Liste d'anthroponymes devenus noms communs

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Il existe dans la langue française un certain nombre de noms communs ayant pour origine le nom propre d'une personne. Souvent il s'agit du nom de famille (plus rarement du prénom) de l'inventeur de l'objet désigné, parfois d'un nom imaginaire (personnage mythologique, personnage de roman ou de théâtre). Au fil du temps, l'usage répété du nom propre donna naissance à un nom commun et parfois l'origine de celui-ci fut oubliée, une recherche étymologique permet de le retrouver.

Le terme de la linguistique qui qualifie cette création de nom est antonomase. Le nom commun peut soit être identique à l'anthroponyme (ex. Browning a donné browning), soit présenter une modification orthographique (ex. Barrême est devenu barème), soit en être une forme francisée ou modifiée par adjonction d'un suffixe (ex. frangipane dérive de Frangipani et daguerrotype dérive de Daguerre).

Les domaines où le nom propre est le plus utilisé pour baptiser une nouveauté sont la botanique et les unités de mesure.

Des noms de marques commerciales peuvent aussi être utilisées comme noms courants, parfois non reconnus comme noms communs par les dictionnaires.

Sommaire : Haut - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Les noms de genres botaniques dérivés du nom d'une personnalité, les unités de mesures et les noms dérivés de marques commerciales ne sont pas repris dans la liste suivante.

Page d'aide sur l'homonymie Pour les unités de mesures, voir Unités de mesures issues d'un anthroponyme. Pour les noms dérivés de marques commerciales, voir Marques utilisées comme noms.

A[modifier | modifier le code]

  • Un amphitryon est celui qui reçoit chez lui pour le repas, par allusion à un vers de Molière dans sa comédie éponyme Amphitryon (1688) : « Le véritable Amphitryon est l'Amphitryon où l'on dîne ».
  • Amerigo Vespucci (ou Améric Vespucci), né le 9 mars 1454 à Florence en Italie, et mort le 22 février 1512 à Séville en Espagne, était un marchand, bijoutier et navigateur. Il fut le premier à émettre l'hypothèse que la côte de l'Amérique du Sud constituait un nouveau continent alors que tous les navigateurs de l'époque, y compris Christophe Colomb, pensaient débarquer en Asie. C'est à partir de son prénom que sera créé le nom propre « Amérique » à l'initiative de Martin Waldseemüller, cartographe allemand établi à Saint-Dié (Vosges).
  • Atlas : Géant légendaire de la mythologie grecque antique qui était censé porter le monde sur ses épaules. Une vertèbre cervicale porte son nom. Au XVIe siècle, les recueils de cartes de Gerardus Mercator présentaient en frontispice une gravure du géant Atlas ce qui finalement donna leur nom aux ouvrages de géographie constitués de cartes du monde[1].

B[modifier | modifier le code]

  • Jacques Barradelle (XIIIe siècle) a laissé son nom à une écritoire portative, le baradelle.
  • François Barrême : mathématicien qui écrivit en 1670 « Les comptes faits du grand commerce ». Le mot barème apparut au XIXe siècle. Remarquer la différence orthographique et typographique.
  • Donald E. Baxter (?-1935), médecin, ingénieur, et scientifique américain, a développé et breveté la première méthode pour produire en masse des pochettes pour perfusion par voie intraveineuse de liquides stériles. Son nom est resté associé à ces perfusions communément appelées « baxter ».
  • Bécassine : héroïne de bande dessinée apparue en 1905 incarnant une jeune servante bretonne candide et un peu niaise. Bécassine est aussi le nom d'un oiseau. Le caractère du personnage serait à l'origine du nom donné à une femme stupide ou ridicule, une bécassine.
  • Marcel Bich (1914-1994) fondateur de la société PPA (Porte-plume, Porte-mines et Accessoires), devenue BiC en 1953 pour commercialiser le stylo bille appelé bic qui rappelle son nom.
  • En 1914, Bidasse est le nom du personnage principal d'une chanson de Bach, sur un texte de Louis Bousquet, « Avec Bidasse ». Les appelés du contingent sont depuis couramment appelés bidasses, nom qui peut s'étendre au soldat en général, mais son emploi tend à diminuer depuis la fin du service militaire obligatoire.
  • Sébastien Bottin, (1764-1853), administrateur et statisticien français, secrétaire général de préfecture sous la Révolution française. Il rédigea les premiers répertoires professionnels. Par la suite le nom Bottin fut déposé comme marque commerciale et connut une grande diffusion comme annuaire, si bien que le mot bottin passa à tort dans le langage courant.
  • Le capitaine Charles C. Boycott (1832-1897) : gérant de propriétés en Irlande, mis en quarantaine par ses ouvriers en 1880. Un boycott et le verbe boycotter.
  • Louis Braille (1809-1852), organiste français, est à l'origine du braille, système d'écriture pour aveugles.

