
  • Elle offre un cadre de référence pour surveiller l'évolution des espèces ;
  • Elle procure des informations permettant de définir les priorités de la conservation au plan local et d'orienter les mesures de conservation ;
  • Elle aide à influer sur les politiques nationales et internationales, et fournit des informations sur des accords internationaux comme la Convention sur la diversité biologique (CBD) et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

L'objectif est de constituer la plus grande source, fiable et mondiale, sur le danger d'extinction des espèces animales et végétales, pour de nombreuses catégories d'utilisateurs, de plus en plus nombreux à travers le monde. Avec un système pionnier d'évaluation des menaces pour la biodiversité, l'UICN consolide son système de critères et de catégories.

Une base scientifique[modifier | modifier le code]

Le bison d'Europe est classé espèce vulnerable (VU)

Cet inventaire est en partie assuré par la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE), une des six commissions internes de l'UICN, forte de 7 000 experts dans le monde chargés de mettre à jour la liste des espèces menacées, l'inventaire étant tributaire des connaissances disponibles.

Ainsi les vertébrés sont-ils plus représentés, car mieux connus, que les invertébrés. De même, les plantes vasculaires (plantes à fleurs et fougères) sont mieux connues que les plantes non vasculaires (mousses, algues vertes) et autres "végétaux" qui n'appartiennent pas à la lignée verte (algues brunes, algues rouges, champignons, etc.). Ces listes, bien qu'exhaustives pour certains groupes[4], ne reflètent donc pas l'état exact des menaces qui pèsent sur l'ensemble des espèces de la planète, mais d'ores et déjà un échantillon.

La liste est établie sur des critères précis permettant d'évaluer le risque d'extinction de milliers d'espèces et sous-espèces. Ces critères s'appliquent à toutes les espèces et à toutes les parties du monde.

La liste étant la synthèse de travaux scientifiques, elle reflète mieux le statut de conservation des espèces que les listes d'espèces protégées. Cependant, elle ne possède pas, de mêmes que les livres rouges qui en ont été tirés, de valeur législative contraignante pour les états.

Historique : la genèse de la liste[modifier | modifier le code]

C'est le Colonel Leofric Boyle, alors président de la CSE[5], qui créa en 1959 un fichier d'informations sur les espèces menacées[6]. Cette première initiative intéressa d'autres collaborateurs de l'UICN, dont Sir Peter Scott, ornithologue, conservationiste, peintre et sportif anglais, qui comme lui virent l'opportunité dans ce fichier de collecter des informations sur l'état des espèces animales et végétales et sur les menaces qui pèsent sur elles.

De 1962 à 1978, les membres de la CSE de l'époque (alors connue sous le nom de Commission du service de sauvegarde) récoltèrent des données que l'UICN publia sous la forme de plusieurs « livres rouges » (Red Data Books en anglais), sur des groupes précis d'animaux tout d'abord tels que les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens, pour ensuite publier des documents annexes présentant des données régionales et nationales.

The Red List Consortium[modifier | modifier le code]

Il est vite apparu que pour être plus efficace et plus rapide dans l'évaluation des espèces menacées, le CSE ne pouvait plus travailler seul, malgré le nombre important de ses membres. De là est né un partenariat entre le CSE et plusieurs organisations internationales : le Red List Consortium, composé de l'UICN et de sa commission CSE, ainsi que de Birdlife International, NatureServe, la Zoological Society of London, le Center for Applied Biodiversity Science (groupe de Conservation International).

Le programme de la liste rouge bénéficie également de la collaboration d'autres organisations telles que Ocean Conservancy (coordinateur du réseau marin de la CSE, veille à une meilleure prise en compte des espèces marines dans la liste rouge), le WWF, Fauna & Flora International, the Nature Conservancy, Wetlands International, et le programme Centre de surveillance de la conservation de la nature des Nations Unies.

En particulier, Birdlife International est chargé de l'inscription des espèces d'oiseaux sur la liste rouge, grâce au rôle pionnier de collecte de données ornithologiques et d'évaluation de la biodiversité qu'elle joue depuis des années. Dès le milieu des années 1980, Birdlife international a publié régulièrement des livres rouges régionaux et nationaux sur les oiseaux[6] (Afrique en 1985, Amériques en 1992 et Asie en 2001). L'ONG alimente également une base de données sur l'avifaune menacée, Avibase[7].

