Liste des chefs d'État de l'Algérie

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Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika, chef d'État depuis le 27 avril 1999.
Armoiries de l'Algérie
Emblème de l'Algérie.

Cette page dresse la liste des chefs d'État de l'Algérie par ordre chronologique depuis la formation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en 1958, durant la guerre d'indépendance du pays, jusqu'à l'actuel président de la République algérienne démocratique et populaire.

Abderrahmane Farès est le premier des chefs d'État algériens. Président de l’Assemblée algérienne en 1953, il est, de juillet à septembre 1962, président de l’Exécutif provisoire algérien chargé de la gestion du territoire.

Premier président du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de 1958 à 1961, Ferhat Abbas est élu, en 1962, président de l’Assemblée nationale constituante et devient ainsi le premier chef d’État de la République algérienne démocratique et populaire. Ahmed Ben Bella accéde à la présidence de la République de 1963 à 1965. Il est considéré comme le premier président de la République algérienne démocratique et populaire. Militaire putschiste, Houari Boumédiène est président du Conseil de la Révolution de 1965 à 1976. Lors de son deuxième mandat entre 1976 à 1978, il devient le deuxième président de la République algérienne démocratique et populaire.

Le Haut Comité d'État, organe chargé provisoirement de la gestion de l'État, est une présidence collégiale de transition. Mis en place pour la première fois le 14 janvier 1992 après la démission de Chadli Bendjedid, président de 1979 à 1992, il est dissous et remplacé par Liamine Zéroual le 30 janvier 1994. Abdelaziz Bouteflika est l’actuel président de la République, depuis le 27 avril 1999.

Liste des chefs d'État[modifier | modifier le code]

Légende (partis politiques)

  •      FLN
  •      Sans parti
  •      RND
  •      HCE

Note  : les tableaux ci-dessous montrent les dates de mandats avec les gouvernements respectifs des chefs d'État. Les dates de la dernière ligne (« Mandat électoral ») font référence à la date des élections (s'il y en a eu), qui ont validé le mandat.

Gouvernement provisoire de la République algérienne (1958-1962)[modifier | modifier le code]

Portrait Nom
(naissance-mort)
Dates du mandat

Mandat électoral
Gouvernement Parti politique Autres fonctions occupées
pendant le mandat
Notes et faits marquants
1 Ferhat Abbas - algerischer Staatspräsident.jpg Ferhat Abbas
(1899-1985)
19 septembre 1958 9 août 1961 - FLN
-
Nommé président du gouvernement provisoire de la République algérienne à sa création[1], il initie les négociations avec la France en vue du cessez-le-feu[2].
1960
2 Benkhedda 19march62.jpg Benyoucef Benkhedda
(1920-2003)
27 août 1961 3 juillet 1962 - FLN
-
Désigné président du gouvernement provisoire de la République algérienne en août 1961[3], il achève les négociations avec la France commencées par le gouvernement Ferhat Abbas et proclame le cessez-le-feu, la veille du 19 mars 1962[4].
-

État algérien (1962)[modifier | modifier le code]

Portrait Nom
(Naissance-Mort)
Dates du mandat

Mandat électoral
Gouvernement Parti politique Autres fonctions occupées
pendant le mandat
Notes, faits marquants
1 Abderrahmane Farès.jpg Abderrahmane Farès
(1911-1991)
3 juillet 1962 25 septembre 1962 - FLN
-
Président de l'Exécutif provisoire algérien chargé de la gestion du territoire, il reçoit le pouvoir du général de Gaulle après la reconnaissance officielle de l'indépendance de l'Algérie par la France (3 juillet 1962)[5],[6]. Il négocie ensuite un accord mettant fin aux opérations meurtrières de l'Organisation armée secrète[7].
-

République algérienne démocratique et populaire (depuis 1962)[modifier | modifier le code]