C[modifier | modifier le code]

  • Ambrogio Calepino : savant et religieux augustin italien (1435-1511), auteur d'un dictionnaire latin répandu dans toute l'Europe. Le mot calepin désigna d'abord un dictionnaire, puis plus récemment un agenda et par extension un petit carnet.
  • Gerolamo Cardano : médecin et mathématicien italien (1501-1576). Inventa le procédé mécanique de rotation non rectiligne sur un arbre de transmission : le cardan.
  • J. Harrison Carter : inventeur du carter, enveloppe de protection d'un mécanisme. Il apparaît la première fois en 1889 sur les bicyclettes anglaises Sunbeam comme un compartiment étanche et huilé de la chaîne[2].
  • Comte Guillaume Cadhogan (mort en 1726)[3], général anglais qui popularisa la coiffure pour homme en petite queue de cheval dans la nuque, appelée depuis catogan ou parfois cadogan.
  • Édouard Charvet (1842-1928) : chemisier français qui a donné son nom au charvet, un certain type de tissu de soie.
  • Chatterton : nom de l'inventeur britannique qui déposa le 14 juin 1860 un brevet pour un ruban adhésif isolant, en toile enduite d'un mélange de goudron norvégien, de gutta-percha et de résine, servant à isoler les fils électriques ou les câbles sous-marins. Depuis, le rouleau de chatterton est devenu commun.
  • Nicolas Chauvin était un soldat mythique de Napoléon qui admirait son empereur. Ce personnage imaginaire a probablement été inventé par les chansonniers de la Restauration. Il a donné l'adjectif chauvin et le nom chauvinisme.
  • Qin Shi Huang (秦始皇帝) (-259-210), est le fondateur de la dynastie Qin qui porte son nom. Ce nom devint également celui de son empire, la Chine. Indirectement on peut donc dire que les noms communs chinois (une passoire), chine (un papier de luxe), chinoiserie (complication administrative ou objets d'art), chinoiser (pinailler) ou chiner (colorer un fil avant tissage) viennent de Qin Shi Huang. La chine des brocanteurs est, elle, une déformation du mot échiner.
  • Eugene Clark (1873-1942), industriel anglais installé aux États-Unis, a fondé l'entreprise Clark et conçu les premiers chariots élévateurs, souvent appelés clarks.
  • Cleithos, officier et ami d'Alexandre le Grand qui, ivre, le tua à l'issue d'une querelle, désigne un homme aux tendances alcooliques avérées.
  • Samuel Colt, inventeur du revolver (ou pistolet à barillet) qui porte son nom, le colt.

D[modifier | modifier le code]

  • Dédale, est le nom, dans la mythologie grecque de l'architecte qui conçut le labyrinthe où était enfermé le Minotaure. Par la suite, ce nom est repris pour désigner un endroit complexe, un cheminement compliqué, un dédale.
  • Aux États-Unis, les frères Dopyera inventèrent une guitare amplifiée sans electricité grâce à un résonnateur métallique, ou même une caisse entièrement métallique équipée du résonnateur. Ils créèrent la marque Dobro (Dopyera Brothers) pour commercialiser leurs instruments. Le nom déposé est passé dans le domaine courant pour désigner ce type de guitare, même fabriqué par une autre firme (mais elles sont peu nombreuses).
  • Don Juan est le personnage principal d'une pièce célèbre de Molière. Depuis lors, il désigne un « séducteur, le plus souvent libertin et sans scrupules », pour reprendre les termes de l'Académie française.
  • Dulcinée du Toboso (Dulcinea del Toboso) est le nom que donne Don Quichotte à la dame de ses pensées dans le roman de Miguel de Cervantes. À cause de l'immense popularité de ce roman, le nom devint synonyme de bien-aimée, mais avec un petit côté ironique ou familier : Voici ma dulcinée.