Organisation de la liste rouge[modifier | modifier le code]

La CSE collecte les données régulièrement en provenance de milliers d'experts bénévoles dans le monde. La Commission compte près de 7 000 experts, regroupés par spécialité : une famille faunistique ou floristique, une région géographique, un genre biologique ou une espèce en particulier.

Les critères[modifier | modifier le code]

Pour chaque espèce évaluée, une estimation du danger d'extinction qui la menace est formulée par les groupes d'experts concernés, basée sur des critères bien définis, comme la taille de la population, la disparition de son habitat naturel et le nombre d'individus qui ont atteint la maturité.

La classification dans les catégories d'espèces menacées d'extinction s'effectue par le biais d'une série de cinq critères quantitatifs, basés sur des facteurs biologiques associés au risque d'extinction, à savoir: taux de déclin, population totale, zone d'occurrence et d'occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.

Afin de rendre l'information finale obtenue la plus intelligible possible, une catégorie de risque d'extinction est alors attribuée à l'espèce.

Les catégories[modifier | modifier le code]


(Évalué)
(Données suffisantes)





Éteint (EX)











Éteint à l'état sauvage (EW)







   (Menacé)    

En danger critique d'extinction (CR)



Espèce en danger (EN)



Espèce vulnérable (VU)









Espèce quasi menacée (NT)











Préoccupation mineure (LC)








Données insuffisantes (DD)




Non-Évalué (NE)




Les différentes catégories utilisées par l'UICN sont indiquées en rouge (UICN 2001 vers.3.1).
Les espèces sont classées selon neuf catégories.
  • Espèce disparue.
  • Espèce ayant disparu de la nature et ne survivant qu'en captivité.
  • Trois catégories d'animaux en danger de disparition :
    • En danger critique d'extinction.
    • En danger.
    • Vulnérable.
  • Quasi-menacé.
  • Préoccupation mineure.
  • Données insuffisantes.
  • Non évalué.

Chaque catégorie est complétée par des critères quantitatifs pour préciser la nature du risque.

Résumé des catégories de la liste rouge 2006.
Résumé des catégories de la liste rouge 1994.

Ces catégories ont varié au cours des différentes versions de la liste rouge, afin de mieux refléter l'état des connaissances, et de pouvoir être appliquées à des groupes d'espèces plus larges, notamment aux espèces marines. La première révision des catégories s'est déroulée de 1989 à 1994, où durant ces cinq années l'UICN a consulté 800 membres de la CSE et de très nombreux scientifiques de par le monde afin d'aboutir à une nouvelle liste de critères et de catégories. Une nouvelle révision, de 1997 à 2000, a permis de rendre le système des critères et catégories plus standardisés, plus accessibles aux utilisateurs de plus en plus nombreux de la liste rouge, et de mieux tenir compte des espèces ayant une longue durée de vie, celles qui font l'objet d'une exploitation par l'homme, ainsi que des fluctuations de populations. Le système a été adopté par le Conseil de l'UICN en février 2000.

Espèce disparue (EX)[modifier | modifier le code]

Le Dauphin de Chine (EX) s'est éteint en 2007
Voir aussi les catégories recensant les espèces disparues et certainement éteintes

Une espèce est déclarée éteinte lorsque des études complètes (et adaptées à la biologie de l'espèce) ont permis d'affirmer que le dernier individu est mort. Il existe aussi un statut UICN pour les espèces certainement éteintes (PE).

Espèce disparue, survivant uniquement en élevage (EW)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éteint à l'état sauvage.

Une espèce est classée « éteint à l'état sauvage » lorsqu'il n'existe plus de spécimens dans la nature. Il faut que l'espèce en question soit uniquement élevée en dehors de son aire de répartition d'origine.

Espèce en danger critique d'extinction (CR)[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie recensant les espèces en danger critique d'extinction

Une espèce est dite En danger critique d’extinction lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critères A à E (cf critères détaillés[8] ci-dessous) correspondant à la catégorie En danger critique d’extinction et, en conséquence, qu’elle est confrontée à un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage.

