Liste des quatuors à cordes de Joseph Haydn

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Page de couverture d'une édition des quatuors à cordes opus 20 de Joseph Haydn publiée par Preston, Londres 1782.

Le catalogue révisé de Joseph Haydn comporte un total de 68 quatuors à cordes. Ils ont été écrits sur une période d'un demi-siècle de 1757 à 1803. Contrairement aux symphonies, la production des quatuors est discontinue, avec de longues interruptions, mais constitue le mode d'expression personnelle du compositeur[1].

Ce n'est qu'à partir de l'opus 33 que Haydn utilise le terme allemand de Quartett, les œuvres précédentes sont généralement dénommées Divertimento a quattro.

Les dix Quatuors à Fürnberg[modifier | modifier le code]

Faisant référence aux commandes du baron Karl Joseph von Fürnberg, ces œuvres intitulées Divertimentos pour quatuor à cordes fondent un genre nouveau en limitant les pupitres aux quatre voix pour cordes, et donc excluant les vents présents dans le divertimento baroque. Ces œuvres sont en cinq mouvements avec deux menuets encadrant le mouvement central lent. Font exception les numéros Hoboken 3 et 12 où le mouvement lent est en première position.

  • Quatuor no 0 en mi bémol majeur (Hob.II.6)
  • Opus 1
no 1 en si bémol majeur (Hob.III.1)
no 2 en mi bémol majeur (Hob.III.2)
no 3 en ré majeur (Hob.III.3)
no 4 en sol majeur (Hob.III.4)
no 6 en ut majeur (Hob.III.6)
Le no 5 de cet opus a été identifié comme la symphonie A (Hob.I.107)
  • Opus 2
no 1 en la majeur (Hob.III.7)
no 2 en mi majeur (Hob.III.8)
no 4 en fa majeur (Hob.III.10)
no 6 en si bémol majeur (Hob.III.12)
Les no 3 et no 5 de cet opus sont identifiés comme des divertimentos pour quatuors à cordes et deux cors (Hob.II.21 et 22)
  • Opus 3
Les six quatuors de ce cycle qui avaient été inscrits au catalogue par l'élève de Haydn, Ignaz Pleyel, sont en fait apocryphes. Ils sont attribués au compositeur allemand Roman Hoffstetter.

Première manière (1769-1772)[modifier | modifier le code]

C'est dix ans après les Quatuors Fürnberg, que Haydn écrit en peu de temps trois séries de six quatuors. Ils s'inscrivent dans la période Sturm und Drang. Chaque cycles est considéré comme un tout cohérent, et comporte au moins une œuvre en mineur (deux pour l'opus 20). Ils correspondent pour le compositeur plus à une nécessité intérieure qu'à une commande formelle du prince Esterhazy.

no 1 en ut majeur (Hob.III.19)
no 2 en mi bémol majeur (Hob.III.20)
no 3 en sol majeur (Hob.III.21)
no 4 en ré mineur (Hob.III.22)
no 5 en si bémol majeur (Hob.III.23)
no 6 en la majeur (Hob.III.24)
no 1 en mi majeur (Hob.III.25)
no 2 en fa majeur (Hob.III.26)
no 3 en mi bémol majeur (Hob.III.27)
no 4 en ut mineur (Hob.III.28)
no 5 en sol majeur (Hob.III.29)
no 6 en ré majeur (Hob.III.30)
no 1 en mi bémol majeur (Hob.III.31)
no 2 en ut majeur (Hob.III.32)
no 3 en sol mineur (Hob.III.33)
no 4 en ré majeur (Hob.III.34)
no 5 en fa mineur (Hob.III.35)
no 6 en la majeur (Hob.III.36)

Un nouveau genre[modifier | modifier le code]

Composé en 1781, le caractère nouveau annoncé par Haydn réside dans la dimension populaire, plus léger et plus concis que les précédents. Mais c'est la complexité interne qui séduit Mozart l'amenant à répondre à l'œuvre de son aîné par les fameux quatuors qu'il lui dédia.

no 1 en si mineur (Hob.III.37)
no 2 en mi bémol majeur (Hob.III.38) [dit « La Plaisanterie »]
no 3 en ut majeur (Hob.III.39) [dit « L'Oiseau »]
no 4 en si bémol majeur (Hob.III.40)
no 5 en sol majeur (Hob.III.41) [dit « Comment allez-vous ? »]
no 6 en ré majeur (Hob.III.42)
  • Opus 42 - Quatuor isolé en ré mineur (Hob.III.43)

Les quatuors de la maturité[modifier | modifier le code]