E[modifier | modifier le code]

  • Égérie : nymphe et déesse des sources, inspiratrice du roi romain Numa Pompilius, a laissé son nom à une égérie, femme qui agit comme inspiratrice d'un homme de pouvoir, voire d'un écrivain, d'un artiste, etc.
  • Théodore Escherich a découvert en 1885 une bactérie intestinale des mammifères très commune chez l'être humain : Escherichia coli est sans doute l’organisme vivant le plus étudié à ce jour.
  • "L'Espiègle" est la forme française du nom de Till Ulenspiegel, un héros de la littérature populaire d'Allemagne, des Pays-Bas et de Flandre, popularisé, entre autres, par Charles de Coster. Dans l'œuvre de Coster le nom "Ulenspiegel" est donné au personnage car, dans une de ses facéties, il joue le rôle de miroir vivant (miroir = spiegel en allemand).

F[modifier | modifier le code]

  • « Francorum Rex » (Roi des Francs), dénommé le Franc à cheval, est un écu tiré à 3 millions d'exemplaires, pesant 3,87 grammes d'or fin et valant une livre tournois ou 20 sols. Le roi y est représenté sur un destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant l'épée. Il est à l'origine de la monnaie « le franc »
  • Saint Fiacre, moine irlandais du VIIe siècle avait déjà donné son nom à des abbayes, églises, places et rues. Indirectement l'hôtel situé à l'angle de la rue Saint Antoine et de la rue Saint Fiacre, l'hôtellerie "à Saint Fiacre", lui doit également son nom. Et lorsqu'un loueur de voitures à coche s'y installa, le fiacre devint l'ancêtre du taxi.
  • Flaman est le nom de l'inventeur d'un instrument de mesure de la vitesse que l'on trouve à bord des locomotives, autorails etc......
  • Frangipani, marquis italien qui aurait inventé le parfum utilisé dans la composition de la frangipane.

G[modifier | modifier le code]

  • Félix Galipaux (1860-1931), dramaturge, romancier, comédien et humoriste, publie à partir de 1887 plusieurs romans à succès dont les titres reprennent le mot Galipettes qu'il a inventé à partir de son nom en s'inspirant peut-être d'une forme argotique proche déjà existante. Le mot prend dans son esprit le sens de pirouette de l'esprit et se livrer à des frasques amoureuses. Le mot est repris à partir de cette date, cette origine non certaine est cependant très probable.
  • Giton, personnage d'adolescent dans le Satyricon de Pétrone (en latin Gito). Un giton est un jeune garçon à tendances homosexuelles courtisé et entretenu par un adulte : « Comme si depuis saint Pierre la place d'un pape n'était pas plutôt à la Mamertine que dans un palais décoré de haut en bas par ces mauvais sujets de la Renaissance qui pour peindre la Sainte Vierge faisaient poser leurs gitons !  » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne, 1936.
  • Gobseck, personnage d'usurier dû à Balzac, est devenu un nom commun répandu en russe pour qualifier un avare.
  • Alexis Godillot (1816-1893) : il réalisa, vers 1850, de solides chaussures qui équipèrent longtemps les armées françaises : un godillot passé dans le langage populaire.
  • Guignol, marionnette lyonnaise. Un guignol est une personne qui amuse les autres ou qui n'est pas sérieuse.
  • Joseph Guillotin (1738-1814) : médecin et homme politique français, il n'inventa pas la guillotine, mais en fit accepter l'usage pour abréger le supplice des condamnés à mort.

H[modifier | modifier le code]

  • Harpagon : personnage principal de L'avare de Molière. Son portrait en grippe-sou dans la pièce l'a suivi dans la définition l'harpagon en français moderne

I[modifier | modifier le code]

J[modifier | modifier le code]

  • Roy Jacuzzi, immigré italien aux États-Unis qui inventa et commercialisa en 1968 ce type de baignoire à remous qui a depuis les années 90 un grand succès.. Le nom Jacuzzi, utilisé rapidement comme nom commun par antonomose est cependant une marque déposée. En conséquent, il doit conserver sa majuscule.
  • Jocrisse : personnage du théâtre comique, caractérisé par la niaiserie et la crédulité. Le personnage serait apparu en 1587 dans l'Œuvre de Nicolas de Cholières, "Après-dinées", repris régulièrement dans des Œuvres comiques au cours des siècles, son caractère devint nom commun : un jocrisse.
  • Judas est l'apôtre qui livra Jésus aux grands prêtres de Jérusalem et à Ponce Pilate; il symbolise le traître, l'homme fourbe. Depuis, le nom commun judas désigne un traître. Par analogie, le nom judas est donné aussi à un orifice ou un guichet percé dans une porte et servant à épier sans être vu.