Le lynx d'Espagne est classé "CR C2a(i)". Ceci indique que l'espèce remplit les critères C, C2 et C2a(i) de la catégorie CR soit :

  • Population estimée à moins de 250 individus matures (C);
  • Déclin continu, constaté, prévu ou déduit du nombre d’individus matures (C2);
  • Aucune sous-population estimée à plus de 50 individus matures (C2a(i)).

Espèce en danger (EN)[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie recensant les espèces en danger

Une espèce est dite En danger lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critères A à E (cf critères détaillés ci-dessous) correspondant à la catégorie En danger et, en conséquence, qu’elle est confrontée à un risque très élevé d’extinction à l’état sauvage.

Espèce vulnérable (VU)[modifier | modifier le code]

Le guépard (Acinonyx jubatus) est une espèce vulnérable
Voir aussi la catégorie recensant les espèces vulnérables

Une espèce est dite Vulnérable lorsque les meilleures données disponibles indiquent qu’elle remplit l’un des critères A à E (cf critères détaillés ci-dessous) correspondant à la catégorie Vulnérable et, en conséquence, qu’elle est confrontée à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage.

Espèce quasi menacée (NT)[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie recensant les espèces quasi menacées

Une espèce est dite quasi menacée lorsqu’elle a été évaluée d’après les critères et ne remplit pas, pour l’instant, les critères des catégories En danger critique d’extinction, En danger ou Vulnérable mais qu’elle est près de remplir les critères correspondant aux catégories du groupe Menacé ou qu’elle les remplira probablement dans un proche avenir.

Préoccupation mineure (LC)[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie recensant les espèces de catégorie LC

Une espèce est dite de Préoccupation mineure lorsqu’elle a été évaluée d’après les critères et ne remplit pas les critères des catégories En danger critique d’extinction, En danger ou Vulnérable ou Quasi menacé. Dans cette catégorie sont incluses les espèces largement répandues et abondantes. L'Humain fait partie de cette catégorie.

Données insuffisantes (DD)[modifier | modifier le code]

Voir aussi la catégorie recensant les espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes

Une espèce entre dans la catégorie Données insuffisantes lorsqu’on ne dispose pas d’assez de données pour évaluer directement ou indirectement le risque d’extinction en fonction de sa distribution et/ou de l’état de sa population. Une espèce inscrite dans cette catégorie peut avoir fait l’objet d’études approfondies et sa biologie peut être bien connue, sans que l’on dispose pour autant de données pertinentes sur l’abondance et/ou la distribution. Il ne s’agit donc pas d’une catégorie Menacé. L’inscription d’une espèce dans cette catégorie indique qu’il est nécessaire de rassembler davantage de données et n’exclut pas la possibilité de démontrer, grâce à de futures recherches, que l'espèce aurait pu être classée dans une catégorie Menacé. Il est impératif d’utiliser pleinement toutes les données disponibles.

Non Évalué (NE)[modifier | modifier le code]

Une espèce est dite Non évaluée lorsqu’elle n’a pas encore été confrontée aux critères.

État des connaissances[modifier | modifier le code]

Le Toromiro (EW), arbre ne survivant plus que dans les jardins botaniques et privés

L'évolution du déclin de la biodiversité a entraîné l'évolution des méthodes d'évaluation. En 1988, toutes les espèces d'oiseaux avaient été évaluées et, en 1996, l'état de conservation de toutes les espèces de mammifères mondiaux a été décrit. La liste a permis d'établir un cadre de référence pour la surveillance de l'évolution de la conservation des espèces.
Parmi les 5 205 espèces décrites dans l'édition de 1996, 25 % des mammifères et 11 % des oiseaux étaient indiquées comme étant menacées. Fin 2006, plus de 16 000 espèces ont été classées comme menacées sur une liste de 40 000 espèces évaluées.

En 2006, l'UICN considère qu'une espèce de mammifères sur quatre, une espèce d'oiseaux sur huit, et un tiers des amphibiens sont menacés.

Cette proportion est à prendre avec prudence : cela ne signifie pas que les mammifères et les oiseaux, qui ne représentent qu'une part infime de la biodiversité soient plus menacés que les invertébrés (représentant 99 % des espèces animales) mais simplement que ces espèces sont mieux connues, plus souvent étudiées, et que l'on peut donc juger de l'évolution des populations.

