Liste des réacteurs nucléaires en France

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Carte des centrales françaises en activité, classées selon leur type

En 2011, la liste des réacteurs nucléaires en France compte cinquante-huit réacteurs nucléaires produisant de l'électricité dans dix-neuf centrales nucléaires. Deux centrales sont en cours de démantèlement, douze réacteurs électronucléaires sont définitivement arrêtés, et un réacteur est en construction.

En France se trouvent aussi plusieurs dizaines de réacteurs nucléaires de recherche, dont certains à l'arrêt ou démantelés, ainsi que huit réacteurs nucléaires navals de la Marine nationale française.

Plusieurs filières de réacteurs électronucléaires ont été successivement développées :

La France est le deuxième producteur d'électricité d'origine nucléaire au monde derrière les États-Unis. Avec 74 % d'électricité produite dans le pays par des centrales nucléaires, la France était en 2011 au 1er rang mondial en pourcentage d'électricité d'origine nucléaire. L'énergie électrique d'origine nucléaire représentait en 2007 17,7 % de l’énergie finale produite en France[1].

Sommaire

Réacteurs nucléaires électrogènes [modifier]

Réacteurs arrêtés définitivement [modifier]

Douze des réacteurs nucléaires construits en France depuis 1955 sont arrêtés définitivement, et pour certains, en cours de démantèlement, notamment Chooz A et Brennilis[2]. Le tableau ci-après présente leurs caractéristiques, classés par ordre chronologique de mise en service, les valeurs de puissance indiquées représentent la puissance installée pour un réacteur (puissance électrique nette exprimée en mégawatt (MW) de capacité de production).

Centrale nucléaire Commune (département) Nom Filière (sigle) Puissance (MW)[3] Début des travaux Mise en service Arrêt définitif
 !a  !a  !a  !a  !a -9 -9 -9 -9
Marcoule Chusclan (Gard) G1 (CEA) graphite-gaz (UNGG) 7 1952 1956 1968
G2 (CEA) graphite-gaz (UNGG) 38 1955 1959 1980
G3 (CEA) graphite-gaz (UNGG) 38 1956 1960 1984
Chinon Avoine (Indre-et-Loire) Chinon A1/EDF1 graphite-gaz (UNGG) 70 1957 1963 1973
Chinon A2/EDF2 graphite-gaz (UNGG) 210 1959 1965 1985
Chinon A3/EDF3 graphite-gaz (UNGG) 480 1961 1966 1990
Chooz Chooz (Ardennes) Chooz A eau légère (REP) 310 1962 1967 1991
Brennilis Brennilis (Finistère) EL4 (CEA) gaz-eau lourde (HWGCR) 70 1962 1967 1985
Saint-Laurent Saint-Laurent (Loir-et-Cher) Saint-Laurent A1/EDF4 graphite-gaz (UNGG) 480 1963 1969 1990
Saint-Laurent A2/EDF5 graphite-gaz (UNGG) 515 1966 1971 1992
Bugey Saint-Vulbas (Ain) Bugey 1 graphite-gaz (UNGG) 540 1965 1972 1994
Creys-Malville Creys-Mépieu (Isère) Superphénix (CEA) neutrons rapides (RNR) 1 200 1976 1986 1998

Réacteurs en service [modifier]

Calendrier de construction des centrales nucléaires françaises

Les cinquante-huit réacteurs nucléaires électrogènes en service en France sont des réacteurs à eau pressurisée (REP). Les caractéristiques de ces réacteurs en service sont données dans le tableau ci-après, classés alphabétiquement[4]. Le rang indique le numéro d'ordre de mise en service de chacun des réacteurs. Ainsi Belleville-1 a été le 54e réacteur mis en service en France. La puissance brute correspond à la puissance délivrée sur le réseau augmentée de la consommation interne de la centrale. La puissance nette correspond quant à elle à la puissance délivrée sur le réseau et sert d'indicateur en termes de puissance installée.

La date de raccordement au réseau ou du premier couplage au réseau correspond à la première production d’électricité dans des proportions telles qu'elle doit pour partie être transmise hors de la centrale. La date de mise en service industriel ou commercial est postérieure au premier couplage et correspond à une régularité industrielle de fonctionnement atteinte après une période de mise au point. Durant les paliers CP1, CP2 et P4-P’4 la durée de cette période de mise au point a rarement dépassée l’année. Durant le palier N4 entre 2 (Civaux 2) et 4 ans (Civaux 1) s'écoulèrent entre le premier couplage au réseau et la mise en service industriel.