K[modifier | modifier le code]

  • Félix Kir, (1876-1968), communément appelé le chanoine Kir est un homme d'église, résistant puis député-maire de Dijon qui a lancé la formule d'un nouvel apéritif constitué d'une liqueur de cassis additionnée de vin blanc sec, devenu populaire sous le nom de kir. Une autre explication est qu'une boisson appelée Mercurey existait d'après le nom du village ainsi que du cru blanc de Bourgogne du même nom. Le vin blanc de Mercurey servait de base à la boisson en question. Après que le chanoine Kir a été élu maire, on a donné à la boisson le nom de ce « maire-curé ».

L[modifier | modifier le code]

Hélas, La Palice est mort,
Est mort devant Pavie ;
Hélas, s’il n’était pas mort,
Il ferait encore envie

où le F de « ferait » ressemblait à un S et où « envie » fut coupé en deux mots.

  • Le colonel Nicolas Lebel, membre de la commission technique qui mit au point un fusil de guerre qui fut massivement utilisé par l'armée française au début du XXe siècle.
  • Louis XIII, roi de France, donna son nom à la monnaie qui s'appelait louis.
  • Percival Lowell avait remarqué que ses prédécesseurs avaient tenté en vain de donner leur nom à une planète ; certes, ce n'est pas lui qui a découvert Pluton, mais ce fut grâce à ses calculs. On chercha alors dans la mythologie grecque quelque chose qui le rendrait immortel. Ce furent simplement ses initiales qui aboutirent au baptême de Pluton, puis, peu d'années après, cette famille de (jeux de) mots s'enrichit du plutonium. Enfin, Pluto, la forme anglophone pour "Pluton", est le nom du célèbre chien de Mickey.
  • Lynch, juge nord-américain du XVIIIe siècle dont les manières expéditives donnèrent leur nom à la pratique du lynchage, qui consiste à pendre quelqu'un après un jugement sommaire. Par extension, le terme de lynchage est utilisé pour désigner une attaque des médias à l'encontre d'une personne.

M[modifier | modifier le code]

  • François Mansart (1598-1666) : architecte français (grand-oncle de Jules Hardouin-Mansart), célèbre par ses travaux qui initient le style classique français, il invente le toit à deux pentes qui permet de créer une pièce sous les combles : une chambre mansardée, une mansarde.
  • Mausole (vers -350), satrape perse qui se fit construire un tombeau si remarquable qu'il fit partie des Sept Merveilles du monde antique si bien que le terme mausolée devint synonyme de tombeau monumental.
  • John Loudon McAdam (1756-1836), ingénieur britannique, a donné son nom au macadam, technique de revêtement des chaussées puis, par glissement sémantique, à la chaussée elle-même (comme terme de remplacement, souvent pour éviter une répétition).
  • Méduse : personnage mythologique, une des trois gorgones et dont le seul regard pouvait changer en pierre celui qui le croisait. Sa chevelure était constituée de serpents. Par analogie, l'animal marin aux nombreux tentacules fut nommé méduse. Le verbe méduser (pétrifier d'horreur ou de surprise) vient directement de l'histoire mythologique.
  • Caius Cilinius Maecenas : (69-8 av. J.-C.) Chevalier romain, ministre et ami de l'empereur Auguste qui employant sa fortune et son influence à aider les artistes de son époque comme Horace, Virgile, Tibulle. Son nom désignera les généreux donateurs protégeant les arts et les artistes : un mécène.
  • Mentor : dans la mythologie grecque, ami d'Ulysse chargé d'être le précepteur de son fils Télémaque. Popularisé par Fénelon (Les aventures de Télémaque, 1699), il s'est imposé comme le symbole du maître empreint de sagesse ou du guide spirituel : un mentor.
  • Mercure : dieu romain du commerce, messager, Hermès chez les grecs. Le nom apparaît au XIVe siècle dans les traités d'alchimie en remplacement de vif-argent pour désigner le métal liquide dont la mobilité, par analogie rappellerait le messager des dieux. Le mercure se solidifie à -40°.
  • André Michelin (1853-1931), industriel français, inventeur du premier véhicule ferroviaire automoteur monté sur pneus : la micheline.
  • Mithridate VI, (-132 à -63), Roi du Pont, il s'intéressa de près aux poisons, et s'en administrait de petites doses régulièrement pour s'immuniser. Cette action d'accoutumance s'appelle en médecine la mithridatisation et le verbe mithridatiser.
  • Les Frères Montgolfier Joseph-Michel (1740-1810) et Étienne-Jacques (1745-1799) de Montgolfier sont les inventeurs du premier aérostat en 1783. Ils donnent leur nom à ce type de ballon gonflé à l'air chaud : une montgolfière.
  • Nellie Melba (1861-1931) : cantatrice australienne. Le cuisinier français G. A. Escoffier lui dédia vers 1893, à Londres (Savoy Hotel), le dessert glacé appelé pêche Melba.
  • Samuel Morse : ingénieur américain qui invente en 1837 un alphabet télégraphique constitué d'impulsions représentées par des points et des traits : le morse.

