Lissotriton vulgaris

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Lissotriton vulgaris est une espèce d'urodèles de la famille des Salamandridae[1]. Elle est appelée en français triton ponctué ou triton lobé ou triton vulgaire ou triton commun. Elle a longtemps été appelée Triturus vulgaris

Distribution et sous-espèces[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre du niveau de la mer à 2 150 m d'altitude (mais le plus souvent à basse altitude) dans les îles Britanniques, dans le Sud de la Scandinavie, dans le Nord de la France, en Europe centrale, en Russie jusqu'à l'Oural, en Ukraine, dans le Nord des Balkans et dans le Nord-Ouest de la Turquie.

Elle est absente de l'Espagne et du Portugal, et peu fréquente dans la moitié Sud de la France et de l'Italie.

Sous-espèces selon Dubois & Raffaëlli, 2009[2] :

  • Lissotriton vulgaris vulgaris (Linnaeus, 1758) ; la forme nominale peut être rencontrée à peu près dans tout le Nord de la répartition de l'espèce,
  • Lissotriton vulgaris ampelensis (Fuhn, 1951) (triton ponctué roumain), dans le Nord de la Roumanie,

Voir Lissotriton graecus, Lissotriton kosswigi, Lissotriton lantzi et Lissotriton meridionalis pour les sous-espèces élevées au rang d'espèce.

Habitat naturel[modifier | modifier le code]

On le rencontre surtout dans des habitats forestiers humides, des étangs ensoleillés, riches en végétation et se réchauffant facilement, tels que les zones alluviales et les bas-marais. L'espèce est capable de s'adapter à de nouveaux habitats, et peut aussi se retrouver dans des bassins, étangs ou mares nouvellement aménagées. Les eaux ombragées et fraîches ne sont quant à elles presque jamais occupées. Les plans d’eau les plus favorables ont une riche couverture en plantes aquatiques, offrant ainsi des cachettes et des possibilités de ponte. En comparaison avec les tritons palmé et crêté, Lissotriton vulgaris est plus fréquemment présent dans les eaux libres, faiblement courantes, où il cherche sa nourriture.

Description[modifier | modifier le code]

Face ventrale du triton ponctué mâle. La ponctuation du ventre permet de différencier les mâles de cette espèce de ceux de Lissotriton helveticus
Triton ponctué femelle.

Comme la plupart des tritons, l'espèce présente un fort dimorphisme sexuel, surtout durant la période de reproduction, durant laquelle le mâle adulte est facilement reconnaissable. Il ressemble beaucoup aux mâles de l'espèce Lissotriton helveticus, avec lesquels on peut parfois le confondre. Il arbore une crête légèrement ondulée, lobée, qui s’étire le long du dos jusqu’à la queue et s’y termine en pointe. La queue du mâle est ornée d'un ourlet orangé sur sa face inférieure. Ses orteils sont palmés. Des bandes foncées longitudinales courent le long de la tête, de la narine jusqu'au cou, en passant au-dessus de l’œil. Ses flancs sont décorés de grands points foncés, souvent bien plus marqués que chez T. helveticus. Un critère permettant de bien différencier les deux espèces est l'observation du ventre, coloré en jaune-orange à rouge-orange vif et le plus souvent tacheté chez vulgaris. En règle générale, la gorge porte aussi quelques taches. Le mâle mesure entre 7 et 9 cm.

Alors qu'en général la femelle est souvent plus grande que le mâle chez les tritons, Lissotriton vulgaris fait figure d'exception, puisque la femelle est un peu plus petite que le mâle. Uniformément brune, avec des flancs dépourvus de taches, elle se confond très souvent avec la femelle de l'espèce voisine Lissotriton helveticus. Les caractéristiques suivantes, normalement présentes chez la femelle, peuvent permettre de faire la différence :

  • femelle de triton ponctué : la gorge est le plus souvent tachetée (parfois très pâles), tout comme le milieu du ventre, coloré en jaune-orange à orange vif. En général il n'y a pas de tache blanche sur l’articulation de la patte postérieure, et la face inférieure de cette patte est rarement pourvue de coussinets clairs peu visibles. Le cloaque a une coloration le plus souvent foncée.
  • femelle de triton palmé : la gorge laiteuse, rose à orange pâle ne possède pas de taches, comme le milieu du ventre, qui est de couleur jaune clair à orange pâle. Le cloaque est blanchâtre. On observe fréquemment une tache claire sur l’articulation de la patte postérieure, et la face inférieure de la cette même patte est souvent pourvue de deux coussinets.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Lissotriton vulgaris se nourrit d'invertébrés, de petits crustacés, de zooplancton, de daphnies et également de têtards de grenouille. Ils sont également connus pour présenter des tendances cannibales.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Lissotriton vulgaris passe une partie de l'année sur la terre ferme, n'allant dans l'eau que lors de la reproduction. Durant cette période les mâles développent les caractéristiques nuptiales de l'espèce : crête crénelée le long du dos et de la queue, qui devient plus colorée.