Portrait Nom
(Naissance-Mort)
Dates du mandat

Mandat électoral
Gouvernement Parti politique Autres fonctions occupées
pendant le mandat
Notes, faits marquants
Ferhat Abbas - algerischer Staatspräsident.jpg Ferhat Abbas
(1899-1985)
25 septembre 1962 15 septembre 1963 Ben Bella I FLN
-
Premier chef d’État de la République algérienne démocratique et populaire après son élection à la tête de l’Assemblée constituante[8], il est forcé à la démission et mis en résidence surveillée à Adrar par Ahmed Ben Bella[9],[10].
Élu président de l'Assemblée nationale constituante le
20 septembre 1962
1 Président Ahmed Ben Bella.jpg Ahmed Ben Bella
(1916-2012)
15 septembre 1963 19 juin 1965 Ben Bella II ; III FLN Premier ministre ;
Président du Front de libération nationale.
Renversé lors du coup d'État du 19 juin 1965, il est mis en résidence surveillée jusqu'en 1980[11].
Élection présidentielle
1963
2 Houari Boumediene's Portrait.jpg Houari Boumédiène
(1932-1978)
19 juin 1965 27 décembre 1978 † Boumediène I ; II ; III ; IV Mil
puis
FLN
Premier ministre ;
Secrétaire général du mouvement des non-alignés ;
Ministre de la Défense ; Président du Front de libération nationale ;
Président de l’Organisation de l’Union Africaine[12].
Militaire putschiste, il donne plus de pouvoir aux technocrates, et mène une politique de planification de l'économie et la bureaucratie de l'État, il nationalise les hydrocarbures en 1971[3] et réconcilie l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein[13]. Unique candidat en lice, il est élu président en décembre 1976[1], il décède en cours de mandat, en 1978[14].
Élection présidentielle
1976
Rabah Bitat.jpg Rabah Bitat
(1925-2000)
27 décembre 1978 9 février 1979 Boumediène IV FLN Président de l'Assemblée populaire nationale. À la mort d'Houari Boumediène le 27 décembre 1978, il assure l'intérim de la présidence de la République algérienne démocratique et populaire durant les 45 jours prévus par la constitution pour organiser l’élection présidentielle[15].
Intérim
3 Chadli.jpg Chadli Bendjedid
(1929-2012)
9 février 1979 11 janvier 1992 Boumediène IV ; Abdelghani I ; II ; III ; Brahimi I ; II ; Merbah ; Hamrouche I ; II ; Ghozali I ; II FLN Ministre de la Défense ;
Président du Front de libération nationale.
Élu troisième président de la République algérienne démocratique et populaire le 9 février 1979, avec 99,40% de voix, il est réélu le 7 février 1984 avec 99,42% de voix[14]. Il procède à l'élargissement d'Ahmed Ben Bella[16]. À la suite des événements du 5 octobre 1988, il annonce l'instauration du pluralisme politique. Il fait adopter en 1989 une nouvelle constitution. Réélu le 22 décembre 1988 avec 81,47% de voix[17], Chadli Bendjedid démissionne en 1992 sous la pression de l’armée[18].
Élections présidentielles
1979, 1984, 1988
Vacance du pouvoir
11 janvier 1992 16 janvier 1992 Ghozali II - - À la suite de la démission de Chadli Bendjedid le 11 janvier 1992 et de la signature par lui du décret portant dissolution de l'Assemblée Nationale le 4 janvier 1992, l'Algérie se trouve en situation de vacance du pouvoir. Le Conseil Constitutionnel qui a reçu la lettre de démission le jour même constate la vacance définitive de la Présidence de la République mais le président du Conseil ne peut assumer la charge de chef de l'État comme le prévoit l'article 84 de la constitution de 1989, car celle-ci n’a pas prévu dans ses dispositions le cas de conjonction de vacances de l’Assemblée Populaire Nationale par dissolution et de la Présidence de la République par démission mais en cas de décès seulement[19].