N[modifier | modifier le code]

  • Jean Nicot (1530-1600), ambassadeur français au Portugal qui introduisit en France le tabac, l'herbe à Nicot, dont on extrait la nicotine.

O[modifier | modifier le code]

  • Olibrius : gouverneur des Gaules, qui se rendit célèbre en martyrisant sainte Reine en l'an 252 ; désigne un bravache, un fanfaron cruel.

P[modifier | modifier le code]

  • Pan : Dieu grec, de « tout », le bruit de sa flûte causait les personnes à trembler, et il a donc donné son nom au mot panique.
  • Panacée : Déesse grecque, fille d'Asclépios et d'Épione qui prodiguait aux hommes des remèdes à base de plantes. Elle a donné son nom au remède imaginaire qui guérit tous les maux : la panacée.
  • Pantalon : personnage de la commedia dell'arte vêtu d'un habit tout d'une pièce, a donné son nom au pantalon. Le nom du personnage vient du prénom italien Pantaleone.
  • Paparazzo : Paparazzo, personnage de journaliste insatiable de La Dolce Vita de Federico FELLINI, a donné son nom aux paparazzi, mot toujours employé en français, même au singulier, sous sa forme italienne pluriel : un paparazzi.
  • Louis Pasteur (1822-1895) : chimiste et biologiste français, inventeur d'un procédé de conservation des aliments, la pasteurisation.
  • Le préfet Eugène Poubelle : au XIXe siècle, il obligea les Parisiens à mettre leurs détritus dans des boîtes ad hoc : une poubelle.
  • Francisque Poulbot (1879-1946) : affichiste et illustrateur montmartrois qui eut un large succès populaire dans les reproductions de ses scènes de "gamins de Paris" traités avec un style caractéristique racoleur et proche de la bande dessinée. Ce type de gamin des rues devint si consensuel que le nom commun s'imposa pour le titi parisien, c'est un poulbot.
  • Le cuisinier du maréchal de Plessis-Praslin (1598-1675) inventa, pour ce dernier, une confiserie d'abord appelée prasline, puis praline.
  • Pygmalion : personnage mythologique, c'est un sculpteur tombé amoureux de sa statue, suivant le récit d'Ovide dans ses Métamorphoses. Il désigne une personne qui va façonner l'être aimé, dans le but de l'élever et de le conduire à la réussite cf. la pièce Pygmalion écrite par Georges Bernard Shaw.

Q[modifier | modifier le code]

  • Antoine Quinquet (1745-1803), pharmacien français qui perfectionna et commercialisa un certain type de lampe à huile. Le mot quinquet désigne cette lampe, plus généralement une petite lumière, et par extension plaisante les yeux.

R[modifier | modifier le code]

  • Eugène de Rastignac personnage du roman Le Père Goriot d'Honoré de Balzac est un jeune étudiant qui, las d'être confronté au cynisme des uns et aux duperies des autres, décide d'affronter la capitale et sa société en lui lançant un défi : « A nous deux, Paris ». Aujourd'hui, un Rastignac est un jeune homme ambitieux, prêt à tout pour parvenir à ses fins.
  • Renart : version francisée d'un nom de personne germanique (Raginhard, puis en latin Rainhardus) attribué notamment au « goupil » héros du Roman de Renart, tellement célèbre que le mot goupil a disparu de la langue française, remplacé par renard.
  • Louis Rustin : industriel français, inventeur d'une technique de réparation des chambres à air, la rustine.