Les invertébrés sont pour la plupart soit encore inconnus, soit insuffisamment étudiés. Le très faible nombre de spécialistes de ces animaux expliquant qu'il faudra plusieurs décennies, voire plusieurs siècles pour simplement identifier toutes les espèces d'invertébrés.

Les critères retenus par l'UICN sont la diminution de l'aire de répartition et/ou du nombre d'individus, mais la diminution de la diversité génétique de populations peut également être un problème sous-estimé.

Évolution de la liste[modifier | modifier le code]

Le statut de la Gazelle dama s'est dégradé, passant de EN (1996) à CR (2006).

L'UICN se donne comme objectif de réévaluer chaque espèce tous les 5 ans si possible, tous les 10 ans tout au plus. Ce travail est fait par des comité de lectures, dès lors que la commission CSE de l'UICN a collecté l'ensemble des données nécessaires à la réévaluation de l'espèce.

En 2006, 871 espèces ont été réexaminées[9] qui permettent de voir si le statut d'une espèce s'est amélioré, dégradé ou est resté identique :

  • 172 espèces ont vu leur statut se dégrader ;
  • 139 espèces ont vu leur statut s'améliorer ;
  • le nombre d'espèces classées Eteintes (EX) est égal à celles enlevées des catégories EX et EW ;
  • 33 espèces réévaluées ont été déplacées vers la catégorie Données Insuffisantes ;
  • 527 espèces réexaminées n'ont pas changé de statut (ou catégorie).

Parmi les espèces qui ont vu leur catégorie de menace modifiée en 2006, on peut citer parmi les plus connues l'Hippopotame (Hippopotamus amphibius), qui passe de la catégorie préoccupation mineure (LC) à vulnérable (VU), ainsi que l'Ours polaire (Ursus maritimus) classé depuis 2006 dans la catégorie vulnérable (VU). D'autres espèces ont vu leur statut s'améliorer, comme le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) qui passe de la catégorie quasi-menacée (NT) à préoccupation mineure (LC).

En 2007, la mise à jour de la Liste a confirmé un déclin accéléré de la biodiversité : les coraux, les vautours, les albatros, tous les grands singes et les dauphins sont en danger, du fait des activités humaines qui détruisent, dégradent et fragmentent les habitats, ainsi qu’à cause probablement des premiers effets des modifications climatiques. Depuis le début du XVIe siècle, les extinctions concernaient surtout les îles, depuis 20 ans, aucun continent n’est épargné. Les espèces introduites devenues invasives, une chasse et pêche excessives, certaines prélèvements pour collectionneurs et la pollution générale et locale de l’environnement, ainsi que des maladies diffusées par l’homme sont aussi en cause. Et le changement climatique pourrait exacerber ce phénomène, alors même que la biodiversité est nécessaire à la stabilisation du climat. Les coraux (qui jouent un rôle comme puits de carbone) souffrent du réchauffement et de la pollution ou acidification générales des eaux, ainsi que de la modification du rayonnement solaire.

Sur 41 415 espèces étudiées, 16 306 sont menacées d’extinction (188 de plus qu’en 2006).

  • 785 espèces sont considérées comme éteintes
  • 65 autres n’existent plus qu’en captivité ou en culture.
  • un oiseau sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril.

Les efforts de protection ont permis de sauver quelques espèces ou plus souvent de les faire passer de la catégorie « En danger d’extinction » à « En danger » (ex Perruche de Maurice), mais les efforts restent très insuffisants à tous les niveaux de la société estime l'UICN.

Le taux d’extinction reste au moins 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel, pour presque tous les grands groupes végétaux et animaux qui ont en 2006/2007 encore vu leur nombre d’espèces menacées croître. Et de nombreuses espèces discrètes ne sont pas suivie, disparaissant dans l’indifférence ou sans même qu’on le sache.