En 1787, Haydn inaugure une série de quatuors, forme qu'il n'abandonnera plus jusqu'à ce qu'il ne puisse plus être en état de composer. L'opus 54/55 destiné au public parisien fait la part belle au premier violon. L'opus 64 était destiné au public londonien en vue de son premier voyage. ,

no 1 en si bémol majeur (Hob.III.44)
no 2 en ut majeur (Hob.III.45)
no 3 en mi bémol majeur (Hob.III.46)
no 4 en fa dièse mineur (Hob.III.47)
no 5 en fa majeur (Hob.III.48) [dit « Le Rêve »]
no 6 en ré majeur (Hob.III.49) [dit « La Grenouille »]
no 1 en sol majeur (Hob.III.58)
no 2 en ut majeur (Hob.III.57)
no 3 en mi majeur (Hob.III.59)
no 1 en la mineur (Hob.III.60)
no 2 en fa mineur (Hob.III.61) [dit « Le Rasoir »][9]
no 3 en si bémol majeur (Hob.III.62)
no 1 en ut majeur (Hob.III.65)
no 2 en si mineur (Hob.III.68)
no 3 en si bémol majeur (Hob.III.67)
no 4 en sol majeur (Hob.III.66)
no 5 en ré majeur (Hob.III.63) [dit « L'Alouette »]
no 6 en mi bémol majeur (Hob.III.64)

Le cycle de Londres[modifier | modifier le code]

Cet opus a été composé à Vienne entre les deux voyages de Londres et était clairement destiné au public londonien. Il se distingue par un style brillant et vigoureux aux sonorités orchestrales.

  • Opus 71 [premier opus des quatuors dits « Apponyi »[11]]
no 1 en si bémol majeur (Hob.III.69)
no 2 en ré majeur (Hob.III.70)
no 3 en mi bémol majeur (Hob.III.71)
  • Opus 74 [second opus des quatuors dits « Apponyi »[12]]
no 1 en ut majeur (Hob.III.72)
no 2 en fa majeur (Hob.III.73)
no 3 en sol mineur (Hob.III.74) [dit « Le Cavalier »]

Les derniers quatuors[modifier | modifier le code]

Le dernier cycle de Haydn concentre toute l'expérience d'une vie, mais en même temps ouvre de nouveaux horizons. On y note des variations de tempo dans le même mouvement, mais aussi une profondeur dans les mouvements lents alliée à une allure confinant à l'immobilité[13].

no 1 en sol majeur (Hob.III.75)
no 2 en ré mineur (Hob.III.76) [dit « Les Quintes »]
no 3 en ut majeur (Hob.III.77) [dit « L'Empereur »]
no 4 en si bémol majeur (Hob.III.78) [dit « Lever de soleil »]
no 5 en ré majeur (Hob.III.79)
no 6 en mi bémol majeur (Hob.III.80)
no 1 en sol majeur (Hob.III.81)
no 2 en fa majeur (Hob.III.82)
  • Opus 103 - Quatuor inachevé en deux mouvements (Hob.III.83)

Discographie[modifier | modifier le code]

Liste de formations ayant enregistré l'intégrale des quatuors op. 33 :

  • Quatuor Aeolian chez Decca, la première sortie
  • Angeles String Quartet chez Philips
  • Quatuor Borodine chez Onyx
  • Quatuor Buchberger chez Abeille Musique
  • Cuarteto Casals chez Harmonia Mundi
  • Eybler Quartet chez Analekta
  • Quatuor Kodaly chez Naxos
  • London Haydn Quartet chez Hyperion
  • Quatuor Mosaïques chez Astrée
  • Quatuor The Lindsays chez ASV Digital
  • Quatuor Tatraï chez Hungaroton
  • Quatuor Festetics chez Arcana

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Gribenski, Préparation aux épreuves d'analyse musicale, Éditions Eska 1994 (ISBN 2-86911-214-9)
  2. En référence à l’image de l’astre reproduit en page de garde de l’édition Hummel de 1779.
  3. En référence au dédicataire, le Grand Duc Paul.
  4. En raison de leurs Scherzos, qui remplacent le traditionnel Menuet
  5. En référence au dédicataire, le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse.
  6. Cette œuvre a d'abord été écrite pour orchestre (Hob.XX.01), Haydn en a fait ensuite une version pour quatuor à cordes (l'opus 51, Hob.XX.02, aussi classée, avec les autres quatuors, en Hob.III.50-56), il la reprendra une troisième fois pour en faire un oratorio (Hob.XX.04). La version pour quatuor est de nos jours la plus fréquemment jouée.
  7. Du nom d'un violoniste de l'orchestre du prince Nicolas Esterhazy, pour qui ces quatuors ont été écrits.
  8. Du nom d'un violoniste de l'orchestre du prince Nicolas Esterhazy, pour qui ces quatuors ont été écrits.
  9. D'après Rosemary Hughes, Les quatuors de Haydn, chap. 3, « provient de la légende douteuse selon laquelle Haydn l'aurait donné à un éditeur londonien de passage en échange d'un rasoir anglais ».
  10. Du nom d'un violoniste de l'orchestre du prince Nicolas Esterhazy, pour qui ces quatuors ont été écrits.
  11. Du nom de leur dédicataire, le comte Anton Apponyi, lié par mariage à la famille Esterházy.
  12. Du nom de leur dédicataire, le comte Anton Apponyi, lié par mariage à la famille Esterházy.
  13. François-René Tranchefort (dir.), « Haydn » in Guide de la musique de chambre, Fayard 1989
  14. Du nom du commanditaire, le comte Josef Erdödy.
  15. Dédiés par Haydn à son mécène le prince Joseph Franz von Lobkowitz.