S[modifier | modifier le code]

  • Eugen Sandow (18671925) athlète allemand qui fut le premier culturiste mondialement connu, se produisant dans des expositions et des films au début du XXe siècle. Pour ses entraînements, il utilisait des appareillages comportant des lanières de caoutchouc qui furent par la suite employées à d'autres usages, le sandow entrait dans la langue.
  • Étienne de Silhouette (1709 – 1767), contrôleur général des finances, au nom d'origine basque, était si impopulaire qu'on s'amusait à le caricaturer sous forme de dessins aux formes très simples, qui prendront le nom de silhouettes.
  • Sosie est le nom d'un esclave dans la pièce Amphitryon écrite par le dramaturge latin Plaute vers 187 av. J.-C. Dans l'intrigue, le dieu Mercure prend l'apparence de Sosie ce qui est l'origine du nom commun qui désigne une personne ayant la parfaite ressemblance d'une autre : un sosie.
  • Antonio Stradivari (1644 – 1737), est un artisan luthier de la ville de Crémone (Italie) qui fabriqua des violons et violoncelles d'une exceptionnelle qualité. Les rares instruments de sa facture parvenus jusqu'à nous sont vendus à prix d'or et utilisés par les virtuoses, on dit alors un stradivarius. On utilise aussi ce terme dans des métaphores : les Riva sont les stradivarius de la mer.
  • Georges Frédéric Strass (1701 – 1773), joaillier de Louis XV, inventa des bijoux de cristal imitant le diamant pour un moindre coût. Le strass désigne ces imitation de gemmes, parfois en paillette.

T[modifier | modifier le code]

  • Tartuffe, est le nom d'un personnage de la pièce de Molière Tartuffe ou l'imposteur, (1664). Le succès de cette pièce a fait que le caractère hypocrite et manipulateur de ce personnage s'est inscrit dans la mémoire collective et est devenu synonyme de conduite hypocrite, « cette personne est un tartuffe ».
  • Les sœurs Tatin, tenancières d'un restaurant dans la ville solognote de Lamotte-Beuvron, auraient créé la tarte Tatin à la suite d'une maladresse.
  • Lorenzo Tonti (né vers 1602, mort en 1684) est un banquier napolitain présenté comme l'inventeur d'un système d'investissement dans lequel les bénéfices sont répartis entre les souscripteurs survivants jusqu'au dernier survivant : la tontine.
  • Turlupin, nom de scène du comédien français Henri Legrand (1587-1637), est à l'origine des turlupinades, nom donné aux farces grossières qu'il jouait avec ses compagnons, puis aux lazzis des acteurs jouant dans le même style. Un turlupin désigne un homme qui fait de basses plaisanteries, de mauvais jeux de mots. Le verbe turlupiner signifie « tracasser, tourmenter ».

U[modifier | modifier le code]

  • Ubu, un personnage de la pièce de théâtre d’Alfred Jarry «Ubu roi», despote cynique, cruel, stupide, cupide, mesquin et vulgaire a donné son origine à l'adjectif ubuesque qui qualifie un comique grotesque et démesuré, poussé jusqu’à l’absurde.

V[modifier | modifier le code]

  • Victor Vermorel a conçu en 1880 un pulvérisateur dorsal et manuel pour jardins, passé dans le langage courant.
  • Pierre Vernier est l'inventeur de l'instrument qui permet de faire des mesures précises de longueur, appelé vernier.
  • Vespasien, empereur romain de 69 à 79, était paraît-il d'une telle avarice qu'il instaura à son profit une taxe sur l'urine, un produit utilisé par les foulons comme source d'ammoniac. En revanche, contrairement à une idée répandue, il n'a pas créé d'urinoirs publics à Rome, ce qui n'a pas empêché l'apparition du mot vespasienne avec ce sens en 1834.

W[modifier | modifier le code]

watt→

X[modifier | modifier le code]

Y[modifier | modifier le code]

Z[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Étymologie dans Trésors de la langue française informatisée
  2. (en) Page Sunbeam sur le site du Musée des industries Wolverhampton (Londres)
  3. 1848, Biographie universelle ou histoire universelle des grands hommes qui se sont fait un nom, Paris, 1848, tome II, page 21

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Maillet Dico des noms propres devenus noms communs, Albin Michel (Collection Les Dicos d'or de Bernard Pivot), 2005 - (ISBN 2226143955)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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