L'académie chinoise des sciences annonce officiellement la disparition du Dauphin de Chine. La forêt primaire recule partout, ainsi que les derniers grands singes, dont le gorille des plaines de l’ouest classé cette année « en danger critique » et qui pourrait perdre 50 % de sa population de 1992 à 2011 ; Au rythme actuel, l’orang-outan de Sumatra devrait avoir complètement disparu en 2020, faute de forêts. En Inde et au Népal, le gavial est très menacé par les barrages, l’irrigation et les carrières de sable

La France (outre-mer compris) est assez mal placée : elle compte 641 espèces menacées au niveau mondial, ce qui la classe dans les 10 pays les plus concernés[10]. Le comité français de l’UICN et le Muséum préparent pour 2010 un bilan exhaustif des espèces présentes en métropole et outre-mer.

L'« Initiative d'évaluation de la biodiversité »[modifier | modifier le code]

Devant l'immensité de la tâche consistant à évaluer toutes les espèces vivantes, et pressés par l'urgence des extinctions et de la demande d'information concrète sur l'érosion de la biodiversité, l'UICN et le CSE ont lancé un programme nommé « Biodiversity Assessment Initiative » (Inititative d'évaluation de la biodiversité). Ce programme consiste à évaluer de façon exhaustive certains groupes taxonomiques déjà bien connus et pouvant servir d'indicateur de l'état de la biodiversité dans le monde.

Plusieurs programmes d'évaluation ont donc été mis en place, en partenariat avec le Center for Applied Biodiversity Science, groupe de Conservation International.

  • Le GAA Global amphibians assessment ou évaluation mondiale des amphibiens, a été achevé en 2004. Les résultats sont alarmants : une espèce d'amphibien sur trois est menacée d'extinction.
  • Le GMA Global mammals assessment ou évaluation mondiale des mammifères.
  • Le GMSA Global marine species assessment.
  • Le FBA Freshwater biodiversity assessment.

Lacunes et limites de la liste[modifier | modifier le code]

Depuis plus de quarante ans que la liste rouge de l'UICN existe et grandit, la vision que l'on a des dangers que court la biodiversité s'est améliorée. On ne peut cependant que constater l'immensité du travail qui reste à accomplir. Si les espèces d'oiseaux, les mammifères et les amphibiens ont été presque complètement évaluées, les lacunes sont encore considérables pour le règne végétal, les espèces marines et surtout l'immensité des invertébrés dont seulement 0,033 % étaient évalués en 2006[3].

La liste rouge des plantes[modifier | modifier le code]

Une des voies d'amélioration de la liste rouge dans les années à venir consiste à mieux évaluer le danger d'extinction des plantes. Seules quelques plantes étaient présentées dans les premiers fichiers sur les espèces menacées. Le livre rouge des plantes menacées, paru en 1978, commença à combler cette lacune, mais il aura fallu attendre 1997 et la liste rouge de l'UICN des plantes menacées pour obtenir un compte-rendu plus complet, mais encore loin de la réalité.

En effet, sur les quelque 287 000 espèces de plantes décrites, seulement 11 901 espèces avaient été évaluées lors de la version 2006 de la liste rouge[3], soit à peine 4 % du total, sans compter les découvertes à venir. Seuls les Gymnospermes ont été presque complètement évalués (908 espèces évaluées sur 980 décrites, en 2006). En effet ,meraba

Une méthode de classification parmi d'autres (COSEPAC, CITES)[modifier | modifier le code]

Les critères et catégories employées pour la liste Rouge sont largement utilisés à l'échelle mondiale. Cependant, d'autres méthodes d'évaluation des menaces sur la biodiversité existent, souvent plus spécialisées, tels celles de la convention internationale CITES ou les travaux du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Le COSEPAC a sa propre terminologie pour classifier les espèces. Une espèce sauvage menacée d'extinction est dite espèce en péril. Ce terme peut s'utiliser pour une espèce éteinte. Les espèces en péril sont classées en cinq catégories[11], selon un niveau de risque d'extinction croissant. Cependant, depuis 2003 le COSEPAC utilise les critères de classification de l'UICN pour savoir si une espèce est ou non en péril[12],[13].