Les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim raccordés au réseau en 1977 sont les plus anciens encore en service (34 ans en 2011). Ils sont suivis par les quatre réacteurs de la centrale de Bugey, construits en 1979 (32 ans en 2011). Civaux-2, mis en service en avril 2002, est quant à lui le réacteur le plus récent.

Centrale nucléaire Commune
(département)
Nom du réacteur Rg Palier Puissance therm. (MWt) Puissance brute (MWe) Puissance nette (MWe) Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Belleville Belleville
(Cher)
BELLEVILLE-1 54 P'4 3 817 1 363 1 310 1980 1987 1988
BELLEVILLE-2 55 P'4 3 817 1 363 1 310 1980 1988 1989
Blayais Braud-et-Saint-Louis
(Gironde)
BLAYAIS-1[5] 32 CP1 2 785 951 910 1977 1981 1981
BLAYAIS-2[5] 33 CP1 2 785 951 910 1977 1982 1983
BLAYAIS-3 34 CP1 2 785 951 910 1978 1983 1983
BLAYAIS-4 35 CP1 2 785 951 910 1978 1983 1983
Bugey Saint-Vulbas
(Ain)
BUGEY-2 13 CP0 2 785 945 910 1972 1978 1979
BUGEY-3 14 CP0 2 785 945 910 1973 1978 1979
BUGEY-4 15 CP0 2 785 917 880 1974 1979 1979
BUGEY-5 16 CP0 2 785 917 880 1974 1979 1980
Cattenom Cattenom
(Moselle)
CATTENOM-1 50 P'4 3 817 1 362 1 300 1979 1986 1987
CATTENOM-2 53 P'4 3 817 1 362 1 300 1980 1987 1988
CATTENOM-3 60 P'4 3 817 1 362 1 300 1982 1990 1991
CATTENOM-4 65 P'4 3 817 1 362 1 300 1983 1991 1992
Chinon-B Avoine
(Indre-et-Loire)
CHINON-B-1[5] 40 CP2 2 785 954 905 1977 1982 1984
CHINON-B-2[5] 41 CP2 2 785 954 905 1977 1983 1984
CHINON-B-3[5] 56 CP2 2 785 954 905 1980 1986 1987
CHINON-B-4[5] 57 CP2 2 785 954 905 1981 1987 1988
Chooz-B Chooz
(Ardennes)
CHOOZ-B-1 62 N4 4 270 1 560 1 500 1984 1996 2000
CHOOZ-B-2 70 N4 4 270 1 560 1 500 1985 1997 2000
Civaux Civaux
(Vienne)
CIVAUX-1 72 N4 4 270 1 561 1 495 1988 1997 2002
CIVAUX-2 73 N4 4 270 1 561 1 495 1991 1999 2002
Cruas Cruas
(Ardèche)
CRUAS-1 42 CP2 2 785 956 915 1978 1983 1984
CRUAS-2 43 CP2 2 785 956 915 1978 1984 1985
CRUAS-3 44 CP2 2 785 956 915 1979 1984 1984
CRUAS-4 45 CP2 2 785 956 915 1979 1984 1985