L'Algérie sortait d'un processus électoral législatif non validé, à l'origine des troubles dans le pays qui aboutissent à la démission du président Chadli. En l'absence d'un président de l'Assemblée populaire nationale et dans une situation non prévue par la constitution, personne ne peut assumer le rôle de chef de l’État.

Le Haut conseil de sécurité se réunira du 12 au 14 janvier pour décider de la création du Haut Comité d'État, chargé d'exercer l'ensemble des pouvoirs confiés par la Constitution en vigueur au Président de la République[20].

-
Le jeun Mohamed Boudiaf.jpg Mohamed Boudiaf
(1919-1992)
16 janvier 1992 29 juin 1992 † Ghozali II ; III s-p
-
Création du Haut Comité d'État composé de Mohamed Boudiaf, Ali Kafi, Khaled Nezzar, Tedjini Haddam, Ali Haroun suite au vide constitutionnel crée par l'absence concomitante d'un président de la République suite à la démission de Chadli Bendjedid et d'une Assemblée nationale suite à l'annulation des élections législatives de 1991 le 12 janvier 1992[21].

Mohamed Boudiaf prend la présidence du Haut Comité d'État[22]. Six mois après son élection à la tête de l'État, il est assassiné le 29 juin 1992, lors d'une conférence des cadres qu'il tient dans la ville d'Annaba[23],[14].

Président du
Haut Comité d'État
Vacance du pouvoir
29 juin 1992 2 juillet 1992 Ghozali III - - -
-
Ali Kafi.JPG Ali Kafi
(1928-2013)
2 juillet 1992 30 janvier 1994 Ghozali III ; Abdesslam ; Malek FLN
-
Il succède à Mohamed Boudiaf comme président du HCE[24]. En 1994, le Haut Comité d'État est dissous[25].
Élu président du
Haut Comité d'État

parmi les membres
4 Liamine Zeroual.jpg Liamine Zéroual
(1941- )
30 janvier 1994 27 avril 1999 Malek ; Sifi I ; II ; Ouyahia I ; II ; Hamdani s-p
puis
RND
Ministre de la Défense ;
Secrétaire général du Rassemblement national démocratique.
Il est désigné chef de l'État par le Haut Conseil de Sécurité pour une durée de 3 ans.

Élu quatrième président de la République algérienne démocratique et populaire, le 16 novembre 1995 avec 61,3 % des voix. Il rompt le dialogue avec les islamistes et mène une politique d'« éradication des groupes terroristes »[26]. Il fait adopter une révision de la constitution en novembre 1996[26]. Le 21 février 1997, il crée un nouveau parti politique  : le Rassemblement national démocratique[26]. En septembre 1998, il se retire de la présidence et annonce la tenue d'élections présidentielles anticipées pour février 1999[26].

Chef de l'État,
désigné par le
Haut conseil de sécurité

Élection présidentielle
1995

5 Bouteflika (Algiers, Feb 2006).jpeg Abdelaziz Bouteflika
(1937- )
27 avril 1999 en fonction Hamdani ; Benbitour ; Benflis I ; II ; III ; Ouyahia III ; IV ; V ; Belkhadem I ; II ; Ouyahia VI ; VII ; VIII ; IX ; Sellal; II s-p
puis
FLN
Ministre de la Défense ;
Président de l'Union africaine[12].
Élu cinquième président de la République algérienne démocratique et populaire le 27 avril 1999, avec 73,8% de voix[1]. Sous sa présidence, le tamazight accède au statut de langue nationale. La réconciliation nationale qu'il initie est adoptée en 2005[1]. À la suite des contestations en 2011, l'état d'urgence est levé[27]. Ouverture de l'audiovisuel[28].
Élections présidentielles
1999, 2004, 2009, 2014

Frise chronologique[modifier | modifier le code]