La CITES utilise des catégories différentes de l'UICN, sur la base de critères utilisant les mêmes termes (taux de déclin, aire de répartition...) mais se distinguent par la numérotation, les taux et les aires adoptés pour quantifier ses critères[14]. En général, les chiffres utilisés pour les critères de l'UICN sont plus contraignants. Par exemple, les chiffres de l'UICN se rapportent à des individus matures, ceux de la CITES ont trait à la totalité de la population. De ce fait, un rapport de la FAO considère que l'évaluation des espèces aquatiques par les critères de la CITES sont problématiques[15].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le statut du Pygargue à queue blanche s'est amélioré, passant de NT (2004) à LC (2006).

Le classement d'une espèce dans une catégorie de la Liste rouge peut être remis en question. Ainsi des requêtes peuvent être déposés auprès de l'UICN pour "reclasser" une espèce. De telles requêtes se font obligatoirement sur la base des catégories et critères de la Liste Rouge pour apporter la preuve du reclassement[16].

Certaines personnes considèrent que la Liste Rouge véhicule une information trop négative. L'allongement de la liste des espèces menacées, année après année, semble démontrer l'inefficacité des politiques de conservation. Afin de motiver l'opinion publique et les décideurs mondiaux à poursuivre les efforts de protection, le concept de "Liste Bleue" a été développé[17]. Ces listes abordent la question de la protection des espèces par un autre aspect, en reportant les espèces des Listes Rouges qui, grâce aux efforts de conservation, ont vu diminuer leur risque d'extinction. Elles sont les témoins du succès des politiques environnementales.

Listes rouges régionales[modifier | modifier le code]

La méthodologie développée au niveau mondial pour l'établissement de la Liste rouge peut être appliquée à l'échelle d'un pays ou de régions du monde, en suivant les "Lignes directrices pour l'application, au niveau régional, des critères pour la Liste rouge" (publiées en 2003 par l'UICN).

Un "Guide pratique pour la réalisation de Listes rouges régionales" aide les acteurs dans cette démarche (Comité français de l'UICN 2011).

Plusieurs pays ont ainsi réalisé des Listes rouges nationales basées sur la méthodologie de l'UICN, destinées à renseigner sur la situation des espèces végétales et animales à l'échelle nationale ( voir site National Red List, Liste rouge des espèces menacées en France ).

Des listes rouges sont également développées à des échelles supranationales, comme par exemple la Liste rouge européenne des espèces menacées.

Aider (collaborativement) l'UICN à produire et valoriser ses données[modifier | modifier le code]

Les responsables de la Liste rouge de l'UICN ont accepté d'accorder une licence libre de distribution des cartes dérivées des données présentes sur son site web (* licence Creative Commons BY-SA 2.0).
Ceci permettra à de nombreux usagers de légalement réutiliser les cartes (en citant la source).
Il y a actuellement environ 25 000 cartes pour de nombreuses espèces de mammifères, amphibiens, les reptiles et les coraux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baillie, J.E.M., Hilton-Taylor, C. and Stuart, S.N. (Ed.) 2004 - 2004 IUCN Red List of Threatened Species. A Global Species Assessment. IUCN, Gland, Switzerland and Cambridge, UK. xxiv + 191 pp.
  • Comité français de l'UICN, Guide pratique pour la réalisation de Listes rouges régionales des espèces menacées : Méthodologie de l’UICN & démarche d’élaboration, Paris, Comité français de l’UICN,‎ 2011, 56 p. (lire en ligne, présentation en ligne)
  • Cox N., Chanson J. & Stuart S. (coord.) 2006 - Statut de conservation et répartition géographique des reptiles et amphibiens du bassin méditerranéen. - UICN, Centre de coopération pour la Méditerranée : 55 pp. [PDF] Téléchargeable [1]
  • Keith P., Allardi J., Moutou B., 1992 - Livre rouge des espèces menacées de poissons d’eau douce de France. - Collection « Patrimoines naturels », 10, MNHN, CSP, CEMAGREF, Ministère de l’Environnement, Paris : 111 p.
  • Maurin H. (dir.) 1994 - Inventaire de la faune menacée de France. - WWF, MNHN, Nathan, Paris : 176 pp.
  • Rocamora G. & Yeatman-Berthelot D. (coord.) 1999 - Oiseaux menacés et à surveiller de France - Listes rouges et recherche de priorités. Populations, Tendances, Conservation. - Société d'Étude Ornithologique de France, Ligue de Protection des Oiseaux, Paris : 560 pp.
  • Tucker G.M. & Heath M.F. 1994 - Birds in Europe : Their conservation status. - Birdlife-International conservation serie no 3, Birdlife international Cambridge : 600 pp.
  • UICN 2001 - Catégories et Critères de l’UICN pour la Liste Rouge : Version 3.1. Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. - UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni : ii + 32 pp. [PDF][(fr) lire en ligne]
  • UICN 2003 - Lignes Directrices pour l’Application, au Niveau Régional, des Critères de l’UICN pour la Liste Rouge. Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. Version 3.0. - UICN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni. ii + 26 pp. [PDF] [(fr) lire en ligne]
  • UICN 2007 - Mammals in the European Union. Status, trends and conservation priorities. - ([PDF] « http://www.iucn.org/places/europe/rofe/documents/EMA%20leaflet.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) - Voir version de remplacement : [2]
  • UICN 2008 - 2008 IUCN Red List of Threatened Species. - [www.iucnredlist.org]
  • Union internationale pour la conservation de la nature, World Conservation, vol. 3,‎ 2001
    publication triannuelle de l'UICN : volume n°3 de l'année 2001 consacré à la liste rouge
    [PDF]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Red List Consortium
  • (en) IUCN.org Site officiel de l'UICN
    • (fr) UICN.fr Site du comité français de l'UICN
  • (en) Site de l'organisation à but non lucratif ARKive [18] qui gère un fonds documentaire (photographies, extraits sonores et vidéos) sur les espèces menacées.
    • (fr) [3] Site de l'inventaire national du patrimoine naturel INPN