Il passe la saison de reproduction de février à juin/juillet dans l'eau, période durant laquelle le mâle entame la parade nuptiale caractéristique des tritons : il se place devant la femelle et agite la queue le long de son corps, en direction de la femelle. Par ces mouvements, il diffuse vers la femelle des phéromones sécrétées par des glandes dorsales et cloacales, dans le but de séduire la femelle.

Larve de Lissotriton vulgaris

À la fin de la parade nuptiale, le mâle dépose sur le fond un spermatophore, capsule comprenant les spermatozoïdes, que la femelle va recueillir par son cloaque. La fécondation sera alors interne. La femelle pondra 100 à 300 œufs qui éclosent en larves (on ne parle pas de "têtards", ce terme étant réservés aux anoures) au bout d'environ 2 à 3 semaines. Strictement aquatiques au départ, les larves sont munies dans un premier temps de branchies externes souvent bien visibles. Elles acquerront au cours de leur développement des poumons, permettant aux adultes de vivre sur la terre ferme. 6 à 9 semaines sont nécessaires aux larves afin d'accomplir la métamorphose.

Dans les zones les plus froides, les larves passent souvent l'hiver dans l'eau, et se métamorphosent alors l'année suivante. Elles deviennent sexuellement matures la deuxième année, mais certains individus gardent parfois des caractéristiques larvaires (phénomène de « néoténie », relativement courant chez cette espèce).

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Lissotriton vulgaris en train de se faire manger par un Natrix natrix.

Comme ses congénères, Lissotriton vulgaris est la proie de nombreux animaux, que ce soit durant sa vie larvaire (grand dytique, dytique bordé, larves de libellules, mais aussi des poissons comme la truite, la perche et l'épinoche) ou à l'état adulte (rapaces diurnes ou nocturnes, mammifères comme le blaireau, ou le renard, etc.)

Statut de conservation et menaces[modifier | modifier le code]

Comme de très nombreuses espèces d'amphibiens, Lissotriton vulgaris est protégé dans plusieurs pays. En France il est protégé au niveau national, et en Europe l'espèce est protégée par son inscription à l'annexe III de la convention de Berne pour la protection de la vie sauvage en Europe.

Les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont les mêmes que pour ses congénères : destruction ou fragmentation de ses habitats naturels, pollution, introduction d'espèces invasives.

Nomenclature et systématique[modifier | modifier le code]

Linné a décrit en 1758 Lacerta vulgaris. Elle devient Triturus vulgaris en 1918[3] puis Lissotriton vulgaris en 2004[4], quand Triturus est réorganisé en trois genres et cette espèce est placée dans le genre Lissotriton.

Synonymes[modifier | modifier le code]

femelle
mâle
mâle
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Cette espèce admet de nombreux synonymes :

  • Lacerta vulgaris Linnaeus, 1758
  • Lacerta aquatica Linnaeus, 1758
  • Lacerta palustris Linnaeus, 1758
  • Triton palustris Laurenti, 1768
  • Triton parisinus Laurenti, 1768
  • Salamandra exigua Laurenti, 1768
  • Gecko triton Meyer, 1795
  • Salamandra taeniata Schneider, 1799
  • Salamandra abdominalis Latreille, 1800
  • Salamandra punctata Latreille, 1800
  • Lacerta triton Retzius, 1800
  • Salamandra elegans Daudin, 1803
  • Molge cinerea Merrem, 1820
  • Salamandra lacepedii Andrzejowski, 1832
  • Triton lobatus Otth in Tschudi, 1838
  • Triton laevis Higginbottom, 1853
  • Triton vulgaris dalmatica Kolombatovic, 1907
  • Triturus vulgaris (Linnaeus, 1758)
  • Triton intermedius Szeliga-Mierzeyewksi & Ulasiewicz, 1931
  • Triton hoffmanni Szeliga-Mierzeyewksi & Ulasiewicz, 1931
  • Triturus vulgaris ampelensis Fuhn, 1951
  • Triturus vulgaris borealis Kauri in Gislén & Kauri, 1959
  • Triturus vulgaris tataiensis Dely, 1967
  • Triturus vulgaris schmidtleri Raxworthy, 1988

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Fuhn, 1951 : Contributiuni la sistematics Salamazdrelor din Republica Populara Romana. I. Studiul catorva populatii de Triturus vulgaris L. Buletinul Stiintific. Sectiunea de Stiinte Biologice, Agronomice, Geologice si Geografice. Bucuresti, vol. 3, p. 501.
  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Amphibian Species of the World, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Dubois & Raffaëlli, 2009 : A new ergotaxonomy of the family Salamandridae Goldfuss, 1820 (Amphibia, Urodela). Alytes, vol. 26, p. 1-85.
  3. Dunn, 1918 : The collection of Amphibia Caudata of the Museum of Comparative Zoology. Bulletin of the Museum of Comparative Zoology. Cambridge, vol. 62, p. 445-471.
  4. García-París, Montori & Herrero, 2004 : Amphibia: Lissamphibia. Fauna Iberica. vol. 24. Madrid: Museo Nacional de Ciencias Naturales and Consejo Superior de Investigaciones Científicas