Dampierre Dampierre
(Loiret)
DAMPIERRE-1[5] 22 CP1 2 785 937 890 1975 1980 1980
DAMPIERRE-2[5] 29 CP1 2 785 937 890 1975 1980 1981
DAMPIERRE-3[5] 30 CP1 2 785 937 890 1975 1981 1981
DAMPIERRE-4[5] 31 CP1 2 785 937 890 1975 1981 1981
Fessenheim Fessenheim
(Haut-Rhin)
FESSENHEIM-1 11 CP0 2 660 920 880 1971 1977 1978
FESSENHEIM-2 12 CP0 2 660 920 880 1972 1977 1978
Flamanville Flamanville
(Manche)
FLAMANVILLE-1 46 P4 3 817 1 382 1 330 1979 1985 1986
FLAMANVILLE-2 47 P4 3 817 1 382 1 330 1980 1986 1987
Golfech Golfech
(Tarn-et-Garonne)
GOLFECH-1 61 P'4 3 817 1 363 1 310 1982 1990 1991
GOLFECH-2 68 P'4 3 817 1 363 1 310 1984 1993 1994
Gravelines Gravelines
(Nord)
GRAVELINES-1[5] 20 CP1 2 785 951 910 1975 1980 1980
GRAVELINES-2[5] 21 CP1 2 785 951 910 1975 1980 1980
GRAVELINES-3[5] 27 CP1 2 785 951 910 1975 1980 1981
GRAVELINES-4[5] 28 CP1 2 785 951 910 1976 1981 1981
GRAVELINES-5 51 CP1 2 785 951 910 1979 1984 1985
GRAVELINES-6 52 CP1 2 785 951 910 1979 1985 1985
Nogent Nogent
(Aube)
NOGENT-1 58 P'4 3 817 1 363 1 310 1981 1987 1988
NOGENT-2 59 P'4 3 817 1 363 1 310 1982 1988 1989
Paluel Paluel
(Seine-Maritime)
PALUEL-1 36 P4 3 817 1 382 1 330 1977 1984 1985
PALUEL-2 37 P4 3 817 1 382 1 330 1978 1984 1985
PALUEL-3 38 P4 3 817 1 382 1 330 1979 1985 1986
PALUEL-4 39 P4 3 817 1 382 1 330 1980 1986 1986
Penly Saint-Martin-en-Campagne et Penly
(Seine-Maritime)
PENLY-1 63 P'4 3 817 1 382 1 330 1982 1990 1990
PENLY-2 64 P'4 3 817 1 382 1 330 1984 1992 1992
Saint-Alban Saint-Alban
(Isère)
ST. ALBAN-1 48 P4 3 817 1 381 1 335 1979 1985 1986
ST. ALBAN-2 49 P4 3 817 1 381 1 335 1979 1986 1987
St. Laurent Saint-Laurent
(Loir-et-Cher)
ST. LAURENT-B-1[5] 17 CP2 2 785 956 915 1976 1981 1983
ST. LAURENT-B-2[5] 23 CP2 2 785 956 915 1976 1981 1983
Tricastin Pierrelatte
(Drôme)
TRICASTIN-1[5] 18 CP1 2 785 955 915 1974 1980 1980
TRICASTIN-2[5] 19 CP1 2 785 955 915 1974 1980 1980
TRICASTIN-3[5] 25 CP1 2 785 955 915 1975 1981 1981
TRICASTIN-4[5] 26 CP1 2 785 955 915 1975 1981 1981