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bien que le nom complet de l'organisation soit « The International Union for the Conservation of Nature and Natural Resources », elle est plus simplement appelée « World Conservation Union » ou « Union mondiale pour la Nature » en français.
  2. a et b Akcakaya, H., S. Butchart, G. Mace, S. Stuart, and C. Hilton-Taylor. 2006. Use and misuse of the IUCN Red List Criteria in projecting climate change impacts on biodiversity. Global Change Biology 12:2037-2043.
  3. a, b et c UICN, Commission de la sauvegarde des espèces, « Numbers of threatened species by major groups of organisms (1996–2004) » (consulté le 24 mai 2007)
  4. À ce jour, seules les listes de 1996 concernant les animaux vertébrés, et de 1997 concernant les plantes vasculaires, sont censées être exhaustives en ce qui concerne les groupes annoncés, mais ont été élaborées avec les anciens critères et catégories (d'avant 1994). Depuis 2000, les listes globales sont élaborées avec les nouveaux critères et catégories en cours d'élaboration (ceux de 2001 deviennent désormais la règle) mais ne sont toujours pas exhaustives. Une évaluation globale est néanmoins attendue à l'horizon 2010.
  5. Commission de la sauvegarde des espèces (CSE)
  6. a et b World Conservation, n°3 2001
  7. the World Bird Database, disponible en ligne [(en) consultation en ligne]
  8. Les espèces classées dans cette catégorie se voient attribuées une cotation permettant d'affiner la menace pesant sur elles. Ce système est composé d'une lettre en majuscule (de A à E), d'un chiffre (de 1 à 4), d'une lettre en minuscule et d'un chiffre romain en bas de casse.
  9. UICN, « Going up ? Going Down ? Gone ? » (consulté le 20 mai 2007)
  10. (fr) Comité français de l’UICN, « Liste rouge 2007 des espèces menacées : la France en première ligne au niveau mondial »[PDF]
  11. Espèces en péril - Comment savons-nous que ces espèces sont en péril?
  12. Processus et critères d'évaluation du COSEPAC
  13. Baleine en direct
  14. La question de l' "incertitude" concernant les informations disponibles et l'application des criteres CITES
  15. (fr) Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, « Évaluation de la validée des critères d'inscription des espèces aquatiques commercialement exploitées sur les listes de la CITES (Chapitre 4.12) »[PDF]
  16. The IUCN Red List petitions process
  17. GENMEDOC an inter-regional network of mediterranean seed banks
  18. Le clip vidéo de 2 minutes et la galerie de photos correspondant à la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées ont été conçus par l'organisation (en) ARKive