Abdelaziz Bouteflika Abdelaziz Bouteflika Liamine Zéroual Liamine Zéroual Ali Kafi Haut Comité d'État Mohamed Boudiaf Haut Comité d'État Abdelmalek Benhabylès Chadli Bendjedid Chadli Bendjedid Chadli Bendjedid Rabah Bitat Houari Boumédiène Houari Boumédiène Ahmed Ben Bella Ferhat Abbas Benyoucef Benkhedda Ferhat Abbas Ferhat Abbas

Observations générales[modifier | modifier le code]

Records :

Décès en cours de mandat  :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Algérie : chronologie historique par Olivier Pironet, 2006, sur le site du Monde diplomatique.
  2. « De Gaulle veut une victoire militaire : 1958-1960 », sur www.memoria.dz (consulté le 25 mai 2013).
  3. a et b Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 56.
  4. « 19 mars 1962 : entrée en vigueur du cessez-le feu », sur www.djazair50.dz (consulté le 25 mai 2013).
  5. « Lettre de de Gaulle au président de l'Exécutif provisoire (Journal officiel de l'État algérien), p. 4 », sur www.joradp.dz (consulté le 25 mai 2013).
  6. Kamel Bouchama, La JFLN: un passe glorieux, un avenir interrompu, ANEP,‎ 1997, 469 p. (lire en ligne)
  7. « Été 1962 : Oran, ville d’apocalypse » par Benjamin Stora (27 août 1992), sur www.ldh-toulon.net (consulté le 25 mai 2013).
  8. Mameri 2006, p. 58.
  9. « Il fut le premier président de l'Assemblée nationale constituante », sur www.lesoirdalgerie.com (consulté le 25 mai 2013).
  10. Mameri 2006, p. 60.
  11. Jessup 1998, p. 2.
  12. a et b [PDF] « La présidence en exercice de l’Union africaine », sur www.mercury.ethz.ch (consulté le 26 mai 2013).
  13. « Chronologie de la guerre Iran-Irak », sur www.liranpourlesnuls.net (consulté le 25 mai 2013).
  14. a, b et c Gaildraud 2004, p. 218.
  15. a et b Jessup 1998, p. 76.
  16. « Mort de Ben Bella, héros de l'indépendance algérienne », sur www.lemonde.fr (consulté le 25 mai 2013).
  17. Bernard Cubertafond, « L'Algérie en quête de démocratie », Pouvoirs, no 52,‎ 1990, p. 123 (lire en ligne).
  18. Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 57.
  19. http://www.conseil-constitutionnel.dz/jurisprudence89_14.htm Déclaration du 11 janvier 1992
  20. Point n°2 de la Proclamation du 14 janvier 1992 instituant un Haut Comité d'État - Journal Officiel de la République Algérienne Démocratique et Populaire n°3 du 15 janvier 1992
  21. Fawzi Rouzeik, « Algérie 1990-1993 : la démocratie confisquée ? », Revue du monde musulman et de la Méditerranée, vol. 65, no 65,‎ 1992, p. 29-60 (lire en ligne).
  22. Collectif coordonné par Hassan Ramaoun 2000, p. 58.
  23. « Jean-Paul Mari: assassinat d’un président « Ils avaient juré la mort de Boudiaf » », sur www.grands-reporters.com (consulté le 25 mai 2013).
  24. « Ali Kafi », sur www.el-mouradia.dz (consulté le 25 mai 2013).
  25. Sabine Lavorel, Les Constitutions Arabes et L'Islam: Les Enjeux du Pluralisme Juridique, Québec, PUQ,‎ 2005, 476 p. (ISBN 9782760518254, lire en ligne), p. 88.
  26. a, b, c et d « Liamine Zeroual », sur www.medea.be (consulté le 25 mai 2013).
  27. « Algérie : l'état d'urgence levé en Algérie », sur www.lemonde.fr (consulté le 25 mai 2013).
  28. « Audiovisuel : qui a peur de l’ouverture ? À l’occasion de la journée du 3 mai, spécialistes et professionnels abordent la question », sur www.liberte-algerie.com (consulté le 25 mai 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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