Lise Deharme

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Lise Deharme, née Anne-Marie Hirtz à Paris 8e le et morte à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le [1], est une romancière et poétesse française et l'une des muses du surréalisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d'un père médecin-chef de l'hôpital Necker[2], elle fréquente très tôt les milieux artistiques et littéraires.

Elle rencontre André Breton en octobre 1924 : « J'étais allée avec Philippe Soupault à une représentation de je ne sais plus quelle pièce de Shakespeare. Pendant le spectacle, j'ai eu comme l'impression d'une présence derrière moi, je me suis retournée et j'ai vu, à côté de Braque et de sa femme, un extraordinaire visage d'homme, différent de tous ceux que j'avais pu voir jusque-là. À l'entracte, Soupault est allé leur parler et, en regagnant sa place, m'a dit que c'était André Breton et que je l'avais positivement fasciné. Il demandait si j'acceptais de venir un jour à la Centrale surréaliste... »[3] C'est à la suite de cette visite[4], que Breton lui demande de laisser l'un de ses gants de daim bleu pâle comme symbole du mouvement surréaliste. L'épisode est relaté par Breton dans son récit Nadja où Lise Deharme apparaît sous le nom de Lise Meyer[5]. Si Breton éprouve un très vif sentiment pour Lise, cette dernière semble avoir joué de cette attraction.

C'est dans la maison landaise de Lise, à Montfort en Chalosse, que Man Ray réalise des prises de vue pour un film improvisé par Breton et Paul Éluard. Le film n'aboutit pas et il ne reste de ce projet que quelques photos dont, notamment, celle où Breton pose devant une fenêtre avec une libellule sur le front.

En 1927, elle épouse Paul Deharme, responsable de la publicité de Radio Paris. C'est pour leurs enfants, Tristan et Hyacinthe, ainsi que pour Daniel, le fils de Darius Milhaud, que Robert Desnos écrira les poèmes réunis plus tard sous le titre de La Ménagerie de Tristan, La Géométrie de Daniel, Chantefleurs et Chantefables.

En 1933, elle est directrice de rédaction du Phare de Neuilly, revue surréaliste qui publie des textes poétiques et littéraires aussi bien que des articles ayant trait à la société et à la politique. Autour d'elle se constitue un cénacle où se croisent, outre des poètes et des écrivains, des personnalités telles que Max Ernst, Salvador Dalí, Pablo Picasso et Jean-Louis Barrault. Parallèlement, elle fait paraître elle-même des recueils de poèmes. Durant l'Occupation, elle rejoint le Comité national des écrivains lancé par Paul Éluard, où se retrouvent entre autres Louis Aragon, Jean Cassou, Michel Leiris, Jean Paulhan, Jean Tardieu, Elsa Triolet et Vercors. Elle participe également à la publication clandestine L'Honneur des poètes.

Au lendemain de la guerre, elle se lance dans le genre romanesque et publie une série de romans dont certains seront interdits à la vente aux mineurs.

Lise Deharme est incinérée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Lise Hirtz
  • Images dans le dos du cocher, Éditions des Feuilles libres, Paris, 1922
  • Il était une petite pie. Sept chansons et trois chansons pour Hyacinthe avec huit dessins en couleurs par Joan Miró, Éditions Jeanne Bucher, Paris, 1928
Sous le nom de Lise Deharme
  • Cahier de curieuse personne, Éditions des Cahiers libres, Paris, 1933
  • Le Cœur de Pic : trente-deux poèmes pour les enfants, illustré de vingt photographies par Claude Cahun, J. Corti, Paris, 1937. Réédition : Éditions MeMo, Nantes, 2004
  • Cette année-là. Préface de Paul Éluard, Gallimard, Paris, 1945
  • Insolence, Fontaine, Paris, 1946
  • Le Pot de mousse, Fontaine, Paris, 1946
  • La Porte à côté, Gallimard, Paris, 1949
  • Ève la Blonde, Gallimard, Paris, 1952
  • Farouche à quatre feuilles (avec André Breton, Julien Gracq et Jean Tardieu), Grasset, Paris, 1954
  • Le Poids d'un oiseau. Illustration de Léonor Fini, Le Terrain vague, Paris, 1955
  • Le Château de l'Horloge, Julliard, Paris, 1955
  • Les Quatre Cents Coups du diable, Deux-Rives, Paris, 1956
  • Et la bête, Fasquelle, Paris, 1957
  • La Contesse Soir, Julliard, Paris, 1957
  • Le Tablier blanc. Gravure de Joan Miró, Pab, Alès, 1958
  • Laissez-moi tranquille, Julliard, Paris, 1959
  • Les Années perdues, Journal, 1939-1949, Plon, Paris, 1961
  • Carole ou Ce qui plaît aux filles, Julliard, Paris, 1961
  • Pierre de la Mermorte, Julliard, Paris, 1962
  • L'Enchanteur, Grasset, Paris, 1964
  • Les Chats. Photographies de Hanns Reich, Hazan, Paris, 1965
  • L'Amant blessé, Grasset, Paris, 1966
  • Oh ! Violette ou la Politesse des végétaux. Illustrations de Léonor Fini, Losfeld, Paris, 1969
  • Le téléphone est mort, Losfeld, Paris, 1973
  • La Marquise d'Enfer, Grasset, Paris, 1976
  • La Caverne, Librairie bleue, Troyes, 1984

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Barnet, La femme cent sexes ou les genres communicants. Deharme, Mansour, Prassinos, Éditions Peter Lang, Bern, 1998.
  • Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du Surréalisme, Le Seuil, Chamalières, 1996, p. 199-200
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris, 1999, p. 82-85
  • Christiane P. Makward et Madeleine Cottenet-Hage, Dictionnaire littéraire des femmes de langue française. De Marie de France à Marie NDiaye, Karthala, Paris, 1996.
  • Andrea Oberhuber, « Claude Cahun, Marcel Moore, Lise Deharme and the Surrealist Book », History of photography, Taylor & Francis, London, 2007, vol. 31, no 1, pp. 40-56.
  • Georges Sebbag, André Breton, l'amour-folie : Suzanne, Nadja, Lise, Simone, Jean-Michel Place, Paris, 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 1979 pour Biro & Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, 1982, p. 122, et pour Clébert, p. 199 ; 1980 pour Colvile, p. 82. Aucune précision sur le jour dans aucun des trois ouvrages.
  2. Clébert, opus cit.
  3. Propos recueillis par Clébert et cité dans le Dictionnaire..., p. 199.
  4. En janvier 1925, Marguerite Bonnet, Chronologie in André Breton, œuvres complètes, tome 1, Gallimard, 1988, p. L.
  5. André Breton, Œuvres complètes, tome 1, Gallimard, La Pléiade, Paris, 1988, p. 679.