Réacteurs en construction [modifier]

Centrale nucléaire Commune (département) Nom Filière (sigle) Palier Puissance (MW)[3] Début des travaux Mise en service
 !a  !a  !a  !a  !a -9 -9 -9 -9
Flamanville Flamanville (Manche) Flamanville 3[6] Eau légère (REP) EPR 1 600 2007 2016 (prévision)

Projets avortés [modifier]

Nom du projet Commune (département) Nom Filière (sigle) Palier Puissance (MW)[3] Annonce du projet Abandon du projet
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Centrale d'Erdeven Erdeven (Morbihan)  ? Eau légère (REP)  ? ? 1974 1975
Le Carnet Saint-Viaud - Frossay (Loire-Atlantique)  ? Eau légère (REP)  ? ? 1976 1997
Plogoff Plogoff (Finistère)  ? Eau légère (REP)  ?  ? 1978 1981
Penly Saint-Martin-en-Campagne et Penly (Seine-Maritime) Penly 3 Eau légère (REP) EPR 1 600 2009 2012

Réacteurs de recherche et médicaux [modifier]

Localisation Nom Puissance (MW) Type de réacteur Type de combustible Mise en service Arrêt définitif
Centre CEA Fontenay-aux-Roses Pile Zoé 0,15 gaz-eau lourde uranium naturel 1947 1976
Minerve 0,0001 piscine eau légère uranium enrichi à 93 % 1954 1977
Triton 6,5 piscine eau légère uranium enrichi à 93 % 1959 1982
Néréide 0,6 piscine eau légère uranium enrichi à 93 % 1959 1982
Centre CEA de Saclay EL2 2,8 gaz-eau lourde uranium naturel 1952 1965
EL3 18 gaz-eau lourde uranium naturel 1957 1979
Ulysse 0,1 type argonaute uranium enrichi entre 20 % et 90 % 1961 2007
Osiris 70 piscine eau légère U3Si2Al enrichi à 20 % 1966
Isis 0,7 piscine eau légère U3Si2Al enrichi à 20 % 1966
Orphée 14 piscine eau légère et caisson eau lourde alliage d’Al et d’U enrichi 1980
Valduc Rachel  ? réacteur à neutrons rapides plutonium 1961  ?
CEA Grenoble Mélusine 8 piscine à cœur ouvert uranium enrichi à 93 % 1958 1988
Siloé 35 piscine à cœur ouvert uranium enrichi à 90 % 1963 1997
Siloette 0,1 piscine à cœur ouvert uranium enrichi à 93 % 1964 2002
Polygone scientifique de Grenoble RHF 57 caisson eau lourde Plaques 93 % 1971
Université Strasbourg I RUS 0,1 réacteur argonaute uranium enrichi à 93 % 1966 1997
Site nucléaire de Brennilis EL4 70 gaz-eau lourde uranium naturel 1967 1985
Site nucléaire de Marcoule Celestin I 190 eau lourde combustible métal 1967 2009?
Celestin II 190 eau lourde combustible métal 1968 2009?
Phénix 130 réacteur à neutrons rapides Plutonium 1973 2009
ASTRID 600 réacteur à neutrons rapides Plutonium 2020
Centre de Cadarache Azur 100  ?  ? 1962
Cabri 25 Piscine eau légère Crayons 2,8 % 1963
Pégase 35  ?  ? 1963 1975
Pat  ? réacteur à eau pressurisée UO2 enrichi à moins de 20 % 1964 1992
Eole 100  ?  ? 1965
Harmonie 1  ?  ? 1965 1996
Mazurka 3  ?  ? 1966
Rapsodie 40 réacteur à neutrons rapides MOX 1967 1983
Cap  ? réacteur à eau pressurisée UO2 enrichi à moins de 20 % 1975 1987
Phébus 40 piscine eau légère Crayons 2,8 % 1978
RNG  ? réacteur à eau pressurisée UO2 enrichi à moins de 20 %[7] 1989 2005
RES  ? réacteur à eau pressurisée UO2 enrichi à moins de 20 % 2011?
RJH 100 piscine eau légère Plaques 20 % 2014

Réacteurs nucléaires navals [modifier]

Bâtiment Réacteur Type de réacteur Puissance thermique (MW) Début des travaux Mise en service Arrêt définitif
"Sous-marin à terre" Q 244 Réacteur à eau lourde pressurisée  ? 1955 jamais 1958
Redoutable Réacteur à eau pressurisée 11 1963 1967 1991 5 autres SNLE de cette classe ont été mis en services et sont retirés du service depuis 2008 pour le dernier. Remplacés par 4 de la classe Triomphant.
Rubis K 48 Réacteur à eau pressurisée 48 1976 1983 5 autres SNA en service. Seront remplacés vers 2015 par la classe Barracuda.
Triomphant K 15 Réacteur à eau pressurisée 150 1989 1997 4 SNLE NG en service actif. (2012)
Charles de Gaulle K 15 Réacteur à eau pressurisée 150 1986 1994
K 15 Réacteur à eau pressurisée 150 1986 1994
Barracuda (Suffren) K 15 Réacteur à eau pressurisée 150 1998

Notes et références [modifier]

  1. Selon : « Énergie, électricité et nucléaire », « France, pays le plus nucléarisé du monde »
  2. Boursier.com - 27 juin 2012 : Démanteler, le saut vers l'inconnu de l'industrie nucléaire
  3. a, b et c Puissance électrique nette en mégawatt (MW) (1 MW = 1 million de watts)
  4. (en) Reactors in operations, 31 dec 2009, sur www-pub.iaea.org/. Consulté le 28 avril 2011
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Ce réacteur utilise le combustible MOX d'après L'aval du cycle nucléaire, le rapport de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques n° 612 (1997 / 1998) par les députés Christian Bataille et Robert Galley
  6. Ce réacteur est conçu pour utiliser le combustible MOX
  7. Combustible de réacteurs uranium-naturel-graphite-gaz (UNGG), sur le site francenuc.org

Annexes [modifier]

Sources [modifier]

Articles connexes [modifier]